Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 21:55

J'aimerais tellement vous annoncer qu'en 2016, nous vivrons dans le meilleur des mondes possible, que nous serons idéalement heureux, que régnera une parfaite tranquillité en sécurité, que chacun de nous baignera dans l'opulence. N'étant pas devin, ce ne serait qu'un vœu, un espoir illusoire, probablement une utopie. Comment ne pas penser à toutes les victimes de la barbarie sanglante, en 2015 ? Depuis près d'un an, pas un jour sans que je pense aux pauvres Cabu et Wolinski qui ont, autant que les auteurs de polars, participé à mon évolution dans la lecture.

Il est courant de dire que “le livre est un refuge”. Pour celles et ceux qui aiment le polar, la diversité du genre nous permet effectivement de trouver une sorte de protection dans les romans, un cocon aussi sombre ou mystérieux soit-il. Pourtant, lire ce n'est pas s'isoler du monde réel. Au contraire, bien des romans possèdent une force psychologique ou sociale qui témoignent de la complexité des âmes ou des circonstances de la vie. Le polar et le roman noir ne sont pas uniquement destinés au divertissement, ils peuvent être riches d'enseignements.

Nous avons la chance de choisir, d'avoir la liberté de lire ce qui nous plaît. Ça participe sûrement à notre équilibre personnel ; ça nous paraît naturel, légitime, ordinaire. Ce qui nous intéresse, c'est de lire librement avec une bonne dose de passion. Qu'il s'agisse de nouveautés ou de livres plus anciens, personne ne nous oblige à consacrer du temps à la lecture. Nous en avons l'envie, nous en éprouvons le besoin. Cultivons notre plaisir. 

Autoportrait du lecteur intensif.

Autoportrait du lecteur intensif.

Les premiers titres de 2016 laissent augurer une bonne année pour les amateurs de polars tous azimuts. Si vous le voulez bien, nous allons les découvrir ensemble. Énigme, noirceur, mystère, action mouvementée, enquête sinueuse, suspense captivant, ce sera à chacun d'entre nous de se diriger vers ses polars préférés. Depuis mi-janvier 2008, j'essaie ici de “défricher” parmi l'ensemble de la production, de trouver des romans qui n'ont parfois pas beaucoup d'échos ailleurs. Je n'ai pas de mérite : je préfère me hasarder dans les petites ruelles du polar, que de fréquenter les avenues bien tracées des best-sellers. Merci encore et toujours à celles et ceux qui ont l'amabilité de consulter mes chroniques.

 

Bonne Année 2016 à toutes et à tous !

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Infos et évènements Polar_2016
commenter cet article
31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 05:55

Oliver Cross débute comme ambulancier à la Station 18 de Harlem, en 1993. Il compte de nouveau tenter l'examen d'entrée en médecine. Ce qui lui vaudra d'être surnommé “Le Légiste” par les autres. Ollie admet être moins combatif que sa fiancée Clara, déjà admise en médecine. Chez les urgentistes new-yorkais, il va devoir s'accrocher. Éviter d'abord d'être éjecté comme le jeune Phelps, venu du Tennessee rural, jamais inséré au groupe. Sauver un vieil asthmatique dominicain, ne pouvoir rien faire pour une fille tombée d'un immeuble, écarter un clodo alcoolo d'un restaurant propre, appeler les flics si des toxicos mineurs les menacent, tel est le quotidien de leurs interventions. Ollie a de la chance d'opérer en duo avec Gene Rutkovski. Cet ex-militaire est un urgentiste expérimenté, fonceur mais bien moins brutal que leur collègue LaFontaine.

Après quelques erreurs pardonnable, Ollie finit par être mieux apprécié dans leur groupe, quand il réussit à mâter un chien très méchant. Il réalise que savoir doser son altruisme est indispensable dans ce job. D'autant qu'Harlem dans ces années 1990 reste un quartier violent, où l'on ne respecte guère les ambulanciers. Comme le flic Pastori, il convient parfois de férocement rappeler à l'ordre des petits voyous. Imaginer rester indifférent à ce qui les entoure est impossible. Surtout en découvrant un cadavre dans sa vermine, ou même en calmant un jeune suicidaire d'un milieu clean. Ollie risque d'être surnommé “La Mère Teresa de Harlem” s'il montre trop d'empathie. À la Station 18, l'ambulancier confirmé Reggie Verdis, qui faillit devenir prêtre, joue déjà ce rôle de Bon Samaritain.

Sa relation avec Clara devient tendue, car elle éprouve de l'animosité pour Rutkovski, et ne comprend guère que c'est un métier où il faut s'impliquer à fond. S'il reste discret sur sa vie privée, Rutkovski a sa part de problèmes. Il conseille à Ollie de ne pas s'éterniser dans ce job, s'il veut une vie équilibrée. Ce n'est pas le mordant LaFontaine qui calme l'ambiance au boulot. Entre Mitch Green, boxeur du niveau de Mike Tyson qu'il faut maîtriser, et un concert des Fugees qui vire vite à l'émeute, peu de répit pour les urgentistes en cet été caniculaire…

Shannon Burke : “911”  (Éd.10-18, 2016)

Ce "Coup de cœur" figure dans le peloton de tête des meilleurs romans noirs lus depuis quinze ans. Shannon Burke utilise un contexte new-yorkais proche dans son premier titre paru en français, “Manhattan Grand-Angle” (Série Noire, 2007). Cette fois, se servant de sa propre expérience d'ambulancier à New York, il va très loin dans le réalisme. D'abord, le Harlem décrit ressemble d'assez près à l'enfer : “Des rues sales, des stations de métro délabrées, des poubelles qui débordent, des rats, des terrains vagues un peu partout... Les districts les plus violents étaient le 32e à West Harlem et le 34e à Washington Heights. C'était précisément la zone que notre unité quadrillait, et nous en étions fiers.” Dans de pareilles conditions, une sérieuse force de caractère est indispensable pour tenir.

Cette histoire est puissante, sans lyrisme excessif, par la tonalité de son témoignage. Chez les urgentistes, existe un panel de comportements. Ça va du plus soucieux des autres comme Verdis, au plus cynique tel que LaFontaine, en passant par des pros compétents genre Rutkovski, pouvant finir par éprouver des états d'âme négatifs. Plus qu'une vocation, leur métier devient addictif chez la plupart de ces ambulanciers, primordial tout en étant conscients qu'ils ne sauvent pas tant de gens. S'il avait cherché à nous apitoyer, Shannon Burke serait passé à côté de son sujet. Bien au contraire, il montre que vivre à Harlem en ce temps-là, c'est accepter d'être en marge. Y compris pour ces urgentistes mal considérés de tous. Toute la dimension sociale du roman noir, dans cet univers où règne l'incessante présence de la mort.

Remarquable !

 

─ “911” est disponible dès le 7 janvier 2016 chez 10-18 ─

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
commenter cet article
30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 05:55

En ce neigeux hiver 1897, Elspeth Howell rentre dans sa ferme isolée du nord de l’État de New York. Elle vient de passer quatre mois en ville, exerçant son métier de sage-femme. Cinq ou six jours plus tôt, trois hommes portant des foulards rouges ont débarqué ici, tuant sans pitié toute la famille : son mari Jora et leurs enfants (Mary, Emma, Jesse et Amos) ont été massacrés. Sauf Caleb, douze ans, fils solitaire des Howell. Il a tout vu depuis le fenil, dans la grange où il passait son temps. Bien que possédant un fusil Ithaca, il n'a pas pu intervenir. Sans le vouloir, Caleb blesse gravement sa mère à son arrivée.

Fiévreuse, Elspeth reste semi-inconsciente durant plusieurs jours. Son esprit lui restitue des images de leur vie passée, entre la pieuse dureté de Jora et leur histoire familiale. C'est le feu qui va intégralement purifier le décor meurtrier. Caleb et sa mère se réfugient dans la grange. Le garçon réfléchit à la suite : “Ils auraient besoin d'un plan, et pour la première de fois depuis le drame, il envisagea la possibilité d'un avenir. La seule chose qu'il révélerait à sa mère, c'est qu'il prévoyait de tuer ces hommes. Sans doute le voudrait-elle aussi.” Après quelques jours de répit, Elspeth affaiblie et Caleb partent à pied dans la neige et le brouillard. Un long chemin de croix dans les campagnes sans vie.

Ils échouent finalement chez un couple de vieux, William H.Wood et sa femme Margaret. Ceux-ci leur procurent chaleur et réconfort. Quatre jours plus tôt, les trois tueurs ont brutalisé William, volant ce qu'ils pouvaient. Ils sont partis en direction de Watersbridge. Elspeth connaît la ville, près du lac Erié : c'est là que naquit Caleb. William et Margaret ne peuvent retenir la mère et son fils, pressés de rester sur les pas du trio criminel.

Tandis qu'ils se logent dans un hôtel, Caleb découvre la civilisation. Déguisée avec les vêtements de son défunt mari, Elspeth se voit offrir un job d'homme à la Compagnie des Grands Lacs. Un boulot difficile où elle fait équipe avec Charles Heather, au caractère plutôt bienveillant. Elle ne peut rien lui révéler dans l'immédiat. Caleb a entendu parler de la Taverne de l'Orme, un lieu mal famé. Il est engagé pour un petit job de service par le patron, London White. Il est convaincu que c'est là qu'il trouvera la trace des trois tueurs. Caleb s'est acheté un Colt, qui ne le quitte pas. À l'Orme, il croise des types comme Owen Trachte, qu'il sent animé d'une sourde colère, ou Martin Shane, un habitué paraissant énervé de nature. Mais il y a également la jeune Ellabelle, qui l'impressionne quelque peu. Elspeth reste hantée par son passé. Caleb ne renoncera pas à sa vengeance…

James Scott : Retour à Watersbridge (Éd.Points, 2016)

À la toute fin du 19e siècle, l'Amérique reste largement un décor de western, la ruralité s'appliquant toujours à de petites villes comme Watersbridge. C'est une époque rude, où le confort reste relatif pour la population ordinaire, chacun défendant ses maigres biens ou sa tranquillité. Non sans utiliser des armes, au besoin. Des notables de la classe un peu plus aisée, tels ceux qui emploient Elspeth Howell, il en existe. Ces conditions de vie engendrent une sélection naturelle au détriment des plus faibles, y compris des bébés. On se raccroche dans certains cas aux préceptes bibliques, comme le fit Jora Howell. Ou on traîne sa peine et ses secrets, telle Elspeth.

Ce que l'on retient en priorité, c'est l'écriture de James Scott, capable de faire passer cette âpreté de l'ambiance d'alors. Certes, il y a des règlements de comptes dans l'air. Au-delà de ça, c'est l'ensemble des rapports entre tous les protagonistes qui sont sous perpétuelle tension. Beaucoup de méfiance, assurément une dose de rancœur. Néanmoins, l'auteur parvient à nuancer, à travers des personnages plus modérés, lueurs humanistes perçant dans cette noirceur. Quant à l'intrigue, le massacre initial en est le moteur, bien sûr. Toutefois, c'est dans l'histoire d'Elspeth et de ses proches que l'affaire prend sa source. C'est avec une très belle maîtrise que James Scott nous raconte ces destins tourmentés.

 

―“Retour à Watersbridge” est disponible chez Points dès le 7 janvier 2016—

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
commenter cet article
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 05:55

Printemps 1921. Américain francophone, Jeremy Nelson est un pianiste de jazz venu vivre à Paris. Désargenté, il loge rue de Clichy. Âgé de vingt-cinq ans, il en paraît davantage. Sa mère, une Russe expatriée aux États-Unis, n'a guère laissé d'indices sur son père, qu'elle rencontra lors qu'elle fut de passage en France. Jeremy n'a jamais connu ce Paul K., et ne dispose que de vagues éléments déjà anciens. Ce n'est pas à l'Hôtel de Pékin, un meublé décrépi où habita Paul K., qu'il en apprendra plus. Même s'il y croise Rince-Mirettes, un portraitiste express plutôt sympathique. On projette de bons films au cinéma le Rodéo, rue des Couronnes, appartenant à Robert Bradford. La caissière Marie Coudray ne semble pas insensible à la prestance de Jeremy. Elle va lui trouver un emploi de pianiste.

La sexagénaire Doxie Maxie est propriétaire du dancing-cabaret Le Mi-Ka-Do, à Belleville, rue du Jourdain. Un dresseur de chats, un duo d'Anglais, une goualeuse entonnant des refrains populaires, un pianiste alcoolique : tel est le modeste programme du Mi-Ka-Do. Démontrant qu'il est un virtuose du jazz, Jeremy est vite engagé à la place de son confrère nul. Par la suite, il arrivera à renouveler les attractions du club, avec les mêmes artistes. Pour Marie et quelques amis, c'est un bon moyen d'avoir à l'œil Jeremy, car ils craignent que le musicien s'avère trop curieux. Jeremy et Marie deviennent intimes, mais le pianiste garde sa part de vie privée. Il s'installe rue de Charonne, en colocation avec Jacob, un jeune type débrouillard. Il poursuit son enquête sur la piste de son père.

Il va fureter dans le quartier des Buttes-Chaumont, mais la dame contactée lui rappelle que ses indices remontent à un quart de siècle. Peu après, Jeremy est agressé par une femme mystérieuse. Il pourrait soupçonner Doxie Maxie. Grâce à un vieux cordonnier, il a accès aux registres de l'ex-gérante de l'Hôtel de Pékin. En 1892, un certain Paul Ker-son a habité l'établissement, en effet… Par ailleurs, il y a d'abord eu la mort suspecte dans le métro de Monique Martin, seconde caissière du cinéma le Rodéo. Puis c'est le dresseur de chats du Mi-Ka-Do, Serge Le Hutin, qui meurt dans un douteux accident. Doxie Maxie se pose des questions, elle, sur la disparition de Robert Bradford, propriétaire du Rodéo. Avec Jeremy pour chauffeur, elle se rend à Saint-Mandé, jusqu'à la maison de son amant.

Dans l'ombre, un homme sans pitié exerce sa vengeance, manipulant plusieurs personnes autour de Jeremy. À l'origine, il y a l'incendie d'un immeuble, deux ans plus tôt. Ni le flair du chien Rip, ni l'aide du jeune Sammy (employé du Mi-Ka-Do), ne suffiront probablement à protéger le pianiste de jazz. S'il n'a guère de chances de retrouver traces de son père, Jeremy dénouera peut-être cette affaire criminelle ?…

Claude Izner : Le pas du renard (Éd.10-18, 2016) – Inédit –

Il n'est pas difficile d'expliquer le titre de cet inédit de Claude Izner : “Le pas du renard” étant la traduction de “fox-trot”, une danse à la mode après la Première Guerre Mondiale. Le jeune héros pianiste baigne pour sa part dans l'univers musical des origines du jazz, avec des classiques tels que "Alexander's ragtime band" et autres morceaux ragtime. La play-list de cette histoire inclut aussi bien George Gershwin ou Scott Joplin que des succès français de l'époque, signés Albert Willemetz ou Erik Satie, ou des ritournelles populaires ("Cach' ton piano", "C'est une gamine charmante").

Né en 1896, Jeremy est un grand admirateur de Chaplin (né en 1889, ils sont de la même génération). Il sera donc encore question de cinéma : Pearl White, Mary Pickford, Gloria Swanson, Douglas Fairbanks, Max Linder, et les personnages de cow-boys étant les rois de cette nouvelle industrie rayonnant sur le monde entier. Sont évoqués les Studios de la Victorine, à Nice, qui deviendront un Hollywood à la française.

L'ambiance du Paris de ce temps-là nous est décrite avec soin, ou habilement suggérée selon les scènes : les immeubles vétustes où se loge vaille que vaille une population sans gros moyens, des petits métiers (tel le manchot Georges Vialet avec sa charrette, qui récupère tout et rien), des cabarets vivotant de petits spectacles, des cinémas avec leur programme complet et un pianiste-accompagnateur illustrant le film, des combinards sans malice tel le compagnon de chambre de Jeremy. Et puis, on se déplace moins alors : du cœur de Paris jusqu'à Saint-Mandé, ça reste une équipée, par exemple.

Outre la base documentaire très complète et utilisée avec souplesse, l'intrigue à suspense est riche en mystère. On est bien dans l'esprit des romans énigmatiques de ces débuts de 20e siècle. D'ailleurs, il est même fait allusion à Fantômas dans une scène. Auteures des enquêtes du libraire Victor Legris (douze tomes, chez 10-18), le duo signant Claude Izner ne manque pas d'expérience. On espère déjà retrouver Jeremy Nelson dans de futures aventures, aussi palpitantes et mouvementées que celle-ci.

 

― “Le pas du renard” est disponible dès le 7 janvier 2016 ―

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Polar_2016 Livres et auteurs
commenter cet article

Action-Suspense Contact

  • : Le blog de Claude LE NOCHER
  • Le blog de Claude LE NOCHER
  • : Chaque jour des infos sur la Littérature Policière dans toute sa diversité : polar, suspense, thriller, romans noirs et d'enquête, auteurs français et étrangers. Abonnez-vous, c'est gratuit !
  • Contact

Toutes mes chroniques

Plusieurs centaines de mes chroniques sur le polar sont chez ABC Polar (mon blog annexe) http://abcpolar.over-blog.com/

Mes chroniques polars sont toujours chez Rayon Polar http://www.rayonpolar.com/

Recherchez D'autres Infos Ici

Action-Suspense via Twitter

Pour suivre l'actualité d'Action-Suspense via Twitter. Il suffit de s'abonner ici

http://twitter.com/ClaudeLeNocher  Twitter-Logo 

Libres lectures

Petit rappel : Toutes mes chroniques, résumés et commentaires, sont des créations issues de lectures intégrales des romans analysés ici, choisis librement, sans influence des éditeurs. Le seul but est de partager nos plaisirs entre lecteurs.

Abonnez-vous à Action-Suspense, pour recevoir chaque jour mes chroniques et mes infos sur l'univers du polar. Facile et gratuit !

Spécial Roland Sadaune

Roland Sadaune est romancier, peintre de talent, et un ami fidèle.

http://www.polaroland-sadaune.com/

ClaudeBySadauneClaude Le Nocher, by R.Sadaune

 http://www.polaroland-sadaune.com/