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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 04:55

Antoine est employé comme couchettiste depuis deux ans à la Compagnie des Wagons-Lits. Rien d'aussi prestigieux que l'Orient-Express, quand il est de service à bord du Galileo qui va de Paris à Venise, et retour. Antoine est chargé d'un wagon-couchette de 2e classe. Il s'agit surtout de préparer les documents pour le passage aux frontières, suisse puis italienne. Et de résoudre quelques petits problèmes avec les usagers, au besoin. Antoine se sait capable de cynisme autant que de se montrer affable, du pire et du meilleur.

En ce soir de janvier, il a trente-neuf passagers. Les soucis commencent par une embrouille avec un Américain, affirmant qu'on lui a volé son portefeuille. Peu après, le signal d'alarme est tiré, arrêtant brusquement le convoi. Le Ricain et l'homme qu'il accompagnait en profitent pour disparaître. Tandis qu'ils sont au niveau de la douane suisse, Antoine s'aperçoit qu'un voyageur clandestin s'est caché dans sa propre cabine.

En réalité, il s'agit du comparse de l'Américain, qui a faussé compagnie à son protecteur. Il se nomme Jean-Charles Latour, ancien comptable, et il est malade. Il était attendu en gare de Lausanne par un médecin, Brandeburg. Latour affirme être fiché aux frontières, sans donner de détails à Antoine. Pour le moment, il vaut mieux qu'il reste planqué dans le caisson servant de bac à linge. Après qu'Antoine ait réglé un problème avec Bettina, une jeune voyageuse, on passe par Domodossola pour arriver en Italie.

Un duo de voleur opère dans le train, quasiment en toute impunité. Mais c'est à un type autrement violent que le couchettiste est confronté : armé, il est prêt à tout pour retrouver Jean-Charles Latour. Il ne tarde pas à situer le compartiment que le fuyard occupe maintenant avec Bettina. Quand le train arrive en gare de Milan, Latour est bien obligé de suivre cet homme. Il parvient finalement à lui échapper, et remonte dans le Galileo.

S'il veut obtenir son aide, Jean-Charles Latour doit raconter son histoire à Antoine. Le cas médical de l'ex-comptable est très singulier. Les autorités françaises n'ayant rien fait pour lui, qui s'endettait fortement à cause de sa maladie virale, Latour accepta l'offre des Suisses, en la personne de Brandeburg. Maintenant, il ne sait plus comment se sortir du pétrin. Lorsqu'ils arrivent à destination, à Venise Santa Lucia, Antoine s'arrange avec son collègue et ami Richard afin que Latour passe inaperçu.

Il fallait s'y attendre : Brandeburg est là, menaçant et exigeant que le couchettiste lui dise où est Latour. Ce dernier n'est pas vraiment en sécurité à leur hôtel, où Richard l'a conduit. Antoine tente vainement de récupérer un peu de repos, avant d'organiser le retour vers Paris pour Latour. Le trajet ne leur paraîtra sans doute pas tellement plus facile qu'à l'aller. Car le danger reste présent, Brandeburg et ses sbires n'ayant pas renoncé. Heureusement qu'une certaine Isabelle va entrer dans le jeu…

Tonino Benacquista : La maldonne des sleepings (Série Noire, 1989)

Le premier roman de Tonino Benacquista, “Épinglé comme une pin-up dans un placard de G.I., fut publié en 1985 dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. La maldonne des sleepings est son deuxième roman, qui inaugura son entrée dans la Série Noire en 1989. Le titre parodie celui d'un grand succès littéraire de Maurice Dekobra, paru en 1925, La madone des sleepings (réédité en 2006 aux éditions Zulma). Il semble que Benacquista se soit inspiré d'un de ses petits boulots (il fut employé aux Wagons-Lits) pour écrire cette histoire. Il existe une version de ce roman illustrée par Jacques Ferrandez, publiée en 1991 chez Futuropolis/Série Noire.

Ce livre fut adapté en téléfilm sous le titre Couchette Express” par Luc Béraud, en 1994, avec Jacques Gamblin (Antoine) et Bernard Haller (le clandestin). En 2004, Gallimard publia un recueil réunissant les romans noirs de l'auteur (La maldonne des sleepings, Trois Carrés rouges sur fond noir, La commedia des ratés, Les Morsures de l'aube). Comme on le sait, s'il reste écrivain Tonino Benacquista a beaucoup collaboré pour le cinéma (mais aussi pour la bédé) par la suite.

Même si le scénario est chaotique à souhaits, on ne peut pas considérer “La maldonne des sleepingstelle une comédie policière. D'une part, l'ambiance est essentiellement nocturne et souvent inquiétante. D'autre part, le cas énigmatique de Jean-Charles Latour prête peu à sourire. De multiples péripéties vont se produire durant ce parcours Paris-Venise-Paris, que le jeune Antoine aura quelque difficulté à gérer. Il risque même d'être bousculé par ceux qui veulent mettre la main sur le fugitif. L'univers du train a toujours été un excellent thème de polars. Un passionnant suspense noir, à lire ou à relire.

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 04:55

Ce livre se compose de deux romans courts. Paru aux États-Unis en 1947, “L'hirondelle éplorée” se place effectivement peu après la guerre. Concernant le client qui s'adresse à l'avocat Perry Mason, la secrétaire de celui-ci Della Street en dresse le portrait : “Major Claude L.Winnett, joueur de polo, yachtman, play-boy millionnaire. À la guerre, il renonce à la carrière de play-boy pour devenir aviateur, descend toute une flopée d'avions allemands. Puis il est fait prisonnier. Libéré à l'automne dernier, il est démobilisé à cause de sa blessure et rendu à sa mère, béate d'admiration.” On sait encore de lui qu'il s'est marié voilà quelques semaines. Or son épouse Marcia a disparu, lui laissant un message écrit qui inquiète le major Winnett. En outre, un cambrioleur semble avoir pénétré dans la propriété familiale, régentée par la mère de Winnett, il y a quelques jours.

Perry Mason, Della Street et le détective Paul Drake se rendent au plus tôt à Silver Strand Beach, où se trouve la propriété des Winnett. Outre le jeune couple, y vivent sa mère Victoria Winnett et une infirmière, Hélène Custer. Tandis que Paul Drake cherche la trace du cambrioleur dans les allées cavalières, l'avocat s'intéresse au envahissantes hirondelles nichant dans la Mission voisine de San Juan Capistrano. Daphné Wexford, amie de Victoria Winnett, aime elle aussi observer les oiseaux. L'avocat dégote quelques indices, dont des chiffres fort énigmatiques. Paul Drake repère un suspect âgé de trente-huit ans, Harry Drummond, qui habite dans un proche camp de caravaning. L'épouse de ce dernier est de dix ans sa cadette environ. Perry Mason est habitué à ne guère faire confiance aux divers témoignages souvent mensongers qu'on lui confie. L'affaire ne sera pas simple à dénouer…

Erle Stanley Gardner : L'hirondelle éplorée (Série Noire, 1973)

Le second roman court est intitulé “Pélican sous roche”. Publié initialement en 1942, il ne met pas en scène l'avocat Perry Mason. Le héros en est Lester Leith : “Depuis un certain temps, la police soupçonnait Lester Leith d'être une sorte de super-détective unique en son genre, dont l'esprit astucieux déroulait les fils embrouillés des affaires criminelles. Mais toutes celles auxquelles Lester Leith consacrait son attention avaient le même dénouement très particulier. Quand la police atteignait au but après avoir suivi la piste quelquefois tortueuse, mais toujours nettement mise en évidence par les activités de Lester Leith, elle trouvait invariablement un coupable, quelque peu hébété, dépouillé de son butin mal acquis.” Un émule de Simon Templar, dit Le Saint, en quelque sorte.

La police a introduit chez Lester Leith le nommé Edward H.Beaver, en guise de valet de chambre. Ils espèrent ainsi découvrir les secrets de Leith. Sur Beacon Street, Lester Leith voit devant lui tomber une cape en renard argenté depuis un immeuble voisin. Ce qui crée une certaine animation, sans doute à cause d'une bévue de Fanny Gillmeyer, employée du magasin de fourrures en question. L'agent de police Haggerty, arrivé sur les lieux, n'y a pas compris grand-chose. Intrigué, Lester Leith retourne là-bas peu après. Plutôt qu'au sujet de la boutique, il s'interroge sur l'immeuble d'en face, celui du Rust Commercial Building. Un vol de documents importants y a été commis, au détriment de M.Bellview, qui les avaient pourtant enfermés dans son coffre. Le cas de Bernice Lamen, la secrétaire, mérite l'attention de Lester Leigh. Pendant ce temps, Edward H.Beaver reste en contact avec ses collègues, et essaie de savoir pourquoi Leigh se préoccupe de cette affaire…

 

Erle Stanley Gardner fut peu publié dans la Série Noire (Le témoin en colère, L'hirondelle éplorée, L'envolé). Néanmoins, c'était une valeur sûre de l'édition, ce qui peut expliquer que Gallimard ait "récupéré" ces quelques titres. Dont une enquête de Perry Mason, le célèbre avocat imaginé par l'auteur. L'autre histoire met en scène un aventurier dans la tradition du Saint (de Leslie Charteris), d'Arthur J.Raffles (d'E.W.Hornung), du Baron (d'Anthony Morton) ou de leurs multiples copies. Dans les deux cas, il s'agit de solides énigmes, ponctuées d'autant d'indices que d'hypothèses, racontées avec fluidité. Du polar classique, qui se lit toujours avec un plaisir certain.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 04:55

À l'occasion des 70 ans de la Série Noire, cette collection réédite en un seul volume cinq titres de Jean-Bernard Pouy : Nous avons brûlé une sainte (1984) - La pêche aux anges (1986) - L'homme à l'oreille croquée (1987) - Le cinéma de papa (1989) - RN 86 (1992).

Deux exemples des intrigues de J.B.Pouy :

"L'homme à l'oreille croquée" : Dans le train qu’il emprunte de Nantes à La Rochelle, Marcel (15 ans et demi) rentre de vacances scolaires. Un grave accident se produit. Marcel reste bloqué plusieurs heures sous des tonnes de tôle. Il n’est pas seul : Marie-Claude, une jolie jeune femme, est bloquée avec lui, tout contre lui. En attendant les secours, il broie du noir. Ils sont finalement sauvés. Retour au collège, puis nouvelles vacances chez son copain Eric. Il est contacté par un type patibulaire, qui lui parle d’Arlette (le vrai prénom de Marie-Claude). Si elle est encore vivante, Marcel doit la retrouver, la prévenir du danger. Et c'est parti pour un pénible périple vers le Centre-Bretagne, ou elle se cache...

"RN 86" : Léonard ignore pourquoi son épouse Lucie avait tant changé depuis son retour d’un stage dans le Gard. Il ne comprend pas pourquoi elle s’est suicidée. Il se rend dans la région de Nîmes, s’arrête à Remoulins, sur la R.N.86. Non loin du fameux Pont du Gard, dont Lucie lui avait adressé une carte postale. Il lui semble que cet ouvrage majestueux est lié à la mort de sa femme. La gendarmerie, trop occupée à l’époque, n’a aucun motif de se souvenir de « l’accident » de Lucie. Ses amis de stages non plus ne renseignent guère Léonard. Vague piste, d’un blond nordique, vu avec elle. Le hasard conduit Léonard dans un luxueux hôtel de Castillon. Il y rencontre un écrivain original. Celui-ci se souvient de Lucie et de son amant…

Jean-Bernard Pouy : Tout doit disparaître (Série Noire, 2015)

Dans une interview pour L'Express du 5 mars 2015, Jean-Bernard Pouy répond qu'il n'a d'autre ambition que de raconter des histoires. À la question d'Eric Libiot : “Aujourd'hui, les frontières entre littératures "noire" et "blanche" semblent davantage poreuses ?”, J.B.Pouy répond : “[…] Le roman noir, lui, parce qu'il est militant, résiste à cette porosité. C'est la différence entre un auteur et un écrivain. Entre un type qui joue dans l'équipe de Mantes-la-Jolie et celui qui veut signer au PSG. Un écrivain se prend pour un écrivain, un auteur publie des romans. Je suis auteur. Un écrivain a un chat et écoute Mozart. Moi, du punk. Je suis un papier gras collé à la chaussure de James Joyce. Les écrivains peuvent se comparer à lui, je peux juste envisager d'écrire un roman aussi bon qu'un polar de Chandler. Cela ne m'est pas encore arrivé mais c'est possible.”

Voilà plus de trente ans que Jean-Bernard Pouy tutoie le polar. Ainsi que les lecteurs dans les festivals, sans hypocrisie, considérant que les amateurs de polars ne forment qu'une seule et même famille. J.B.Pouy est direct, cash, “à prendre ou à laisser”. Vous ne l'avez pas vu depuis six mois, un an ? Qu'importe, il s'adresse à vous comme si vous vous étiez quittés la veille. Vous débutez une conversation ? Il embraie sur une anecdote piquante, emprunte un jeu de mot à son ami Patrice Delbourg non sans le citer, conseille la lecture d'un auteur, ou évoque un projet qui verra ou non le jour. Si vous le croisez de temps à autre, il y a des chances qu'il vous adopte. C'est ainsi que grandit depuis trois décennies le cercle familial polardeux de Pouy.

Il n'est pas de ceux qui considèrent comme “sacré” ce qu'il écrit, romans ou nouvelles. Il ne vient pas vendre son dernier ouvrage, ni argumenter sur celui parmi ses livres qui surpasseraient les autres. Ça vous plaît, ses bouquins ? C'est tant mieux. Sinon, vous avez le choix dans tout ce qui est publié. Vous préférez lire d'autres polars, soyez certains qu'il ne s'en formalisera pas. Néanmoins, avec “Tout doit disparaître”, les lecteurs pourront redécouvrir quelques-uns des savoureux premiers titres de J.B.Pouy.

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 05:55

À Oslo, c'est l'hiver, bientôt Noël. Selon Olav Johansen, il exerce le métier d'expéditeur. La réalité est plus prosaïque : il est tueur à gages. Conducteur trop repérable, braqueur raté, dealer incompétent, proxénète risquant de tomber amoureux, mauvais en maths, c'est le seul métier à sa mesure pour Olav. S'il aime écrire, c'est laborieusement qu'il réussit à traduire en mots ses sentiments. Pourtant, il n'est pas inculte : il a même lu une version abrégée des Misérables, de Victor Hugo. Derrière son style british, Daniel Hoffmann est un caïd redoutable, régnant sur le "milieu" norvégien. Bien qu'un autre mafieux, Le Pêcheur, lui fasse de la concurrence, Hoffmann dispose des meilleurs atouts. Quand il a besoin de faire supprimer quelqu'un, c'est au professionnel efficace Olav qu'il fait appel.

Cette fois, Daniel Hoffmann est prêt à payer cinq fois les honoraires habituels pour qu'Olav élimine sa seconde épouse. Nettement plus jeune que lui, Corina a un amant. S'installant dans l'appartement d'en face, le tueur commence par surveiller celui des Hoffmann. Olav est rapidement séduit par l'allure de Corina. Elle reçoit effectivement des visites d'un homme, un amant qui se montre brutal. Imaginant qu'il la fait chanter, Olav prend seul l'initiative de le buter. Une très mauvaise idée, qui ne convient absolument pas à Daniel Hoffmann. Pour protéger d'urgence Corina, qui risque d'en subir les conséquences, Olav l'accueille chez lui, une adresse qu'il n'a jamais donné à personne. Ils vont bientôt devenir intimes, ce qu'il n'osait espérer. Et avoir des projets de fuite ensemble, vers Paris.

Depuis la disparition de son père, un bon-à-rien, Olav est quelqu'un sachant conserver son sang-froid. Bien qu'il ait supprimé trois des sbires du Pêcheur, pour le compte d'Hoffmann, il n'hésite pas à contacter l'adversaire de son ex-client. Le mafieux n'apparaît pas hostile, car ce serait l'occasion pour lui de mettre la main sur l'ensemble du marché de la drogue, et autres activités illégales. S'il a besoin d'un coup de main, Olav a déjà son plan, basé sur l'utilisation de cercueils. Certes, les hommes d'Hoffmann sont à ses trousses, mais il met KO l'un d'eux dans le métro, et fait preuve d'encore davantage de prudence. Son objectif reste d'abattre Hoffmann, puis de filer avec Corina. À défaut, il y a aussi Maria, ancienne prostituée handicapée à laquelle il est très attaché depuis qu'il l'a aidée…

Jo Nesbø : Du sang sur la glace (Série Noire, 2015)

Depuis le temps que les polars nous racontent des histoires de tueurs à gages, on ne peut rien espérer d'innovant sur ce thème. Par contre, certains auteurs sont capables d'installer une tonalité particulière en utilisant le sujet. C'est le cas de l'expérimenté Jo Nesbø, dans ce suspense. Malgré la relative brièveté du roman, il réussit à nous faire adhérer à cette intrigue de très belle manière. Olav, le narrateur-tueur autodidacte, n'avoue-t-il pas avoir des difficultés avec l'écriture ? Non pas qu'il manque d'intelligence, au contraire, mais il a coutume d'aller droit au but, d'agir en fonction des circonstances. Son métier est singulier, mais c'est un brave type. Sa timidité envers les femmes, qui pourrait passer pour une faiblesse ou de la naïveté, est également assez touchante.

Olav a été très marqué par “Les Misérables”. Au point de comparer quelque peu sa vie à celle de Jean Valjean, qui avait lui aussi enfreint la loi, si romantique dans sa relation avec la pauvre Fantine. Même les malfaiteurs ont du cœur, parfois. Une allusion à un nom de famille français figure parmi les aspects souriants de ce récit, qui n'est pas simplement sombre. L'auteur nous présente même un double dénouement, un final à apprécier à sa juste valeur, ce qui démontre une sacrée maîtrise. Autant d'éléments réunis pour que les lecteurs apprécient ce fort sympathique suspense.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 05:55

En 1960, en pleine Guerre Froide Est-Ouest, l'armement atomique inquiète les nations. À Strasbourg, dans un îlot sur le Rhin, se trouve un zoo désaffecté et sécurisé par de hauts grillages. C'est là que va se réunir la Sous-commission du désarmement atomique, qui se compose de physiciens : un Américain, un Russe, un Anglais et un Français. Imaginer des solutions pour que cesse l'escalade, pour éviter que n'importe quel pays se procure trop aisément l'arme nucléaire, telle est leur mission. La technicité des détonateurs fait partie des éléments à étudier. Leurs travaux ne doivent pas être ébruités, ou le moins possible en cette époque où l'espionnage est omniprésent.

Les scientifiques sont sous la protection d'un agent secret pour chacun de leur pays. C'est au général Berthomieu, dit le Vieux, semi-retraité des Services de Renseignements, qu'a été confiée la mission d'encadrer la sécurité des physiciens. Les trois espions étrangers ont rangé leurs animosités, conscients de la compétence du Vieux. Pour la France, c'est Geo Paquet qui est présent. "Le Gorille" a quitté le service actif, pour vivre tranquille avec sa femme Chaboute et leurs deux enfants. Néanmoins réserviste, il a la confiance de son ancien chef, Berthomieu. La Sous-commission du désarmement atomique est enfermée dans la moiteur du zoo réaménagé, jusqu'à ce qu'en sorte quelque chose de concret.

On a désigné le scientifique français Pons pour diriger les débats. Faire pression sur les États pour que les rampes de fusées, les stocks d'armes atomiques et les secrets de fabrication disparaissent, c'est un "vœu pieu", tous le savent. Pourtant, une commission internationale de contrôle peut s'envisager. C'est alors que disparaît un document capital, figurant parmi les éléments techniques. Geo Paquet est soupçonné par tous les autres de l'avoir dérobé. Ce qui est peu logique, vu qu'il s'agit d'un document produit par la France. Le général Berthomieu renforce illico la sécurité, physiciens et agents étant confinés dans l'espace où se tiennent les débats. La tension est vive entre les quatre agents secrets.

Le Vieux fait venir à Strasbourg le placide et fidèle Berthier, l'ancien adjoint du Gorille. Il doit convaincre Geo Paquet de restituer le document disparu. Les fouilles sont fréquentes, mais on ne trouve rien sur le Gorille, ni nulle part. Passer pour un traître ne semble pas inquiéter Geo. De son côté, le Vieux doit calmer un Délégué gouvernemental qui ne tient pas à ce que cette situation nuise à la grandeur de la France. Berthomieu fait venir sur l'Île interdite Chaboute, la femme de Geo Paquet qui pourrait le raisonner, ainsi que celle de Jack Wait, l'agent secret anglais. Le climat n'en est pas plus convivial pour autant. Il serait bon que les quatre savants trouvent une solution avant que ça dégénère…

Antoine Dominique : La peau du Gorille (Série Noire, 1960)

De 1954 à 1983, Antoine Dominique a produit soixante-quatre romans dans la série "Le Gorille", dans la Série Noire jusqu'en 1961, puis chez Plon à partir de 1978. Au cinéma, c'est Lino Ventura qui incarna en 1958 le personnage de Geo Paquet dans “Le Gorille vous salue bien”, puis Roger Hanin reprit le rôle dans “La valse du Gorille” (1959) et “Le Gorille a mordu l'Archevêque” (1962). Début des années 1990, une série-télé avec Karim Allaoui dans le rôle du Gorille s'inspirait du même héros. Dans cette version, “La peau du Gorille” s'éloigne beaucoup du roman original.

La situation politique internationale a considérablement changé en cinquante-cinq ans, ce livre datant de 1960. Non pas qu'elle soit allée en se simplifiant, elle est même sûrement plus complexe qu'à cette époque. Quatre pays seulement se partageait l'arme atomique, l'OTAN et l'URSS étant les deux blocs opposés. Équilibre relatif, mais suffisant à limiter les guerres locales, et à éviter un nouveau conflit mondial. Conserver cette position, tel est le but de ce huis-clos dans un endroit insolite et discret. Mais il se produit un grave incident, qui constitue l'unique nœud de l'intrigue.

En ce temps-là, le roman d'espionnage se vendant facilement, il n'était pas indispensable de développer un sujet très énigmatique. Il n'y avait qu'à cultiver l'ambiance, avec des personnages de type baroudeurs, pour obtenir un honnête roman d'aventure. En ajoutant çà et là l'annotation "authentique", on était censé expliquer au lecteur les arcanes de la Guerre Froide. Et l'on glorifiait la suprématie de la France, d'une puissance égale à celle des États-Unis et de la Russie communiste. Ces histoires ont évidemment beaucoup vieilli, mais on peut les lire comme un témoignage sur cette période révolue.

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 05:55

Ce livre recense d'abord quatre affaires criminelles s'étant déroulées à New York, autant de cas fort différents. Ayant comme décor le quartier du Queens, “Pour l'amour d'une femme” remonte à l'année 1927. Ruth et Albert Snyder sont mariés, mais les querelles sont permanentes dans le couple car ils ont des caractères très différents. Quand elle fait la connaissance de Judd Cray, marié de son côté, Ruth Snyder devient sa maîtresse. Elle ne tarde pas à imaginer des projets de meurtre, avec des débuts de passage à l'acte. Elle finit par souscrire des assurances-vie, qu'elle fait frauduleusement signer à son mari. À la première date prévue pour supprimer Albert Snyder, Ruth n'a pas réussi à lui faire avaler du produit pour l'endormir. C'est un samedi soir, au retour d'une fête chez des amis, que le mari devra être supprimé par le couple d'amants. Si tout est prêt, Judd Cray n'a sans doute pas le sang-froid nécessaire pour opérer proprement.

C'est en 1940-41 que “Le fou à la bombe” commença à faire parler de lui à New York. Il se manifesta à plusieurs reprises, déposant des bombes artisanales dans des lieux publics. Il cessa ce petit jeu durant dix ans, avant de le reprendre en 1951. Sa dix-septième bombe explosa en mars 1954 dans les toilettes pour hommes de la gare de Grand Central. Puis il y en eut une autre au Radio City Music Hall, causant à chaque fois des blessés légers. En février 1956, il recommença à la gare de Pennsylvanie, puis en fin d'année dans un grand cinéma new-yorkais et en d'autres lieux. La police n'était pas inactive depuis ses premiers méfaits. Grâce à ses écrits, on savait où il postait ses lettres, on supposait qu'il avait été employé de la Consolidated Edison. Plusieurs pistes furent explorées, plusieurs suspects arrêtés. Les comparaisons d'écritures aidèrent peu les enquêteurs. L'affaire virait à la paranoïa dans la population. L'homme fut identifié fin janvier 1957.

Paru en 2012 chez Actes Noirs, le remarquable roman “De bons voisins” de Ryan David Jahn s'inspire de l'affaire intitulée ici “Les trente-huit assassins de Kitty Genovese”. En mars 1964, Kitty est une jeune femme de vingt-huit ans. Cette rousse serveuse rentre généralement chez elle tard dans la nuit. Elle habite le tranquille quartier de Kew Gardens, logeant dans un coquet immeuble double. À trois heures-vingt du matin, à peine sortie de sa voiture, Kitty est poignardée à plusieurs reprises par un agresseur. Elle appelle à l'aide, sans réaction du voisinage. Le tueur revient lui asséner des coups de couteau. Kitty se traîne vers son immeuble, alertant encore faiblement les voisins. Ils sont quelques-uns à l'avoir entendue, mais quasiment aucun n'est intervenu. Kitty est décédée, les secours arrivant trop tard. Face à ce cruel manque de civisme, une campagne tenta se sensibiliser les habitants. Mais le quartier ne voulait déjà plus entendre parler de l'affaire.

Dans “Je l'ai tuée, pardonnez-moi”, le procès d'Alice Crimmins s'est tenu en 1969, pour un odieux double crime commis trois ans plus tôt. Elle était alors séparée depuis un an et demi de son mari Edmund Crimmins, qui avait entamé une procédure pour avoir la garde de ses enfants en bas âge. Il est vrai qu'Alice était une femme dénuée de moralité, qui collectionnait les amants. Elle savait aussi séduire, et même fasciner, des hommes tels que Joseph Rorech. Lui parla-t-elle vraiment du projet d'assassiner ses enfants ? Peut-être par allusion. Quand on retrouva les corps de sa fille et de son fils, les explications d'Alice furent embrouillées, peu plausibles. D'autant que la voisine, Sophie Earomirski, fut témoin d'une partie des faits, cette nuit-là. L'autopsie ne donnait que des réponses imprécises, ce dont se servit la défense d'Alice. Certes, on n'était pas là pour juger la réputation de cette femme, mais cela pesait lourdement sur le dossier.

J.Craig & R.Posner : New York crime blues (Série Noire, 1973)

La deuxième partie du livre traite de la mafia new-yorkaise, retraçant plusieurs épisodes de la vie de Vito Genovese (1897-1968). Dans son célèbre roman “Le parrain”, Mario Puzo s'inspira largement du personnage, avant qu'il soit incarné au cinéma par Marlon Brando. Il est aussi le héros du film “Cosa Nostra” de Terence Young (1972). “À sa mort, Genovese était le chef de Mafia de New York, position qu'il avait obtenue au prix d'un dur labeur...” Si, sur la fin de sa vie, il se comportait avec bonhomie, ce gangster restait quand même le successeur de Lucky Luciano. Après avoir écarté sans états d'âme d'autres caïds concurrents, Vito Genovese est un “capo di tutti capi” fort contesté. Même lorsqu'il est emprisonné, il reste toutefois le Boss. Avec lui, le bizness fructueux et le crime sanglant vont de pair. À New York, l'emprise de la Mafia ne faiblit pas à cette époque, rendant la violence omniprésente.

Ce “New York crime blues” fait suite à un premier tome, “Le bled aux méchants”, traitant de l'histoire du crime à New York dans l'Entre-deux-guerres. Second titre où Jonathan Craig et Richard Posner évoquent de façon vivante la mafia contemporaine d'alors. Ainsi que ces quatre dossiers criminels plutôt singuliers, typiquement américains pourrait-on dire car ils eurent peu d'écho ailleurs. C'est un des rares cas où la Série Noire publia des livres qui n'étaient pas des fictions. Mais leur parenté avec le roman noir est indéniable.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 06:40

Février, à l'époque de la Saint-Valentin. Roger Broome est un gros costaud de vingt-six ans passés. Il habite Carey, un village de la montagne, avec son frère Buddy, vingt-deux ans, et leur mère Dorothy. Ils y fabriquent des bibelots en bois, des ustensiles de cuisine. Plusieurs fois par an, Roger Broome parcourt deux cent quatre-vingt kilomètres de Carey jusqu'ici, pour venir les vendre en ville. Cette fois, il a loué une chambre meublée pas chère chez l'aimable Mme Dougherty. Ce matin, Roger compte s'adresser aux policiers du 87e District d'Isola. Devant le commissariat, il hésite. Il croise le repris de justice Clyde, qui lui explique les pratiques des flics. Ce qui fait encore reculer Roger.

Quand il fait la connaissance de Ralph, un drogué traficoteur récidiviste, ça ne s'arrange pas. Ils tombent sur l'inspecteur Andy Parker, du 87e. Ce que préférerait Roger, c'est de discuter avec un flic plus sympa que celui-là. Auquel il parlerait de la rousse Molly Nolan, âgée de trente-trois ans, originaire de Sacramento. Une femme pas si attirante au départ, à vrai dire, qu'il a rencontrée dans un bar. Téléphoner à la police ? Pour leur dire quoi, finalement ? Il vaut mieux que Roger passe du bon temps avec la jolie vendeuse noire du drugstore, Amelia Perez. À vingt-deux ans, Amelia a déjà une maturité certaine. Flâner ensemble et s'embrasser sur la Promenade au bord de l'eau, une parenthèse agréable.

Malgré tout, il faut bien que Roger retourne sur Grover Avenue, au 87e. Il y remarque un inspecteur qui a l'air ouvert, un prénommé Steve. Roger l'observe dans ce restaurant français, ou Steve déjeune avec son épouse pas causante. De retour à sa chambre meublée, Roger constate que sa logeuse a appelé la police pour un cambriolage. On lui a volé un vieux réfrigérateur poussiéreux remisé à la cave. Les inspecteurs Hal Willis et Cotton Hawes interrogent les clients de Mme Dougherty, y compris Roger. Ce montagnard n'a pas le profil pour commettre ce genre de larcin. Quand même, il est prudent que Roger brûle un foulard compromettant, avant de retrouver la jolie Amelia…

Ed McBain : Entre deux chaises (Série Noire, 1965)

Il s'agit du dix-neuvième titre de la série consacrée au commissariat du 87e District. Peut-être un des plus originaux, car Steve Carella et ses collègues policiers n'y apparaissent qu'en tant que seconds rôles. C'est Roger Broome, brave jeune campagnard, candide car peu habitué à cette liberté que lui offre son séjour en ville, qui est le héros de l'affaire. On comprend bien que ce garçon soit si hésitant pour contacter la police, lui dont la place est dans son petit village, auprès de sa mère et de son frère.

À l'opposé de ce côté naïf, Ed McBain témoigne d'une autre réalité : la relation entre un homme blanc et une femme noire. À l'époque, au milieu des années 1960, c'est encore très inconvenant. La jolie Amelia confie même à Roger un épisode malsain de sa prime adolescence. C'est là tout le charme des romans de cet auteur, approcher les réalités de son temps, montrer de vraies facettes de l'Amérique. Cette histoire ne manque pas d'une ironie bienvenue. Un des excellents suspenses de cette série.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 05:55

Quadragénaire sportive native de Nantes, Garance Calderon est capitaine de gendarmerie dans l'Yonne, où elle fut élevée par ses grands-parents. Fin août, Garance est chargée d'enquêter sur une mort suspecte au hameau de l'Hermitage. Autour d'un lac, les trois propriétés ont longtemps appartenu à la famille Marceau, Colette, Marianne et Paul, puis à plusieurs héritiers. La maison de Paul a été vendue toute meublée, deux mois plus tôt. L'acquéreur était Mehdi Azem, prof d'Histoire-Géo de trente-et-un ans au Lycée Janot, de Sens. C'est lui la victime. On l'a trouvé mort près du lac à la limite des propriétés voisines. Sa blonde compagne Juliette Lauris ne vivait pas avec lui.

Mehdi Azem a été tué avec un fusil de chasse. Peut-être par accident, vu qu'on traque le sanglier sur les terres agricoles par ici, même hors-saison. La chasse est un bon souvenir d'enfance pour Garance, qui la pratiquait avec son grand-père, gendarme. Selon Juliette, Mehdi préparait un livre sur les femmes tondues. “Entre [19]43 et 46, elles ont été à peu près vingt mille en France. Mehdi espérait retrouver certaines de ces femmes, et leur faire raconter les tontes avant qu'elles meurent...” Un collègue de lycée confirme à Garance que le sujet obnubilait le défunt prof. Il montra à ses élèves un film là-dessus. D'autant que la région fut active au temps de l’Épuration, car l'occupant y avait été très présent.

Il semble que la famille Marceau ait abrité alors une collabo “horizontale”. Ce qui, dans un sens, fait écho au propre passé de Garance. Petit-fils de Paul, Christophe Marceau avait eu une altercation avec Mehdi Azem. Chasseur à la réputation vérifiée de viandard, adoptant le discours facho, il prétend n'obéir qu'à sa loi personnelle et éduque ses enfants dans cet esprit. L'histoire des Marceau inclut leur aïeule Marianne, au caractère rebelle.“Un jour, en 1942, leur propriété a été réquisitionnée par les Allemands. Il y en a un qui est venu vivre chez eux. Et à la Libération, Marianne Marceau a filé avec lui. On ne les a jamais revus, ni elle, ni son Boche.” Mieux que cette version définitive, dans sa maison de retraite, Paul Marceau témoigne clairement du contexte malsain qui entraîna la disparition de sa sœur.

Aucune arme saisie chez Christophe Marceau ne correspond au calibre détecté. Colette reste sévère sur le cas de sa sœur Marianne. Aux Archives, Garance retrouve des lettres de dénonciation d'autrefois, avant de humer l'ambiance de la maison où tout est intact depuis si longtemps. Est-ce que, soixante-dix ans plus tard, le sang peut encore raconter le passé ? Et révéler les secrets de Marianne Marceau et de toute cette famille ? Déterrer les traces de jadis, se souvenir des armes alors utilisées, voilà qui aide à comprendre un crime du présent. Attention, car la violence n'est pas éteinte chez les Marceau…

Elsa Marpeau : Et ils oublieront la colère (Série Noire, 2015)

Nous vivons dans un monde où tout nous incite à ne penser qu'au présent, à n'envisager que vaguement l'avenir. Quant au passé, on le gomme de nos mémoires aussi vite qu'on l'a commémoré, sans retenir grand-chose. Il est plus facile de ne pas chercher à savoir si nos aïeux furent des héros, des traîtres, ou même un peu les deux à la fois. “C'était mieux avant”, cette formule résume tout ce qui concerne autrefois, ne venez plus nous embêter avec l'Histoire. Pourtant, “un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre” ont dit Winston Churchill, et sans doute quelques autres. À quoi bon tirer des leçons de ces temps révolus ? Certains discours de tribuns actuels ressemblent à ceux d'antan, et alors ?

Bien pire que l'oubli volontaire, peut-être, il y a la banalisation. Être collabo en temps de guerre, c'était juste de l'opportunisme, pas si grave. L’Épuration, il n'avaient qu'à être assez malins pour y échapper. Quant aux femmes tondues, leurs cheveux ont repoussé et puis c'est tout. Banaliser, le meilleur moyen d'ignorer que certaines cicatrices ne se sont jamais parfaitement refermées ? Voilà ce qui apparaît en filigrane dans ce roman noir. Et lorsque l'héroïne a connu elle aussi un parcours perturbé, elle est d'autant plus obstinée dans sa volonté de lever le voile sur les liens entre hier et maintenant. En précisant que cette intrigue se situe chez nous dans quelques mois, on verra ce que ça suggère. Le polar a une fonction sociologique, on le vérifie dans ce très bon roman d'Elsa Marpeau.

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