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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 04:55

En 1954, le commissaire San-Antonio appartient à une branche de la police secrète. Ce qui ne lui interdit pas quelque détente. Ainsi, lorsqu'il est de passage à Lyon, il s'autorise une partie de pêche avec son oncle, Gustave Tavid. Davantage de boissons que de poissons, sur les rives de Pierre-Bénite, à vrai dire. Tout ce que le tonton va pêcher, c'est un cadavre tué par balles. Qui sera bientôt identifier comme étant Fred Almayer, un repris de justice ayant appartenu au gang des Alsaciens. Ça peut ressembler à un règlement de compte. Pas vraiment le domaine qui intéresse San-Antonio en ce moment. Car, à peine de retour à Paname, le Vieux lui confie une mission ultra-sensible, concernant nos armées.

On a volé au général Pradon un document stratégique relatif à la guerre d'Indochine, les secrets d'un plan militaire contre les Viets. Le coupable, un Suisse nommé Stumer, a bien été interrogé par le service du Vieux. Mais il n'y a guère de preuve directe contre lui, et il est préférable de laisser une possibilité de négocier le document avec Stumer. “Moi, ce boulot ne m'emballe pas. J'aime pas avoir à m'occuper d'un crime dont on connaît l'auteur et à qui la police laisse ses aises. Ça m'ulcère, ça me contriste !” se dit San-Antonio. En compagnie de sa brave femme de mère Félicie, le policier va enquêter au Vésinet, où Stumer réside provisoirement. Il se fait passer pour un livreur d'épicerie, afin d'approcher le suspect et sa compagne, la jeune Édith, laquelle fut naguère employée à Pigalle.

Dès lors, ça commence à tomber comme des mouches autour de San-Antonio. Stumer est occis en premier. Un témoin a remarqué une belle photographe rousse dans les parages. Puis c'est au tour d'Édith, que le commissaire avait ramené chez Félicie, d'être éliminée. Ça signifie que les assassins, car il y en a sûrement plusieurs, ont également repéré San-Antonio. C'est le cas, vu qu'il sera plus tard la cible d'un tir de mitraillette, avant d'être visé par un attentat à la bombe. L'efficace inspecteur Pinaud lui apprend qu'Édith était la sœur du cadavre repêché dans le Rhône par l'oncle Gustave. Voilà qui mérite une enquête à Pigalle, où San-Antonio partage une choucroute avec le caïd Veitzer. Celui-ci est sincère en affirmant que le gang des Alsaciens n'est pour rien dans ces meurtres.

Fred Almayer était un spécialiste du forçage de coffre-forts. La rouquine photographe fut la petite amie de Stumer. Elle se prénomme Pernette, ce qui n'est pas courant. C'est ensuite la concierge de l'immeuble où vivait Almayer, qui est zigouillée après le passage de San-Antonio. Pas de doute, il est pisté, ainsi que le prouve les attaques dont il est victime. Toujours aucune trace du document volé, peut-être détruit par Stumer ou récupéré par leurs adversaires. San-Antonio envoie d'urgence l'inspecteur Pinaud à Lyon, par le train de nuit. Son méthodique collègue ne tarde pas à trouver une piste sérieuse...

San-Antonio : Deuil express (Pocket, 2013)

Il s'agit de la douzième aventure du commissaire San-Antonio publiée dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Notons d'abord qu'elle s'inscrit dans son époque, puisqu'il y est fort question de la guerre d'Indochine (qui n'est pas encore celle du Vietnam) et qu'on y évoque, par exemple, la star du cinéma français d'alors, Martine Carol. Autre fait marquant : en l'absence de Bérurier, on assiste à l'introduction d'un nouveau compère, l'inspecteur César Pinaud. Dès le début, “Pinuche” est à la fois mollasson et compétent, traits de caractère qui vont perdurer. L'univers de San-Antonio se dessine de plus en plus.

La tonalité humoristique reste, finalement, assez mesurée. D'ailleurs, l'auteur précise dans une notule de bas de page : “Il paraît que je dois tempérer ma grossièreté naturelle.” Ça et là, des expressions sembleront peut-être obscure au lecteur actuel : “Je reporte son tri à l'épicier. Je lui cloque l'auber” signifiant “Je rends son triporteur à l'épicier. Je lui donne l'argent.” Mais la plupart des formules restent traduisibles. Quant au style, Frédéric Dard s'en amuse, comme dans cet extrait : “Pigalle, c'est plus que le cœur de Paname, c'est son sexe. Et si une ville comme Paris ne peut vivre sans cœur, elle ne peut exister non plus sans sexe. Tout ça pour vous montrer que le jour où le roman policier ne se vendra plus, je pourrai sans me faire opérer du cervelet me lancer dans la littérature tout court. Et je vous parie une botte de cresson contre le prix Goncourt que je m'y ferai un nom tellement important que M.de Montherlant, l'auteur des “Jeunes filles” (comme s'il savait ce que c'est), sera obligé d'aller vendre des moules à Montrouge.”

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 04:55

Chronologiquement, “Les souris ont la peau tendre” est la deuxième aventure de San-Antonio publiée dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir, en 1951. Elle donne une suite logique à “Laissez tomber la fille”, le premier épisode, puisque nous sommes toujours en période de guerre. C'est un roman d'action fertile en rebondissements, typique de ce qui s'écrivait alors. On n'y trouve pas encore le style que développera plus tard Frédéric Dard, même si des expressions pittoresques fleurissent dans le récit. Le féminisme étant inexistant dans son univers, si le commissaire se comporte en macho intrépide, c'est aussi pour montrer à ces demoiselles quel courageux il est. Les mignonnes “souris” n'y résistent pas, il arrive même que certaines de ces “poulettes” se fassent buter. Le danger mortel est permanent en temps de guerre, surtout quand San-Antonio s'en mêle. Il est très agréable de relire ces toutes premières histoires, moins comiques mais hautement agitées...

San-Antonio : Les souris ont la peau tendre (Pocket, 2013)

En 1943, le commissaire San-Antonio a rejoint Londres. Pas pour se la couler douce, car il devient bientôt agent de l'Intelligence Service. Le Major Parkings l'envoie en Belgique, afin qu'il identifie le traître dans un réseau de résistants. C'est ainsi qu'il débarque à La Panne, sur la côte belge. Il doit y prendre contact avec le patron du bar L'Albatros. Ça démarre mal, cette mission, le brave Camille Slaak ayant été embroché par une épée. San-Antonio ne traîne pas trop sur les lieux. Il croise une jeune femme qui, il s'en aperçoit peu après, a glissé un petit appareil photo dans sa poche. Ce qui lui offre un vague indice. Alors qu'il dîne dans un restaurant bourré d'occupants, il remarque la jolie donzelle qui lui a transmis l'appareil photo. Une rafale de mitraillette vise le restaurant et les convives alémaniques, blessant quasi-mortellement la jeune femme. À la clinique où elle a été transférée dans le coma, San-Antonio cherche vainement à identifier la victime.

Alors qu'il tente de se rendre à Ostende, le commissaire agent secret est enlevé par ses homologues teutons. Leur chef Ulrich, un passionné d'harmonium, n'a pas l'intention de lui faire de cadeau. Frôlant l'exécution immédiate, San-Antonio renverse vite la situation, et parvient à s'échapper. Comme prévu, il arrive à Ostende. Au petit matin suivant, la police allemande vient le cueillir à son hôtel. Preuve qu'il était déjà activement recherché, pour le meurtre de La Panne et son départ précipité de chez Ulrich. San-Antonio réplique et s'enfuit, ralliant Bruxelles par le train, sans acquitter son billet. Là, il contacte Bourgeois, le chef du réseau (de sept personnes) abritant un traître. Se fiant à son instinct, San-Antonio commence par s'intéresser à la belle Laura. “Elle est fabriquée comme la Vénus de Milo : elle a une avant-scène sensationnelle qui danse sous sa robe à mesure qu'elle marche, de grands cheveux blonds qui lui descendent jusqu'au milieu du dos, et des jambes qui doivent enlever tous les premiers prix dans les expositions de guibolles.”

Laura a de mauvaises fréquentations. Elle s'est trop fiée à un ami qui, en réalité, était un ennemi. Adversaire qui commande les troupes hitlériennes, quand il s'agit de pourchasser le couple San-Antonio et Laura. S'y croyant protégés par la foule, tous deux sont pourtant cernés dans une fête foraine. Ils narguent quelque peu leur ennemi du haut du Grand Huit, mais il est préférable que le duo ne s'éternise pas sur cette attraction. Ils trouvent rapidement une planque, chez Mme Broukère. Bien que San-Antonio ait alerté assez tôt Bourgeois, les six autres membres de son réseau sont arrêtés par les Allemands. On ne va quand même pas rester sans les secourir, enfermés qu'ils sont dans une école désaffectée. Étant plus que jamais recherché par les Frisés, San-Antonio se déguise pour affronter son adversaire et sauver les prisonniers...

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 04:55

Nous sommes à l'automne 1942. Le commissaire San-Antonio s'est mis en disponibilité, et vit tranquille auprès de sa brave femme de mère, Félicie. Un jour où il s'autorise une virée à Paris, lors d'une alerte dans le métro, il se fait flinguer par un inconnu. Il se réveille au bout de trois semaines, et va rester deux mois hospitalisé. Cette tentative de meurtre lui paraît inexplicable, vu qu'il ne se mêlait de rien en ces temps troublés. San-Antonio sort de l'hôpital peu avant Noël. Dès sa première soirée dehors, il a rendez-vous avec la belle infirmière qui s'est occupée de lui. Il s'agit de séduire la ravissante Gisèle Maudin, car il a trop le sens du devoir pour lui proposer le mariage. Au restaurant de la rue de l'Arcade où ils dînent, San-Antonio capte un curieux message en code morse.

Plus tard dans la soirée, la mort du commissaire est annoncée à la radio. C'est forcément un sosie qui s'est fait descendre. Accompagné de Gisèle, il cause une drôle de surprise en se présentant à ses collègues policiers, chez la victime. Visiblement, le défunt utilisait peu cet appartement, où on ne trouve pas d'indices. San-Antonio élabore son plan pour identifier ce qu'il pense être un gang. C'est un nain qui vient au rendez-vous fixé, chez Gisèle. Agressif et armé, il réussit à fausser compagnie au commissaire convalescent, qui supporte encore mal les coups violents. Dès le lendemain, l'inspecteur principal Guillaume apprend à San-Antonio que Gisèle a été enlevée, bien qu'il lui ait conseillé d'être prudente. Mieux vaut que le commissaire mène une enquête officieuse.

Il s'installe discrètement dans l'appartement de son sosie, un certain Manuel. L'homme qui se pointe n'est autre que son tueur du métro. Il prétend appartenir à une ancienne bande, les Kangourous, censée ne plus exister. Quant à savoir ce qu'ils traficotent avec des ampoules électriques, San-Antonio ne comprend pas vraiment. Le quartier général de ce gang se situe dans une propriété du Vésinet. Lorsque le commissaire y pénètre, la bande est en train de fêter Noël. San-Antonio ne tarde pas à délivrer Gisèle, leur prisonnière. Le nommé Fred dit être le chef de ces truands. Jouant l'astucieux pour obtenir des infos, le policier réalise être en possession de l'invention allemande BZ22. Quand la Gestapo cerne la propriété, San-Antonio et Gisèle parviennent à s'enfuir. Si le commissaire s'échappe en sautant dans la Seine, il sera bientôt confronté aux nazis Karl et Greta, qui lui laissent peu de chances de passer à Londres avec le BZ22. À moins que le destin ou la chance ne donnent un coup de pouce à l'intrépide policier...

San-Antonio : Laissez tomber la fille (Pocket, 2013)

Frédéric Dard créa le personnage du commissaire San-Antonio en 1949. C'est aux éditions Jacquier, à Lyon, que fut publié cette année-là “Réglez-lui son compte”. Le premier San-Antonio dans la collection Spécial-Police des éditions Fleuve Noir parut en décembre 1950. Il s'agissait de “Laissez tomber la fille”. Peu d'éléments sont déjà en place dans l'univers de San-Antonio. Mis à part sa mère Félicie, pas de héros secondaires tels que le seront plus tard Le Vieux, Pinaud, ou Bérurier (encore qu'apparaisse un flic costaud aux airs de mammouth). C'est un pur roman d'aventures, où s'enchaînent les rebondissements et les surprises. Personnage courageux et supposé déjà expérimenté, San-Antonio fait face aux situations les plus agitées et dangereuses. On ne risque pas de s'ennuyer à le suivre.

La tonalité langagière n'est pas aussi exubérante que par la suite. Néanmoins, l'écriture montre déjà une très belle vivacité, en témoigne cet extrait : “Jusqu'ici, je suis assez content. Mon grand pif, je le crois fermement, a reniflé une piste. Voyez-vous, bande de pègreleux, le raisonnement est une belle chose pour un flic […] Qu'est-ce que vous feriez à ma place ? Vous braqueriez votre soufflant dans la direction du copain, et vous appuieriez sur la gâchette jusqu'à ce que votre magasin de quincaillerie soit vide. Bien sûr, ce serait le parti le plus sage, mais je ne peux plus me permettre d'être prudent. Si cette crapule est venue dans l'appartement, c'est qu'elle a l'espoir d'y prendre quelque chose. Vraisemblablement, ce que Manuel y avait caché. Mon plan est donc de lui laisser trouver ce quelque chose. Mais, allez vous m'objecter, rouscailleurs comme je vous connais, mais si vous n'avez rien trouvé, vous, pourquoi serait-il plus chanceux ? Eh ben, mes kikis, vous en tenez une couche à ce point épaisse, que si un autobus vous rentrait dedans, il ne vous ferait pas mal...”

Cette quasi-première aventure de San-Antonio s'avérait déjà très réussie. On sait que, dès les années suivantes, les enquêtes de ce héros connaîtront un énorme succès mérité.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 07:23

 

Dans la France de 1974. Un vieux copain du commissaire San-Antonio le contacte après avoir trouvé par hasard une curieuse photo. Il s’agit d’un cliché montrant Mme X, épouse d’un politicien en vue, dans une posture compromettante. Des photos sexuelles de cette dame ayant déjà été divulguées dans la presse, ça nuit au prestige de son époux. SAN-ANTONIO 1974San-Antonio ne tarde pas à mettre la main sur l’auteur des clichés malsains. Quelque peu énervé, l’inspecteur Bérurier bouscule ledit photographe. Celui-ci décède bientôt, pas à cause des coups, mais d’une piqûre d’insecte. San-Antonio interroge chez elle Mme X, qui nie l’obscénité des photos pour lesquelles elle posa. Vertueuse ou pas, elle devient intime avec San-Antonio.

C’est le vieil inspecteur César Pinaud qui découvre le secret de l’appareil photo. Alors que San-Antonio révèle le trucage à M.X, son épouse fuit leur domicile. On retrouve sa voiture dans la rivière l’Yonne. Le suicide est probable, ce qui cause de la peine à San-Antonio. De loin, un grutier a été témoin des faits. Il affirme qu’une deuxième voiture attendait Mme X. Sous sa tristesse hypocrite, le mari est plutôt surpris quand le commissaire lui apprend que sa femme est possiblement en vie. Une piste mène San-Antonio chez les frères Victor et Hugo Drouet, qui ont d’étonnants métiers. L’un est insulteur, l’autre est rêviste. L’enquêteur teste leurs méthodes, mais aucun des deux ne semble connaître Mme X.

Peu après, San-Antonio et Pinaud son braqués par un certain Albéric Casuel, qu’ils réussissent à arrêter. Il s’avère que c’est un homme de mains engagé par le politicien. Celui-ci aurait monté un plan tordu pour simuler le suicide de Mme X, afin d’améliorer son image. Le Vieux, le supérieur de San-Antonio, semble fort embêté : Ne créons pas d’incident dont la Raison d’État risquerait de souffrir. Notre pays, messieurs, est une vaillante et altière nation, mais si blessée, si écornée, si traumatisée, si ébréchée par des scandales de toutes natures. N’ajoutons pas ce vilain bubon à ses écrouelles. Paroles raisonnables, sauf que l’affaire est relancée quand on retrouve le cadavre noyé de Mme X près de Sens.

Chargé de l’autopsie, le Dr Rapière est spécialisé dans la jouissance féminine, de manière très personnelle. À l’heure où le Vieux exige que l’affaire soit close, le Dr Rapière se joint à San-Antonio et Bérurier. C’est encore l’inspecteur Pinaud qui va dégoter une bonne piste, grâce à une Jaguar. San-Antonio utilise la ruse pour approcher l’architecte Meissonier. Très avide de sexe, ce monsieur l’invite à une partouze mondaine. Si elle se conclut par un incendie, c’est pour masquer que l’hôte a été éliminé par une piqûre d’insecte. Ce sac de nœud déplait de plus en plus au commissaire San-Antonio, qui découvrira finalement toute la vérité…

 

SAN-ANTONIO-13-74Ce polar réunit évidemment les grandes qualités de cette série : l’imagination langagière de l’auteur, et sa virtuosité à nous offrir de multiples rebondissements. En outre, il est bon de souligner que ce roman date de 1974, car c’est en mai de cette année-là que des élections présidentielles anticipées désignèrent le nouveau président. De façon détournée, San-Antonio utilise le contexte politique d’alors, beaucoup de politiciens visant la succession de Pompidou. Ce dernier et son épouse n’ayant pas été épargnés par de supposés scandales sexuels.

Il est aussi question d’une police secrète, nommée le RETICULE. Qui est un synonyme du mot SAC. Il existait à cette époque une police parallèle gaulliste portant ce nom, le Service d’Action Civique, milice dissoute en 1982. L’allusion est claire. L’auteur s’autorise encore certains coups de griffe : Ce qui tue la France, c’est l’autorité… Du Pouvoir. Ils en détiennent une parcelle, alors chacun se prend pour Le Pouvoir. Voyez par exemple comme un flic, dans la rue, il est agressif avec tout le monde. N’lui suffit pas d’être flic, faut, en supplément qu’il soit méchant. C’est gratis, ça, sa méchanceté. Elle lui sert à rien d’autre qu’à se faire honnir. Mais il se croit obligé à cause du Pouvoir. Et c’est ainsi de bas en haut de l’échelle. On crève de l’autorité.

Qui prétendra que San-Antonio, c’est juste des petits polars sympas ? Humour, parfois grinçant on le voit, et péripéties inattendues à foison, ces romans-là ne manquaient pas d’intérêt.

-Mets ton doigt où j’ai mon doigt est réédité chez Pocket dès le 14 mars 2013-

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs San-Antonio
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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 05:53

 

Datant de 1977, Une banane dans l’oreille de San-Antonio est réédité fin janvier 2013 chez Pocket. Bien qu’évidemment mérités, il est inutile d’user une fois de plus des superlatifs élogieux et louangeurs au sujet de l’œuvre de Frédéric Dard, et de ce roman en particulier. Certes, le colossal Bérurier partage ici la vedette avec le commissaire chéri de ces dames, SAN-ANTONIO 1977et tous deux vont forniquer à plaisir. Bien que le style langagier san-antoniesque soit plus délicieux que jamais, c’est l’occasion de rappeler que cette série n’est pas seulement humoristique. Car les rebondissements sont permanents, les péripéties s’enchaînent, alimentant un vrai suspense. Glissons sur quelques références d’époque oubliées (le nain Piéral ou Sheila). L’essentiel reste la merveilleuse tonalité de cette remuante intrigue.

 

À cette époque-là, San-Antonio s’est mué en enquêteur privé, pour la Paris Détective Agency. En réalité, le commissaire reste sous les ordres d’Achille, dit Le Vieux, le patron de la police. Ce dernier a une mission à lui confier, en compagnie d’un duo de petits truands experts en signaux d’alarme, les frères Prince. Ils ont été contactés par des malfaiteurs internationaux, afin de participer au casse de la salle des coffres d’une grande banque de Londres. Mais l’affaire est pratiquement impossible, car l’endroit est hautement sécurisé. Par la Landon Shaffer’s Limited, la société de protection la plus efficace qui soit. Le Vieux exige que San-Antonio s’associe au casse, ciblant un casier bien précis de la banque, le N°44. L’équipe va tester à Bruxelles un autre établissement bancaire, pareillement équipé question sécurité, histoire de voir si le coup est réalisable.

La belle employée de banque Gertrude ne demande qu’à se laisser apprivoiser par San-Antonio. Et il suffit d’un rusé prétexte pour que l’agence Landon Shaffer’s lui fasse une démonstration de son système. Malgré ces précisions, les frères Prince trouvent que c’est trop problématique. Bien que risqué, le plan de San-Antonio a des chances de fonctionner. Le commanditaire anglais leur révèle que ce n’est pas la banque londonienne, mais celle-ci à Bruxelles qu’ils doivent réussir à braquer. Le Vieux a parlé du coffre 44 de celle de Londres. Contacté, il demande pourtant à San-Antonio de continuer, d’ouvrir ce casier bruxellois. Dinant avec Gertrude, le commissaire apprend un autre détail intéressant sur la sécurité. Moi je la sens bien, cette affaire. Mais à condition qu’on m’accorde le don d’ubiquité se dit-il.

L’envoûtante photographe d’art Barbara a prévenu San-Antonio d’un danger. Pas plus tard que le lendemain, Béru et lui essuient des coups de feux. Avant de retrouver le commanditaire anglais assassiné à son bureau. Les frères Prince ne tardent pas à fuir cette ambiance façon massacre. San-Antonio et Bérurier se rendent au studio d’art de Barbara, en réalité une volière de prostituées. Barbara, moins féminine qu’il y semblait, a été défuntée genre sadique. L’enquête du duo se poursuit à Bruges. Ce qui les met sur la piste d’un gros type à barbe blanche, conduisant une Porsche blanche aussi. Ils trouvent son adresse, 69 rue des frères Paul Kenny. Par ailleurs, San-Antonio apprend qui a loué le fameux coffre 44, et s’interroge. Avec Béru, se poursuit le parcours du combattant pour démêler ce furieux mic-mac…

 

SAN-ANTONIO 77-13Pour se mettre en appétit, un petit extrait. Bérurier a été quelque peu contrarié par Fayol, leur complice belge. Voilà le résultat : Béru a le sens des valeurs. Qu’un malfrat de bas étage lui parle sur ce ton, et il sort ses gonds des grandes occasions sans la moindre sommation. En l’occurrence un doublé féroce au menton du crevard. Qui, sans hésiter, part à dame. Sa posture, je te jure qu’on aurait voulu, on serait pas arrivé. Il a exécuté, sous le double impact des poings de Mister King Kong, un demi saut périlleux qui l’a propulsé jusqu’à mi-corps entre le lit et le mur. Son derrière est dressé, ses deux jambes demeurent étalées sur le couvre-lit, inertes, et l’on constate que les semelles de ses tiges en croco commencent à gruyérer vilainement.

Tu l’as entendu ? [dit Bérurier] Non, mais des fois, un saint-panzé pareil, que t’aurais envie, dans tes bons jours, de lu balancer des cacahouètes, m’parler commak !

 

Mes autres chroniques sur San-Antonio : "Le coup du père François", "Descendez-le à la prochaine", "Des clientes pour la morgue", "Turlute gartos les jours fériés", "T'es beau, tu sais", "Votez Bérurier". Sur les romans de Frédéric Dard : "C'est toi le venin", "Le cauchemar de l'aube", "La Peuchère", "La crève". Ainsi que "Frédéric Dard mon père San-Antonio" de Joséphine Dard.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans San-Antonio Suspense Story
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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 05:43

 

Ancien missionnaire en Afrique, le chanoine Dubraque est curé à Saint-Firmin-les-Gonzesses. Le genre de prêtre qui répand le bien autour de lui. Si Dieu existe, il doit préférer ce genre de serviteur baroudeur aux culs soutanés évasifs qui glissent comme des ombres noires. Néanmoins, on cherche à l’assassiner. C’est pourquoi Bérurier s’est substitué à l’ecclésiastique. SAN-ANTONIO-1995Pas si difficile, puisqu’ils ont la même corpulence. Peut-être parce qu’ils sont tous deux natifs de Saint Locdu-le-Vieux, bourgade normande où n’existent pas de chétifs. Bien que l’église du curé Dubraque soit sous surveillance policière, voilà qu’une pénitente est trucidée dans le confessionnal. Tuée par une mini fléchette mortelle, c’était bien cette femme qu’on visait, et non le prêtre. On s’aperçoit qu’elle possédait elle-même une arme, avec laquelle la victime envisageait d’éliminer le chanoine Dubraque.

Tandis que le vieil inspecteur César Pinaud est chargé de la protection du curé, le perspicace Bérurier cherche et trouve l’identité de la victime. Irène Ballamerdsche était une antiquaire belge. Le commissaire San-Antonio et le fidèle Béru s’offrent sans tarder un séjour dans la région bruxelloise. La propriété de l’antiquaire est fort luxueuse. Le duo y est reçu par sa secrétaire la rousse Adèle Hurnecreuse. Tout juste apprennent-ils que Mme Ballamerdsche était veuve depuis longtemps d’un haut fonctionnaire ayant fait carrière en Afrique. Qu’elle était devenue par la suite antiquaire, et qu’elle avait une fille adulte handicapée mentale vivant ici. San-Antonio contacte un ami de la police belge, Martin Gueulimans. C’est plus exactement avec Ingrid, l’épouse dudit flic, que San-Antonio a des affinités très intimes. Gueulimans et son adjoint Van Tardyse auront leur rôle à jouer.

Bérurier ne s’était pas trompé : le sous-sol de la propriété Ballamerdsche mérite une visite clandestine. San-Antonio et lui y découvrent une sorte de dortoir. Ce lieu étant fait pour dormir, voilà qu’on anesthésie les deux policiers français. Lola et Gunther, couple d’exécutants, sont chargés de les transporter à Anvers, chez un médecin complice. Lola n’est pas insensible au charme de San-Antonio, encore en plein sommeil. Mais quand il se réveille, l’intrépide commissaire va rapidement reprendre en main la situation, et maîtriser les kidnappeurs. Retour à la demeure de Mme Ballamerdsche. Et là, ça a gravement défunté parmi le personnel, cinq d’un coup. Qui donc est le commanditaire de l’enlèvement et de ces meurtres ?…

 

Publiée en 1995, c’est la 163e aventure (sur 175) de San-Antonio, qui appartient donc à la dernière période de Frédéric Dard. Probablement ces titres sont-ils moins connus par les aficionados historiques de la série, ceux qui l’adoraient dès les années 1950-60 et suivantes. Si la nostalgie incite à relire des titres anciens, ne négligeons pas un roman tel que celui-ci. Car on y retrouve toutes les qualités des bonnes intrigues de l’auteur, ainsi que son univers qui nous est familier. Le vieillissant Pinaud perd la mémoire, mais reste présent. San-Antonio ne manque pas de faire allusion à sa brave femme de mère (Faudra bien que je me décide à lui accorder davantage de temps, à ma Féloche. Bientôt elle me tirera sa révérence en douceur et je resterai planté dans sa cuisine, foudroyé par son absence). Apparaît aussi le policier Jérémie Blanc, dans la série depuis 1986.

Bien sûr, c’est l’incontournable Bérurier qui est, une fois encore, le partenaire et complément idéal de San-Antonio. Fornicateur émérite, le viril Béru va se taper une paroissienne dans l’église, et une flamande dans le train, afin d’entretenir la forme. Au final, San-Antonio ne sera pas en reste, avec la belle Ingrid, après avoir excité sa ravisseuse Lola. Que cela ne nous fasse pas oublier qu’il y a là une enquête centrée sur un meurtre, donc un mystère à résoudre et des péripéties multiples pour y parvenir. Frédéric Dard gardait cette tonalité réjouissante, cette truculence qu’aimeront toujours ses admirateurs.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story San-Antonio
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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 05:40

 

Redécouvrons, non sans un brin de nostalgie, une des premières enquêtes de San-Antonio : "Descendez-le à la prochaine".

SAN-A-1953aAu début de la décennie 1950, le commissaire San-Antonio est un agent d’élite d’un service secret français. Sa mission actuelle consiste à dégoter un cadavre idéal pour une mise en scène. À la morgue d’Orléans, le corps d’un polak exilé va faire l’affaire. Une fois le corps conditionné comme il se doit, San-Antonio se dirige ensuite vers la Forêt Noire. À Freudenstadt, il va déposer le cadavre dans la propriété de l’industriel Bunks. Le mort sera censé être son fils, Karl Bunks. Puis, sous pseudonyme, San-Antonio avertit les autorités françaises d’occupation dans cette région d’Allemagne. Son plan semble correctement fonctionner. Il s’installe dans une auberge locale, et rencontre M.Bunks avec sa fille Christia. Tout serait pour le mieux, sauf qu’un attentat fait exploser la voiture de San-Antonio. Alors qu’il retourne en Jeep vers Strasbourg, le commissaire prend une auto-stoppeuse ravissante à son bord, Rachel. Ensemble, ils voyagent en train vers Paris.

Supposé mort, Karl Bunks est en réalité confiné dans les geôles des services secrets. Il appartiendrait à une organisation pronazie, qui vient de kidnapper un attaché d’ambassade russe. San-Antonio essaie une fois encore de l’interroger. Malgré la pression, impossible de le faire parler. Peu après, San-Antonio retrouve une curieuse épingle d’or sur sa veste. Nul doute qu’elle appartienne à Karl Bunks, qui cherche ainsi à faire comprendre qu’il est en vie. À qui est destiné le message ? Certainement à la fameuse Rachel, que San-Antonio rejoint bientôt. Dès qu’il s’absente, la jeune femme fouille dans sa veste, tandis qu’il l’observe en cachette. S’il espère piéger les nazillons grâce à Rachel, c’est raté pour San-A. Il doit retourner à Strasbourg, où a été repéré un homme transportant une bombe dans sa valise.

Hospitalisé en piteux état, le type est interrogé par San-Antonio. Ce qui lui offre une vague piste, à Cannes. À l’hôtel où il était descendu, il n’en apprendra guère plus sur l’homme à la bombe. C’est donc sur la Côte d’Azur que le commissaire poursuit son enquête. Il dispose de cinq adresses, mais il va arriver trop tard. La femme qui pouvait le renseigner a été exécutée. Toutefois, en faisant croire qu’elle est toujours vivante, c’est l’occasion de tenter un traquenard contre ses adversaires. Une tueuse envoyée par les pronazis est vite maîtrisée par San-A. Dans la confusion qui s’ensuit, elle parvient à filer. De retour à Paris, ce n’est pas à l’ambassade soviétique que le commissaire peut espérer obtenir des infos concrètes. S’il a le sentiment d’enquêter sur du vent, il y a pourtant beaucoup de cadavres féminins sur le tapis. Et San-Antonio lui-même va frôler la mort…SAN-A-1953b

 

Ce roman datant de 1953 est la septième aventure de San-Antonio dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Si la tonalité est déjà enjouée, on n’en est pas encore au festival langagier qui va faire la gloire de l’auteur. Par contre, c’est un authentique roman d’action basé sur une intrigue policière à suspense fort mouvementée. Suivant pas à pas le dynamique commissaire, on ne s’ennuie pas un instant.

Par son contexte, c’est aussi l’équivalent d’un polar historique actuel. Car c’est bien la France de l’époque, l’Allemagne occupée par les Alliés, la résurgence des nazis et le trouble-jeu des Russes, qui sert de toile de fond à cette fiction. Pour les admirateurs du truculent Bérurier, il ne fait que de la figuration, mais intervient quand même pour sauver San-Antonio. Les amateurs éclairés noteront la dédicace à Igor B.Maslowski, le critique incontournable de Mystère Magazine, également romancier. Un passionnant roman, comme il se doit.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story San-Antonio
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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 06:38

 

Réédité chez Pocket en avril 2012, Le coup du père François figure parmi les plus sympathiques enquêtes de San-Antonio…

SAN-A-avril12Après avoir été hospitalisé, un ancien prof que ses élèves surnommaient naguère Morpion fait appel à l’un d’eux, le célèbre commissaire San-Antonio. Il pense que son appartement a été occupé durant son absence. Pourquoi se serait-on introduit dans ce logement plutôt bordélique ? Distrait de nature, Morpion a dû imaginer tout ça. Sauf qu’un petit ruban disposé à la fenêtre donne à réfléchir au commissaire. Juste en face, se trouve le Consulat général d’Alabanie (pays dont la capitale est Strukla, comme chacun sait). Il semble bien que des tirs aient visé les locaux diplomatiques récemment, depuis l’appartement de Morpion. San-Antonio en avise son supérieur, Le Vieux, qui lui accorde une enquête officieuse.

Déguisé en vitrier, l’inspecteur Pinaud est envoyé au consulat d’Alabanie. En changeant un carreau, il est victime d’un accident suspect qui l’envoie à l’hosto. C’est au tour de l’inspecteur Bérurier d’investiguer au consulat. La version de l’accident qu’on lui donne est à peine plus crédible que la précédente. S’il s’est produit une tentative d’attentat, le consulat d’Alabanie tient visiblement à garder le secret. D’ailleurs, un voisin de lit de Pinaud à l’hosto est abattu à sa place. Heureusement que l’infirmière n’avait pas indiqué le bon numéro de lit au faux infirmier. Malgré l’opinion de Bérurier, San-Antonio décide d’une visite clandestine nocturne dans les locaux du consulat d’Alabanie. Parmi les visas refusés, il y trouve une photo de Pinaud au côté d’une ravissante jeune fille. Le consulat n’étant pas si vide qu’il le croyait, San-Antonio est bientôt cerné et frôle la piquouze fatale. L’intervention du vaillant Béru lui permet de déguerpir.

Après ces mésaventures, San-Antonio voudrait bien passer une journée de repos auprès de sa brave maman Félicie. Mais le prof Morpion semble avoir de sérieux ennuis, comme l’indique une visite dans son appartement vide. Grâce aux indications de l’inspecteur Pinaud, San-Antonio retrouve la jeune fille de la photo, Yapaksa Danlhavvi. C’est bien une Alabanienne, née en France. Elle est bientôt la cible d’un tireur, qui la rate. Bien que quasiment nu, San-Antonio pourchasse le tueur. Guère de renseignements à glaner sur le cadavre de celui-ci. Sous prétexte d’un emploi de chauffeur, San-Antonio s’infiltre chez le consul. Sinistre maison, où l’on a aussi engagé une nouvelle nurse, Claire, pour s’occuper d’un bébé. Le commissaire finira-t-il par éclaircir cet imbroglio ?…

 

SAN-A-1974Cette enquête de San-Antonio fut initialement publiée en 1963. Elle est assez typique des histoires racontées par l’auteur à cette époque-là. Notre fringant héros conduit une Jaguar, et séduit quasiment toutes les jolies femmes qu’il croise. Il est entraîné dans de tumultueuses péripéties, avec ses acolytes. L’éléphantesque Bérurier est ici cet ogre perpétuellement affamé qui, s’il multiplie les scènes de ménage avec son épouse Berthe, ne supporte pas qu’on médise de sa femme. Quant à l’inspecteur Pinaud, c’est toujours la victime désignée de cette équipe. On nous rappelle qu’il dirigea une officine de détective privé, avant d’intégrer la police.

Mystères et rebondissements, bien sûr, mais c’est aussi un festival de jeux de mots. De ces plaisanteries que n’aimaient guère le patron des Éditions Fleuve Noir, Armand de Caro, beau-père de l’auteur, symbolisé dans le rôle du Vieux. Il a toujours eu en horreur les à-peu-près, le Vioque, surtout dans les périodes graves. Ma boutade doit être de Dijon, car elle lui monte au naze. Oh, je vous en prie mon cher, les calembours… Je m‘obstine à sourire, ça m’évite de lui faire un shampoing avec le contenu de son encrier. Une des très bonnes aventures mouvementées de San-Antonio, qu’on a plaisir à lire ou relire.

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