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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 05:55

La capitaine de police Élise Verdoux est une rousse quadragénaire en poste à Rouen. Dans un commissariat annexe, afin de s'éloigner un peu de son ancien amant, Raymond Keller, qui était son supérieur avec le grade de commissaire. Assistée du lieutenant Person, Élise s'interroge sur un triple crime : deux agents de police et un SDF serbe ont été assassinés. La signature du tueur, c'est une photo de la grille d'un portail. Pas de quoi avancer dans l'enquête. Une quatrième victime est bientôt recensée, encore un agent de police. Élise reçoit un envoi anonyme, une vidéo de caméscope. Sur les images, probablement dans la propriété correspondant à la grille de la photo, on y un groupe de SDF maltraités. Ce sont les agents assassinés qui les bousculent.

Éloigner les clodos du centre-ville de Rouen, afin qu'ils n'importunent pas les touristes, manu militari s'il le faut ? L'opération pourrait bien être la conséquence d'une directive décidée par l'adjoint au maire Robert Praquetti. Élise retrouve vite l'artiste-peintre Lynda Farnel, qui lui a transmis la vidéo. Seule, la policière se déplace sur les lieux indiqués, une villa désaffectée. Près de laquelle elle découvre le cadavre du lieutenant Person. Comme le SDF serbe, sa peau porte des traces de griffes. Élise est rapidement repérée et séquestrée parmi les déshérités rassemblés là. L'organisateur de ce cirque se surnomme Gladiator. La policière le connaît trop bien : c'est le commissaire Raymond Keller. Elle n'ignore pas qu'il peut se montrer d'une certaine brutalité.

Mathieu Lancaster est écrivain. Il vient de subir un lourd échec autour d'un prix littéraire. Il se réfugie dans la maison ayant appartenu à ses parents, en pleine forêt, à trente-cinq kilomètres de Rouen. Réutilisant sa vieille machine à écrire Underwood, il compte créer ici son prochain roman. Non sans garder en tête l'image d'Angie, son ex-compagne. La vieille voisine l'irrite bientôt, venant lui raconter des histoires de loups-garous sévissant soi-disant dans ce hameau de Gisants-les-Rouen à la pleine lune. Il est vrai que le père de Mathieu s'intéressa à la lycanthropie, et que ça peut donner un sujet de roman. Abusant de ses bouteilles de Bordeaux, l'écrivain ne progresse guère dans l'écriture de son livre. Il finirait presque par s'inquiéter de l'aura maléfique de cet endroit.

Le commissaire Raymond Keller est en cavale, armé et espérant se sortir de ce mauvais pas. Après quelques pépins, il s'invite chez Mathieu Lancaster, prétextant une mission en cours. L'écrivain n'est pas vraiment dupe. Le policier lui raconte une partie de la vérité sur ce qui l'oblige à fuir. Fidèle à son caractère, Keller se montre envahissant et directif. Avant d'arriver là, il vient de supprimer un témoin, et n'hésitera pas à tuer de nouveau. Fouillant chez Keller, Élise a découvert trois DVD démontrant la cruauté du commissaire. Sur les traces de celui-ci, son enquête la conduit à Lyons-la-Forêt. Grâce à un indic, une piste amène Élise à s'intéresser à un écrivain nommé Lancaster…

Roland Sadaune : Gisants-les-Rouen (Val d'Oise Éditions, 2015)

Quand vous entamez la lecture d'un roman de Roland Sadaune, vous pouvez être sûrs d'y trouver quantité de péripéties. S'il existe certains mystères, il n'a pas concocté un roman d'enquête doté d'une énigme à résoudre. C'est toujours avec vivacité qu'il nous entraîne au cœur de l'action. D'ailleurs, le découpage en 74 courts chapitres indique la volonté de l'auteur, de donner du rythme au récit. Sombre intrigue, dans la vraie tradition du roman noir, avec quelques références cinéma chères à Sadaune, et un peu de vieux rock.

Il nous présente évidemment une belle galerie de personnages. Une pulpeuse femme-flic, qui risque réellement sa vie. Un policier sans limite, ni scrupule. Un autre flic, proche d'un élu municipal, qui joue sur plusieurs tableaux. Un écrivain déçu, pas encore totalement désabusé. Une villageoise voisine, un brin agaçante. Il ne nous reste plus qu'à suivre leurs tribulations dans la région de Rouen, sur le tempo décidé par l'auteur. La pleine lune va-t-elle influer en bien ou en mal sur les évènements ? On le verra. Ce nouveau suspense de Roland Sadaune est aussi excitant que ses titres précédents !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 05:55

Nous voici arrivés à Noël, aux fêtes de fin d'année. En 2015, quantité de polars ont encore été publiés. Ce qui a garanti cette diversité littéraire qui plaît à beaucoup de lecteurs. Des romanciers français ou étrangers, de nombreux pays, nous ont permis de savourer de très bonnes intrigues, souvent excellentes, et même quelques-unes remarquables. Qu'on aime le roman d'enquête, le mystère, la psychologie criminelle, le roman noir, le suspense façon thriller, on n'a eu que l'embarras du choix…

Ah, choisir en espérant ne jamais être déçu !

Certes, on peut uniquement miser sur les “valeurs sûres” du genre. Stephen King, Mary Higgins Clark, Harlan Coben, Val McDermid, ou Maxime Chattam ont été chroniqués ici cette année, par exemple. Ou alors avoir des préférences par nationalités : les Italiens, pourquoi pas ? Ont été évoqués les livres d'Andrea Camilleri, Mimmo Gangemi, Antonio Menna, Marco Malvaldi, Marco Vichi, Luca Poldelmengo. Sans oublier des auteurs de tant de pays : Grèce, Costa Rica, Roumanie, Gabon, Turquie, Belgique, Allemagne, Espagne, Suède, Suisse, Angleterre, Norvège, Danemark, Finlande, Russie, États-Unis, Israël, Equateur, Brésil, Japon.

Joyeux Noël 2015 aux lectrices et aux lecteurs de polars

Le critère peut aussi être de lire en priorité des romancières. Quarante-cinq auteures font partie des chroniques 2015, s'agissant généralement de nouveautés, mais également de classiques du polar. C'est avec un plaisir certain que je rappelle cette liste :

Dominique Sylvain, Marie Vindy, Sophie Hénaff, Elsa Marpeau, Megan Abbott, Ingrid Astier, Marie Neuser, Nadine Monfils, Marie van Moere, Barbara Abel, Claire Favan, Sara Gran, Karine Giébel, Jax Miller, Simone Buchholz, Valérie Saubade, Anna Matveeva, Ursula Poznanski, Viveca Sten, Inger Wolf, Amy Jo Albany, Brigitte Aubert, Kanae Minato, Kelly Braffet, Brigitte Gauthier, Mary Jane Clark, Anne Bourrel, Ann Granger, Isabelle Micaleff, Lucienne Cluytens, Johana Gustawsson, Martine Nougué, Natacha Calestrémé, Danièle Ohayon, Tina Seskis, Rosa Ribas et Sabine Hofmann, Bonnie Nadzam, Pia Petersen, Naomi Hirahara, Véronique Chalmet, Val McDermid, Mary Higgins Clark, Chantal Pelletier, Dorothy B.Hughes, Margaret Millar, Charlotte Armstrong…

On retrouve certains de ces noms dans le Top 15 des meilleurs polars 2015 :

Nombreuses ont donc été cette année encore les suggestions de lectures proposées par Action-Suspense. Avez-vous “trouvé votre bonheur” parmi tous ces titres qui m'ont paru de belle qualité, intéressants ou carrément passionnants ? Je le souhaite vraiment. Avez-vous, comme moi, fait de sympathiques découvertes d'auteurs ? C'est aussi mon vœu. Les bons vieux polars d'antan que j'évoque ponctuellement vous ont-ils attirés ? Ça me ferait grand plaisir, je ne vous le cache pas. L'univers du polar est plus que vaste et divers, alors profitons-en pour en lire toujours davantage.

 

Joyeux Noël 2015 aux lectrices et aux lecteurs de polars !

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements Polar_2015
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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 06:30

Mme Moriguchi est enseignante depuis huit ans. Exigeante sur les principes, cette jeune femme n'est pas de celles copinant avec les élèves. Professeur de collège, Mme Moriguchi était la mère de la petite Manami, quatre ans. Elle s'en occupait seule, sans mari, le père étant atteint du Sida. Un mois avant la fin de l'année scolaire, Manami a été retrouvée noyée dans la piscine attenante à l'établissement. Tragique concours de circonstances, qui n'exonère pas sa mère d'une grande part de responsabilité. Elle démissionne de son poste dès la fin des cours, et a décidé de quitter l'enseignement. Ce n'est pas dû à un sentiment de culpabilité. Devant sa classe de 5eB, Mme Moriguchi accuse : “Manami n'est pas morte par accident. Quelqu'un de cette classe l'a tuée.” Elle ne nomme pas les deux élèves en question. Sachant que la Justice ne punirait pas vraiment un enfant de treize ans.

L'un des jeunes coupables (Shūya) mène des expériences scientifiques, non dénuées d'une dose de cruauté. Rien d'alarmant, estimait-on au collège, où l'on voyait en lui un élève modèle. Pourtant, c'est une de ses inventions qui tua Manami, même indirectement. Le second responsable (Naoki) est un élève assidu. Malgré ses efforts, il eut des résultats en dents de scie. Mme Moriguchi pense qu'il était trop choyé par sa mère. La version de l'accident restant la seule pour tout le monde, les meurtriers mineurs bénéficient d'une impunité assurée. Mais la mère de Manami mûrit sa vengeance.

C'est ensuite Mizuki, la déléguée de classe, qui relate dans une lettre à Mme Moriguchi les faits se produisant après son départ du collège. La classe est désormais en 4eB. Pour leur professeur principal, "Werther", dont c'est le premier poste, il s'agit de se montrer cool avec les élèves. Mais l'affaire Manami a laissé des traces. Naoki est absent, restant auprès de sa mère. Le fier Shūya est bientôt harcelé par les autres élèves de la classe. Il finit par se rebeller, mais la déléguée Mizuki est quelque peu éclaboussée par cet épisode. Elle en veut à "Werther" de n'avoir pas réglé avec fermeté la situation.

Grâce à une des sœurs aînées de Naoki, on a connaissance des carnets intimes de leur mère. Suite à la mort de la fillette, elle se montra ultra-protectrice envers son fils, qu'elle victimisait. Elle rejetait toutes les fautes sur Mme Moriguchi. Elle se refusait à admettre que Naoki se comportait tel ces "hikikomori", jeunes reclus se plaçant volontairement hors de la société. Traumatisé, son fils l'était : il semblait obsédé par le nettoyage… Le récit de Naoki confirme le plan criminel de Shūya, et les ratages qui s'ensuivirent. Shūya était le seul que l'on devait blâmer. Les tourments de conscience de Naoki le poussaient de plus en plus vers la paranoïa.

Satisfait de sa supériorité, d'esprit scientifique hérité de sa brillante mère, Shūya regarde les faits avec un certain cynisme. Pourtant, n'est-il pas issu d'un milieu familial instable ? Ses certitudes, il les étalent sur son site Internet. Son comportement, il n'y voit aucune raison d'éprouver des remords. D'ailleurs, commettre encore un crime et en envisager d'autres, pourquoi pas ? Mais, depuis son départ du collège, Mme Moriguchi n'a jamais cessé d'observer cette classe, où sévirent deux jeunes assassins…

Kanae Minato : Les assassins de la 5eB (Éd.Seuil, 2015)

Le principe est ici celui des "pièces du dossier" : plusieurs intervenants impliqués donnent leur version des faits. Ce qui exige une parfaite construction de l'histoire, afin que l'on puisse relier sans difficulté ces témoignages. C'est avec une magnifique habileté que la romancière utilise cette structure, qu'elle nous raconte l'approche du crime selon chacun des protagonistes. Une intrigue psychologique d'autant plus forte quand on sait que les Japonais exprime peu publiquement leurs sentiments. Avec froideur ou pragmatisme, ils analysent et agissent en pensant adopter la meilleure solution. En oubliant probablement que chaque être humain est différent, avec son propre ressenti, son parcours personnel.

L’Éducation est au centre de ce roman. Pas seulement du point de vue scolaire. Surtout, c'est l'idée de responsabiliser les futurs adultes dès l'adolescence qui est développée. Ce n'est pas seulement une question de repères sociétaux ou familiaux (bien que les parents, les mères, apparaissent plutôt maladroits dans cette histoire). Définir sa place dans la société, où l'on dont simplement respecter des règles basiques, est-ce insurmontable ? Le problème ne se pose sans doute pas uniquement au Japon. L'idée d'impunité, quels que soient les méfaits, n'est-elle pas universelle ? Un suspense psychologique d'une grande subtilité, qui ne se contente pas d'un aspect criminel.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 05:55

Natif de Clermont-Ferrand, âgé de trente-huit ans, le commissaire Patrick Furnon a mené une carrière de terrain. Il est depuis peu le patron de la PJ de Lyon, assisté de Patrick Etchevarry et d'une équipe expérimentée. Mis à part Christophe Écusson, jeune lieutenant de vingt-six ans, promu au poste de négociateur. En ce samedi 20 avril, Furnon est alerté du matin, quand se produit une prise d'otages sous le tunnel de Fourvière. En se faisant passer pour des flics, les membres d'un gang ont bloqué deux cent automobilistes, des bombes étant placées à l'entrée et à la sortie du tunnel. Quelques minutes plus tôt, une explosion dans un parking lyonnais était destinée à faire comprendre aux policiers que la bande en question ne plaisantait nullement. L'opération apparaît parfaitement préparée.

Le chef du gang se fait appeler "1", et ses complices sont aussi numérotés. Ils exigent une forte rançon, issue de la Banque de France. Une somme précise en billets usagés, preuve qu'ils sont bien renseignés. Le commissaire Furnon n'a pas tardé à réunir son groupe. Le préfet souhaite que son protégé Écusson soit chargé des négociations avec le gang. "1" se montre intraitable : il fixe des règles à impérativement respecter. Le lieutenant Écusson est rapidement dépassé par la situation. D'autant que "1" abat un otage, une vieille dame, pour que sa détermination ne fasse aucun doute. Furnon ne peut se permettre un assaut visant l'intérieur du tunnel. Un premier témoin lui offre une piste importante. La rançon réunie dans un court laps de temps, comme exigé, les sacs sont livrés au gang.

Le butin est évacué par un duo de comparses dans un hors-bord sur le fleuve, tandis que des véhicules sont prévus pour le gang du tunnel. Les policiers réalisent bien vite que le hors-bord était un leurre imaginé par "1". Journaliste à Lyon, assistée par le chevronné reporter Kamel, Chloé Jacquet a suivi les débuts de l'affaire. La formulation des ordres du chef de ce gang lui rappellent de mauvais souvenirs personnels. La jeune femme est sûre de l'identité de "1", et en avise le commissaire Furnon. En échange de son aide, elle aura l'exclusivité des infos. Un probable complice des braqueurs du tunnel est repéré, arrêté. Il existe une autre piste, du côté de joueurs de poker. Pour "1", l'opération est "presque" terminée. Furnon se demande ce que masque ce "presque", de la part du chef de gang. Même si la bande est en fuite, le commissaire n'a pas dit son dernier mot…

Éric Courtial : Tunnel (Éd.du Caïman, 2015)

L'essentiel du récit se concentre sur cette fatidique journée du samedi. Nous suivons donc heure par heure les développements de l'affaire. Ce qui, par des chapitres courts pour la plupart, donne un bon tempo à l'histoire. Quant à la structure de l'intrigue, elle est propre et correctement maîtrisée. L'idée de numérotation des membres du gang n'apporte pas tant d'innovation, mais pourquoi pas ?

Dès que l'on aborde ce roman, on comprend que l'auteur a traité son sujet à la manière d'un téléfilm ou d'un épisode de série-télé. C'est une méthode qui peut séduire, se voulant "visuelle". On imagine le commissaire Furnon, professionnel fiévreux dans son bureau, en contact avec toute l'armada gendarmesque et policière déployée, ainsi qu'avec le préfet. Si ce principe oblige à réduire la psychologie des personnages, les portraits restent clairs et suffisamment dessinés. Un sympathique petit polar, divertissant et rythmé.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 05:55
Sélection : les 15 meilleurs polars 2015

Chaque fin d'année, Action-Suspense essaie de faire la synthèse des meilleurs titres lus et chroniqués ici. Ce qui ne prétend absolument pas englober l'ensemble de la production polar de l'année. La diversité du suspense, du roman noir, et de toutes les intrigues du genre, est d'une grande richesse. On s'en réjouit. Quand on lit à peu près un roman tous les deux jours, soit plus de 180 nouveautés par an (y compris en format poche), n'en retenir que quinze pour une sélection sérieuse apparaît une mission impossible. Alors, on se remémore ceux qui vous ont les plus marqué par leurs qualités.

Faire des choix, c'est laisser de côté bon nombre de romanciers qui possèdent également un véritable talent. Aucun favoritisme, ce serait absurde. Quelques-uns ont, à juste titre, été récompensés par des Prix littéraires cette année, ou le seront assurément dans un proche avenir. C'est encore ne pas mettre en valeur des éditeurs actifs et inventifs qu'on aime. Peut-on affirmer sans se tromper que ces quinze titres-là seront appréciés de la totalité des lectrices et des lecteurs ? Non, probablement pas.

Ne retenir que des Coups de Cœur ? Certes, il y en aura cette fois huit : Ray Celestin, John Gregory Dunne, Simone Buchholz, Adam Langer, Kelly Braffet, Antonio Menna, Rosa Ribas & Sabine Hofmann, Marco Vichi. Pourtant, il y a des auteurs (sept autres) dont on se dit qu'ils méritent autant de figurer dans un “Top 15” des tout-meilleurs : Sara Gran, Clayton Lindemuth, Anne Bourrel, Alper Canigüz, Jacques Bablon, Barbara Abel, Gilles Schlesser. Quinze titres qui ont dominé parmi mes lectures de 2015.

Pour lire mes chroniques sur chacun, il suffira de cliquer sur la case correspondant à ces livres et auteurs.

En résumé, mes 15 meilleurs polars 2015 sont :

 

Ray Celestin : Carnaval (Le Cherche Midi)

Sara Gran : La ville des morts (Éd.Le Masque)

John Gregory Dunne : True confessions (Éd.Seuil)

Simone Buchholz : Quartier rouge (Black Piranha)

Adam Langer : Le contrat Salinger (Super 8 Éd.)

Kelly Braffet : Sauve-toi ! (Ed.Rouergue Noir)

Clayton Lindemuth : Une contrée paisible et froide (Éd.Seuil)

Anne Bourrel : Gran Madam's (La Manufacture de Livres)

Alper Canigüz : Une fleur en enfer (Mirobole Éditions)

Jacques Bablon : Trait bleu (Ed.Jigal)

Barbara Abel : L'innocence des bourreaux (Éd.Belfond)

Antonio Menna : L'étrange histoire de l'ours brun abattu dans les quartiers espagnols de Naples (Ed.Liana Levi)

Gilles Schlesser : Sale époque (Ed.Parigramme)

Rosa Ribas – Sabine Hofmann : La mort entre les lignes (Éd.Seuil)

Marco Vichi : Le commissaire Bordelli (Éd.Philippe Rey)

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 05:55

En avril 1990, l'informaticien parisien Paul Tribot a besoin d'un peu de vacances. Dans sa CX, il prend la direction de la Bretagne. Il choisit un itinéraire moins fréquenté que les grands axes, pour se rendre en Pays Bigouden. Sans trop y réfléchir, contrairement à ses habitudes, il embarque une auto-stoppeuse. Cette Nathalie Nelson apparaît tendue, voire agressive. Lors d'une pause dans une station-service, elle dérobe le fric de la caisse. Elle ne tarde pas à braquer Paul avec son flingue, à lui donner des ordres. Sur le trajet, elle l'oblige à récupérer son complice, Joseph Serra. Celui-ci est aussi nerveux que la jeune femme. Paul apprend que Nathalie vient de séjourner pendant six ans en prison, qu'elle est sortie depuis seulement quelques jours. Elle envisage de partir au Canada.

Trouillard de nature, Paul est effrayé par les réactions de Nathalie : “Un rire sonore, glaçant, venant de derrière les cordes vocales. Un rire de hyène bien élevée.” Le trio prend bientôt en otage une jeune fille qui cherchait une voiture pour Lorient, Marie Fressier. Paul a commis l'erreur de dire à Nathalie qu'il allait loger dans une maison isolée, près d'un étang : une bonne planque pour elle et Joseph Serra. Le duo de malfaiteur menace de s'en prendre à Marie si Paul refuse de les conduire à l'adresse prévue. Peu courageux, il finit par céder. Le quatuor arrive ce lundi soir au lieu-dit le Stang, à Plonéour-Lanvern, non loin de Pont-l'Abbé. Ancien corps de ferme, c'est la maison agréable et chaleureuse d'un ami de Paul qui les attend à la fin d'une journée agitée.

Après une première nuit, la jeune Marie ne cache pas son antipathie envers Paul, qu'elle considère comme un lâche. Non sans raison, car il n'aurait pas empêché Joseph Serra de la violenter. Il est vrai que le complice de Nathalie n'est pas avare de coups contre Paul. Les deux victimes éprouvent le même sentiment concernant le charisme de Nathalie. Si Marie peut espérer un entente entre femmes, Paul ne voit pas de solution pour s'échapper. Même pas lorsqu'ils sortent tous quatre pour une balade sur les plages de La Torche. Il arrive à Nathalie de se remémorer les circonstances de son arrestation, suite à un projet de fourgon-sandwicherie pour lequel elle avait d'urgence besoin de fric. Si elle se repasse son “film”, le jeune femme reste attentive par rapport à ses prisonniers.

Suite à une humiliation, Marie éprouve un ressentiment de plus en plus ardent contre Paul. Elle fait profil bas, souhaitant que la situation se décante. Ce n'est pas le paysan voisin, Marcel Le Bihan, n'ayant rien remarqué lors de sa brève visite, qui sortira du pétrin Paul et Marie. Ni les appels téléphoniques du propriétaire de la maison, Paul ne pouvant lui faire passer un message d'alerte. Une sortie jusqu'à une ancienne usine de concassage du secteur permettra-t-elle à Paul, qui connaît bien les lieux, d'échapper enfin aux griffes de Nathalie Nelson et Joseph Serra ?…

Isabelle Micaleff : Un coin de paradis (Éd.Sixto, Le Cercle, 2015)

Il s'agit ici d'un polar à suspense de très belle qualité. Qu'il serait stupide de qualifier de “roman régional”, sous prétexte que la plus grande partie se passe en Pays Bigouden, dans le Finistère-sud. Par contre, Isabelle Micaleff a bien raison de situer l'intrigue dans des décors qu'elle connaît sûrement. Un “bout du monde” qui ne manque pas de charme, en effet. Elle a choisi de placer les faits dans une époque déjà lointaine, il y a un quart de siècle. Non par nostalgie, mais sans nul doute pour évoquer un monde un peu différent. Suffirait-il aujourd'hui d'une maison isolée pour se cacher ? Ce n'est pas certain.

Cette affaire se déroule sur une petite semaine, du lundi au samedi. Un huis-clos ? Pas exactement, l'auteure ne commettant pas l'erreur de confiner son quatuor dans cette maison tranquille. Par contre, c'est bien entre les quatre personnages principaux que tout va se jouer. C'est ainsi que le lecteur peut observer à loisir leurs comportements, et même entrer dans leurs pensées. Paul apparaît lâche, mais c'est plus nuancé. Le double-jeu de Marie vaut-il mieux ? Joseph est primaire et violent. Nathalie est forte, mais jusqu'à quel point ? Des retours en arrière retracent les évènements qui conduisirent Nathalie en prison (son “film”). De la psychologie et de l'action, au programme. Un polar fort convaincant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 05:55

Froid mois de décembre à Paris. Ancien policier, célibataire, Hugo est employé par la multinationale d’Esteban. Cet homme d’affaire cynique a ses entrées à l’Élysée. Esteban était riche et puissant, il imposait ses propres règles et n’appréciait pas qu’on se mêle de ses affaires. D’ailleurs, il n’était que rarement inquiété et quand cela arrivait, Hugo arrangeait les choses au mieux. Ultra-libéral actif et sans aucun complexe, Esteban avait besoin de conflit pour exister. Consciencieux et obéissant, Hugo élimine pour lui les gêneurs. Il estime n’être ni candide, ni obtus, mais avoir un fort sens du devoir. Il est assisté par le froid Boris, ex-mercenaire venu d’un pays de l’Est. Pourtant, la vie de Hugo change le soir où, dans un bar, il croise le singulier père Calvet.

C’est un prêtre alcoolique, qui se pose depuis toujours des questions sur la Foi. Il ne croit guère en Dieu, pas plus que dans l’être humain. Dans ce monde sans vérité, il lui restait l’humour noir et le whisky. Il donne un livre à Hugo, que celui-ci lit passionnément. C’est l’histoire d’un héros qui décide de faire le bien autour de lui. Voilà ce qu’attendait Hugo, l’occasion de montrer sa propre bienveillance envers les autres. À commencer par ce chiot, Bion, qu’il vient d’adopter et qui ne le quitte plus. Les adversaires de son patron, Hugo compte les sermonner au lieu de les tuer, désormais. Sauf que ce médecin humanitaire, qui veut dénoncer les trafics d’Esteban, n’est pas prêt à négocier. Sauf que ce trader qui a trop gagné de fric n’est pas très compréhensif, non plus.

Le plus gros problème actuel d’Esteban, ce sont les hackers du groupe Vendredi 13. Ils ont piraté de grosses sommes au profit d’œuvres caritatives, et dérobé des dossiers ultrasecrets de la société d’Esteban. Draker, Léonard, Robin, Élise, sont de jeunes surdoués de l’informatique. Le bar de Maud, c’est un peu leur QG. Elle refuse tout conformisme, cette blonde qui se teint en brune, qui fume parce que c’est interdit partout, qui vit avec le philosophe Patrick. Ces jeunes espérant que leurs actions conduisent à un monde plus juste, Maud ne peut que les apprécier. Malgré la complicité de l’informaticien Éric, au service d’Esteban, les V13 finissent par être identifiés. Boris ne comprend rien au nouvel état d’esprit de Hugo. Esteban s’interroge à son sujet. Plein de bonne volonté, le tueur repenti pense que la situation peut s’arranger. Mais un carnage est si vite arrivé…

Pia Petersen : Le chien de Don Quichotte (Pocket, 2015)

Vous n’aimez pas vraiment les polars, alors lisez ce roman. Vous n’aimez pas tellement les romans, alors lisez ce polar. Oui, cette histoire est à la frontière des genres. Un face à face pourrait le résumer : Je suis celui qui détient les pistolets Et moi, je suis celui qui détient le cerveau. Dans notre société où la violence est autant sociale qu’à main armée, est-il encore possible de faire baisser les tensions ? Envisager un autre mode de vie en se servant de son cerveau, est-ce illusoire ? Hackers utopistes contre champion du libéralisme économique ravageur, le vainqueur semble connu d’avance.

Même s’il est jalonné par quelques morts, ce n’est ni un roman d’action, ni une fiction criminelle. Péripéties et humour ne manquent pas. Ce qui rend délicieuse cette lecture, c’est le regard de Pia Petersen sur notre époque, notre système et ses contradictions. Hugo le tueur a toujours été un rêveur, par exemple. Les plus blasés d’entre nous sont, sans doute, devenus misanthropes (pas forcément alcoolos) à l’image du père Calvet. Un roman hors norme.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 05:55

Si Michel Quint est l’auteur du best-seller “Effroyables jardins”, il fut récompensé en 1990 par le Grand Prix de Littérature Policière pour “Billard à l’étage”. Disponibles désormais en format poche, voici deux suspenses que l'on peut qualifier de romans noirs, de polars avec leurs mystères et leurs péripéties multiples…

 

"Close-up" : Miranda fait un numéro d’illusionniste au Quolibet, cabaret lillois sans prestige réunissant une poignée d’artistes. Miranda est une femme de presque quarante ans, aux yeux violets, à la voix profonde avec du brouillard dedans, du sanglot et du sang versé. De son vrai nom Octavie Dillies, Miranda a dû surmonter une séparation amoureuse particulière dix ans plus tôt. Quand son compagnon Éric fut victime d’un accident de chantier, il s’enferma seul dans sa nouvelle vie avec son handicap, au lieu de se retourner contre son employeur du BTP. Elle se débrouilla, changeant radicalement de vie, n’oubliant jamais Éric qui, lui, garde ses distances.

Menés par un certain Bruno, quelques clients du Quolibet ont été séduits par le numéro de close-up amusant et habile de Miranda. À tel point que le chef du groupe l’a engagée pour une soirée privée. L’artiste a reconnu ce client : le promoteur immobilier Bruno Carteret, PDG de Buildinvest, société qui employait Éric au temps de son accident. Miranda décide de se venger de celui qui, indirectement, causa l’échec de sa relation avec Éric. La soirée chez Bruno réunit le Gotha local surtout le clan Vailland, la riche belle-famille de l’homme d’affaires, notables méprisants et acerbes. Miranda exécute sa prestation avec brio, terminant par une prédiction : elle annonce que Bruno va mourir avant le prochain vendredi 13.

Quelques jours plus tard, le promoteur arrive sanguinolent au Quolibet. Il a été agressé dans son parking souterrain. On le soigne aussi bien que possible, avant qu’il ne s’explique. On en veut à sa vie à cause d’une opération immobilière foireuse, menée à Dubaï par le plus jeune membre de la famille Vailland. Bruno est capable de rétablir la situation, à l’échéance du prochain vendredi 13. S’il meurt, ce serait tout bénéfice pour son épouse. En attendant de savoir qui veut le supprimer, Bruno se place sous la protection de Miranda. Celle-ci entend bien le dominer, en guise de revanche…

 

Dans ce Close-up, on retrouve à la fois le remarquable style de l’écrivain, mais aussi toute son inspiration issue du roman noir. Miranda appartient à cette mythologie, dans le rôle de la femme fatale. Bruno, c’est la victime désignée, le persécuté qui doit réagir. Ajoutons le décor d’un cabaret de second ordre, celui de la ville avec l’agglomération lilloise, de puissants ennemis identifiés qu’il est dangereux d’affronter, nous voilà effectivement dans une ambiance noire qui apparaît longtemps sans issue. Nombreux sont les rebondissements ponctuant les mésaventures de Miranda et Bruno, tous répondant à l’implacable logique du récit. Encore un roman impeccable de Michel Quint !

Michel Quint : Close-up -&- Les amants de Francfort (Pocket, 2015)

"Les amants de Francfort" : Âgé de trente-cinq ans, Florent Vallin dirige les éditions En Colère. Il a quitté sa ville de Lille depuis quelques années, s’installant à Paris. Il reste en contact avec son épouse Clémence (née Debaisieux) et leur fils Maxime. Enseignante, la femme de Florent est aujourd’hui gravement souffrante. Clémence fut autrefois adoptée enfant par la famille Vallin, au décès prématuré de ses parents. Les Vallin et les Debaisieux étaient très proches. Florent lui-même a perdu son père très tôt. Proche des milieux d’affaires allemands impliqués en politique, Gérard Vallin fut exécuté en 1977 par la RAF, la bande à Baader. Si elle a désormais l’esprit désorienté, la mère de Florent a bien géré la fortune du défunt, que son fils a investi dans l’édition. À Paris, il est assisté par l’indispensable et fantasque Zina, une pulpeuse Roumaine qui contribue à la réussite des éditions En Colère.

Bien qu’aimant peu l’Allemagne, Florent participe à la Buchmesse, le salon du livre de Francfort 2009. Cet évènement est un pivot du marché international de l’édition. À l’hôtel, Florent rencontre des personnages insolites. Tel Sandor, un homme sans âge qui fait partie du décor. Quand il raconte un épisode de ses milles vies, on comprend vite que c’est un écrivain qui n’écrira jamais un seul livre. Dommage pour les éditeurs qui le sollicitent. Agent littéraire, Fitz est au service d’un important groupe. Sous ses airs de dandy léger, l’homme sait tout de son microcosme. Par pragmatisme et par sympathie, Fitz tient à faire des affaires avec Florent. Il lui présente la belle Lena Vogelsang, dont le jeune éditeur tombe illico amoureux. Florent et Lena deviennent vite amants.

Sans s’en cacher, la cynique Lena vise le rachat des éditions En Colère. Dans un premier temps, Florent accepte la cession de droits pour des traductions. C’est avec Zina que Lena réglera les détails concrets. Cette nuit-là, un couple est assassiné dans le même hôtel, découvert par la femme de chambre Magda. Le pittoresque Sandor pourrait être inquiété. Le couteau fétiche de Lena n’est finalement pas l’arme du crime. Elle en fait cadeau à Florent avant qu’il ne parte. Il ne peut éviter un séjour à Lille, l’état de santé de Clémence nécessitant une opération à risques. Clémence a besoin d’exhumer les souvenirs de la famille Debaisieux, dont elle connaît mal l’énigmatique histoire…

 

Dans le présent livre, son héros se qualifie d’éditeur de romans noirs : des romans certes intimes, peuplés de gens ordinaires, mais traversés par l’Histoire ! Le tragique n’y est pas sentimental, même si l’amour est un composant du récit, il y est politique, économique, historique, social. Cette seule phrase suffit à indiquer dans quel esprit Michel Quint a écrit Les amants de Francfort. Autre probable clin d’œil de l’auteur, quand il évoque un manuscrit soumis à Florent, intitulé Épaves : c’est le titre d’un classique du roman noir, de David Goodis. Quant à l’intrigue, riche en détails et présentant des destins maudits, elle est ici fatalement tortueuse, tourmentée. Ce roman dense d’un écrivain chevronné est un feu d’artifice, où s’entrecroisent toutes les couleurs du mystère, tous les sentiments.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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