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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 05:55

Pointe-à-Callière, le musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, réalise une exposition originale intitulée “Sur les traces d'Agatha Christie”, dont la vie et les œuvres ont marqué la littérature mondiale. Présentée du 8 décembre 2015 au 17 avril 2016, cette expo honore le 125e anniversaire de naissance de la célèbre auteure, née le 15 septembre 1890. Elle propose une découverte d’Agatha Christie à travers son œuvre, son imaginaire et ses univers dont celui de l'archéologie. En exclusivité, l'exposition de Pointe-à-Callière présentera des objets provenant de musées de renommée mondiale tels le British Museum de Londres, le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée Royal de l'Ontario de Toronto. L’exposition regroupera également des pièces uniques et précieuses de la romancière appartenant encore aujourd'hui à sa famille. Son petit-fils et administrateur de The Christie Archive Trust, Mathew Prichard, ainsi que John Mallowan, le neveu de son mari, seront d’ailleurs présents lors de l’inauguration de l'exposition, en décembre prochain.

Montréal “Sur les traces d’Agatha Christie” – Pointe-à-Callière

L’œuvre d’Agatha Christie comprend 66 romans policiers, six romans, 150 nouvelles, 18 pièces de théâtre et deux livres de souvenirs. On estime les ventes totales de ses livres à 2,5 milliards d'exemplaires. Par cette exposition, le Musée souhaite présenter une Agatha Christie méconnue, une femme imaginative, aux nombreux intérêts, avide de voyages et d’explorations, ouverte aux diverses cultures. L'exposition propose un parcours chronologique, de la naissance d'Agatha Mary Clarissa Miller à Torquay, dans le Devon en septembre 1890, jusqu'à son décès en janvier 1976 dans sa résidence de Wallingford, près d'Oxford. C'est Agatha Christie elle-même qui accompagnera le visiteur au long du parcours, par des objets lui ayant appartenu et par certains souvenirs relatés par sa propre voix. L'exposition proposera des incursions dans ses diverses maisons dont Ashfield, Winterbrook et Greenway House ainsi que dans l'Orient-Express, célèbre train qu'elle a emprunté et théâtre de l'un de ses célèbres romans. Objet rare de cette exposition : la machine à écrire d'Agatha Christie, une Remington 1937.

Agatha Christie s’est largement inspirée de l'univers de l'archéologie et de l'histoire pour l’écriture de plusieurs romans dont Meurtre en Mésopotamie, Rendez-vous à Bagdad, Rendez-vous avec la mort et La mort n'est pas une fin. Elle a d’ailleurs raconté son quotidien sur les chantiers de fouilles dans l’ouvrage Dis-moi comment tu vis (Come, Tell Me How You Live), aussi connu en français sous le titre La romancière et l’archéologue. Agatha Christie a d’ailleurs écrit qu’un archéologue et un détective ont beaucoup en commun. L’un et l’autre doivent comprendre un événement, récent ou non, en se basant sur leur sens de l’observation, sur la mise au jour d’indices et la relation entre ceux-ci et aussi sur la chance.

“Sur les traces d’Agatha Christie” – Pointe-à-Callière, du 8 décembre 2015 au 17 avril 2016.

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 04:55
La Librairie du Québec à Paris fête ses 20 ans

Située 30 rue Gay-Lussac Paris 5e, La Librairie du Québec propose depuis vingt ans aux lectrices et aux lecteurs de découvrir la littérature québécoise sous tous ses aspects. Outre les ouvrages documentaires sur cette province du Canada, son histoire et toute la richesse de sa culture, les écrivains de fiction sont bien sûr au catalogue de cette librairie thématique. Qui présente d'utiles "pistes de lectures". À l'occasion des 20 ans de la Librairie du Québec, plusieurs animations sont organisées :

- Mercredi 23 septembre à 19 h, inauguration des festivités.

En présence des auteurs invités : Joséphine Bacon, Jocelyne Saucier, Michel Tremblay et Eric Dupont.

Lecture par la comédienne Geneviève Boivin, suivie d'un cocktail dînatoire.

- Jeudi 24 septembre à 19 h, table ronde sur le thème

« Au cœur de la forêt » avec Joséphine Bacon et Jocelyne Saucier.

Rencontre animée par Marc-Olivier Bherer, journaliste (Le Monde).

- Vendredi 25 septembre à 19 h, table ronde sur le thème

« C't'une fois un gars » avec Michel Tremblay et Eric Dupont.

Rencontre animée par Myriam Suchet, directrice du Centre d’Études Québécoises à l'Université Sorbonne nouvelle, Paris3.

Réservations : marienoelle@librairieduquebec.fr ou 01.43.54.39.02

Jusqu'au 30 septembre 2015, vous pouvez participer à un concours pour tenter de remporter l’un des 20 livres phares de la Librairie. Que vous soyez déjà de grands connaisseurs des auteurs québécois ou que vous souhaitiez vous plonger dans cette littérature protéiforme, c'est l’occasion de remporter l’un des vingt titres qui ont fait l’histoire de la librairie au cours des deux dernières décennies. Renseignez-vous sur leur site.

 

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 06:30
Les Printemps meurtriers de Knowlton 2015 jusqu'au 17 mai

Au Québec, dans les Cantons de l'Est, la quatrième édition du festival international de littérature policière, Les Printemps meurtriers de Knowlton, se tient jusqu'au 17 mai 2015. Seize auteurs québécois et étrangers - dont Ian Manook (France), Jacqueline Landry (Vancouver) ainsi que Patrick Senécal, Chrystine Brouillet, Martin Michaud, Roxanne Bouchard, Ghislain Taschereau, Jean-Jacques Pelletier et Jean Lemieux (Québec) - fouleront les rues du pittoresque village de Knowlton.

Tables rondes, Killer martini quiz, course aux indices et classes de maîtres réuniront de nouveau festivaliers et romanciers. Près de vingt activités au programme, dont la classe de maître Du roman au film, une conférence donnée par Patrick Senécal, l'activité Off Printemps intitulé La forêt aux livres - où parents et enfants seront invités à déambuler parmi des arbres au feuillage étrange, en compagnie des deux auteurs jeunesse Martine Latulippe et Laurent Chabin - ainsi que l'activité Cadavre exquis où ? en compagnie de l'auteur Benoît Bouthillette, les festivaliers créeront la nouvelle des Printemps, qui sera lue à la cérémonie de clôture du dimanche. Enfin, soulignons la classe d'écriture de l'auteur Sylvain Meunier, lauréat du prix Tenebris 2012, ainsi que la Fête des Printemps du samedi soir, un happening en compagnie des auteurs invités, où tout peut arriver! Musique, danse, rires et délires garantis!

Le prix de la plupart des activités est fixé à 22 $ (taxes incluses), mais plusieurs forfaits seront disponibles, allant du forfait d'un jour au forfait week-end. Les billets sont en vente en ligne.

Pour contribuer au rayonnement de la littérature policière de langue française en général, et de la littérature policière québécoise en particulier, Les Printemps meurtriers ont créé les prix Tenebris, sous la direction de Richard Migneault ( http://lecturederichard.over-blog.com/ ). Ils récompensent en particulier le Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec. Le nom du lauréat(e) est dévoilé lors de la soirée qui clôture le festival. Le prix est accompagné d'une bourse.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 05:40
50e salon du livre du Saguenay-Lac Saint-Jean 25 au 28 septembre

La 50e édition du salon du livre du Saguenay-Lac Saint-Jean rassemblera des dizaines d'auteurs québécois du 25 au 28 septembre 2014 au Centre des Congrès Delta Saguenay 2675, boul. du Royaume Jonquière.

Un grand rendez-vous avec les lecteurs du Québec !

Toutes les infos en cliquant sur le site de cet évènement.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 04:55

Consacré aux littératures et cultures d'Amérique du Nord, le festival America aura lieu du 11 au 14 septembre 2014 à Vincennes. Un grand rendez-vous pour les lecteurs, et pour le public curieux d'Amérique. Les invités :

Canada : Margaret ATWOOD, Denis Yvan BÉCHARD, David BOUCHARD, Joseph BOYDEN, Herménégilde CHIASSON, France DAIGLE, Craig DAVIDSON, Nancy HUSTON, Matt LENNOX, J.R. LÉVEILLÉ, Lisa MOORE, Alix OHLIN, Kathleen WINTER.

États-Unis : Jami ATTENBERG, Paolo BACIGALUPI, Rick BASS, Christopher BOUCHER, Nickolas BUTLER, David CHERAMIE, René DENFELD, Tom DRURY, Jim FERGUS, Boris FISHMAN, Richard FORD, Tim GAUTREAUX, Robert GOOLRICK, Paul HARDING, Jake LAMAR, Wally LAMB, Tao LIN, Amy Grace LOYD, Ayana MATHIS, Joyce MAYNARD, Claire MESSUD, Philipp MEYER, Stuart NADLER, Ivy POCHODA, Donald Ray POLLOCK, Ron RASH, Zachary RICHARD, Sebastian ROTELLA, Justin ST. GERMAIN, J. Courtney SULLIVAN, Justin TORRES, David VANN, Adelle WALDMAN, Jesmyn WARD, Alexi ZENTNER.

Haïti : Dominique BATRAVILLE, Louis-Philippe DALEMBERT, Henry KÉNOL, Dany LAFERRIÈRE, Yanick LAHENS, Anthony PHELPS.

Québec : Ryad ASSANI-RAZAKI, Joséphine BACON, Alain BEAULIEU, Sophie BIENVENU, Hélène FRÉDÉRICK, Perrine LEBLANC, Rita MESTOKOSHO, Éric PLAMONDON, Jocelyne SAUCIER, Mélanie VINCELETTE.

Saint-Pierre & Miquelon : Eugène NICOLE

France : Laure ADLER, Mickaël AUGERON, Rodolphe BARRY, Frédéric BEIGBEDER, Antoine BELLO, Pierre BORDAGE, Geneviève BRISAC, Yves BUIN, Gérard de CORTANZE, Catherine CUSSET, Thomas DAY, Philippe DJIAN, Arthur DREYFUS, Marie-Hélène FRAÏSSÉ, Nadia GALY, Laurent GAUDÉ, Gilles HAVARD, Gaëlle JOSSE, Alice KAPLAN, Maylis DE KERANGAL, Titiou LECOQ, Pierre LEMAITRE, Édouard LOUIS, Vincent MESSAGE, Stéphane MICHAKA, Céline MINARD, Karim MISKÉ, Christine MONTALBETTI, Véronique OLMI, Véronique OVALDÉ, Judith PERRIGNON, Atiq RAHIMI, Patricia REZNIKOV, Dominique SYLVAIN, Éric VUILLARD, Fanny WALLENDORF, Astrid WENDLANDT, Valérie ZENATTI. (auteurs en bleu, cliquez sur les liens)

Vincennes : Festival America du 11 au 14 septembre 2014

Parmi les multiples animations proposées, retenons-en quelques-unes concernant les francophones du Québec et d'Amérique du Nord :

Voix québécoises - Avec Hélène Frédérick, Perrine Leblanc et Rita Mestokosho. Samedi 13 septembre, 15h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages, Hôtel de Ville)

Vies québécoises - Avec Ryad Assani-Razaki, Sophie Bienvenu et Éric Plamondon. Samedi 13 septembre, 16h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages, Hôtel de Ville)

L’endroit d'où je viens - Avec Alain Beaulieu, Deni Yvan Béchard, Alix Ohlin et Anthony Phelps. Dimanche 14 septembre, 11h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages, Hôtel de Ville)

Dans l'immensité des paysages - Avec Joséphine Bacon, Jocelyne Saucier et Mélanie Vincelette. Dimanche 14 septembre, 17h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages, Hôtel de Ville)

Francophones en Amérique du Nord anglophone

Que l’on soit du Manitoba comme J.R. Léveillé ou de la Saskatchewan comme David Bouchard, ou encore d’une famille franco-américaine comme Deni Yvan Béchard, ce sont autant d’histoires riches et singulières. Avec Deni Yvan Béchard, David Bouchard et J.R.Leveillé. Dimanche 14 septembre, 15h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages, Hôtel de Ville).

Francophones de l’Ouest canadien

En marge d’une société anglophone, ces enclaves francophones ont su protéger leurs cultures et connaissent aujourd’hui un véritable renouveau artistique et littéraire. Avec David Bouchard, Joseph Boyden, André Gladu et J.R. Léveillé. Samedi 13 septembre, 18h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages).

Louisiane : être cajun aujourd’hui

L’histoire de la présence française en Louisiane est riche et complexe. Quels défis les Cajuns ont-ils à relever aujourd’hui ? Avec David Cheramie, Tim Gautreaux, Helgi Piccinin et Zachary Richard. Samedi 13 septembre, 12h, Salle Octavio Paz (Salle des Mariages, Hôtel de Ville).

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 04:55

Le 24 juin, jour de la Saint Jean-Baptiste, c'est la Fête nationale du Québec. J'essaie, ponctuellement, d'évoquer ici quelques auteurs québécois. Récemment, j'ai chroniqué les romans de Perrine Leblanc (Malabourg) et de Samuel Archibald (Quinze pour cent). À plusieurs reprises, j'ai évoqué des titres de la collection Coups de tête, dirigée par Michel Vézina. Bien qu'elle soit québécoise de langue anglaise, je chronique quelques-uns des romans de Louise Penny. J'ai consacré dans ma rubrique "Spécial Québec" des articles à des livres de Jacques Savoie, François Barcelo, Stanley Péan, Mélanie Vincelette, Andrée A.Michaud... Il sera bientôt question de Victor-Lévy Beaulieu, dont le rôle n'est pas mince dans la littérature québécoise.

Québec, une Fête Nationale... et tant d'auteurs à découvrir !

Notre camarade blogueur Richard Migneault ( http://lecturederichard.over-blog.com/ ) s'implique dans la promotion du polar au Québec. Il a coordonné un recueil de nouvelles, “Crimes à la librairie” (Éditions Druide) qui est un bon moyen de faire connaissance avec certains auteurs québécois : « Ils écrivent des polars. Des polars qu’on dévore. Et à la demande d’un lecteur passionné, Richard Migneault, ils se sont réunis autour d’un thème séduisant : crimes à la librairie. Mario Bolduc, Camille Bouchard, Benoît Bouthillette, Chrystine Brouillet, Jacques Côté, Ariane Gélinas, André Jacques, Martine Latulippe, Geneviève Lefebvre, Florence Meney, Sylvain Meunier, Martin Michaud, Patrick Senécal, Johanne Seymour, Robert Soulières, Richard Ste-Marie. Ces seize écrivains québécois de grand talent nous invitent dans autant de librairies. De ces lieux généralement paisibles, ils ont fait de véritables scènes de crime. Ils ont dénaturé ces carrefours de tous les imaginaires en transformant chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable. Leurs nouvelles nous permettent de découvrir leur style, leurs intrigues et leurs personnages: un tueur à gages littéraire, un homme qui détestait les livres, un général croate sanguinaire, un agent du FBI, une libraire incendiaire, un voleur d’incunables... Parions qu’après avoir lu ce recueil, vous ne verrez plus tout à fait votre librairie préférée du même œil...»

Toutes les infos sur ce recueil de nouvelles :

http://www.editionsdruide.com/livres/hiver-2014/crimes-librairie/

En France, on peut se procurer des romans d'auteurs québécois, en s'adressant aux compétentes libraires de La Librairie du Québec :

http://www.librairieduquebec.fr/

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 04:55

Au Québec, le village de Malabourg s'étend quelque part au nord de la Baie des Chaleurs. Ce n'est pas au bord de la mer, mais puisque le lac est salé, on l'appelle la mer. Depuis une affaire criminelle, le lac est surnommé “la Tombe”. Malgré sa jeunesse, Mina n'est pas une fille séduisante. Nul ne s'intéresse tellement à elle, on s'en méfie un peu. L'isolement lui convient assez bien. Mina n'a pas le menton en galoche, caractéristique de la population locale. Peut-être l'héritage de sa grand-mère Cécile, qui vivote dans la réserve indienne de Mowebaktabaak, non loin de là. Âgé d'une petite vingtaine d'années, Alexis a le menton en galoche et ne se passionne que pour ses fleurs. Il reste amoureux de la belle Geneviève, même si celle-ci est morte.

C'est elle qui a été la première des trois victimes. Âgée de dix-sept ans, bien plus jolie que Mina, Geneviève est alors enceinte, et ne veut surtout pas le montrer aux autres. Elle a une relation avec un homme mûr, notable de Malabourg. C'est le père de sa meilleure amie, Liliane. Quand Geneviève est assassinée, son cadavre demeure introuvable pendant quelques temps, avant que des plongeurs de la Sécurité du Québec ne le retrouvent dans le lac. En lisant le journal intime de son amie, Liliane ne tarde pas à comprendre ce qui s'est produit. Une pression émotionnelle trop lourde pour une jeune fille comme elle. On l'envoie en pédo-psychiatrie à Québec. Dans le service traitant les folles de son espèce, Liliane y sympathise avec Maria, hantée par des voix.

Au seuil du Nouvel An, Liliane et Maria sont à Malabourg. Elles vont être assassinées par celui qui a déjà tué Geneviève. La solitaire Mina est témoin du meurtre de Maria. Elle espère même la sauver, mais c'est trop tard. Face au criminel, Mina sait bien qu'elle ne pourra pas le dénoncer. Les cadavres des deux victimes ne seront retrouvés qu'à la mi-mars, dans le lac. Pendant plusieurs semaines, Mina a évité de fréquenter le centre-ville où elle risque de croiser l'assassin intouchable. Finalement, elle se décide à l'affronter, cherchant à obtenir des aveux. Tout en s'occupant de sa grand-mère, Mina économise pour pouvoir poursuivre des études à Montréal. Alexis, lui, va réaliser son rêve, apprendre le métier de créateur de parfums en France, à Grasse...

Perrine Leblanc : Malabourg (Éd.Gallimard, 2014)

Il s'agit d'un roman littéraire, pas d'un polar à suspense. D'ailleurs, le nom du meurtrier nous est révélé tôt. Ce qui n'enlève rien à la noirceur de cette intrigue, au contraire. Les scènes d'agressions ou face au tueur sont empreintes d'une réelle tension. Car la frontière est mince, quasi-inexistante entre les genres romanesques, on le sait. Dans sa troisième partie, mettant en scène Mina et Alexis, la suite de l'histoire aborde une autre tonalité, c'est vrai. Pourtant, le dénouement a un rapport direct avec le triple crime.

Si le récit devient bientôt fascinant, c'est certainement parce qu'il n'a rien de linéaire. On suit Mina, on se met dans la peau de Geneviève ou de Liliane, on entend parler Maria, on voyage en bus jusqu'à Montréal, on va même jusqu'à New York, on se souvient de Grasse. L'auteure est directe en évoquant le corps des jeunes femmes, sans érotisme flagrant. En exprimant pourtant une belle sensualité. Une poignée de personnages annexes retiennent l'attention. La grand-mère de Mina, bien sûr. La singulière Madame Ka, patronne d'un bar local. Son client de Segabun, aux manières de brutes, mais pas si méchant. Sans oublier Sam, frère de Liliane et intime avec Mina, ou l'ombre de ce vagabond, vague suspect.

Le style narratif est souple et subtil. Parfois enjoué, ou bien plus mordant, en décrivant par exemple la psychiatrie pour les mineurs : “L'hôpital évoquait à certaines patientes le presbytère beigeasse de leur paroisse, à celles qui ne jouaient pas le jeu des médecins il fait penser à une prison... Ces fous n'ont pas encore le droit de vote, ils ne peuvent ni fumer, ni se soûler légalement, ils n'ont pas encore compris comment rentrer dans les rangs et la cage du monde pour être comme les autres, mais ils sont là, fatigués et vivants.” Jeune romancière québécoise récompensée pour son précédent titre, Perrine Leblanc mérite d'être adoptée par les lecteurs français, car elle ne manque pas de talent.

Ce roman de Perrine Leblanc était un des deux finalistes du Prix Françoise Sagan, attribué le 12 juin 2014 à "Buvards" de Julia Kerninon (Ed.Le Rouergue). Les autres sélectionnés étaient : Lola Lafon, Anne Plantagenet, Céline Minard, Gwendoline Hamon, Françoise Cloarec, Philippe Lacoche, Baptiste Rossi, Gilles Sebhan, Nicolas Clément.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 04:55

Mario Leroux est policier dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Québec. Âgé de cinquante-quatre ans, Leroux est divorcé d'avec Myriam, enseignante à l'Université Laval, depuis cinq ans. Une rupture pas seulement due à cette affectation au Lac, sans doute. Sa compagne actuelle se prénomme Caroline, barmaid et vaguement étudiante, nettement plus jeune que lui. Ils n'affichent pas leur liaison amoureuse. La réputation de leurs deux métiers, policier et barmaid, contribue à cette discrétion.

Le seul collègue de Leroux qui soit au courant de ça, c'est le sergent-détective Dave Rathé, aussi nommé Yawatha. “Il avait une belle figure d'Indien, un sourire à un million de dollars, et la carrure d'un ancien joueur de défense qui se serait relâché à l'entraînement… Tout dépendant du point de vue, Yawatha était la pire ou la meilleure police du Québec. Ce séducteur ayant cultivé un vaste réseau d'indic, “personne ne trouvait plus rapidement d'informations que Yawatha”.

Un crime sanglant a été commis au village de Saint-Léandre (rebaptisé Villeneuve, nom qui n'est pas du goût de Leroux). Les Fortin, un vieux couple de fermiers sans enfants, ont été massacrés chez eux. Des sexagénaires bien intégrés dans leur village près du Lac. “Il y avait un genre d'énigme autour du double meurtre de Saint-Léandre. Dans la cave de la maison, on avait trouvé un coffre-fort, fermé et barré. C'était un vieux coffre, à clé, pas à combinaison... C'était sans doute la chose que Leroux détestait le plus au monde : un mystère. Un faux-mystère, en plus.”

Le policier chevronné est sûr que deux agresseurs ont attaqué ce couple âgé. Rien ne prouve qu'ils aient emporté une grosse somme. Autour de Leroux, ses collègues jouent aux limiers façon Columbo, émettant les plus absurdes hypothèses. De toutes façons, le coffre-fort était vide. Les victimes avaient un petit-neveu, Martin Gagnon. Ce jeune repris de justice purgeait sa peine au moment du crime, au pénitencier fédéral de Donnacona, à l'ouest de la ville de Québec. Il s'y trouve toujours. “Martin Gagnon avait exactement l'air auquel Leroux s'était attendu. Un petit toffe [dur] qui essayait très fort d'avoir l'air plus toffe et plus vieux qu'il n'était en réalité” constate le policier.

Le détenu ne se montre pas coopératif. Ça n'empêche pas Leroux de quitter le pénitencier avec des certitudes. En particulier, qu'il n'y avait “pas une cenne [centime] chez les Fortin”. Par ailleurs, on a découvert des empreintes sur le lieu du massacre. Ce sont celles d'un malfaiteur répertorié, Benoît Gamache. Ce voyou médiocre serait impliqué dans un trafic avec des Hell's. Leroux est confiant : c'est dans ces circonstances-là que Yawatha, le champion de la traque, est capable de montrer tout son talent. Il repère bientôt le suspect et son complice, pas du genre à effrayer l'Indien...

Samuel Archibald : Quinze pour cent (Éd.Le Quartanier, 2013)

Strictement polar, ce roman québécois d'une soixantaine de pages ? C'est effectivement d'une affaire criminelle et d'une enquête, dont il est question. Toutefois, les étiquettes n'ont aucune importance quand il s'agit d'un bon roman. À travers le contexte évoqué et le portrait du policier Leroux, c'est aussi de la société de son pays dont nous parle l'auteur. Si les lecteurs québécois sont sûrement plus habitués aux décors, cette histoire est également l'occasion pour les Français d'une visite dans des paysages différents.

D'un œil parfois rêveur, l'enquêteur observe autant le Québec qu'il se fie à son instinct, à son expérience. On lira -page 55- une définition juste du rôle d'un policier : “Leroux avait toujours été lucide sur ses propres motivations à faire son travail. Il n'avait jamais pensé qu'il travaillait à protéger les innocents contre les méchants. Il n'était pas idiot. En vieillissant, il se rendait compte qu'il était payé surtout pour empêcher deux communautés de se rencontrer...” La vie privée de Leroux n'est pas moins intéressante que l'aspect professionnel. Il forme avec la jeune Caroline un couple encore incertain. Doit-il être jaloux des clients du bar qui l'emploie, et du beau Yawatha ? Un court roman diablement sympathique.

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