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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 06:33

 

Une nouvelle édition de Des clientes pour la morgue est disponible dès mi-mars 2012 chez Pocket. Retour sur l’intrigue de ce San-Antonio…

SanAntonio-mars12Suivant son instinct, le commissaire San-Antonio prend en filature une dame d’un certain âge. Ce qui l’oblige à la suivre dans le train Paris-Genève, puis à s’installer dans le même hôtel de luxe genevois que cette personne. En réalité, la dame est un homme encore jeune, ce qu’avait bien compris San-Antonio. En surveillant son suspect, il assiste au suicide de l’inconnu, suite à un appel téléphonique. Avant sa mort, l’homme a dissimulé un disque de métal que San-Antonio s’empresse de récupérer. Si la police helvétique est coopérative, la blonde standardiste de l’hôtel n’est pas très franche. San-Antonio doit un peu la secouer pour obtenir la vérité. Cette rondelle de métal possède assurément une valeur, mais son utilité reste un point d’interrogation pour le commissaire qui rentre à Paris.

L’homme travesti voyageait sous le nom de Mme Fouex. Décédée depuis peu de mort naturelle, cette dame était employée à l’ambassade des Etats-Unis. C’est son neveu, Georges Gerfault, qui avait endossé son identité pour aller en Suisse. Bien qu’élève du Cours Simon, le jeune homme était un comédien sans notoriété. Tout ça n’offre guère d’indications à San-Antonio. Celui-ci habite avec Félicie, sa brave femme de mère, au 103 rue de l’Église à Neuilly. Ils sont la cible d’un tireur à la mitraillette. Qui réussit à disparaître, non sans avoir supprimé la blonde standardiste genevoise qui l’avait guidé là. Le tueur et son commanditaire ne sont pas du genre à laisser vivants des témoins. À l’ambassade des Etats-Unis, on dit à San-Antonio que la défunte Mme Fouex était une employée sans histoire.

Une belle femme occupe l’appartement de Georges Gerfault. Pas assez prudent, le commissaire est visé par l’inconnue armée. Après coup, il s’aperçoit que le disque de métal a disparu : Ce disque ne s’est pas envolé comme une soucoupe, c’est ma miss-pistolet qui me l’a barboté (…) elle a eu le courage de me passer à la ratisse après m’avoir choqué une pastille valda dans le poitrail ! Voilà une pépée qui a froid n’importe où, sauf aux yeux… Suivant la piste d’un costaud au crâne rasé, San-Antonio se trouve embarqué contre son gré dans une péniche. Ses deux ravisseurs cherchent la rondelle de métal, qu’il n’a plus. Rudes adversaires pour San-Antonio, qui ne s’en tirera pas sans quelques brûlures. À peine hospitalisé, le commissaire doit poursuivre sa mission car un danger explosif menace Paris…

 

Il est bon de souligner qu’il s’agit d’un des premiers San-Antonio, datant de 1954. Déjà intrépide, le commissaire appartient à un service de police peu précisé (la DST). Il nomme son supérieur le chef ou le boss, sans se montrer aussi familier qu’il le sera plus tard avec Le Vieux. Il est entouré d’une brochette d’inspecteurs, SanAntonio1954mais Bérurier n’est encore qu’une (grosse) silhouette dans cette histoire. Félicie, la mère du héros, est bien présente et active dans deux scènes agitées.

Le petit univers qui sera celui de San-Antonio est juste esquissé, l’enquêteur prenant seul tous les risques pour mener à bien l’affaire. Il encaisse divers mauvais coups, des chocs plutôt sévères. Comme le titre l’indique, on compte ici plusieurs victimes féminines, dont un homme. Les péripéties s’enchaînent à un rythme soutenu et fort mouvementé. Déjà enjouée, la tonalité est moins marquée par l’humour que dans ses romans à venir. On pourrait noter quelques superflus résumés de la situation, qui n’altèrent toutefois pas le tempo narratif. C’est, bien sûr, une aventure de San-Antonio à redécouvrir.

[Visitez aussi le blog "Ils lisent San-Antonio"]

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs San-Antonio
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 06:33

 

À partir de 2012, San-Antonio est désormais réédité chez Pocket. T’es beau, tu sais !, dont la première édition date d’il y a 40 ans, est disponible dès le 12 janvier…

SAN-ANTONIO-2012Puerto de la Cruz est située dans le nord de Ténérife, dans l'archipel des îles Canaries, en Espagne. C’est là que San-Antonio passe ses vacances. S’y trouvent aussi sa maman Félicie, s’occupant du bébé adoptif du policier, l’énorme couple Bérurier et leur petite nièce, la pétulante Marie-Marie. Pourtant, le commissaire et son gros adjoint ne sont pas venus pour une tranquille villégiature. Le Vieux les a envoyés en mission, pour traquer un redoutable tueur-à-gages. Le renard le plus rusé que San-Antonio va croiser dans sa carrière, pas de doute. L’homme se fait appeler Martin Braham. La mise en scène familiale n’a guère d’effet, car il a rapidement repéré les deux flics français.

Malgré les ordres de son patron, San-Antonio n’a pas vraiment envie d’éliminer leur cible. Béru a une idée qui leur permettrait de s’en débarrasser. Tandis que le duo met Braham hors service, un envoyé du commanditaire se présente. San-Antonio endosse le rôle du tueur-à-gages (et emprunte sa perruque blanche). L’intermédiaire Charly, venu donner des détails à Braham, est un drôle de gars. D’ailleurs, c’est une jeune femme habillée en homme. San-Antonio ne saurait laisser passer une telle occasion intime. Pendant ce temps, l’étage au-dessous, Braham réussit à échapper au couple Bérurier. Le plus inquiétant, c’est qu’il n’a pas disparu seul. Il semble avoir kidnappé Marie-Marie. Certes, San-Antonio a quelque peu enrayé la mécanique de l’opération en cours pour Braham. Mais il sait que son adversaire est aussi malin que dangereux.

Le contrat du tueur concerne une soirée mondaine à venir chez Mme Nino-Clamar. À Lupanar-Desgonzès, San-Antonio trouve bientôt la demeure en question. Et sa propriétaire, une blonde veuve d’une trentaine d’années. Il se présente comme le marquis de San-Antonio, ayant fait fortune dans le parfum. Outre la fille du défunt mari et le gendre, le policier rencontre chez la veuve l’abbé Schmutz. Une vieille connaissance de San-Antonio, si l’on peut dire. Béru et lui vont avoir de gros ennuis avec la police espagnole, qui découvre quantité de drogue dans leur bagages. Emprisonné, San-Antonio va devoir braquer le juge chargé de l’affaire afin de poursuivre ses investigations…

 

SAN-ANTONIO 1972Est-il vraiment nécessaire d’argumenter autour de cette série ? Voilà une aventure typique des meilleurs San-Antonio. D’abord, parce qu’on y retrouve avec plaisir la tribu des personnages habituels, de sa brave femme de mère Félicie jusqu’à l’inévitable Bérurier avec sa grasse épouse Berthe. Ce qui offre l’occasion d’assister à une furieuse scène de ménage dans le couple Béru. Sans oublier le moustique Marie-Marie, l’attachante petite peste amoureuse de San-A. Ensuite, il ne faudrait surtout pas négliger l’intrigue, évidemment riche en périlleuses péripéties et tribulations diverses. Y a pas à dire, il mouille la chemise à chaque fois, le commissaire chéri de ces dames !

Jamais vu un moment de cette qualité, mes gueux. D’aussi dramatiques, ça certes. Des tas de chiées. Mais semblablement cauchemardesques, eh ben non ! Et savez-vous pourquoi la minute est démente ? Parce que les clowns ne disent rien. Ils menacent tout le monde sans parler…

Enfin, ce qu’adorent les admirateurs de San-Antonio, c’est bien sûr son langage qui introduit une complicité avec le lecteur. Cet épisode ne manque pas de souriantes digressions, en particulier sur le métier d’auteur populaire face à l’éditeur. Soulignons qu’est utilisé plusieurs fois le mot polar, fort péjoratif et rare à l’époque. Le métier d’auteur, c’est pire que d’être pilote de boeinge. À bord d’un polar, t’as pas le pilotage automatique… On peut recommander une belle tirade sur la phrase, vers la page 85. Aujourd’hui comme hier, San-Antonio s’adresse à tous, et c’est probablement pour ça qu’on l’aime.

A lire aussi : "Votez Bérurier". Visitez le blog "Ils lisent San-Antonio".

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Livres et auteurs San-Antonio
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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 05:37

 

Parmi les récentes rééditions de San-Antonio chez Fleuve Noir, Votez Bérurier ! est un polar que je viens de relire avec grand plaisir. Ce roman de 1969 est de nouveau disponible depuis juin 2011...

Le commissaire San-Antonio et sa mère Félicie passent leurs vacances dans la Seine-et-Eure. Il finit par être quelque peu ennuyeux, ce séjour à Saint-Turluru-le-Haut. Certes, l’ex-adjudant Morbleut apporte une certaine animation à l’hôtel, mais ils songent à partir. C’est alors que San-Antonio apprend qu’un crime a été commis à Bellecombe-sur-Moulx, la grande ville voisine. SAN-A-Votez Bérurier11On a assassiné chez lui, à coups de revolver, le candidat de gauche aux prochaines élections partielles. Et c’est maintenant son adversaire de droite qui a été égorgé dans sa baignoire, tel Marat, à l’insu de sa famille présente. Voilà qui excite l’intérêt de San-Antonio. Il retrouve le commissaire Conrouge à Bellecombe, ayant reconstitué les faits dans les deux affaires. Il semble qu’il s’agisse d’un fantomatique criminel.

C’est l’inénarrable inspecteur principal Bérurier qui apporte à San-Antonio son ordre de mission, signé du Vieux, pour reprendre l’enquête. Béru s’installe dans le même hôtel, où il va comme toujours faire son show, et bientôt sympathiser avec l’ex-adjudant Morbleut. Après avoir interrogé le domestique du candidat de gauche, San-Antonio cherche à joindre son jardinier, qui était sur les lieux. Si le commissaire découvre le chien embroché de ce Mathieu Mathieu, le jardinier s’est évaporé. Peut-être est-ce un témoin gênant qui aurait préféré disparaître, pour sa propre sécurité. San-Antonio et Bérurier rendent visite à la veuve du second candidat. La scène du crime, c’est la salle de bains, où il parait bien incertain d’assassiner quelquun. Surtout que toute la maisonnée était à côté.

Si le criminel était un fou, il agirait ouvertement, contrairement à ce qui s’est produit pour les deux meurtres. Une filature permet à Béru de vérifier qu’un ami de la veuve est suspect, mais n’avait pas de raison de tuer l’autre candidat. Le dernier postulant à la députation, indépendant, est sous protection policière. Après avoir connu un beau succès lors d’un meeting, l’homme est mortellement agressé dans son garage. Quoique, l’hypothèse d’une possible mort accidentelle émise par Bérurier n’est pas si stupide.

Voilà que Morbleut et Béru ont une idée qu’ils pensent géniale : puisqu’il n’y a plus de candidats vivants, c’est Bérurier qui va se présenter aux élections de Bellecombe. Le Vieux menace de révoquer son inspecteur principal, mais Félicie intervient pour plaider sa cause. Avec son programme révolutionnaire et faute d’opposant, Béru a toutes ses chances. Entre un attentat à l’explosif visant le nouveau candidat et la piste d’une certaine Natacha, San-Antonio espère bien élucider finalement ces trois énigmatiques meurtres…

 

SAN-A-VOTEZ1Ce roman démontre que les aventures de San-Antonio ne sont pas seulement un exercice de style sur le langage et une suite de situations débridées. Certes, on y retrouve avec un éternel plaisir le vocabulaire de l’auteur, qui enchante depuis toujours ses admirateurs. Bien sûr, dans toute sa démesure, le personnage de Bérurier est savoureux. On peut recommander son programme électoral, un vrai régal de fantaisie. L’adjudant retraité Morbleut, radical dans sa conception des enquêtes, pourrait bien ressembler au regretté comédien Noël Roquevert. On nous offre un peu de douceur pour compenser, avec la tolérante Félicie, mère de San-Antonio.

Surtout, cette histoire nous offre une véritable intrigue à suspense, d’un très bon niveau. L’aspect criminel est aussi subtil que solide. D’ailleurs, on peut noter les clins d’œil à Agatha Christie et au héros de Simenon : J’avise un petit bistrot, tout ce qu’il y a de sympa. C’est le café de province, avec de vieux guéridons de marbre, des boiseries encaustiquées et un comptoir d’étain. Voilà que je me mets à jouer les Maigret, à c’t’heure ! Outre l’humour, c’est donc une vraie enquête qui rend ce roman passionnant.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story San-Antonio
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