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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:45

Âgée de trente-cinq ans, Claire DeWitt est native de Brooklyn. Elle avait onze-douze ans quand, avec deux copines, elle se passionna pour la résolution de mystères. Sa bible fut le seul livre du détective français Jacques Silette, “Détection”. Un ouvrage obscur, qui dit tout et son contraire, mais qui guide toujours les enquêtes de Claire DeWitt, devenue détective privé. Jacques Silette, dont la fille Belle fut kidnappée et jamais retrouvée, était lui-même un homme énigmatique. Une des copines ados de Claire disparut elle aussi sans laisser de traces. Quittant sa famille dès qu'elle eut dix-sept ans, le parcours de Claire se fit plutôt cahoteux, avec casier judiciaire et curieux tatouages.

À La Nouvelle-Orléans, elle poursuivit sa formation de détective privé, grâce à Constance Darling. Un sacré personnage qui ne vivait que pour les investigations, qui interprétait aussi sûrement les signes ésotériques que les indices. Constance mêlait augures extra-lucides et philosophie asiatique. Comme son ex-ami Mick Pendell, reconverti prof de criminologie en Louisiane, Claire estime avoir appris beaucoup avec Constance Darling. Fumer quelques joints l'aide parfois à se concentrer. Installée en Californie, Claire a été très perturbée par une récente enquête. Elle a dû suivre une cure, genre retour à la vie naturelle. Quand on la contacte pour une enquête à La Nouvelle-Orléans, Claire apparaît de nouveau en forme.

Ce n'est pas la ville la plus sécurisante qui soit, elle ne l'a pas oublié. Les crimes y sont rarement résolus. Les accusés sont généralement libérés à la fin du délai légal de soixante jours. Pourtant, “un suspect dans une affaire d'homicide à la Nouvelle-Orléans avait davantage de chance de se retrouver lui-même à la morgue plutôt qu'au tribunal.” On est en janvier 2007, un an et demi après l'ouragan Katrina. Partout subsistent des séquelles de la gigantesque tempête qui sema la mort et détruisit des quartiers déjà modestes. Secteurs où, rien n'étant réglé, les trafics ont bientôt repris. C'est durant la catastrophe Katrina que semble avoir disparu Vic Willing, qui habitait au bout de Bourbon Street.

Ce riche magistrat était honnête et généreux, un peu hautain sans doute par sa fonction de District Attorney. Claire inspecte son appartement, sa bibliothèque et son bureau. “Vic n'avait sûrement pas été tué chez lui. Pas de sang, pas de balle, aucun détail suspect.” Elle prend quelques empreintes, et remarque un perroquet vert aux alentours. Les empreintes sont celles de Andray Fairview, un jeune délinquant afro-américain qui vient d'être incarcéré à l'Orleans Parish Prison, au cœur de la ville. Quand Claire l'y rencontre, il nie avoir tué Vic Willing, mais son alibi est fort relatif. Andray Fairview aurait même sympathisé avec le magistrat, qui avait une passion pour les oiseaux. Claire note une incongruité : Fairview possède un exemplaire de “Détection”, le livre de Jacques Silette.

Un SDF appelé Jackson prétend avoir vu Vic Willing vivant plusieurs jours après Katrina : Claire vérifie cette possibilité. Le criminologue Mick Pendell parvient à faire sortir Fairview de prison. Peu après, Fairview, son ami Terrell (dit Dreadlocks) et Claire sont la cible de tirs dans des rues mal famées. Le pick-up de location de la détective contribue à les protéger. Claire n'a pas fini de faire des bonnes et des mauvaises rencontres. Les visions et les intuitions inspirées de ses maîtres, Silette et Constance, très bien. Mais c'est plutôt le monde de Terrell et d'Andray, né du sordide et du marginal, qui l'aidera à résoudre les ténébreux mystères de l'affaire du perroquet vert...

Sara Gran : La ville des morts (Éd.Le Masque, 2015)

Avec “Dope” (2008) et “Viens plus près” (2010), Sara Gran imposait une tonalité aussi personnelle qu'originale. Cette fois, serait-elle devenue plus ordinaire avec l'enquête d'une détective privée qu'elle nous propose ? Certes non, il y a ici toujours ce refus de la bien-pensance qui la caractérise. C'est vrai, tous les "privés" ont un vécu, ayant traversé tant d'expériences qui ont été des épreuves. Dans le cas de Claire DeWitt, on sent très vite que son hyper-sensibilité s'est amalgamée avec sa volonté de devenir enquêtrice. Pourtant, son parcours n'a rien de larmoyant. Au contraire, l'ironie est perceptible dans son regard sur les autres, sur tout ce qui l'entoure. Ses retrouvailles avec son ancien ami Mick Pendell en sont un bon exemple. Ce sourire décalé est présent tout au long de l'aventure.

Encore l'ouragan Katrina et La Nouvelle-Orléans ? s'insurgeront quelques sceptiques. Il ne nous est pas difficile de comprendre que cette situation a marqué les Américains. À la fois par le manque de "réponses" rapides et flagrantes pour venir en aide aux populations. Et aussi, parce que cette partie de la Louisiane a toujours semblé éloignée des règles en vigueur aux États-Unis. Sara Grant ne cache pas que police et justice, Blancs et Noirs, se sont toujours mutuellement accusés de tous les maux. Comme un statu-quo permettant à chacun d'évoluer au mépris de toute paix sociale, fric et trafic dominant tout.

Jacques Silette, détective français exemplaire pour Claire DeWitt ? Ça pourrait faire penser au chevalier Auguste Dupin, l'enquêteur d'Edgar Allan Poe. Adapté par Sara Gran, c'est un théoricien de l'investigation criminelle un peu fumeux, dont on peut interpréter les conseils de maintes façons. Finalement, c'est aussi un des personnages de l'histoire. S'il fascine Claire, celle-ci exprime peu de tendresse pour lui ou envers quiconque : c'est une dure-à-cuire. Du moins dans l'image qu'elle veut afficher, car au fond d'elle-même... Des chapitres courts, un récit raconté à la première personne par l'héroïne, une belle dose de non-conformisme, un témoignage sur une ville hors norme et une multiplication de péripéties, voilà ce qui rend réjouissant cet excellent suspense de Sara Gran.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 05:55

Quadragénaire sportive native de Nantes, Garance Calderon est capitaine de gendarmerie dans l'Yonne, où elle fut élevée par ses grands-parents. Fin août, Garance est chargée d'enquêter sur une mort suspecte au hameau de l'Hermitage. Autour d'un lac, les trois propriétés ont longtemps appartenu à la famille Marceau, Colette, Marianne et Paul, puis à plusieurs héritiers. La maison de Paul a été vendue toute meublée, deux mois plus tôt. L'acquéreur était Mehdi Azem, prof d'Histoire-Géo de trente-et-un ans au Lycée Janot, de Sens. C'est lui la victime. On l'a trouvé mort près du lac à la limite des propriétés voisines. Sa blonde compagne Juliette Lauris ne vivait pas avec lui.

Mehdi Azem a été tué avec un fusil de chasse. Peut-être par accident, vu qu'on traque le sanglier sur les terres agricoles par ici, même hors-saison. La chasse est un bon souvenir d'enfance pour Garance, qui la pratiquait avec son grand-père, gendarme. Selon Juliette, Mehdi préparait un livre sur les femmes tondues. “Entre [19]43 et 46, elles ont été à peu près vingt mille en France. Mehdi espérait retrouver certaines de ces femmes, et leur faire raconter les tontes avant qu'elles meurent...” Un collègue de lycée confirme à Garance que le sujet obnubilait le défunt prof. Il montra à ses élèves un film là-dessus. D'autant que la région fut active au temps de l’Épuration, car l'occupant y avait été très présent.

Il semble que la famille Marceau ait abrité alors une collabo “horizontale”. Ce qui, dans un sens, fait écho au propre passé de Garance. Petit-fils de Paul, Christophe Marceau avait eu une altercation avec Mehdi Azem. Chasseur à la réputation vérifiée de viandard, adoptant le discours facho, il prétend n'obéir qu'à sa loi personnelle et éduque ses enfants dans cet esprit. L'histoire des Marceau inclut leur aïeule Marianne, au caractère rebelle.“Un jour, en 1942, leur propriété a été réquisitionnée par les Allemands. Il y en a un qui est venu vivre chez eux. Et à la Libération, Marianne Marceau a filé avec lui. On ne les a jamais revus, ni elle, ni son Boche.” Mieux que cette version définitive, dans sa maison de retraite, Paul Marceau témoigne clairement du contexte malsain qui entraîna la disparition de sa sœur.

Aucune arme saisie chez Christophe Marceau ne correspond au calibre détecté. Colette reste sévère sur le cas de sa sœur Marianne. Aux Archives, Garance retrouve des lettres de dénonciation d'autrefois, avant de humer l'ambiance de la maison où tout est intact depuis si longtemps. Est-ce que, soixante-dix ans plus tard, le sang peut encore raconter le passé ? Et révéler les secrets de Marianne Marceau et de toute cette famille ? Déterrer les traces de jadis, se souvenir des armes alors utilisées, voilà qui aide à comprendre un crime du présent. Attention, car la violence n'est pas éteinte chez les Marceau…

Elsa Marpeau : Et ils oublieront la colère (Série Noire, 2015)

Nous vivons dans un monde où tout nous incite à ne penser qu'au présent, à n'envisager que vaguement l'avenir. Quant au passé, on le gomme de nos mémoires aussi vite qu'on l'a commémoré, sans retenir grand-chose. Il est plus facile de ne pas chercher à savoir si nos aïeux furent des héros, des traîtres, ou même un peu les deux à la fois. “C'était mieux avant”, cette formule résume tout ce qui concerne autrefois, ne venez plus nous embêter avec l'Histoire. Pourtant, “un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre” ont dit Winston Churchill, et sans doute quelques autres. À quoi bon tirer des leçons de ces temps révolus ? Certains discours de tribuns actuels ressemblent à ceux d'antan, et alors ?

Bien pire que l'oubli volontaire, peut-être, il y a la banalisation. Être collabo en temps de guerre, c'était juste de l'opportunisme, pas si grave. L’Épuration, il n'avaient qu'à être assez malins pour y échapper. Quant aux femmes tondues, leurs cheveux ont repoussé et puis c'est tout. Banaliser, le meilleur moyen d'ignorer que certaines cicatrices ne se sont jamais parfaitement refermées ? Voilà ce qui apparaît en filigrane dans ce roman noir. Et lorsque l'héroïne a connu elle aussi un parcours perturbé, elle est d'autant plus obstinée dans sa volonté de lever le voile sur les liens entre hier et maintenant. En précisant que cette intrigue se situe chez nous dans quelques mois, on verra ce que ça suggère. Le polar a une fonction sociologique, on le vérifie dans ce très bon roman d'Elsa Marpeau.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 05:55

Carson Mills est une petite ville du Midwest américain, restée plutôt rurale. Venant de Suède, la famille Petersen s'y installa au milieu du 20e Siècle. Ce fut dans des conditions dramatique que se produisit la naissance de Jon Petersen. Il fut élevé par son grand-père Ingmar, avec ses tantes Rakel et Hanna. Très tôt, l'enfant se montre asocial, supportant mal l'école. Dès six ans, sa cruauté dominatrice s'exerce sur des fourmilières. Posséder un pouvoir destructeur sur ce petit monde qu'il observe, voilà ce qui l'excite déjà. Quand, à l'âge de douze ans, les provocations d'un petit caïd local de sa génération vont trop loin, Jon estime légitime de se venger avec une extrême violence.

Trois ans plus tard, son aspect sec et nerveux donne à Jon l'allure d'un jeune adulte. Il fantasme sur sa jolie tante Hanna, alors amoureuse et prête à quitter Carson Mills pour New York avec son petit-ami Thomas. Jon trouve l'occasion d'imposer sa virilité à Hanna. Quand Louise, la fille d'une ferme voisine, est violée dans son lit, le vieux shérif Jarvis Jefferson serait bien avisé de soupçonner Jon Petersen. Dix jours plus tard, c'est sur le meurtre de la bienveillante bibliothécaire Theresa Turnpike qu'il doit enquêter. Elle a été tuée avec violence dans un sinistre hangar isolé. Âgée de seize ans, la fille du banquier Monroe semble aussi avoir été violée, en l'absence de ses parents.

La disparition de plusieurs chiens et chats est signalée dans le secteur. Jarvis Jefferson en profite pour interroger Jon, adolescent qu'il sait “à part” à Carson Mills. Toutefois, le shérif n'en tire aucune conclusion. Ayant trouvé un travail et acheté une voiture avec laquelle il se balade beaucoup, Jon se tient relativement tranquille durant les quatre années qui vont suivre. Sa recherche d'une compagne reste longtemps infructueuse, les jeunes femmes devinant son caractère dur. Jusqu'à ce qu'il épouse la blonde Joyce Flanagan, à Wichita (Kansas). Lorsque Jon perd son job pour une affaire de mœurs, le couple revient bientôt habiter la ferme familiale, avec le grand-père et la tante Rakel.

Jon et Joyce ont un fils, Riley, qui sera élevé sans grande tendresse. Tandis que Jon vivote de son activité d'équarrisseur, sa femme est contrainte de monnayer ses charmes pour rapporter un peu plus d'argent à leur foyer. Encombrants pour Jon, Ingmar et Rakel ne vont plus avoir leur place à la ferme. De son côté, Ezra Monroe, la fille du banquier, a mal tourné. Sans doute est-il fatal que sa route croise celle de Jon. C'est alors que plusieurs signes du Destin interviennent dans la vie des Petersen, père et fils. Non pas que Jon améliore tant son comportement agressif. Non pas que l'adolescent Riley “découvre” la monstruosité sans borne de son géniteur. Mais, en entraînant une mineure dans sa ferme, Jon va commettre sa première et dernière erreur…

Maxime Chattam : Que ta volonté soit faite (Éd.Albin Michel,2015)

L'étiquette "thrillers" convient certainement pour la plupart des livres de Maxime Chattam. Encore que ce label s'applique moins à son diptyque “Leviatemps” et “Le requiem des Abysses”, polars historiques teintés d'une belle dose de Fantastique. Cette fois, il s'écarte plus nettement de sa manière habituelle, en produisant un suspense dans la veine du roman noir. "Un vrai de vrai ?" s'interrogeront les puristes. Force est d'admettre que nous avons ici les éléments caractéristiques du genre.

Au centre, comme dans tous les cas chez Chattam, se trouve le Mal, incarné par Jon Petersen dans un portrait sans concession. Un homme brutal, assumant dès son plus jeune âge sa cruauté. Cynique aussi, puisqu'il jouit d'une certaine impunité lui permettant de mépriser la population. Dans son entourage, on n'ose guère réagir, personne n'ayant assez de courage pour affronter le Diable.

Avec pour décor l'Amérique profonde, comme il se doit, l'histoire nous est racontée par un témoin anonyme, présent et attentif. Soulignons qu'il faut faire le distinguo entre le dénouement de l'intrigue criminelle et la fin du récit. L'expérimenté shérif Jefferson saura éclaircir plusieurs points, moins flagrants qu'on a pu le croire. Quant au "final", chacun y verra soit un ultime rebondissement empreint de philosophie, soit une pirouette astucieuse du narrateur. Cela ne gâche en rien la bonne impression générale. Car nul ne contestera l'évident savoir-faire de Maxime Chattam. Y compris quand il emprunte les sombres chemins du roman noir.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 05:55

Karl Kane est détective privé à Belfast, secondé par sa jeune amante Naomi Kirkpatrick. Geraldine, dix-sept ans, et Martina Ferris, seize ans, sont issues d'une famille de junkies de Dublin. Elles sont clean depuis plusieurs mois. Logeant en foyer à Belfast, Martina est coutumière des fugues. Cette fois, elle ne donne plus de nouvelles depuis trop longtemps. Très inquiète, sa sœur Geraldine engage Karl Kane. Le "privé" rencontre l'aimable Beverly Thompson, directrice du foyer, qui a déjà fait vider les maigres affaires de Martina Ferris. Malgré l'inhabituelle chaleur sur la ville, l'émule d'Humphrey Bogart se renseigne dans la vieille église squattée, du côté de Custom House. Cathy le Chat y règne en maîtresse sur une flopée de clodos. Elle n'est pas loquace concernant Martina, pourtant venue par ici.

Deux adolescentes assassinées après des maltraitances ont été examinées par Tom Hickx, ami légiste de Karl Kane. L'une fut trouvée en centre-ville, l'autre vers Black Mountain. Le médecin suppose une perversion sexuelle assez monstrueuse chez le tueur, qui a prélevé des organes sur les corps. Kane obtient ces infos à l'insu de son beau-frère Mark Wilson, patron de la police de Belfast, car les deux hommes se détestent cordialement. Dès le lendemain, les deux filles de dix-huit et quatorze ans sont identifiées. Il ne s'agit pas de Martina. C'est Ivana, amie transsexuelle de Naomi et Karl Kane, qui leur indique le suspect ayant le bon profil, Robert Hannah. S'il a effectivement un passé trouble et pervers, les policiers se refuseront à interroger ce notable socialement intouchable.

À ce stade, le détective sent la nécessité de se procurer des armes pour se protéger. C'est à Ivana qu'on s'attaque ensuite sans pitié. Karl Kane estime ne pas pouvoir faire confiance à l'inspecteur néophyte Malcolm Chambers pour élucider cette affaire-là. Peu après des menaces téléphoniques, le détective est agressé avec violence sans pouvoir répliquer. Il ne tarde toutefois pas à se venger du nommé Lennon, l'intermédiaire chargé de le cogner. En Écosse, le corps d'une jeune fille a été rejeté sur le rivage, du côté de Mull of Kyntire. On craint qu'il s'agisse de Martina Ferris, cette fois. Espérer amadouer Cathy dans cette église squattée, afin qu'elle avoue ce qu'elle sait sur les pauvres oies blanches qu'elle abrita ? Ça va occasionner pour Karl une rencontre cauchemardesque avec un Jésus sanguinaire.

Un nouveau cadavre dans la rivière Lagan, plombé avec le flingue qu'avait acquis le détective ? L'élimination de témoin, suite logique de sa virée en Enfer. Avec son ami Willie, auquel aucune serrure ne résiste, Karl explore une bâtisse à l'air sinistre. Il pénètre dans l'univers malsain de l'adversaire à ses risques et périls. Le retour à Belfast de Katie, la fille de Karl, change la donne. Pour le détective, mais aussi pour son ex-femme Lynne, et pour son beau-frère Mark Wilson. Même si la police interroge enfin Robert Hannah, ce n'est pas sur elle que Karl Kane va compter pour voir le bout du tunnel...

Sam Millar : Le cannibale de Crumlin Road (Éd.Seuil, 2015)

L'ambition de Sam Millar n'est pas de dépeindre un énième tueur en série, dans un de ces scénarios horrifiques dont on nous a tant gavés (c'est le mot). C'est, dans la meilleure tradition héritée d'Hammett et Chandler, de conter une authentique “histoire de détective privé”. On n'échappe pas à certains clichés ? Le “privé” s'entend mal avec la plupart des flics, il est l'amant de son assistante, il est désargenté voire endetté, sa santé n'est pas au beau fixe, il prend de sévères coups qu'il essaie de rendre au centuple, il traque la vérité dans les recoins les plus sombres ? Et sa route est jonchée de cadavres sanglants, tandis qu'un monstre d'une infinie cruauté, tapi dans l'ombre, poursuit ses morbides exactions ? Tant mieux, puisque ces images sont liées à ce type de personnages. Les ignobles criminels sont ses ennemis naturels, et le danger appartient à son quotidien, pas vrai ?

Par ailleurs écrivain en quête d'éditeur, partenaire un peu maladroit envers Naomi, Karl Kane se sait imparfait. Il avance de façon empirique, profitant d'infos glanées çà et là, sans méthode apparente. Il préfère les petites plaisanteries à moitié drôles aux effets comiques. Notons pourtant le souriant double palindrome "Bob Hannah". Fataliste, il ne vise pas une empathie à son égard : le “privé” reste solitaire, ou introverti. Néanmoins, la seconde partie de l'histoire va prendre une connotation très personnelle. C'est avec un enthousiasme certain que l'on suit les investigations de ce détective nord-irlandais.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 05:55

À Vigàta, en Sicile, un couple frère-sœur de vieux calotins enfermés dans leur immeuble s'est mis à menacer tout le monde. Le commissaire Salvo Montalbano, forcément, il a été obligé d'intervenir. Malgré ses cinquante-sept ans, il a eu fière allure sur la grande échelle des pompiers, à l'assaut du bâtiment. Les deux Palmisano, il n'a pas fallu longtemps pour les arrêter. Quand même, Montalbano s'est retrouvé au milieu d'une forêt de crucifix, puis face à des pianos où un rat jouait de la musique, à la lumière tremblotante d'une lampe à pétrole, puis en présence d'une poupée gonflable très usagée appartenant au propriétaire des lieux. Un reportage de TéléVigàta a témoigné du capharnaüm où vivait le couple de bigots, internés depuis, en s'attardant perversement sur la poupée décrépite.

Montalbano, le légiste Pasquano et toutes les autorités sont alertés quand on en retrouve bientôt une deuxième, une poupée gonflable identique. Le commissaire organise un genre de confrontation des deux, qui datent d'une trentaine d'années. La seconde a été copiée, pour les défauts dus au vieillissement de l'objet, mais des différences existent. La pauvre Adelina, chargée du ménage et de la cuisine chez Salvo, risque d'être épouvantée par ces deux faux cadavres. Un vieux neveu des deux dévots cinglés s'informe déjà, quant à un possible héritage. Par ailleurs, Montalbano a reçu un courrier qui l'invite à un jeu de piste. Dès la deuxième étape, il doit récupérer la copie des plans de Vigàta, afin de s'y repérer. Il suit à la lettre le chemin indiqué, trouvant une baraque où son image est omniprésente.

Les poupées causent à Salvo des tracassins en cascade. Il se demande s'il est bien utile de persévérer dans cette chasse au trésor insoluble. Arturo, un ami étudiant de sa copine Ingrid Sjostrom, voudrait connaître les méthodes d'investigation du commissaire. Avec ses airs d'Harry Potter, celui-là pourrait l'aider pour les indices du jeu de piste. Et en voilà un autre, un gros paquet qui ne contient pas d'explosif mais une tête. L'adversaire prend-il Salvo pour un agneau ? Le nouveau texte mène Montalbano à un profond étang, du côté de Gallotta. Son collègue Fazio "s'arappelle" qu'il s'y produisit jadis un drame familial.

Cette drôle d'histoire n'arrange guère les rapports, téléphoniques et déjà tendus, de Salvo avec sa fiancée Livia, là-bas à Boccadasse, dans la région de Gênes. Survient alors la disparition d'une jeune fille, Ninetta. Peut-être une "fuitina", fugue amoureuse ? C'est plus sûrement un enlèvement, car elle a été précédemment agressée. Et probablement une erreur, vu que Ninetta ressemble beaucoup à une autre femme, prostituée. S'il y a un lien, le curieux jeu de piste commencerait-il à prendre un tour plus cruel ? C'est bien un duel, les motivations de l'adversaire visant Montalbano "pirsonnellement en pirsonne", comme dirait le brave agent Catarella…

Andrea Camilleri : La chasse au trésor (Fleuve Éditions, 2015)

Lorsqu'on veut s'offrir une lecture garantie sans déception, il suffit de suivre Montalbano dans ses aventures. Roman d'enquête ? La formule ne s'applique que dans un sens large, avec cette nouvelle affaire. Il s'agirait plutôt d'un puzzle, où s'entrecroisent la vie privée du commissaire sicilien et son métier. Ensuqué par le manque d'action, ayant moins d'appétit, rousinant volontiers et ronchonnant souvent, le célèbre habitant de Marinella n'a guère le sentiment d'être au cœur d'un problème criminel, jusqu'à ce que…

Un strict "jeu de piste" serait déjà assez sympathique. On peut compter sur la virtuosité du Maestro Camilleri pour y apporter une tonalité plus alléchante encore. Le récit est enjoué, émaillé de scènes souriantes. Normal quand tout commence par des poupées gonflables, fussent-elles usagées. On aura même droit à un délicieux quiproquo, le fils d'Adelina ayant mal compris le souhait du commissaire. Autour de Salvo, on retrouve avec grand plaisir les policiers Fazio, Mimì Augello, Gallo et Galluzzo. Sans oublier notre désopilant ami Catarella, ainsi que l'attirante suédoise Ingrid. Encore un fort excitant et amusant épisode dans l'univers de Montalbano.

 

- "La chasse au trésor" d'Andrea Camilleri est disponible dès le 8 janvier -

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 05:55

Parmi les nouveautés en format poche de ce début 2015, deux titres publiés aux éditions Points sont incontestablement à retenir. “Terminus Belz”, le premier roman d'Emmanuel Grand, a été salué par les chroniqueurs autant qu'apprécié par les lecteurs. Quant à “L'étrange destin de Katherine Carr”, c'est un des plus insolites romans de Thomas H.Cook.

 

Emmanuel Grand : Terminus Belz

Belz est une petite île bretonne peuplée de pêcheurs, au large de Lorient. Marko Voronine y débarque, ayant été embauché comme marin-pêcheur par Joël Caradec. Ce que cherche surtout Marko, c'est qu'on l'oublie quelques temps. Clandestin venu d'Ukraine, il a fait le voyage dans un camion avec ses compatriotes Anatoli, Vasili et Iryna. Suite à un grave incident, ils ont supprimé les mafieux roumains qui les transportaient, récupérant l'argent qu'ils avaient versé. Les quatre Ukrainiens ont promis de se recontacter via Internet avant de tenter leur chance séparément. C'est ainsi que Marko a abouti sur Belz. Le microcosme insulaire n'est pas le meilleur endroit pour passer inaperçu. Un étranger inexpérimenté qui est engagé à la pêche au lieu d'un îlien chevronné, ça attire l'antipathie.

Pierrick Jugand, autre patron pêcheur local, apparaît le plus mécontent. Il semble prêt à dénoncer Marko. Dépressif, cet homme marié est tracassé par son métier toujours plus ingrat. Avec son équipage, c'est lui qui ramène d'une sortie en mer un pied humain coupé au tibia. Sinistre trouvaille, qui va amener sur l'île le commissaire Fontana, nouvellement en poste à Lorient, et son adjoint du cru, Pierre Nicol. Se montrant peu, Marko croise toutefois des gens moins hostiles. Tels Venel, le causant libraire, ou l'abbé Lefort, qui connaît bien les légendes et mystères sur cette “Île aux Fous”. Outre le vieux marginal Papou, figure insulaire qui se montre plutôt cordial avec Marko, l'Ukrainien fait encore la connaissance de la belle institutrice Marianne. Émissaire de la mafia roumaine, Dragos Munteanu est chargé de retrouver les fuyards…

Situer une intrigue sur une île est plus piégeux qu'il y paraît, une forme de théâtralité étant à craindre. Et les clichés (“l'environnement hostile”) ont la peau dire. Le réalisme naît d'abord à travers les personnages. Telle l'île balayée par les tempêtes, même s'ils sont tourmentés, ils se doivent de rester forts autant qu'ils le peuvent. Et d'agir à bon escient, ce qu'ils feront. C'est là que le clandestin Marko doit trouver sa place, dans un contexte qu'il ne maîtrise guère. S'il esquisse un peu de fantastique, avec l'Ankou symbolisant la mort dans l'univers celtique, l'auteur évite à juste titre de “charger” les effets. Ce mythe ayant beaucoup servi, il va ici “illustrer” l'aspect mortifère du récit. Quant à la mafia balkanique ou moldo-valaque lançant le menaçant Dragos à la poursuite des Ukrainiens, ça appartient au romanesque folklore des “méchants”. Un polar intense et convaincant, très agréable.

Polars poches 2015 : Emmanuel Grand – Thomas H.Cook (Éd.Points)

Thomas H.Cook : L’étrange destin de Katherine Carr

À Winthrop, George Gates rédige des portraits de personnalités locales, articles destinés au journal de cette petite ville. Cet écrivain a longtemps voyagé à travers le monde, ne négligeant pas d’en observer les facettes sombres. Finalement, il fonda une famille ici. Désormais, il vit seul, son fils Teddy ayant été enlevé et assassiné sept ans plus tôt. On n’identifia jamais le criminel. N’avoir pas su protéger son fils le rend encore maussade. Ancien flic, Arlo McBride ne put conclure deux enquêtes. Celle concernant Teddy, et une autre sur la disparition d’une poétesse de la région, Katherine Carr. Un suicide, selon la version officielle, peu satisfaisante. Par ailleurs, le cas de la jeune Alice, douze ans, ne peut laisser George Gates insensible. Atteinte de progéria, maladie du vieillissement accéléré, elle est très lucide sur son cas. Passionnée d’histoires à suspense, elle va l’aider dans ses investigations sur l’affaire Katherine Carr.

La disparition mélodramatique de cette femme de trente et un ans date d’une vingtaine d’années. Elle logeait en centre-ville, après avoir été violemment agressée dans la ferme isolée où elle habitait. Après cette attaque, elle vécut presque en recluse, sortant peu, n’écrivant officiellement plus. Katherine avait confié un manuscrit à son amie Audrey. Celle-ci accepte d’en prêter une copie à Georges Gates. Alice et lui vont le lire, l’étudier, le disséquer. Curieuse histoire mettant en scène un nommé Maldrow et son Chef, qui semblent animés de mauvaises intentions envers Katherine Carr elle-même. Encore que le rôle de Maldrow soit moins limpide que celui d’un simple tueur. Le scénario ressemble aux prémices de la disparition de Katherine. Mais les témoignages ne sont nullement clairs. Gates interroge Ronald, voisin qui fut suspecté d’être l’inconnu traquant Katherine. Il était hospitalisé quand elle a disparu, suite à une agression bizarre. Peut-être George devrait-il fouiner sur la piste d’un ex-employé de l’ancien abattoir, ou porter attention aux propos de cette femme inconnue qui s’adresse à lui ? Tandis que la mort avance, Gates essaie de percevoir la présence concrète du mal, comme la ressentait Katherine…

Avec Thomas H.Cook, il ne faut pas s’attendre à une enquête balisée. C'est un suspense frôlant le surnaturel, où l'on passe souvent de l'autre côté du miroir. Envoûtant, étrange, d'une construction très élaborée comme toujours. Plus que jamais, cet auteur expérimenté cultive les ambiances. Avec lui, on s’enfonce dans un épais brouillard de mystère, d’où aucune réponse ne parait pouvoir émerger. Peut-être n’est-ce pas nécessaire, d’ailleurs. Ce qu’il résume ainsi, au dénouement : “Une étrange lumière intérieure diffusait un éclat légèrement bleuté sur son visage, et sur ce visage, je lus toute une myriade de sentiments : chagrin, douleur, perte, pitié, et à cet instant, le bizarre et le fantastique, les touchers fantomatiques et les évènements insolites, les curieuses coïncidences et les coups du sort inexplicables se pétrifièrent dans mon esprit au point que j’eus la sensation d’être soudain tout au bord d’un étrange précipice face à une insondable infinité de possibles.” On remarque bien ici l’écriture raffinée de Thomas H.Cook, idéalement traduite par Philippe Loubat-Delranc. Un scénario qui s’avère diaboliquement fascinant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 05:55

New York, vers la fin des années 1960. Âgée de quinze ans, A.N. appartient à une famille de Noirs. Il y a sa mère, Esther. Sa sœur Harriet a treize ans et son frère Charles a douze ans. Et le petit Edgar, bébé d'un an et trois mois. Les quatre enfants sont issus de pères différents. Celui d'A.N. s'appelait Joseph, il avait environ seize ans quand elle est née, et déjà des ennuis avec la justice. Le père d'Edgar passe parfois la nuit chez eux, mais il ne s'occupe pas de son môme. Leur mère touche chaque mois un chèque de l'Assistance. Il y a intérêt à compter au plus juste entre loyer et nourriture. Pour les vêtements d'occasion, il faut aller au magasin de l'Entraide. Les enquêteurs sociaux passent périodiquement. Dans leurs carnets noirs, ils notent les besoins. Ils font ce qu'ils peuvent, selon les cas.

Depuis peu, A.N. et sa famille ont emménagé dans un immeuble de la 104e Rue Ouest, à deux pas de Central Park. Il a fallu colmater les trous par où passaient les rats. Contre les cafards, on ne peut pas grand-chose. Les toilettes communes sont souvent hors d'usage. On se lave comme on peut, sans intimité. On dort comme on peut, dans l'unique pièce du logement. Il paraît que sur les toits de ces immeubles, on se drogue et on fait l'amour. La plupart du temps, il s'agit de mineurs. Selon l'enquêteur social, “cet immeuble est destiné à être sale. Il existe pour être sale, il est habité par des gens qu'on n'accepte nulle part ailleurs, c'est le dépotoir du bureau de l'Assistance.” Pourtant, la mère d'A.N. ne fait pas beaucoup d'effort pour chercher ailleurs. Le reste du quartier ne vaut pas mieux, en fait.

D'avance, la mission des professeurs est un échec. Apprendre ? A.N. est une des rares qui va à l'école pour ça. Les autres font du chahut, mais savent à peine lire et écrire. Miss A. incite A.N. à persévérer, à passer des examens. Elle vient d'une famille d'enseignants et d'avocats, des Blancs aisés. Miss A. ne désespère pas encore de l’École, même si elle est lucide sur ses élèves. Lisant un maximum, A.N. part quelquefois à la découverte de sa ville, New York. Cet été-là, elle passera même deux semaines dans un camp de vacances, découvrant avec étonnement la campagne. Mais ce n'est que pour mieux revenir dans la crasse de cet immeuble vétuste de la 104e Rue Ouest. Dans sa famille, le quotidien ne fait que se dégrader. Charles et Harriet y sont pour beaucoup.

Son frère a commencé à se droguer. Puis il a fait une fugue, durant une douzaine de jours. On l'a retrouvé chez un homo malsain. À douze ans, Charles ne risque pas de poursuites. Il va bientôt quitter sa famille, et tout faire pour ne pas être repris. Harriet rate l'école, car elle couche avec un gars de son âge, espérant faire un bébé afin de mener sa vie au frais de l'Assistance. Elle risque surtout de récolter une blennorragie. Leur mère est hospitalisée un temps, suite à un avortement sauvage. Les enquêteurs sociaux se succèdent, pour la plupart peu motivés. Ils ne peuvent rien pour “cette espèce particulière de pauvres, les pauvres sacrés, qu'on ne doit pas toucher, pas déranger, pas troubler, à qui on ne doit pas poser trop de questions.” Parce que l'Assistance reste le moindre mal…

Julius Horwitz : Journal d'une fille de Harlem (Éd.Points, 2015)

Il ne s'agit ni d'une intrigue policière, ni d'un roman criminel. Par son aspect sociologique, par son contexte sur fond de violence et de drame, il mérite néanmoins l'étiquette “roman noir”. Si le journal intime de cette jeune Noire est fictif, il montre pourtant les réalités de la misère new-yorkaise dans ces années-là. Un témoignage basé sur l'expérience de Julius Horwitz, qui fut assistant social. Il n'est pas question de nier le désœuvrement d'une population, ni les trafics qui ne leur rapporte guère plus pour vivre. On ne se voile pas la face sur le cas de ces femmes ayant tant d'enfants de pères différents. Le sort des propriétaires de ces taudis n'est pas tellement plus enviable que celui des locataires.

Mais se pose également le problème concret : aucun dirigeant ne cherche à résoudre la situation, à améliorer le logement, à trouver un système meilleur. Alors, comme la mère d'A.N., on s'installe durablement dans la pauvreté. “Je suis sûre que les poulets qu'on va tuer, les poulets dans leur cage, sont mieux traités que nous et sont mieux protégés jusqu'à leur mort. Les poulets doivent être propres, parce que les gens veulent manger des poulets propres” écrit la jeune fille avec amertume. L’Éducation étant peu valorisée dans ces milieux, il faut redoubler de volonté pour entretenir l'espoir d'en sortir. Le niveau social a-t-il progressé depuis l'époque décrite ? Oui, mais peut-être pas tant. Fascinant de vérité, un livre marquant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2015 Livres et auteurs
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