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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 05:55

À Los Angeles, Saxon est un acteur quadragénaire sans vrai succès. Il habite dans le West side, à Pacific Palisades. Il a créé une agence de détective privé, où il est assisté de son amie Jo Zeidler. Ses amours passées avec Leila, Saxon essaie de ne plus y penser. C'est un amateur de jazz (Stan Getz, Dizzie Gillespie) et de whisky, scotch pur malt. Ce soir-là, quelqu'un a tiré sur le mari de Jo, indemne, tout près de chez Buck Weldon. Peut-être le fait d'une bande de jeunes crétins en goguette.

Âgé de près de soixante ans, le romancier Buck Weldon avait été l'un des auteurs les plus vendus dans les années 50 avec une série de romans à énigme dans lesquels il mettait en scène un privé ridiculement dur et macho nommé Bart Steele, et ses aventures avec des blondes à la poitrine opulente et de gigantesques tueurs communistes et mafiosi. Un cocktail de violence et sexualité, encore vendeur en ces années 1980. Ce qui a rendu riche son auteur, même si ça n'exprime qu'un talent relatif.

Saxon trouve plutôt sympathique Buck Weldon. Pour son image, le romancier ne tient pas à ce que la police soit mêlée à cette affaire, d'autant qu'il n'y a pas de victime. Ce qui ne va pas empêcher Saxon, dès le lendemain, de demander au policier Joe DiMattia qu'il s'informe sur la question. Après deux mariages, Buck Weldon a une petite ami, Shelley Gardner, et deux filles : Valerie, étudiante de dix-huit ans vivant avec un Noir militant, et son aînée Victoria. Surnommée Tori, elle est la collaboratrice de son père, vivant chez lui après avoir divorcé de Deke James. Cet ex-sportif caractériel a toujours détesté son beau-père. Peut-être parce que Buck Weldon ne manque pas lui non plus de force physique.

Le détective ne cache pas son attirance envers Tori, même si elle ne semble pas prête à une nouvelle expérience amoureuse. Inquiète car elle pense son père visé par un danger, Tori Weldon engage Saxon afin d'éclaircir l'affaire. Un ami garde du corps va veiller sur le romancier, sans se montrer. Le détective interroge Shelley, qui évoque les mystérieuses escapades ponctuelles de Buck Weldon. Il rencontre chez eux Deke James, puis Valerie Weldon et son ami Abdul, autant d'endroits où il n'est pas le bienvenu.

Le manuscrit du prochain roman de Buck Weldon s'inspire d'un vrai scandale ayant secoué Hollywood. Le comédien Jeff Quinn eût mieux fait de se taire au sujet des malversations de Sherwin Mandelker, producteur de films. Une telle intrigue pourrait occasionner des ennemis au romancier. Saxon rencontre Bo Kullander, professeur d'université qui connaît bien l'œuvre de son ami Weldon. Il ne pense pas que ses romans “pur Yankee” soient causes de tentatives de meurtres sur leur auteur. Accompagné de Tori, Saxon approche le puissant Mandelker dans un restaurant VIP de Beverly Hills, non sans le provoquer.

Peu après que Saxon et Tori soient devenus intimes, Shelley Gardner trouve la mort chez le romancier. Une overdose plus que suspecte, sachant que de la strychnine a été mélangée à sa cocaïne. Il semble qu'Abdul, le compagnon de Valerie, gêne également l'instigateur de ces crimes. C'est dans un petit village du Mexique que, s'exposant à un certain danger, Saxon découvrira toute la vérité sur les mystères de l'affaire…

Les Roberts : Fais pas de cinéma ! (Série Noire, 1988)

Généralement, les lecteurs de romans noirs éprouvent une tendresse particulière pour les histoires de détectives privés. Ces héros correspondent à la mythologie du genre, allant fureter dans les secrets de chacun, bravant gaillardement les risques, recevant des coups et en distribuant, souvent pour les beaux yeux d'une jolie femme. Le jury des Private Eye Writers of America fut sensible aux atouts de ce livre en lui attribuant le Prix du Meilleur Premier Roman en 1987. À juste titre, tous les meilleurs éléments étant réunis pour un excellent suspense d'enquête. Intrépide, au besoin provocateur, parfois bagarreur, Saxon est un personnage qu'on apprécie rapidement. C'est aussi le cas du romancier Weldon, qui peut faire penser à Mickey Spillane par ses bons et ses mauvais côtés. Un polar de belle qualité à redécouvrir, très certainement.

Né en juillet 1937 à Chicago (Illinois) Les Roberts suit des études universitaires de 1954 à 1956, puis sert dans l'armée américaine de 1960 à 1962. Il exerce divers métiers, comme acteur, parolier, pianiste de jazz, et scénariste pour des séries télé. De 1984 à 1986, il est critique gastronomique, et en 1989, critique de romans policiers. C'est en 1987 que Les Roberts publie son premier roman "Fais pas de cinéma !" (An Infinite Number of Monkeys) dans lequel il crée le personnage de Saxon, acteur et détective privé Los Angeles. Cette série comporte six romans et se poursuit jusqu'en 1994. Quatre ont été traduits dans la Série Noire : "Fais pas de cinéma !" (1988), "Les trottoirs de Santa Monica" (1989), "Une carotte pour le baudet" (1990) et "Le Serpent à pétrole" (1991). En 1988, il crée une autre série ayant pour héros Milan Jacovich, ancien flic d'origine yougoslave devenu détective privé à Cleveland. Il a publié dix-sept romans dans cette série, mais seuls "Rompez la glace !" (1990) et "Dernier Carat" (1991) ont été traduits pour la Série Noire. En 1993 et 1994, il présida les Private Eye Writers of America. Les Roberts a publié plusieurs nouvelles et cinq autres romans, non traduits en France.

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 05:55

Vous avez perdu vos parents dans un laps de temps finalement assez court, trois ans. Crise cardiaque pour l'un, Alzheimer pour l'autre, imparable et ordinaire. Votre frère aîné Antoine n'a pas paru plus ému que ça. Ensuite, votre trajet pour rentrer du boulot sous la pluie vous semble sale, morne, insipide. Une halte dans un bistrot où l'on ne vous connaît pas ne vous requinque guère. Ça ne vous surprend pas. Enfin, vous regagnez votre logement loué depuis une dizaine d'années, resté anonyme. Autant que vous l'êtes aussi, transparent, au bureau vis-à-vis de vos collègues. Pour Noël, vous allez réveillonner chez votre frère et son épouse enceinte, Isabelle. Ça ne change rien à votre solitude, ambiance trop convenue malgré la sympathie de votre belle-sœur.

Inadaptation au monde réel, vous savez bien que tel est votre cas. À cause de la fatigue au travail et de cette multitude croisée dans les rues, vous avez l'impression que votre appartement a été visité en votre absence. Vous n'imaginez pas qu'il s'agit de paranoïa. Vos photos de familles confirment douloureusement votre peu d'importance depuis toujours. Vous admettez être attiré par votre belle-sœur. Non pas pour le lien qu'Isabelle préserve avec votre frère Antoine. Juste parce que c'est elle, et qu'elle hante quasiment en permanence vos pensées. Vous vous interrogez sur la réalité des gens autour de vous, dans ce théâtre qu'est la rue.

Vous vous débarrassez de votre téléphone qui sonne, mais auquel vous ne répondiez plus. Ainsi, vous coupez le contact avec Isabelle. Vous vivez tel recroquevillé dans votre appartement. Que vous videz bientôt de tout ce qui vous dérange, vous étouffe. Votre obsession envers Isabelle s'amplifie, image sans doute déformée. Dehors, vous y allez encore, malgré ces passants trop nombreux, obligé de vous frayer un passage. Vous utilisez le téléphone public d'un hall d'hôtel. Ce n'est pas à Antoine que vous voulez parler. Isabelle, sa voix au bout du fil, vous fait-elle toujours du bien ? Aller jusqu'à chez eux, clandestinement, peut-être. Aller jusqu'où dans votre isolement, dans votre tête ?

Sylvain Kermici : Hors la nuit (Série Noire, 2014)

L'auteur s'impose un double handicap. D'abord, il s'agit d'un court roman de cent pages. Le format “novela” ne convainc pas forcément, bien qu'il puisse s'avérer le mieux adapté à certains textes, comme ici. Ensuite, il est légitime de se poser des questions sur le côté “exercice de style” choisi dans ce cas. Très souvent, le résultat est abscons, creux, trop peaufiné au point d'en devenir artificiel, avec parfois une “déconstruction” outrancière du récit. On n'aborde pas sans méfiance un roman court cultivant une écriture particulière, il faut le reconnaître. La forme voulue par Sylvain Kermici offre, malgré la quasi-absence de dialogues, un vrai tempo à cette intrigue. Il ne tombe jamais dans le piège du “décousu”. Le pari est donc parfaitement réussi.

Ce narrateur anonyme, mal dans sa peau et dans son quotidien, nous apparaît familier. On a connu un voisin ou un collègue comme lui. Ni antipathique, ni assez liant pour qu'on s'en fasse un ami. Est-ce lui qui s'écarte sur le passage des autres, ou l'inverse ? Est-ce qu'il fuit parce qu'il est trop timoré, se réfugiant certainement dans son espace privé ? On n'a pas à s'attarder sur le sujet. Fait-il une fixation sur une séduisante employée qu'il côtoie, sur une femme du voisinage ou de sa famille ? Son anonymat le rend pourtant asexué aux yeux des autres. Dans notre société du “socialement inséré”, aucune raison de redouter un dérapage criminel, un passage à l'acte. Néanmoins, le subconscient de chacun reste fort énigmatique. Le portrait d'un de nos contemporains, voilà ce que dessine Sylvain Kermici dans cette histoire à découvrir.

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 05:55

La France de 1980. Ex-batteur d'un petit groupe rock dans les années 1960, Harry est un modeste artiste peintre parisien. “Je devais me rendre à l'évidence : barbouiller des toiles, avec comme point de mire un accrochage rachitique dans un collectif au Grand palais, n'était pas plus glorieux.” Il vit avec Anna dans son atelier. Longtemps qu'on ne l'appelle plus de son vrai nom, Robert Languedonne. Ça, c'était quand il habitait à Lamberville, avant que Dany et les Princes Rouges connaissent un certain succès. Quinze ans plus tard, Harry entend de nouveau parler de son ami Dany Waxman. Il a fait une petite carrière dans le rock, depuis. Alors que sa compagne Édith Starsky a été poignardée dans leur chambre d'hôtel, Dany a disparu. Il est fortement soupçonné de ce meurtre.

Harry commence par chercher quelques infos sur les lieux, rue Myrha. Il peut s'agir d'une affaire de stupéfiants ayant mal tourné. C'est à Lamberville que, ressassant des souvenirs des sixties, Harry pense retrouver son ancien ami. Après un passage dans la maison où il vécut, il se remémore les répétitions de leur groupe dans une salle paroissiale, autrefois : “Ma préférée, c'était celle du dimanche après-midi. On carburait sur "Hound dog" alors que de l'autre côté de la cloison d'aggloméré, Don Camillo réglait des comptes avec ses ouailles perverties par les suppôts du collectivisme. Coté symboles, mon adolescence fut bien remplie.” Avec comme manager Franck Beltramini, le groupe de rockeurs de banlieue progressa effectivement.

À l'Eldorado, le bar de leur jeunesse, Harry retrouve Cathy. Il y a quinze ans, la jeune fille fut l'objet d'une rivalité amoureuse entre Dany et Harry. En guise de solution, on organisa un défi à moto entre les deux hommes. Pas une réussite, mais ça aurait pu se passer plus mal. Sur la piste de Dany, Harry rend visite à leur ancien ami Le Grec, aujourd'hui interné en psychiatrie. Autre ex-membre du groupe, Sylvain Cotrel est devenu prêtre. Peut-être celui-ci fut-il jadis le plus fasciné par le charisme de Dany. Chez Fred, ex-musicien de leurs amis, Harry déboule à un mauvais moment. La scène de ménage entre Lucette et Fred vire à la violence, y compris contre Harry. À Paris, l'enquête a progressé. Harry et Cathy ne renoncent pas à retrouver Dany…

Marc Villard : Corvette de nuit (Fayard 1981 – Série Noire 1994)

Après “Légitime démence” signé Villard & Degliame (collection Sanguine, 1980), “Corvette de nuit” fut le premier roman publié en solo par Marc Villard. C'est, raconté à la première personne, l'évocation teintée d'amertume d'une jeunesse baignant dans la culture rock et les classiques du cinéma. “J'avais seize ans et j'étais derrière une batterie qui ne tenait debout que par la volonté de Saint Presley.” Entre 1964, l'apogée de Dany et les Princes Rouges, et cette année 1980, les temps ont nettement changé. Les jeunes d'alors ont mûri, ou prématurément vieilli. Certaines plaies d'antan ne sont peut-être pas refermées.

Après avoir publié de la poésie, l'écriture de Marc Villard pour ce quasi-premier roman est déjà d'une sacrée maturité. Pour s'en convaincre, la scène des retrouvailles entre Harry et Cathy en est le meilleur exemple : “Nous laissâmes le garçon remplir nos verre. [Cathy] sirotait le sien à petite gorgées en me regardant au travers, sans sourire. Chacun campait sur ses positions et nous restâmes pendant dix bonnes années à nous regarder dans le blanc des yeux, épiant la moindre ride sur nos visages défaits, le plus infime signe d'affaissement. Elle avait dû en voir de toutes les couleurs depuis le jour maudit où nous avions décidé de tirer un trait sur notre adolescence pour plonger dans l'univers dangereux des sentiments forts et des défis insensés. Un jour, une nuit, que j'aurais préféré laisser à leur place dans les grands fonds de ma mémoire.”

À travers la sombre nostalgie du héros, on sent le besoin pour lui inassouvi de tourner la page de cette époque. C'est avec une grande finesse que sont présentés les caractères. Rancœur d'un ancien copain contre le nouveau maire japonais qui ne vaut pas mieux que le précédent, un magouilleur. Humour aussi, quand leur ex-ami Le Grec est lancé dans ses délires. Et, comme dans tout bon roman noir, l'inexorable destin des protagonistes. Publié chez Fayard en 1981, réédité dans la Série Noire en 1994, un vrai polar d'anthologie.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 05:55

La Nouvelle Orléans, au printemps 2008, trois ans après le désastre causé par l'ouragan Katrina. Âgée de vingt-sept ans, la brune Nola Céspedes est aujourd'hui journaliste pour le Times-Picayune, après ses études à l'université Tulane. Fille d'une réfugiée cubaine qui l'a élevée sans père, Nola est issue d'un quartier populaire détruit depuis. Encore peu aisée, elle circule dans sa vieille Pontiac Sunfire, et habite en colocation avec Uri, un serveur gay. Côté sexe, Nola privilégie les rencontres “one shot”. Elle compte plusieurs copines, noires ou hispaniques, plus fortunées qu'elle. Outre Fabi et Soline, commerçante avisée, Nola est assez proche de Calinda. C'est une des rares Noires employées au bureau du procureur. Un contact utile pour obtenir des dossiers, en vue de l'article que Nola va devoir traiter.

À l'heure où l'étudiante Amber Waybridge vient de disparaître à l'hôtel Copper Pot, Nola se voit proposer par son rédacteur en chef une enquête sur les pédophiles et violeurs qui ont profité du désordre de Katrina pour s'évaporer. Alors que la loi de Megan les obligerait à se signaler aux autorités. Un bon sujet pour sortir de la rubrique Loisirs du journal. Mais, par définition, ces clandestins n'ont pas intérêt à se faire connaître. Après une visite à un psy spécialisé dans les délinquants sexuels, une visite à la prison d'Orleans Parish lui donne une première approche de la question. Mike Veltri, un ex-condamné, accepte néanmoins de témoigner. Dans cette ville où tout le monde est armé, Nola s'est munie d'un Beretta, sécurisant pour une jeune femme devant rencontrer des pervers sexuels avérés.

Ancien directeur adjoint d'école habitant le typique Vieux Carré de La Nouvelle Orléans, Blake Larusse est prêt à parler de son passé, lui aussi. Il y aura un autre témoin anonyme, un brin narcissique, fier de vivre maintenant non déclaré, en marge du système. Javante Hopkins a certainement gardé des instincts sadiques, et ne paraît pas à Nola d'une grande sincérité. Outre ces adresses obtenues grâce à Calinda, la journaliste interroge quelques femmes sensibilisées. Bourgeoises de Garden District sévères avec ces délinquants qui seraient une menace pour leurs enfants, ou habitantes de quartiers modestes fatalistes par nature, ça complète le sujet à traiter. Quant à l'affaire Amber Waybridge, la police ne semble pas très active pour la résoudre. On finit par retrouver son cadavre mutilé.

En parallèle, Nola continue à rendre chaque dimanche visite à sa mère, encore paumée bien qu'elle ait un job et un logement. Une fois par semaine, une petite fête réunit Nola et ses copines. Calinda est au courant, mais les deux autres ignorent son enquête en cours. Si la jeune femme refuse d'être complaisante dans un article sur une “plantation”, domaine touristique qui oublie d'honorer la mémoire des esclaves noirs, Nora redécouvre sa ville. Si fascinante malgré tous ses défauts. Toutefois l'ombre du prédateur plane toujours. Avant qu'il fasse une autre victime, sosie d'Amber Waybridge, Nola va tenter d'agir…

Joy Castro : Après le déluge (Série Noire, 2014)

À travers le regard d'une native de La Nouvelle Orléans, l'auteur dresse un portrait nuancé de l'évolution de cette ville particulière. Depuis l'installation des Français il y a plus de trois siècles, son histoire est d'une richesse infinie. Du Couvent des Ursulines au Vieux Carré du Quartier Français, on nous rappelle çà et là quelques aspects du passé. Avec Nola, nous visitons aussi bien les rues animées de Charles Street ou Royal Street, les parcs tel celui dédié à l'ornithologue Audubon, que les endroits moins brillants de l'agglomération. Sans doute a-t-on relogé une partie de la population dans des “shotgun shacks”, ces bungalows longs qui font proprets, mais la discrimination n'est pas éteinte ici. Les Noirs restent peu souhaité dans le décor urbain vivant pour l'essentiel du tourisme.

À l'inverse, quand il s'agit de crimes sexuels, ils sont les tout premiers désignés. Pourtant, dans les fichiers de police, toutes les races sont représentées à peu près à égalité. “Dans plusieurs États, plus d'une centaine de délits différents, dont le recours aux service d'une prostituée, peuvent valoir à leur auteur la triste qualification de «délinquant sexuel» ; en Louisiane, ils incluent les «crimes contre nature» qui vont du sexe oral à la zoophilie et à la nécrophilie. Autant dire que très peu de ces «criminels» constituent une menace pour la société mais, depuis l'instauration de la loi de Megan, ils sont tous mis dans le même sac.” Joy Castro relativise avec raison cette stigmatisation censée rassurer les voisinages. Sans être dupe, non plus, des pervers qui se prétendent (faussement) guéris après la prison.

Derrière ses attraits festifs, la ville est menaçante, voire dangereuse, et la possession d'armes par les civils n'arrange rien. Le côté polar ou roman noir sont bien présents dans cette histoire, bien sûr. Néanmoins, ce qui en fait l'intérêt majeur, c'est ce qui concerne la sociologie. Y compris via la psychologie de la journaliste Nola, entre attirance et répulsion. Si elle fréquente des copines riches, dont Fabi Torres d'une famille mexicaine fortunée, elle a vécu le sort des hispaniques pauvres dans la ville en Noirs et Blancs. Au-delà d'une intrigue policière convaincante, voilà un suspense plein de qualités.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 04:55

New York, au début des années 1990. Matt Scudder y fut policier, à l'époque où il vivait à Long Island avec son épouse et leurs deux fils. La pression du métier de flic et l'alcoolisme ont entraîné Matt Scudder dans une sale affaire. Parrainé par Jim Faber, il est désormais abstinent, et suit régulièrement les réunions des Alcooliques Anonymes. Il vit avec Elaine, une call-girl pas exigeante à son égard, qui a plutôt une bonne influence sur lui. Scudder s'affiche détective privé. S'il fait des vacations ponctuelles pour une grosse agence, le reste de ses missions est officieux. Frôler l'illégalité ne le dérange pas. Son sens de justice personnel peut l'amener à régler en personne quelques comptes. Même si son meilleur ami, le truand Mick Ballou s'est mis au vert en Irlande, Scudder garde de multiple contacts dans la faune new-yorkaise.

Âge de trente-trois ans, Kenan Khoury est un trafiquant de drogue, pas un dealer mais un importateur de stocks. Avec son frère Peter, de deux ans son aîné, ils sont issus d'une famille chrétienne libanaise. Kenan ne nie pas qu'il fait un métier sale, mais il a toujours été réglo avec tout le monde. Ex-junkie, Peter a cru s'en sortir par la boisson. Sevré, il est aussi un habitué des réunions d'A.A., moins assidu que Matt Scudder. Kenan Khoury est marié avec Francine, d'origine Palestinienne. Alors que la jeune femme fait des achats, elle est enlevée par trois hommes dans un fourgon bleu. Très rapidement, les ravisseurs vont réclamer une rançon d'un million de dollars. Kenan Khoury négocie à quatre cent mille. Avec Peter, ils livrent le fric exigé. Mais ils ne retrouvent finalement que le cadavre dépecé de Francine, en plusieurs paquets. Qu'ils vont incinérer clandestinement.

Kenan Khoury engage Scudder, offrant un bel acompte, afin de découvrir les coupables. Il y a bien eu des témoins du kidnapping dans le quartier, mais le trio est mal identifiable. Scudder contacte le flic Joe Durkin, au sujet d'une affaire similaire qui s'est produite un an plus tôt. Il existe quelques points communs. Une préparation de l'enlèvement de Francine paraît improbable, s'il ne s'est rien passé d'autre entre-temps. Son copain l'ado black TJ attire l'attention de Scudder sur les cabines téléphoniques du secteur. Plus tard, grâce à un duo de hackers appelés les Kong, ils vont explorer le réseau et les appels vers chez Kenan Khoury.

Dans les archives du New York Times, Matt Scudder découvre le cas d'une étudiante agressée à peu près comme Francine. Il tente d'en savoir plus en s'adressant à un flic des Homicides de Brooklyn, John Kelly. Intéressé par ces crimes, celui-ci pourrait jouer son rôle le moment venu. D'ailleurs, même si Scudder parvient à identifier les ravisseurs et à reconstituer les faits, peut-être vaudra-t-il laisser la police et le FBI se charger de conclure. Pourtant, l'affaire risque de prendre une autre tournure…

Lawrence Block : Balade entre les tombes (Série Noire, 2014)

La série consacrée par Lawrence Block à Matt Scudder comporte dix-huit titres. Cette aventure était la dixième vécue par l'ex-policier devenu détective. Elle nous est présentée avec une nouvelle traduction, signée Mona de Pracontal, pour la Série Noire. Car une adaptation cinématographique a été réalisée d'après cette intrigue. Le film, avec Liam Neeson dans le rôle de Scudder, sort en France dès le 15 octobre 2014. Voilà une bonne occasion de redécouvrir un des excellents romans de Lawrence Block.

Dans la meilleure tradition des histoires de détectives, Matt Scudder est un pur citadin, qui connaît presque la moindre ruelle new-yorkaise, et un homme tourmenté. Sa sobriété et sa relation avec son amie prostituée l'aident à conserver un bon équilibre. Connaître les contacts utiles et savoir au besoin jouer franc-jeu avec d'anciens collègues, naviguer entre la légalité et ce qui ne serait pas autorisé, tels sont les atouts de Scudder. Il ne faut pas s'attendre à une enquête menée tambour battant, l'urgence ne servant à rien puisque la victime est morte. La vie continue pour Scudder et son entourage, tandis que progressent ses investigations : c'est ce qui crée l'ambiance de cette “Balade entre les tombes”. Un authentique et savoureux roman noir, doté d'un héros fort attachant.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 04:55

L'Unité est une organisation qui, depuis les débuts de la 5e République, n'existe pas. Quel que soit le régime, son rôle est d'éradiquer ceux pouvant être nuisibles à la démocratie. Limiter le foutoir dans notre société en déséquilibre. Voilà trente ans que le sexagénaire Berthet est un des exécuteurs au service de l'occulte Unité. Souvent agissant seul, comme quand il élimina un trésorier-payeur-général du Bloc Patriotique. Parfois en trio avec Couthon et la redoutable Desmoulins, telle cette mission visant des personnages du Moyen-Orient. Supprimer des citoyens lambda, à l'occasion, ce qui est plus embarrassant pour Berthet. Les ordres viennent de Losey, qui n'a rien d'un simple bureaucrate de ministère, sans doute présent depuis les débuts de l'Unité. Quand il n'est pas en mission, Berthet privilégie la poésie et le bien-vivre, profitant d'une de ses multiples planques.

Alors qu'il séjourne à Lisbonne avec son amante noire, Amina, Berthet s'aperçoit qu'on veut l'assassiner, à son tour. Peu surprenant pour lui, car la modernisation de l'Unité est en cours. On aurait juste pu sélectionner des tueurs plus reluisants. Barbouzerie foireuse. S'il a été décidé de tuer Berthet, ce n'est pas tant une question d'âge ou parce qu'il en sait trop. Depuis une vingtaine d'années, en parallèle des opérations pour l'Unité, Berthet protège une gamine originaire d'un quartier modeste de Roubaix. Les plus mesquins l'ont cru pédophile, alors que ses sentiments sont purs. Berthet a senti le potentiel de la jeune fille, l'a accompagné sans se faire remarquer dans sa progression politique. Kardiatou Diop est désormais une politicienne incontournable, la secrétaire d’État préférée des Français. Raison de plus pour la protéger encore et toujours, au risque de se faire tuer à Lisbonne.

Compagnon de la prof Hélène Rieux, ancien enseignant lui-même, Martin Joubert est un pigiste de l'édition. Âgé de près de cinquante ans, il avoue un bilan déprimant. Même si son jeune ami et agent Alex Guivarch lui soutient le moral. Écrire des pornos pour mémés, publier des chroniques sur un site Internet extrêmement droitier, et maintenant se voir proposer la rédaction d'un livre destinés aux fachos, ça devient impossible. Refuser la toute dernière offre, c'est même se mettre en danger pour Alex et lui. Les nazillons Gruber et Delrio font appel à Stanko, le n°1 de la sécurité au Bloc Patriotique, pour dérouiller avec ses sbires ces récalcitrants.

C'est alors qu'intervient Berthet. Car Berthet a besoin de Martin Joubert. Il lui faut un écrivain pour raconter noir sur blanc toute la vérité sur l'Unité. Pour garantir la sécurité de Kardiatou Diop, tout en se protégeant lui-même, grâce à ses révélations. La très populaire secrétaire d’État est candidate à Brévin-les-Monts, face à la leader du Bloc Patriotique. Berthet sent que c'est un coup fourré de l'Unité, une manœuvre qui pourrait conduire à de sérieux ennuis pour Kardiatou. Après élimination de quelques skins, Berthet et Martin Joubert entrent en clandestinité, dans les parages de Brévin-les-Monts…

Jérôme Leroy : L'ange gardien (Série Noire, 2014)

Saint-John Perse (1887-1975), à la fois poète et diplomate, a écrit : “La démocratie, plus qu'aucun autre régime, exige l'exercice de l'autorité.” En effet, la stabilité politique se doit d'être encadrée par des institutions solides. Pas de méthodes répressives à l'exemple des dictatures, pas d'oligarchie élitaire concentrant les pouvoirs, la démocratie consiste à faire appliquer un respect des règles communes pour le bien de tous. Que reste-t-il donc de ce simple principe dans nos sociétés ? Sont-elles gangrenées par des réseaux occultes, par la propagande aujourd'hui appelée communication, par la parole décomplexée autorisant à insulter tout adversaire, par l'immédiateté interdisant de réfléchir plus loin ? Vaut-il mieux désigner une bourgade du Limousin comme repaire de terroriste, afin de faire oublier aux citoyens que nos supposés dirigeants de tous bords ne sont plus que des comptables ?

Non, Jérôme Leroy ne pose pas ces questions dans ce roman. Pourtant, elles sont là, juste derrière la carrière de tueur de Berthet, le quotidien déprimant de Martin Joubert, ou l'ascension politique de Kartadiou Diop. Le train de la démocratie a déraillé depuis longtemps, il cahote hors de la voie tracée, et nous faisons comme si tout allait bien. On veut croire à un renouveau, à une courageuse ministre de la Justice, à une Rama Yade ou une Najat Vallaud-Belkacem rayonnantes. Même si l'hystérie populiste gagne du terrain. Berthet est de ceux qui défendent cet espoir jusqu'au bout. Alors, ces officines secrètes genre l'Unité, ces think tank (ou laboratoires d'idées, c'est plus joli), ces économistes et politologues disant tout et son contraire, on s'en débarrasse quand ? Sans doute jamais, car “La démocratie exige l'exercice de l'autorité”. Jérôme Leroy illustre toutes ces failles de nos sociétés, ces errements et ces approximations. Et nous rappelle que, si la poésie n'a pas de valeur marchande, elle permet de se sentir quelquefois plus apaisés.

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 05:55

Âgé de la mi-trentaine, Hughes est clerc de notaire à Nantes. Ex-joueur de rugby, il est marié à Nathalie, qui se montre de plus en plus distante envers lui. Hughes a dû traverser une partie de la France pour contacter un client, Pascal Martin. Cet ancien militaire habite une ferme dans un village, avec sa femme et la fille de celle-ci, Morgane. L'orage gronde et la pluie tombe dru, quand Hughes s'égare dans la contrée où il a rendez-vous. Pire, la voiture de l'étude notariale tombe en panne au milieu de nulle part. Hughes est secouru par Sébastien Girard, agriculteur de vingt-deux ans des environs. Il vit avec sa mère, la blonde Virginie, et son vieil oncle Hippolyte Girard, retraité de l'armée. Dans cette famille règne un laconisme ambiant, bien qu'ils l'invitent à passer la nuit chez eux. Réparer la voiture risque d'être un peu long, mais Hughes compte bien rentrer entre-temps à Nantes pour le week-end. Le contretemps ne semble pas gêner Nathalie.

Le lendemain vendredi, passant au bistrot local avec Sébastien, Hughes note qu'existe une rivalité plutôt vive entre les Martin et les Girard. On n'est pas loin de se menacer. Conduit par Virginie, le clerc de notaire se rend chez Pascal Martin afin de régler l'affaire d'héritage le concernant. Avant qu'il ne prenne son train du retour, Sébastien propose à Hughes de participer à une battue aux sangliers. Il n'est pas armé, mais participe volontiers avec les chasseurs locaux.

Flambeau, le chien de Sébastien, est abattu en marge de la chasse. Au vu des menaces proférées le matin, on soupçonne Pascal Martin ou un de ses proches. Le groupe va interroger l'intéressé. Le fils Martin a un alibi, et leur ami Fargeaud nie être concerné. L'incident a retardé Hughes qui, décalant son départ, passe une nouvelle nuit à la ferme des Girard. Hippolyte lui raconte les ragots sur quelques femmes du village. Il est vrai que la croustillante boulangère Mélanie se laisse facilement séduire.

Rôdant dans la nuit à le recherche de Sébastien, Hippolyte et Hughes s'aperçoivent qu'il a eu un rendez-vous amoureux avec Morgane Martin. Ce qui contrarie sévèrement le vieil oncle, note Hughes. À cause des rivalités familiales, sans doute. Finalement, le clerc va rentrer à Nantes par le train. Pour comprendre bien vite que la rupture entre Nathalie et lui est inévitable. Puisqu'il doit retourner chercher la voiture réparée, Hughes en profite pour louer un gîte près du village afin de s'offrir quelques jours de repos. La tension n'a pas vraiment faibli entre Sébastien et Hippolyte. C'est surtout avec Virginie qu'Hughes espère renouer, tout en s'intéressant également à l'énigmatique Morgane Martin...

Pierric Guittaut : La fille de la pluie (Gallimard, Série Noire, 2013)

On nous a beaucoup vanté le “polar urbain”, la jungle des villes propice à la corruption et au crime. Les secteurs plus campagnards ne sont pas à l'abri des drames et des meurtres, non plus. Malgré l'urbanisation tous azimut, l'essentiel de la population française habite dans des communes de taille moyenne, ne l'oublions pas. Quand les écrivains américains décrivent la ruralité de leur pays dans toute sa noirceur, on applaudit souvent. Il serait injuste que les romanciers français traitant des mêmes thèmes ne soient pas autant mis en valeur. Des personnages forts, des “secrets de famille” et des situations conflictuelles, nos auteurs sont généralement assez doués pour les mettre en scène avec crédibilité. Ce roman noir de Pierric Guittaut en apporte la démonstration, une fois encore.

Lorsque l'on présente une communauté villageoise, le moins aisé est de faire en sorte que chacun soit identifiable, du moins parmi les principaux protagonistes. Sur ce point aussi, l'auteur s'en tire bien. Il aurait pu esquisser une France profonde intemporelle, mais c'est un décor plus actuel dont il se sert, à juste titre. Aujourd'hui, les chasseurs font aussi souvent des battues aux nuisibles (renards, sangliers) que de la chasse proprement dite. Et, pour peu que vous débarquiez dans une telle commune, on vous traitera vite de “Parisien” si vous contrariez le rythme des habitants. Perric Guittaut détaille avec soin les réalités rurales, qui participe à l'intrigue criminelle, et sait faire monter la tension. Un très bel exemple du roman noir français de notre époque.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 05:52

 

Écrit en 1957, traduit en France dans la Série Noire en 1964 (n°888), encore réédité en 2003, Une femme là-dessousest sans doute moins connu que d’autres titres de Charles Williams, tels Fantasia chez les ploucs”, Vivement Dimanche”, ou même "Avec un élastique".C’est pourtant un des meilleurs exemples de ce qu’aimait décrire l’auteur : pour le héros, la situation devient inextricable au fil de l’histoire. WILLIAMS-2003-FOLIOOn peut voir une certaine ironie dans les mésaventures vécues par Barney, même s’il ne s’agit pas vraiment d’une comédie policière. Voilà un excellent titre à redécouvrir, un roman noir dans la meilleure tradition de ce grand auteur que fut Charles Williams.

 

Barney tient un magasin de pêche. Il s’entend mal avec son épouse, Jessica. Il reste à l’affût de la bonne occasion pour faire fortune et changer de vie. Un jour, deux billets suspects arrivent dans sa caisse. Quelques heures plus tard, l’agent Ramsey du FBI l’interroge à ce sujet. Barney flaire une grosse affaire, et évite de renseigner le policier. Il se souvient que c’est Mrs Nunn qui lui a donné ces fameux billets. C’est donc au camp de pêche des Nunn qu’il peut espérer en trouver beaucoup d’autres. Il s’y rend, sympathise avec Jewell Nunn. Mais il se méfie de son mari, car George Nunn n’est guère aimable.

Barney devine d’où vient l’argent : un truand nommé Haig a disparu après une fructueuse attaque de banque. Il semble qu’il soit venu se planquer dans les parages. En réalité, c’est le vieux Ciffords (un solitaire vivant au bord du lac) qui possède le magot. Découvrir seul où il le cache serait trop long. Barney doit ruser avec ce bonhomme. Après avoir récupéré le fric, il le laisse se noyer. Jewell Nunn quitte son mari pour suivre Barney en ville.

Mais l’agent du FBI enquête toujours sur les billets d’Haig. Il faut s’en aller avant le retour de Jessica, l’épouse de Barney. C’est sans compter avec la réaction de Georges Nunn. Le mari de Jewell est un revanchard violent. Il tue sa femme chez Barney, et met en panne la voiture de celui-ci. Barney ne s’en aperçoit qu’après avoir placé le cadavre et la mallette pleine d’argent dans sa voiture. Il sait déjà qu’on ne tardera pas à découvrir le corps de Jewell et l’argent…

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