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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 05:07

 

En ce mois de septembre, la Série Noire nous entraîne en Islande avec Les anges noirs d’Ævar Örn Jósepsson. Dans ce commissariat, on s’occupe aussi bien de vandalisme sur voitures que de trafics d’ordinateurs et consoles de jeu. C’est plus souvent qu’à son tour le jeune Árni qui en est chargé. Chef du service, Stefán commence à songer à ses vacances. Même si ça déplait à des collègues chevronnés, Katrín, mère de famille et flic efficace, le remplacera.

JOSEPSSON-2012Ce lundi-là, une affaire prioritaire vient agiter le commissariat. Birgitta, informaticienne âgée de trente-sept ans, mère de deux enfants, divorcée, a disparu dans la nuit du samedi au dimanche. C’est dans la boite de nuit le Broadway qu’on l’a vue pour la dernière fois. Le premier rapport sur cette disparition est étonnamment très complet. Et le supérieur de Stefán ne parait pas savoir pourquoi l’enquête est si cruciale pour les autorités.

Stefán et Katrín interrogent la mère de Birgitta. Il ne s’agit ni d’un suicide, ni de frasques sexuelles. Les deux enfants et l’ex-mari, Kristján, confirment au couple d’enquêteurs que Birgitta avait un emploi du temps chargé. Tout le contenu de son ordinateur PC a été détruit par un virus. Il semble qu’un faux policier soit déjà venu plus tôt voir les mêmes témoins, et qu’il s’intéressait à l’ordinateur portable de la disparue. À moins que cet inconnu ne soit flic dans un autre service, ce qui est même très probable. Ásta, amie kiné Noire de Birgitta, l’accompagnait en boite de nuit ce samedi soir. Chargé de recueillir son témoignage, le solitaire Árni se sent immédiatement attiré par la jeune femme. C’est aussi lui qui enquête sur le véhicule vandalisé d’un PDG, Steinar Ísfeld Arnarson.

Nouvellement marié à la jeune et belle Maria après avoir quitté sa femme, Steinar n’est pas un si brillant chef d’entreprise. Il n’est guère apprécié de son voisin le garagiste Oskar, qui tarde à décrire ce qu’il a vu la nuit où la voiture fut abîmée. Steinar était aussi en conflit avec Birgitta, qu’il avait un temps employée, pour des salaires impayés. Leurs relations ne furent pas uniquement professionnelles, ce que confirme l’ex-mari de Birgitta. La voiture de la disparue est finalement découverte non loin du Broadway. Beaucoup de traces ont été effacées, mais de la suie et des cheveux sont trouvés à l’intérieur. Les policiers tentent de définir quels trajets fit Birgitta la nuit en question.

Si l’info sur cette disparition a été rendue publique, ce n’est pas à cause de l’équipe de Stefán, ni de son supérieur. On peut se demander par qui et pourquoi Brigitta recevait une forte somme mensuelle. Fantasmant toujours sur Ásta, Árni questionne la sensuelle épouse du PDG Steinar. Le jeune policier a bien compris que l’homme était un magouilleur. Le couple passait aussi la soirée dans la même boite de nuit. Tant qu’on ignore si Birgitta est encore en vie, Stefán et Katrín désespèrent de trouver une piste sérieuse…

 

Les polars nordiques comptent beaucoup d’admirateurs inconditionnels. Certains lecteurs adhèrent moins. Non pas que les décors glacials manquent de charme. Ni qu’on soit rebuté par les noms gutturaux. Peut-être les ambiances apparaissent-elles plus déroutantes. Néanmoins, des auteurs séduisent même les sceptiques. Ce sera probablement le cas de Ævar Örn Jósepsson. Certes, il nous raconte une enquête plutôt énigmatique. Pourtant, à l’image du 87e district d’Ed McBain, c’est la vie du commissariat qui retient d’abord l’intérêt. Ambition des uns, méthodes des autres, soucis au quotidien, désirs réfrénés, le cas de chacun des policiers est fort différent dans ce microcosme. Bien sûr, Stefán, Árni et Katrín sont les plus impliqués dans l’affaire en cours, qui met à l’épreuve leurs capacités de pros. Une intrigue solide et maîtrisée, non sans quelques sourires, entre mystère et psychologie.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 05:28

 

Parmi les très bons titres de Charles Williams (1909-1975, auteur de Fantasia chez les ploucs), on peut retenir Avec un élastique publié dans la Série Noire en 1957. Un noir suspense typique de cette époque, palpitant à souhaits.

WILLIAMS-1957John Harlan était un sportif professionnel, champion de rugby. Il aurait encore eu cinq bonnes années au plus haut niveau, avec un tas de fric à gagner. Par la faute d’un ivrogne nommé Cannon, Harlan a été gravement blessé dans un accident de voiture, qui a entraîné le décès du chauffard. Voilà Harlan définitivement hors course. Purvis, enquêteur pour les assurances Old Colony, prend contact avec Harlan. Il prétend avoir flairé quelque chose de suspect dans la mort de Cannon. Une idée pas trop logique, selon Harlan : Il devait bien être en vie quand il m’a doublé. Je n’ai jamais entendu parler de cadavres capables de conduire une bagnole, même de la manière dont il conduisait la sienne. Et quand on l’a sorti de la ferraille, il avait le crâne défoncé. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? Pourtant, la bénéficiaire de l’assurance-vie, sa veuve, mérite d’être soupçonnée.

Harlan apprend que Purvis n’est plus employé par la compagnie d’assurance. Il serait détective privé, ou plus sûrement maître chanteur. Il se rend de Galveston à Houston, pour le retrouver. L’échange est vif entre eux, avant que Purvis ne soit abattu par un tueur. Caché, Harlan n’a aperçu qu’une vague silhouette qu’il pense pouvoir reconnaître. Convaincu que Mme Cannon est l’instigatrice de tout cela, il se rend à Wayles (Texas) où elle habite. Harlan ne tarde pas à repérer le nommé Dan Tallant, qu’il suppose être l’amant de la veuve et l’assassin de Purvis. Puis il rend visite à Mme Cannon, dans sa propriété de Cherrywood Drive. Femme attirante vêtue assez sexy, toutefois, c’étaient ses yeux qui pouvaient déclencher l’incendie. De grand yeux adorables, bordés de longs cils noirs, des yeux bruns. Pas doux comme des yeux de biche, mais calmes, froids, avec un petit quelque chose de diabolique qu’on sentait couver là-dessous.

Après avoir rédigé une confession destinée à la Justice en cas de décès, Harlan met le marché en main au couple criminel. Cent mille dollars contre son silence sur les décès de Cannon et de Purvis. Et s’ils envisagent de le supprimer, Harlan a une autre garantie. Ayant placé un magnétophone dans la maison, il a enregistré leurs aveux. Puisqu’il a toutes les cartes en main, Mme Cannon et Tallant cèdent, demandant juste un délai pour rassembler les cent mille dollars. Si l’amant est un type sans grande envergure, dont il faut quand même se méfier, la rusée Julia Cannon est plus dangereuse. Même si Harlan réussit à bluffer, il n’est pas certain de pouvoir toucher le pactole si facilement…WILLIAMS-2002

 

Ce titre a été réédité dans la collection Carré Noir fin 1980 et chez Folio Policier depuis 2002. Il reste exemplaire de ces histoires centrées sur une forte somme (butin d’un casse, rançon de kidnapping, chantages divers). Avec un héros déterminé qui, même en difficulté, ne renonce jamais : J’avais été un costaud, rapide, habile, et voilà qu’un foutu cochon d’ivrogne avait mis fin à tout cela… J’aimais la violence et les chocs rudes des corps, et l’argent, et l’excitation du jeu, l’argent surtout, et pour moi le ratage c’était pire que tout, sans doute parce que j’avais vécu toute ma jeunesse parmi des ratés. Mais aussi avec cette grosse part de fatalité, de hasard, d’incertain, classiques dans les meilleurs romans noirs. Car il ne suffit pas d’être prêt au combat pour gagner. Ce roman n’est probablement pas un des plus célèbres de la Série Noire, c’est pourtant une intrigue de très belle qualité.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 05:37

 

Même un roman assez court tel que Calibre, publié en cette rentrée 2011 chez Série Noire, reste digne de cet excellent auteur qu’est Ken Bruen…

Vous connaissez probablement la série de romans d’Ed McBain consacrée au 87e District, ce commissariat d’Isola où enquêtent Steve Carella, Bert Kling et leurs collègues. Peut-être avez-vous aussi suivi les flics californiens des noirs polars de Joseph Wambaugh, plus vulgaires et brutaux que ceux d’Isola. Transposez ces groupes de policiers dans l’univers de Ken Bruen. Vous voici au commissariat de Carter Street, au sud-Est de Londres, BRUEN-2011-SNentre le quartier de Clapham et celui, cosmopolite, de Brixton. Pas vraiment la crème de la police britannique, ici.

Certes, l’inspecteur gay Porter Nash (qui ne manque pas de réparties) figurerait parmi les plus efficaces, mais son histoire de cœur avec le barman Trevor lui complique un peu la vie. Sous les ordres du superintendant Brown, Roberts est censé être le patron de la brigade, mais il ne maîtrise pas grand-chose. Pas loin d’être viré après avoir subi de sérieuses mésaventures, même s’il se la joue viril, le policier McDonald passe aujourd’hui pour un lâche. Si elle n’est guère gradée, sa collègue Andrews s’avère plus courageuse que lui, en effet.

L’agente noire Falls est aussi proche de l’exclusion : Soupçonnée d’avoir buté un tueur de flic, puis séjour en désintox, addiction à la coke presque mortelle et aventure homosexuelle avec une poseuse de bombe. Intervenir dans les écoles ou s’occuper de dossiers criminels archivés, ça ne risque pas de la sortir de l’impasse. Le plus gratiné du commissariat, c’est Brant. L’exemple parfait du flic corrompu, combinard, grossier et manipulateur. Un type dont il faut se méfier, quoi qu’il arrive. Il a pourtant une saine passion : Brant adore les romans noirs, dont il possède une grande collection. S’imaginant à la hauteur de Wambaugh ou McBain, il se croit capable d’écrire un polar. Il a le titre (Calibre), le synopsis lui est suggéré par Porter Nash, mais le roman reste à raconter.

L’affaire qui les occupe en ce moment, c’est la recherche d’un tueur s’attaquant à des personnes impolies, agressives. Avec courtoisie, il informe par courrier les policiers des raisons de sa mission meurtrière. Celui qui signe sa missive du nom de Ford en a déjà supprimé deux, en guise de leçons de politesse. Il ne tarde pas à continuer car les malappris, victimes potentielles, ne manquent pas. Il a un point commun avec Brant : c’est un amateur de romans noirs, pas forcément des mêmes auteurs que le policier. Pas d’inutiles cachotteries : ce quadragénaire à l’allure ordinaire dirige un cabinet comptable. Il considère la nommée Mandy comme sa petite amie, dépense beaucoup pour elle. Ce n’est pourtant qu’une prostituée plutôt moche, qui se contente de profiter de la situation.

C’est Porter Nash qui a été chargé d’enquêter sur l’assassin des malpolis, mais il n’avance pas du tout alors que les crimes se poursuivent. Brant compte utiliser la policière noire Falls comme appât, celle-ci lui étant redevable d’un service. Elle joue bien son rôle de casse-pieds insolente dans les lieux public du quartier. Néanmoins, ça ne suffit pas à attirer le tueur. Une piste obtenue grâce à un indic permet à Brant, l’homophobe, de se rapprocher de Porter Nash, le gay. Est-ce pour faire respecter la loi que Brant tient à coincer le coupable ? On se doute que son objectif est plus intéressé. En effet, Porter Nash et son collègue pourri situent le tueur, trouvant même un bel indice. L’assassin, qui s’est cru supérieur, ne sait trop comment réagir. D’autant que Brant lui met la pression…

On peut se contenter de suivre l’intrigue d’un roman de Ken Bruen, d’apparence décousue tel un puzzle, mais dont l’ensemble constitue un tableau complet. Ce serait perdre une partie de la complicité installée par l’auteur. Car le but de cet amoureux des livres, c’est de partager avec le lecteur des références similaires autour des polars. Outre les romanciers déjà cités, on évoque aussi Charles Willeford et quelques autres. C’est surtout Jim Thompson avec son roman Le démon dans ma peau, où un shérif tue impunément, qui sont au cœur du récit. Quant à la tonalité narrative de Ken Bruen, on s’en régale. C’est toujours un plaisir de se promener aux frontières de l’amoralité en sa compagnie.

D'autres titres de Ken Bruen chez Action-Suspense : "En ce sanctuaire" - "Brooklyn Requiem" - "London Boulevard".

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 06:15

 

Pour la septième fois, nous avons rendez-vous avec Jack Taylor, le héros de Ken Bruen. Avec En ce sanctuaire, il revient dans la Série Noire en cet automne 2010.

Jack Taylor ne trouve plus ses repères dans le Galway d’aujourd’hui, ni dans la Nouvelle Irlande enrichie, détestable par bien des aspects. Diminué par une claudication gênante et portant une prothèse auditive, l’ancien policier tente de rester sobre, de respecter une abstinence salvatrice. Ayant tout vendu et changé d’adresse, Jack Taylor est prêt à partir en Amérique. À cause des ennuis de santé de sa collègue Ridge, il reste encore un peu. C’est ainsi qu’il reçoit une lettre annonçant la prochaine mort de deux policiers, d’un juge et d’un enfant. Ce n’est pas un courrier anonyme, puisqu’il est signé par un certain Benedictus. Vieil adversaire de Jack Taylor, le surintendant Clancy n’accorde aucun d’intérêt à cette lettre, pourtant inquiétante. Quant à savoir comment ce Benedictus a obtenu la nouvelle adresse de Taylor, il estime que ça n’a rien de difficile.

La mort du laxiste juge Healy n‘intrigue personne, puisqu’il s’agit d’un supposé suicide. Pourtant, c’est une des victimes citées dans la liste reçue par Taylor. BRUEN-2010-SNPour que Ridge ne sombre pas dans l’oisiveté alcoolisée, Jack Taylor lui confie une enquête privée. Une affaire que cette pro ne tarde pas à éclaircir. Son voisin homo étant victime de persécutions, Taylor se charge de calmer le crétin violent qui se prend pour un justicier de la vertu. Le père Malachy serait le mieux placé pour expliquer à l’ancien flic le sens de la bénédiction, mais il est peu coopératif. Ex-dealer devenu adepte de la philosophie zen, Stewart se renseigne sur ce Benedictus afin d’aider un peu Taylor. Entre-temps, celui-ci a replongé dans une obsession alcoolique de plus en plus sévère. Je n’étais jamais complètement sobre, mais jamais complètement ivre non plus. Le moment où j’allais perdre le compte, littéralement, et où je m’en ficherais, approchait. Et là, ça craindrait.

Grâce à Stewart, Jack Taylor ne devrait plus culpabiliser concernant l’accident d’une fillette dont il avait la garde. Le fait que Ridge aille mieux pourrait aussi être positif. Mais non, Taylor n’échappe pas à ses démons. Poursuivant son enquête, il obtient une piste. La sœur Maeve enseigne à l’école primaire de la Miséricorde. Elle connaît Benedictus, mais se refuse d’abord à expliquer quel lien existe avec Jack Taylor. Quant à l’obèse frère de Benedictus, sa relation avec l’assassin est un tourment permanent. C’est sur un banc de square que Jack Taylor va, inconsciemment, croiser enfin Benedictus…

Lire un roman ayant pour héros Jack Taylor, c’est accepter de vivre avec lui des aventures plutôt brouillonnes, en apparence. Car telle est la vie du personnage, désabusé ou insatisfait, comme ballotté quand il navigue d’une situation à l’autre sans jamais sembler rien maîtriser. Dans ces conditions, Jack Taylor pourrait n’être qu’un alcoolo pathétique. Pourtant, dans chacun de ses actes, dans ses rapports avec les autres, on sent une approche humaniste de l’existence. Il n’est agressif qu’avec celles et ceux qui le méritent. Une fois de plus, nous le suivons avec sympathie dans les rues et les pubs de sa ville, son univers. Sans doute est-il inutile d’ajouter une opinion : Ken Bruen a depuis longtemps de nombreux adeptes. On adhère vite à sa manière personnelle de raconter l’Irlande.

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 07:16

 

Dans son nouveau roman,Bien connu des services de police(Série Noire), Dominique Manotti dresse un sombre portrait d’une police gangrenée par des flics ripoux et par la politique sécuritaire. D’abord, un petit résumé de l’intrigue.

Dans la banlieue nord de Paris, la ville de Panteuil constitue un secteur sensible en matière de délinquance et de criminalité. Solidaire des efforts du ministère de l’Intérieur pour une meilleure sécurité, la commissaire Le Muir est bien décidée à trouver des solutions. MANOTTI-2010.JPGIl faut commencer par les squats, générateurs de tous les trafics. Elle peut compter sur son chauffeur, le brigadier major Pasquini, dont les relations dans les milieux mi-truands, mi-fachos sont bien utiles. Au sein du commissariat de Panteuil, les policiers partisans de la méthode forte sont légion, pour servir les objectifs de Le Muir.

Le plus excité d’entre eux est Paturel, chef d’une brigade de la BAC. Avec son équipe, il rançonne un groupe de prostituées réfugiées dans un parking, proxénétisme ignoré de sa hiérarchie. Ivan fait partie des collègues de Paturel, mais sans partager leur enthousiasme. Deux problèmes le tracassent. Son ami africain Balou, qui vit de divers bizness, exige qu’Ivan l’aide à obtenir de faux-papiers, en échange des services qu’il lui a rendus. Par ailleurs, il y a ce procès dont le jugement sera bientôt prononcé. Bien que ce ne soit pas l’exacte vérité, Ivan y apparaît comme victime, mais il a déjà décidé de quitter la police sitôt après. Si possible en évitant d’aider l’insistant Balou.

Deux jeunes policiers viennent d’arriver au commissariat de Panteuil. La blonde Isabelle Lefèvre, Adjoint De Sécurité, doit calmer les ardeurs sexuelles de certains collègues. Elle est affectée à une brigade de Police-Secours. Suite à un banal vol de portable, un contrôle d’identité dérape, causant une fusillade entre flics, entraînant l’arrestation massive de femmes du quartier. Il est préférable de ne pas trop faire d’écho à ratage exemplaire. Sébastien Doche, l’autre nouveau, a intégré le Bureau des plaintes. Entre cynisme et fausse compassion, le vieux brigadier en poste gère les situations en fonction de critères discutables. Les cas insolubles, qui n’améliorent pas les chiffres de la sécurité, il les écarte.

L’honnête Doche entreprend une enquête sur les vols de voitures de luxe. Il ne tarde pas à repérer le garage Vertu, curieusement fréquenté par Pasquini, le chauffeur de la commissaire, qui y rencontre des types à l’allure suspecte. Noria Ghozali appartient aux R.G. Avec le soutien de Macquart, un ancien du service encore influent, elle espère faire tomber l’ambitieuse Le Muir. Le proxénétisme version Paturel et l’appartenance de Pasquini à l’extrême-droite ne suffisent pas. Quant un incendie ravage un squat peuplé de Maliens, causant quinze morts, Noria sent que Le Muir n’est pas étrangère à ce sinistre. Entre le témoignage d’un travelo violenté par Paturel et la piste du garage Vertu, elle possède déjà quelques éléments. À condition que l’IGS ne se laisse pas berner par une version préparée de l’équipe Paturel. Et que la Justice ne soit pas manipulée concernant l’incendie du squat. Pour l’heure, Le Muir est très appréciée du Ministère…

Sans doute s’agit-il d’une fiction, dans laquelle peu de policiers admettront se reconnaître. Néanmoins, cette “ambiance commissariat”, ce microcosme décrit par Dominique Manotti est plus que plausible. On trouve ici beaucoup de flics ripoux, d’autres pas, un policier tourmenté, une opiniâtre enquêtrice des RG. “Sur le terrain, on n’a jamais fait la police avec les Droits de l’Homme” dit-on pour motiver les forces de l’ordre. La guerre contre délinquants et criminels n’exclut pas, pourtant, le respect des règles, ni celui des présumés innocents. Adepte de la “comédie sécuritaire” au bénéfice des politiciens, l’arriviste commissaire fait dégénérer une situation précaire et tendue en prétendant nettoyer Panteuil. Possible reflet de la réalité, non ? Notons que l’auteur n’édulcore pas le quotidien violent des banlieues, entre petits trafics juteux, squats insalubres, mortelles brutalités conjugales. Un roman militant, visant les noires facettes d’une police qui n’est pas irréprochable, parfois trop proche des ambitions politiques de nos dirigeants. Illustration par l’exemple, autant que matière à réflexion pour les lecteurs.

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 07:16

 

Publié dans la Série Noire en 2009, le roman de Thierry MarignacRenegade Boxing Clubest sans doute un peu hors norme, sûrement atypique. Avant tout commentaire, le plus simple consiste à en résumer l’histoire.

MARIGNAC-SNEmployé de la Croix-Rouge en Russie, Dessaignes est obligé de négocier avec la pègre, qui détourne des médicaments destinés à une clinique caritative. Quand un commando de police prend d’assaut ses locaux, Dessaignes est interrogé sur ses liens mafieux. Bien qu’il nie toute collusion, il est bientôt expulsé du pays. La Croix-Rouge ne tarde pas à le virer. À Paris, Dessaignes retrouve l’avocat Oleg Kribanov. Le Russe défend les intérêts de l’ONG Nature-CEI, qui a besoin d’un traducteur à New York. Dessaignes hésite avant d’accepter ce poste, mais c’est une opportunité de rebondir. Arrivé aux Etats-Unis, Dessaignes va devoir passer une série de tests et d’examens, afin d’obtenir l’agrément de traducteur auprès des tribunaux. Il devrait être prêt à l’époque d’un procès où plaidera Kribanov.

Dessaignes s’installe dans un logement à Greenville, New Jersey. Ce quartier, c’est la Ville Noire, largement gangrenée par la délinquance. Un Blanc n’y est pas facilement accepté. Denise, la concierge Noire de son immeuble, sympathise rapidement avec lui. Grâce à elle, il devient légitime dans le quartier, y compris à la bibliothèque locale. Dessaignes fait la connaissance de Big Steve, un ancien boxeur. Dans une cave digne d’une forteresse, celui-ci a créé une salle de boxe. Toutefois, le “Renegade Boxing Club” peine à être reconnu dans le monde de la compétition : “Pas de palmarès, pas de traces, pas d’existence légale.” Pourtant, plusieurs jeunes sont prometteurs. Dessaignes se défoule au club de boxe, tout en commençant les tests avant les examens pour l’agrément.

Après l’avoir laissé sans nouvelles, l’avocat Kribanov finit par lui confier une traduction pour le dossier du procès à venir. Curieuse affaire, où un nommé Khalimov est accusé de trafic de pétrole, alors qu’il se présente comme militant scientifique défenseur de la nature. S’il n’ignore pas les subtilités de la société russe, Dessaignes a du mal à comprendre l’enjeu réel du procès. Durant les tests, il doit être prudent avec le sudiste Anthony Thomas Lee, examinateur qui semble se méfier de lui. Côté boxe, Dessaignes devient “l’assistant” de Big Steve, en vue des combats des Golden Gloves.

Quand un jeune dealer Noir se fait pincer, la police débarque dans l’immeuble de Denise. Dessaignes aide la concierge à limiter l’impact de l’affaire. Lorsqu’il obtient son premier diplôme, avant d’être agréé, Dessaignes rencontre l’associé de Kribanov, l’avocat suisse Schweitzer. Avant d’être engagé, le traducteur subit un interrogatoire serré. Il suffisamment lucide pour y faire face, même s’il finit par s’énerver. Quand on lui confie un document, pièce à conviction du futur procès, il comprend vite l’importance de sa traduction. En parallèle, il entraîne toujours les jeunes boxeurs qui espèrent sortir vainqueurs des Golden Gloves…

Ce riche roman est à l’opposé d’une intrigue monolithique qui dominerait le récit. Plusieurs thèmes sont abordés, se complétant dans une étrange harmonie. Il est question de manipulation, grande spécialité russe, avec la difficulté de cerner la frontière de l’honnêteté. L’acceptation de l’autre et une forme d‘entraide, tel est le rapport entre Dessaignes et Denise. Celle-ci incarne un mélange de fragilité et de force, c’est dire que le personnage est attachant. Solidarité encore et sens de l’amitié, avec Big Steve et ses protégés. Ces boxeurs quasi-clandestins ont-ils la moindre chance d’obtenir la reconnaissance qu’ils méritent ? Soulignons aussi l’ambiance d’un quartier déshérité de la mégapole new-yorkaise. Petit commerce miteux ou délinquance médiocre, chacun utilise ses atouts pour y survivre. En ce qui concerne le héros lui-même, on comprend qu’il s’agit du parcours qui l’amène à trouver sa vraie place dans la société. Dessaignes est traducteur; c’est le métier de Thierry Marignac, qui en profite pour nous initier aux nuances de la traduction. Un roman noir vraiment convaincant.
Lire aussi la chronique sur "Maudit soit l'Eternel" de Thierry Marignac (cliquer)

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 07:39

 

Pour rendre hommage à Jean Amila (1910-1995), voici une sélection totalement subjective de trois titres. Certes, il en écrivit de plus sombres et denses que les deux premiers, que l’on peut qualifier de comédies noires. Quant au troisième, c’est l’ultime roman de Jean Amila publié dans la collection Série Noire.

AMILA-Soif.JPG"Jusqu’à plus soif" (1962). Nomville est un tout petit village de Normandie, pas exactement comme les autres. Ici, on ne vit que pour la goutte, la gnole. On y fabrique une eau-de-vie si forte qu’elle attaque le système nerveux, poussant souvent au suicide. C’est dans cette ambiance que Marie-Anne, institutrice arrivant de Paris, va devoir enseigner. Apprendre quelque chose à des fillettes qui, à la récréation, boivent du café en ajoutant une bonne dose d’alcool, est-ce vraiment possible ?

De retour de la guerre dans les Aurès, Pierrot Soulage habite Nomville. Dans sa famille, on distille peut-être encore plus que la moyenne. Pierrot rencontre ce qu’il pense être la chance de sa vie : des trafiquants ont besoin de bons chauffeurs comme lui. Puisqu’il est recommandé par le père Bardin, un des responsables du trafic, tout devrait aller pour le mieux. Toutefois, le père Bardin n’aime pas du tout les truands qui envisagent de gérer le trafic à sa place.

Augereau, le cousin de Marie-Anne, est employé à la répression des fraudes, particulièrement chargé des trafics illicites d’alcool. Malgré une préparation et une efficacité évidente, Augereau a du mal à mettre la main sur ceux qu’il poursuit. Il manque de moyens contre un réseau bien organisé, sans doute soutenu dans de hautes sphères. Prise en grippe par sa directrice et une partie des parents d’élèves, Marie-Anne peut-elle continuer à enseigner ? Le risque d’agression est bien réel. À fréquenter des truands qui n’hésitent pas à éliminer les gens trop curieux, Pierrot n’est pas à l’abri du danger. Quant à Augereau, il prend des risques en s’en prenant à ce juteux trafic… Ce roman a été adapté au cinéma sous le même titre par Maurice Labro.

AMILA-Langes radieux"Langes radieux" (1963). Roger-le-Boucher est abattu par la police de Montargis, après avoir été signalé anonymement par Eugène Long, honnête comptable qui l’avait pris en auto-stop. C’est le prélude à une véritable course au butin, nombreux étant ceux qui veulent savoir où le truand a caché son magot. Claire, l’épouse légitime du défunt, vient d’accoucher. Aux policiers comme aux anciens amis de son mari, elle répond qu’elle ignore où il a planqué l’argent. De son côté, le brave Eugène Long pense avoir une excellente idée. Il veut retrouver l’argent pour que la famille de Bernier, un des convoyeurs tués dans le casse de Roger-le-Boucher, puisse le rendre à la banque. Adrienne, la fille de Bernier, estime l’idée stupide.

Avec la complicité de son amie Marité, Claire s’enfuit de la maison de l’Assistance Publique où elles vivaient. Les deux femmes et leurs bébés sont pistées par Cicisse et Jo-de-Fréjus, chacun de leur côté. Ceux-ci appartiennent à deux bandes de truands rivaux. Tous deux sont prêts à s’associer pour récupérer le butin. Truands et policiers descendent vers la Côte d’Azur, jusqu’à la villa Fleur d’Épine, perdue dans l’arrière-pays. Remue-ménage qui trouble la quiétude de Gallière, un peintre désargenté vivant non loin de ladite villa. Être sur place ne signifie pas qu’il soit plus facile de retrouver le fric. Eugène Long s’aperçoit un peu tard qu’il n’aurait pas dû se mêler de cette affaire. Claire et Marité risquent bien d’être bientôt au cœur d’un jeu sanglant… Ce roman a été adapté au cinéma par Georges Lautner (Fleur d’oseille, 1967).

AMILA-Hiroshima"Au balcon d’Hiroshima" (1985). En France, la fin de la 2e Guerre Mondiale approche. Delaveine et Roblet, deux petits truands, profitent d’une attaque de la R.A.F. pour s’évader de la prison où ils purgeaient leur peine. Sous les noms de Capitaine Carcasse et de Blaireau, le duo prétend ensuite appartenir à la Résistance. Leurs activités réelles restent douteuses. Leur principal but consiste à retrouver Roger Dampierre (dit Roro-des-Amandiers), qui a fui avec le butin de leur dernier casse. Celui-ci se fait désormais appeler Jérémy Gilbert. Il vit au Japon, où il exploite des machines à sous.

Bien qu’ayant retrouvé sa trace, le commissaire Bergeret aura des difficultés à aller plus loin en cette période troublée. En effet, au Japon, la guerre n’est pas terminée. Un raid aérien sur Tokyo détruit une grande partie de la ville. Roger perd sa femme et ses enfants, avant d’être fait prisonnier avec un groupe de Français. Déplacés d’un camp à l’autre, ils sont bientôt au bord de la famine. Pendant ce temps, ses anciens complices ont fini par reconstituer son parcours, et partent au Japon. Non sans mal, ils parviennent à leur but. Mais ils tombent aux mains de militaires japonais, qui mettent en prison tous les Occidentaux. Delaveine et Roblet ont-ils la moindre chance de retrouver Roger Dampierre dans de telles conditions ? Le butin ou la survie, qu’est-ce qui importe finalement le plus ? D’autant que la guerre va ici se terminer de la façon explosive que l’Histoire à retenu… C’est le dernier roman de Jean Amila, publié dans la Série Noire.

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:09

 

JEAN-BERNARD POUY EN 12 TITRES

 

SUZANNE ET LES RINGARDS (1985, Gallimard)

On l’appelle Dumbo, à cause de son visage repoussant. Il est roadie, régisseur de la tournée du groupe rock « Bande à Part ». Il n’aime ni leur musique, ni les musiciens. Trop de boisson, de drogue, et de filles, pour être excellents. Notoriété trop facile, aussi. Dumbo n’aurait pas dû laisser Suzanne rencontrer les rockers. On a retrouvé la gamine, sauvagement assassinée, dans la baignoire de la chambre de Dumbo. Il est innocenté. Le suspect arrêté se suicide… La route, les concerts. Dumbo interroge les musiciens du groupe, qu’il pense coupables. Il les emmerde avec ses questions. De quoi se souviendraient-ils ? Ils n’avaient accordé aucune importance à Suzanundefinedne. Quand l’hostilité contre Dumbo se fait plus dure, Lucie est là pour l’aider. La responsable technique sait se faire respecter...

L’HOMME A L’OREILLE CROQUEE (1987, Gallimard)

Dans le train qu’il emprunte de Nantes à La Rochelle, Marcel (15 ans et demi) rentre de vacances scolaires. Un grave accident se produit. Marcel reste bloqué plusieurs heures sous des tonnes de tôle. Il n’est pas seul : Marie-Claude, une jolie jeune femme, est bloquée avec lui, tout contre lui. En attendant les secours, il broie du noir. Ils sont finalement sauvés. Retour au collège, puis nouvelles vacances chez son copain Eric. Il est contacté par un type patibulaire, qui lui parle d’Arlette (le vrai prénom de Marie-Claude). Si elle est encore vivante, Marcel doit la retrouver, la prévenir du danger. Pénible périple vers le Centre-Bretagne, ou elle se cache...

LA BELLE DE FONTENAY (1992, Gallimard)

Enric Jovillar est retraité, en région parisienne. Il y cultive un jardin ouvrier, avec un soin particulier pour les pommes de terres. Né en 1929 en Espagne, sourd-muet depuis l’enfance, il s’est réfugié en France avec sa sœur. Durant toute sa vie, il a milité dans les mouvements anarchistes. Il est fiché par la police. Aujourd’hui, plus grand chose ne perturbe sa vie de célibataire… Sauf la mort de Laura. Il aimait bien cette adolescente, qui venait au jardin. Le commissaire Gaillet suspecte Enric ? Il ne s’en inquiète guère, s’en amuserait presque. Il mène sa propre enquête : Laura, bonne élève sans histoire, plutôt mûre, aimait fréquenter les adultes. Portrait trop simpliste, selon Enric. Menaces à l’appui, il est fermement prié de ne plus s’occuper de l’affaire...

R.N.86 (1992, Editions Clô)

Léonard ignore pourquoi son épouse Lucie avait tant changé depuis son retour d’un stage dans le Gard. Il ne comprend pas pourquoi elle s’est suicidée. Il se rend dans la région de Nîmes, s’arrête à Remoulins, sur la R.N.86. Non loin du fameux Pont du Gard, dont Lucie lui avait adressé une carte postale. Il lui semble que cet ouvrage majestueux est lié à la mort de sa femme. La gendarmerie, trop occupée à l’époque, n’a aucun motif de se souvenir de « l’accident » de Lucie. Ses amis de stages non plus ne renseignent guère Léonard. Vague piste, d’un blond nordique, vu avec elle. Le hasard conduit Léonard dans un luxueux hôtel de Castillon. Il y rencontre un écrivain original. Celui-ci se souvient de Lucie et de son amant...

PLEIN TARIF (1994, Mille & Une Nuits, Petite Collection)

Heureuse initiative humanitaire que de loger les SDF en période de grand froid. On utilise des vieux wagons de chemins de fer, installés en dix convois dans une gare parisienne désaffectée. Le narrateur retrouve son oncle parmi cette faune odorante et bruyante. L’oncle a rejeté sa famille, mais accepte son neveu. Celui-ci vient le voir quotidiennement. Bientôt les hébergés devront lever le camp. Soutenus ou excités par divers mouvements politiques très marginaux, ils refusent de céder, de partir...

DEMONS ET VERMEILS (2000, Baleine, Série Grise)

Ulysse est employé municipal à Pailhaste, dans le Gard. Pour la sortie des personnes âgées de la maison de retraite locale, il remplace le chauffeur de car titulaire. Quatre jours de promenade pour aérer les petits vieux. Dans le car, ils sont plutôt bruyants, les anciens. Pas drôle leur vie, oubliés qu’ils sont par leurs familles. Comme le brave Norbert, qui vient de mourir. Ils en profitent donc pour s’amuser. Ulysse les aime bien, mais reste vigilant. Ils insistent pour faire un détour imprévu, qu’Ulysse refuse… Trop mal au dos, impossible de conduire ! Les passagers imposent leur solution : ancien chauffeur, Lucien va le remplacer...

1280 ÂMES (2000, Baleine, Pierre de Gondol)

L’auteur américain Jim Thompson écrivit dans les années 1960 un singulier et glauque roman noir : « Pop.1280 ». Traduit en France, ce livre fut titré par Marcel Duhamel : « 1275 âmes ». Quelques pages sautèrent. Pourquoi cette différence de cinq âmes ? Le libraire-bouquiniste Pierre de Gondol aime les défis intellectuels. Quand un client lui pose cette énigme, il se documente. La logique voudrait que les cinq supprimés se trouvent dans les pages non traduites. Dans ces passages surréalistes, il retrouve effectivement trois personnes. Disons trois et demi, avec le cheval. Il poursuit son enquête aux Etats-Unis. D’abord, situer Pottsville – où se déroule l’histoire...

TRAIN PERDU WAGON MORT (2003, La vie du rail, Rail Noir)

Un train de nuit se dirige vers la capitale de la Zoldavie. Prof de géopolitique, chargé de transmettre un contrat commercial, François est l’un des passagers. En fin de nuit, le train s’arrête en pleine campagne. Le wagon de queue a été décroché. 18 voyageurs sont maintenant seuls, au cœur d’une immense plaine, à quarante kilomètres de la prochaine gare. Cinq personnes tentent de s’y rendre à pied. François préfère attendre sur place, avec la belle Violette, et le solide Albert. On s’organise ; on se rationne ; on espère en devinant une lointaine lueur ; on s’inquiète aussi. Avec un gros tracteur, on peut enfin tirer le wagon jusqu’à proximité de la gare. L’hypothèse d’une guerre-surprise se confirme...

H 4 BLUES (2003, Gallimard)

Lionel, le meilleur ami de Nicolas depuis leur scolarité au lycée Henri IV, vient de mourir. Sa veuve ne croit pas à une mort naturelle. Pour oublier ses actuels ennuis, Nicolas va jouer au détective. Il n’y a pas grand chose de suspect. Peut-être des tracesundefined de curare dans le corps de Lionel ? Peut-être ces femmes gravitant autour du séduisant Lionel ? Pour Nicolas, c’est surtout l’occasion de se remémorer les élèves et les profs d’Henri IV, à son époque. Il apprend que certains condisciples sont récemment décédés. L’appartement de Nicolas est détruit par un incendie. Est-ce une vengeance après avoir défendu et hébergé une jeune gothique overdosée ?

NYCTHEMERE (2004, Les Contrebandiers)

Depuis quelques mois, le chaos destructeur sévit dans le Paysage Idéologique Français. Les diverses organisations politiques ont fait le ménage. Eliminées la Maison Blanche vendéenne, la fascisante Maison Brune, la Maison Verte du Jura, et toutes les autres. La Maison Bleue et la Maison Rose, principaux copropriétaires du pouvoir, se sont alliées sans se faire confiance. Mieux armée, la Maison Bleue reste bientôt seule. Mais un petit groupe de résistants se prépare dans l’ombre, bientôt rejoints par d’autres improbables mouvements...

LA VIE PAYENNE (2004, Autrement, Noir Urbain)

Dans un square parisien, Pascal est en avance à un rendez-vous fixé dix ans plus tôt avec ses anciens amis. Ils étaient cinq idéalistes, une fille et quatre jeunes hommes. La vie les a séparés. Ayant abusé de l’alcool, l’un d’eux est mort. Sylvie est la première a rejoindre Pascal. La seule, car elle lui apprend la mort d’un autre membre du groupe, disparu en Afrique. Quant à Romain, le plus brillant d’entre eux… Sylvie et lui vivent ensemble. Pascal accompagne Sylvie chez eux. Pénibles retrouvailles avec Romain. Il a un service à demander à Pascal...

LA FARCE DU DESTIN (2004, Les Contrebandiers) – avec Patrick Raynal.

Frère Antoine est moine à l’abbaye St Tugdual, près de Carhaix en Bretagne. Chargé des achats à l’hypermarché, il est troublé par les femmes. On l’a oublié, mais il a un passé mouvementé, Antoine ! Il rencontre la pulpeuse Mado. Elle fait du strip-tease dans un club ringard, le « Paradiso ». Rencontre due au hasard ? Dominique, protecteur de Mado, provoque Antoine. Celui-ci le bat au poker. Pourtant, peu après, Antoine tombe dans un piège. Son supérieur n’est pas plus dupe que lui. Le capitaine de gendarmerie n’y croit pas non plus. Reste à savoir ce que veulent le truand Dominique et son dangereux ami Kouzma. Si Antoine feint d’accepter le chantage, il va réagir…

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