Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 04:55

Grand reporter, Charles Haquet publia plusieurs titre chez Le Masque. Outre “Cargo” (2007), suspense contemporain, il fut l'auteur de plusieurs romans ayant pour décor le Japon d'autrefois : “L'œil du daruma” (2001, coll.Labyrinthes 2005), “Crime au kabuki” (2002, coll.Labyrinthes 2006), “La geisha de Yokohama” (2005, coll.Labyrinthes), “Le samurai d'Urakami” (2012, coll.Labyrinthes). Son héros est Tosode, un ancien samouraï.

Pour les gaijins que nous sommes, le Japon reste un pays insolite dont nous connaissons mal le passé. Cette série est l’occasion de l'approcher, tel qu’il fut à la fin du 19e siècle. Dans “Crime au kabuki”, par exemple, l’intrigue criminelle est vraiment réussie. Utilisant une narration plutôt classique, l’auteur sait entretenir le mystère et ménager le suspense autour de ses personnages. Les protagonistes aux noms asiatiques restent aisément identifiables. Le glossaire est utile, mais ralentit quelque peu la lecture. L’essentiel est que l’histoire soit crédible et bien racontée : c’est le cas ici.

Un roman (et une série) de belle qualité, à redécouvrir.

Charles Haquet : Crime au kabuki (Le Masque, 2002)

Japon, 1878. Depuis dix ans, ce pays commence à se moderniser, mettant fin à l’époque féodale. Ex-samurai, Tosode a perdu son prestigieux statut. Venu vivre à Tokyo, son existence est misérable. Mais il garde sa fierté.

Suzuki est journaliste, spécialiste du kabuki. Il est présent au théâtre Nakajima le soir où l’acteur Yoshiro disparaît après une représentation assez médiocre. Qu’il s’agisse d’un enlèvement, d’une fuite ou d’un meurtre, l’affaire intéresse le journal de Suzuki. Il interroge les gens du théâtre, sympathise avec le jeune acteur Tanaka et avec l’écrivain Oda Kujiro. Il constate que le propriétaire des lieux, Akatsura, est aussi tyrannique que puissant : entre la troupe et lui, l’ambiance est tendue. Pas facile d’en savoir plus dans ces conditions. Mais un informateur anonyme accepte de le renseigner.

Tosode est involontairement mêlé à cette disparition : il a trouvé une sacoche perdue par Yoshiro. Avec Sumara, une compagne de rencontre, ils sont menacés par des hommes cherchant cette sacoche. Une visite chez le disparu n’apprend rien au couple. Mais ils y croisent Suzuki, que Tosode connaît déjà. Le journaliste les héberge chez lui. La mort sur scène de l’acteur Tanaka est liée à cette affaire. L’ancien comédien Teshigara, un des rares amis de Yoshiro, en sait plus qu’il ne veut l’avouer. Un autre témoin, lutteur de sumo, est supprimé devant chez Suzuki. Tosode et le journaliste incitent Teshigara à parler. Akatsura et ses hommes (du Gang du Glaive) interviennent sans qu’ils puissent se défendre. Ces bandits cherchent toujours Yoshiro...

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article
18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 04:55

La notoriété de Pierre Boileau (1906-1989) commença avant la guerre, puisqu'il fut récompensé par le Prix du Roman d'Aventure 1938, pour "Le repos de Bacchus" (Le Masque). En 1948, sa rencontre avec Thomas Narcejac marquera le début d'une coopération à succès, sous le nom de Boileau-Narcejac. Avant cela, en 1945, Pierre Boileau publie aux éditions Fayard un suspense intitulé "Les trois clochards". Ce titre fut plus tard réédité autant en collection jeunesse (Les deux coqs d'Or) que pour les lecteurs adultes (collection Les introuvables du Masque). L'action de ce roman semble plutôt se placer dans l'ambiance d'avant-guerre. On n'est pas certain qu'il soit aujourd'hui évocateur pour de jeunes lecteurs.

Les enquêteurs de ce récit sont deux dilettantes : un détective (André Brunel) et le narrateur (sans identité). Ça rappelle quelque peu Sherlock Holmes. L’intrigue astucieuse et énigmatique, avec ses faux-semblants, utilise les péripéties du roman d’action. Si elle a un peu vieilli, cette histoire reste excellente…

Pierre Boileau : Les trois clochards (1945)

Un curieux appel téléphonique amène le docteur Bougon chez un homme qui vient d’être agressé à coups de couteau. Le détective André Brunel et le narrateur, estimant que ce n’est pas la victime qui a pu alerter le médecin, comprennent qu’en accompagnant Bougon ils sont tombés sur une étrange affaire. Sur les lieux, ils ne trouvent toutefois pas d’indices. Quant à la personnalité de la victime, elle ne les éclaire pas plus sur les motifs de cette agression – dont l’homme se sortira sans trop de gravité.

Pourquoi un voisin du même immeuble disparaît-il si rapidement après les faits ? Il semble bien fuir les lieux. Ce Philippe Marnaud, qui n’est pas un inconnu pour la police, sera bientôt rattrapé. Mais, s’il est vrai qu’il s’agit d’un fieffé escroc, il possède un alibi solide obligeant la police à le relâcher. Pour Brunel et son ami, c’est alors que l’affaire commence réellement. Ils prennent Marnaud en filature dans le train allant vers Calais. Le narrateur partage son compartiment avec un mystérieux barbu. Ils iront jusqu’à Boulogne.

Grâce aux circonstances, le narrateur deviendra le complice de Philippe Marnaud – sans savoir ce que fait son ami détective pendant ce temps-là. Qui Marnaud fait-il chanter ? Celui qui a, par erreur, agressé la victime. Mais le jeune homme en question, qui n’a pas les moyens de payer, se confie à Brunel et à son ami. Ils vont l’aider en suivant le parcours d’une enveloppe grise dans Paris. Seront-ils plus malins que leur adversaire ? Ouvrir le coffre de Marnaud, récupérer les papiers compromettants, pas si difficile pour le détective. Pour autant, l’affaire n’est pas close, car le rusé Marnaud avait prévu une parade. Le docteur Bougon sera mis à contribution pour éviter de perdre la partie.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 04:55

Certains romans ont connu un réel succès auprès du public, sans qu'ils aient été glorifiés par les médias, ou très peu. Ce fut le cas du roman de Thierry Maugenest “Venise.net”. Paru en 2003 aux éditions Liana Levi, il fut réédité en 2005 dans la collection Piccolo, du même éditeur. Cette année-là, il fut récompensé par le Prix des Bibliothécaires bretons, le Prix des lecteurs du Saumurois, le Prix littéraire Inter-LP 49 (Maine-et-Loire) et le Cezam Prix littéraire Inter CE. En Espagne et en Amérique Latine, ce roman traduit a été également un best-seller. Il est vrai que ce singulier suspense, qui nous permet de voyager dans le temps, est très convaincant. Bien documenté, il nous présente un argument historique plutôt original, entouré de mystère. La construction narrative, en partie basée sur des mails qui traversent l’Atlantique entre Venise et New York, est astucieuse et réussie. La fluidité du récit rend captivant ce roman court, plein de qualités.

Thierry Maugenest : Venise.net (Liana Levi, 2003)

Une jeune universitaire française est assassinée à Venise. Elle étudiait l’œuvre du peintre Le Tintoret. Par e-mail, l’inspecteur Baldi contacte à New York le professeur Jeffers, quatre-vint-seize ans, spécialiste de la Renaissance. Selon Baldi, ce meurtre a un rapport avec ceux de deux autres experts en art, morts en 1934 et 1962.

En 1564, Jacopo Robusti (dit Il Tintoretto, “le petit teinturier”) obtient par concours une commande de tableaux pour la Scuola di San Rocco. Il a été favorisé par certains membres de l’Archiconfrérie, appartenant à une organisation secrète. Plus tard, l’enquêteur vénitien Francisco Rista l’interroge sur cet Ordre des Missionnaires du Lion, dont il ne sait encore rien. Un jour, Le Tintoret surprend une mystérieuse réunion de ces puissants et dogmatiques comploteurs, héritiers des seigneurs de la 4e croisade qui pillèrent Constantinople. Le document que recherche Rista, c’est la charte fondatrice de l’Ordre. Peu de personnes savent où elle est cachée. Jacopo “Il Tintoretto” l’ignore.

Bien que sa santé soit déclinante, le professeur Jeffers renseigne Baldi autant qu’il le peut. L’inspecteur pense que les trois victimes recensées ont découvert un secret dans une des toiles du Tintoret. Ce peut être un détail pictural, un repentir. “Saint-Roch en gloire”, au plafond de la Scuola, mérite sans doute un examen approfondi.

Jacopo devine enfin où est cachée la charte. Lorsque l’enquêteur Rista perquisitionne à la Scuola, il ne peut rien lui dire. En 1575, la peste ravage Venise. L’Ordre en profite pour éliminer l'enquêteur Rista. Au fil des siècles, la république de Venise perd sa puissance. Lors du pillage de la ville par Napoléon et ses troupes, les descendants de l’Ordre sont toujours présents. Même aujourd’hui, les gardiens successifs de la Scuola suppriment tous ceux qui approchent leur secret datant de 1203…

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article
11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 04:55

Nous sommes à l'automne 1942. Le commissaire San-Antonio s'est mis en disponibilité, et vit tranquille auprès de sa brave femme de mère, Félicie. Un jour où il s'autorise une virée à Paris, lors d'une alerte dans le métro, il se fait flinguer par un inconnu. Il se réveille au bout de trois semaines, et va rester deux mois hospitalisé. Cette tentative de meurtre lui paraît inexplicable, vu qu'il ne se mêlait de rien en ces temps troublés. San-Antonio sort de l'hôpital peu avant Noël. Dès sa première soirée dehors, il a rendez-vous avec la belle infirmière qui s'est occupée de lui. Il s'agit de séduire la ravissante Gisèle Maudin, car il a trop le sens du devoir pour lui proposer le mariage. Au restaurant de la rue de l'Arcade où ils dînent, San-Antonio capte un curieux message en code morse.

Plus tard dans la soirée, la mort du commissaire est annoncée à la radio. C'est forcément un sosie qui s'est fait descendre. Accompagné de Gisèle, il cause une drôle de surprise en se présentant à ses collègues policiers, chez la victime. Visiblement, le défunt utilisait peu cet appartement, où on ne trouve pas d'indices. San-Antonio élabore son plan pour identifier ce qu'il pense être un gang. C'est un nain qui vient au rendez-vous fixé, chez Gisèle. Agressif et armé, il réussit à fausser compagnie au commissaire convalescent, qui supporte encore mal les coups violents. Dès le lendemain, l'inspecteur principal Guillaume apprend à San-Antonio que Gisèle a été enlevée, bien qu'il lui ait conseillé d'être prudente. Mieux vaut que le commissaire mène une enquête officieuse.

Il s'installe discrètement dans l'appartement de son sosie, un certain Manuel. L'homme qui se pointe n'est autre que son tueur du métro. Il prétend appartenir à une ancienne bande, les Kangourous, censée ne plus exister. Quant à savoir ce qu'ils traficotent avec des ampoules électriques, San-Antonio ne comprend pas vraiment. Le quartier général de ce gang se situe dans une propriété du Vésinet. Lorsque le commissaire y pénètre, la bande est en train de fêter Noël. San-Antonio ne tarde pas à délivrer Gisèle, leur prisonnière. Le nommé Fred dit être le chef de ces truands. Jouant l'astucieux pour obtenir des infos, le policier réalise être en possession de l'invention allemande BZ22. Quand la Gestapo cerne la propriété, San-Antonio et Gisèle parviennent à s'enfuir. Si le commissaire s'échappe en sautant dans la Seine, il sera bientôt confronté aux nazis Karl et Greta, qui lui laissent peu de chances de passer à Londres avec le BZ22. À moins que le destin ou la chance ne donnent un coup de pouce à l'intrépide policier...

San-Antonio : Laissez tomber la fille (Pocket, 2013)

Frédéric Dard créa le personnage du commissaire San-Antonio en 1949. C'est aux éditions Jacquier, à Lyon, que fut publié cette année-là “Réglez-lui son compte”. Le premier San-Antonio dans la collection Spécial-Police des éditions Fleuve Noir parut en décembre 1950. Il s'agissait de “Laissez tomber la fille”. Peu d'éléments sont déjà en place dans l'univers de San-Antonio. Mis à part sa mère Félicie, pas de héros secondaires tels que le seront plus tard Le Vieux, Pinaud, ou Bérurier (encore qu'apparaisse un flic costaud aux airs de mammouth). C'est un pur roman d'aventures, où s'enchaînent les rebondissements et les surprises. Personnage courageux et supposé déjà expérimenté, San-Antonio fait face aux situations les plus agitées et dangereuses. On ne risque pas de s'ennuyer à le suivre.

La tonalité langagière n'est pas aussi exubérante que par la suite. Néanmoins, l'écriture montre déjà une très belle vivacité, en témoigne cet extrait : “Jusqu'ici, je suis assez content. Mon grand pif, je le crois fermement, a reniflé une piste. Voyez-vous, bande de pègreleux, le raisonnement est une belle chose pour un flic […] Qu'est-ce que vous feriez à ma place ? Vous braqueriez votre soufflant dans la direction du copain, et vous appuieriez sur la gâchette jusqu'à ce que votre magasin de quincaillerie soit vide. Bien sûr, ce serait le parti le plus sage, mais je ne peux plus me permettre d'être prudent. Si cette crapule est venue dans l'appartement, c'est qu'elle a l'espoir d'y prendre quelque chose. Vraisemblablement, ce que Manuel y avait caché. Mon plan est donc de lui laisser trouver ce quelque chose. Mais, allez vous m'objecter, rouscailleurs comme je vous connais, mais si vous n'avez rien trouvé, vous, pourquoi serait-il plus chanceux ? Eh ben, mes kikis, vous en tenez une couche à ce point épaisse, que si un autobus vous rentrait dedans, il ne vous ferait pas mal...”

Cette quasi-première aventure de San-Antonio s'avérait déjà très réussie. On sait que, dès les années suivantes, les enquêtes de ce héros connaîtront un énorme succès mérité.

Repost 0
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 04:55

Martin Winckler a publié plusieurs suspenses ayant pour héros le Dr Charly Lhombre. Retour sur ces trois titres.

 

Mort in vitro (Fleuve Noir, 2003 - réédition Pocket)

La pression des groupes pharmaceutiques et la complicité de certains médecins, tel est le thème de ce livre militant. Toutefois, il ne s’agit pas d’une démonstration manichéenne, mais bien d’un roman. Qui démontrait déjà le poids néfaste de ces sociétés.

L’action se passe à Tourmens, grande ville française. Une jeune femme, patiente du Dr Charly Lhombre, est décédée d’une hémorragie imprévisible. Elle était enceinte de son premier enfant. Charly contacte le Professeur Larski, du centre de pharmacovigilance. Quatre autres cas de placenta accreta, complication rare et mortelle, ont été observés depuis quelques semaines. Quand Larski doit quitter Tourmens pour une mission de l’UNESCO, il confie cet inquiétant dossier à Charly. Certaines patientes avaient pour gynéco le Dr Garches, du CHU, qui consulte aussi dans une clinique de la ville. Il est connu comme un spécialiste de la procréation assistée, au taux de réussite important.

Pharmacologue au CHU, le Professeur Seryex est mort dans un accident de voiture. En réalité, il a été tué d’un coup de feu. Soutenu par la nouvelle présidente du tribunal, le juge d’instruction Jean Watteau enquête sur les étranges circonstances du crime.

Tout va bien pour la multinationale WOPharma. L’OPA sur EuGenTech, un concurrent, est réussie. Surtout la Pronauzine, médicament contre les nausées, obtient une autorisation élargie. Il peut être prescrit aux femmes enceintes. Les ventes s’annoncent excellentes. Le Professeur Llorca, éminent légiste, ami et mentor de Charly, donne l’occasion au jeune médecin de rencontrer le juge Watteau. Charly constate que la Pronauzine fut utilisée par quatre des patientes défuntes. WOPharma tente d’empêcher Charly de poursuivre son enquête.

Martin Winckler - Trois polars avec le Dr Charly Lhombre

Camisoles (Fleuve Noir, 2006 - réédition Pocket)

Le propos nous alerte ici encore sur la pression du lobby pharmaceutique, complice de la politique sécuritaire. Les pires dérives sont à redouter. Suspense et sujets de société sont complémentaires dans ce bon roman. On aime aussi les références de l’auteur. À la série-télé Le Prisonnier, aux titres de grands films illustrant chaque chapitre, à Raoul d’Andrézy (un des noms d’Arsène Lupin, avec sa torpédo 813 AL 75).

Le gouvernement français a instauré des lois ultra sécuritaires. Il a aussi autorisé des expérimentations médicales sur certains détenus. A Tourmens, le Dr Charly Lhombre est candidat pour un poste au Centre La Fontaine. L’établissement est dirigé par le Dr Dominique Damati, ex-amante de Charly. Elle lui fait découvrir les lieux, divisés en deux parties : le Château soigne des médecins stressés, le Village s’occupe de délinquants ayant des problèmes psychologiques. La surveillance est omniprésente. Le fonctionnement du Centre intrigue le sceptique Charly Lhombre.

Bien que bloqué par une entorse du genou, son ami le juge Jean Watteau mène une double enquête. L’avocat Henry d’Artigues et le Dr Derec, ancien directeur régional de la santé, ont été assassinés la même nuit avec des armes de calibre identique. Derec allait s’opposer au ministre de la Santé à la télé. Mais c’est surtout son épouse qui apparaît suspecte, ce que ne dément pas leur médecin et ami, le Dr Wallace. Claude, la mère du juge, s’intéresse aux animatrices d’un programme de téléréalité. Avec son vieil ami Raoul, Claude traque la vérité, quitte à user de méthodes rocambolesques... Au Centre, le meurtre d’une vraie-fausse patiente confirme les doutes de Charly... Grâce aux indices, le juge Watteau reconstitue la nuit du crime...

 

Les Invisibles (Fleuve Noir, 2011).

Médecin légiste en congé sabbatique, Charly Lhombre arrive au Québec pour occuper un poste à l'université de Montréal. Il pensait vivre une année d'étude tranquille. Les choses prennent une tournure particulière à la suite d'événements violents, échos d'un sombre passé. Conflits de pouvoir, réapparition d'anciens secrets que certains avaient cru pouvoir enterrer, et agression de plusieurs SDF sans défense. Ces histoires sont-elles liées au meurtre non élucidé de Kathleen Cheechoo, épouse du fondateur du centre de Recherches pour lequel travaille Charly ? La complicité de la surprenante Réjane Lalumière, collègue intime de Charly, ainsi qu'une initiation à la culture des Indiens Cris vont l'aider à élucider le triple mystère.

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 04:55

Virginie Brac est scénariste de télévision et romancière. Elle se fit connaître avec les polars “Sourire kabyle” (1982) et “Mort d'un fauve” (1983). Sa trilogie consacrée aux enquêtes de la psychiatre urgentiste Véra Cabral obtint un beau succès : “Tropique du pervers” (2000), “Notre-Dame des barjots” (2002) et “Double peine” (2004). Récompensé par le Grand prix de Littérature policière, ce dernier titre était en effet de qualité supérieure.

Entre vie privée compliquée et vie professionnelle agitée, le personnage de Véra Cabral est très réussi, vivant et attachant. Virginie Brac eut l'intelligence d’inclure des passages plus souriants dans cette histoire largement sombre. Percer les plus noirs secrets de chacun pour expliquer la psychologie de la meurtrière, ce n’est pas simple quand personne ne dit la vérité. Celle-ci apparaît progressivement, dans un récit très bien dosé. “Double peine” est un captivant noir suspense.

Virginie Brac: Double peine (Grand prix de Littérature policière 2004)

Lors d’une intervention d’urgence à Fleury-Mérogis, la psychiatre Véra Cabral arrive trop tard. Giselle, une détenue, a tué une surveillante pourtant amicale. Incompréhensible, la prisonnière devant sortir une semaine plus tard, après une peine de dix ans pour meurtre. À Véra, elle a parlé d’un fils mort, mais son défenseur affirme que Giselle n’a pas d’enfant. Un bilan d’évaluation doit établir si elle est psychotique ou dangereuse. Véra a des soucis avec la famille huppée de son fiancé Hugo. Ils refusent d'admettre que leur fils aîné bat sa femme. Quand le problème tourne au drame, Véra s’en mêle. En outre, elle a raison de penser qu’Hugo lui échappe pour une autre.

Le policier algérien Hakim Salem est en mission en France. Il s’intéresse à Giselle, qui fut la compagne d’un terroriste islamique. Véra Cabral s'avoue n'être pas insensible à son charme froid. Il est bien renseigné sur elle et sur son enquête. Les parents de Giselle se veulent irréprochables. Si le père, ancien sergent de la guerre d’Algérie, ne cache pas ses opinions, il nie avoir tué l’enfant de Giselle. Celle-ci, tabassée en prison, est soignée à l’hôpital où exerce Véra. La psy visite clandestinement la maison des parents, y devinant une présence cachée.

Véra reçoit un paquet contenant une petite oreille. Elle apprend où naquit Giselle. Elle veut joindre Hakim pour qu’il l’aide et s’explique. Il semble être reparti chez lui. Véra demande à la police une perquisition au domicile des parents de Giselle. S’il y a eu un enfant ici, ils ne trouvent rien. Il peut s'agir d'une fuite, ou plutôt d'un kidnapping. Le père finira par dire la vérité à Véra sur les vraies origines de Giselle.

Repost 0
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 04:55

La collection Crime Parfait des éditions Mercure de France (alors dirigée par Simone Gallimard) eut pour but d'amener des auteurs de littérature classique à écrire des polars. Paul Guth, Pascal Lainé, Pierre-Jean Rémy, Camille Bourniquel, René Barjavel, Jean Raspail, Michel Del Castillo, Suzanne Prou, et d'autres s'y essayèrent sans convaincre autant que Gilles Perrault, Roger Peyrefitte, Cecil Saint-Laurent ou Didier Decoin, qui maîtrisaient déjà des intrigues à suspense. Les admirateurs de Guy des Cars, Jean Lartéguy, Pierre Bourgeade, ou René-Victor Pilhes y trouvèrent quand même quelques qualités. Le titre le plus original de cette collection fut sans doute “L'Angle mort” (publié en novembre 1991), un cadavre exquis réunissant huit auteurs.

Le mieux est d'en relire la présentation : « Les Surréalistes, qui savaient s'amuser, jouaient aux cadavres exquis. L'un commençait une phrase, que l'autre poursuivait, et ainsi de suite. Jusqu'à ce que naisse, insolite, imprévisible, à l'insu des partenaire, un texte !... Les principes de ce feuilleton singulier [“L'Angle mort”] étaient simples. Réunir en huis-clos huit talentueux écrivains qui ne se connaissaient pas –ou mal– mais qui s'estimaient assez pour se supporter dans nos pages estivales, comme s'il se fut agit d'une croisière organisée, sur une mer agitée, par l'Événement du Jeudi [hebdo de l'époque], et reprise plus tard par le Mercure de France. Nous ne sommes pas peu fiers d'avoir fait rimer ici San-Antonio et Modiano, se croiser Daniel Boulanger et Michel Grisolia, se suivre Jean Vautrin et Didier Daeninckx, d'avoir réveillé Régis Debray de son long sommeil romanesque, et poussé Jean-Marc Roberts à s'exercer pour la première fois au polar. »

Cette forme de “cadavres exquis” peut donner le meilleur ou le pire. Chacun des huit auteurs a fourni un chapitre devant tenir compte de ce qui précédait. Dans l’ordre : San-Antonio, D.Boulanger, P.Modiano, M.Grisolia, J.-M.Roberts, R.Debray, J.Vautrin, et D.Daeninckx. Ici le résultat fut plus que satisfaisant, très réussi. Chacun sut alimenter cette intrigue avec son propre style, gardant une tonalité convaincante, respectant le suspense et l’action, sans négliger une part d’humour dans cette suite sanglante et loufoque. Un roman assez court, que l’on savoure encore mieux en le lisant une deuxième fois, pour le plaisir.

Cadavres exquis : L'Angle mort (1991, coll.Crime Parfait)

Imbert, simple quidam, est dans sa voiture. Un camion le bloque, livrant un panneau de verre pour la vitrine d’une boutique. Dans le reflet dansant de cette vitre, Imbert croit apercevoir une jeune femme qui se précipite à une fenêtre anonyme d’un immeuble. Un flot de sang semble s’échapper de sa gorge tranchée.

Seul dans la vie (avec ses deux perruches et son désespoir) Imbert revient dans le quartier le soir-même, espérant vaguement obtenir une explication sur cette troublante vision. Dans un bar tenu par un Auvergnat, il croise un Lituanien distingué et un horloger possédant une montre ancienne fort originale.

Imbert et l’horloger Virole découvrent le Lituanien assassiné. Il n’a aucune envie de prévenir la police, Imbert ! Ni de rester sur les lieux. Réminiscences d’un passé enfoui? Peut-être. Pourtant la commissaire de police qui l’attend chez lui quelques heures plus tard n’a pas grand chose à lui reprocher.

Mlle Cécile, dont on remplaçait la vitrine ce jour-là, se montre amicale –et avoue ne pas s’appeler Cécile. Mais c’est la trace du Lituanien qu’Imbert préfère suivre, six culottes de dentelle en poche. La veuve de l’étranger n’aura pas le temps d’expliquer quoi que ce soit. À son tour, elle est assassinée.

Quand les policiers cèdent la place aux espions, on doit s’attendre à une série de morts. Qu’ils prennent Imbert pour un agent de l’Est est absurde. Mais il pourra passer entre les gouttes (de sang ?) puisque le vrai espion demande qu’on l’épargne. Il ira jusqu’à Saint-Paul-de-Vence, presque nu, pour tenter de comprendre…

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 05:55

Chester Himes est avant tout connu des amateurs de polars pour sa série Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, neuf romans noirs d'une amoralité délicieuse. Il faudrait aussi se souvenir d'un ouvrage assez différent, "Une affaire de viol", publié en 1963 aux Éditions Les Yeux ouverts (traduction d'André Mathieu). Ce livre fut réédité plus tard dans une nouvelle traduction sous le titre "Affaire de viol" aux Éditions Des Autres, 1978, puis reprit son titre "Une affaire de viol", aux éditions André Dimanche - collection Rive noire, en 1999.

Sans doute est-il inutile de vanter les évidentes qualités de ce plaidoyer contre le racisme, qui évite le piège de la démonstration caricaturale. Ce grand écrivain que fut Chester Himes fait preuve ici d’une remarquable subtilité, dans un texte captivant du début à la fin. Si l’on connaît bien les autres romans de l’auteur, il faut également découvrir cet excellent titre !

Chester Himes : Une affaire de viol (1963)

Paris, 1956. Mrs Hancock, 40 ans, mourut dans une chambre d’hôtel où elle se trouvait avec quatre Noirs. Il fut établi qu’elle avait eu des relations sexuelles dans les heures précédant sa mort. Cause du décès : elle avait bu du sherry contenant une drogue aphrodisiaque. Au procès, l’accusation n’eut aucun mal à convaincre les jurés blancs de la culpabilité des quatre Noirs. On supposa une suite de viols, suivis du meurtre. Pourtant, la défense souligna que la victime connaissait parfaitement Scott Hamilton (le principal accusé) puisqu’ils avaient vécu ensemble à une époque.

Ami d’Hamilton, l’écrivain Noir américain Roger Garrison tenta de faire la lumière sur cette affaire. En effet, il trouva des éléments biographiques importants sur les accusés. Mais il n’approcha jamais vraiment la réalité de cette histoire. Il s’intéressa trop peu à la victime, et resta sur le plan idéologique – avec quelques préjugés. Personne ne s’interrogea sur le rôle de Brissaud, ex-mari de la défunte. Il était responsable de la fragilité physique et nerveuse de Mrs Hancock ce jour-là. Ted, un des Noirs, avait des raisons complexes pour la faire boire. En fait, personne ne voulait réellement établir toute la vérité dans ce dossier…

Repost 0
Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
commenter cet article

Action-Suspense Contact

  • : Le blog de Claude LE NOCHER
  • Le blog de Claude LE NOCHER
  • : Chaque jour des infos sur la Littérature Policière dans toute sa diversité : polar, suspense, thriller, romans noirs et d'enquête, auteurs français et étrangers. Abonnez-vous, c'est gratuit !
  • Contact

Toutes mes chroniques

Plusieurs centaines de mes chroniques sur le polar sont chez ABC Polar (mon blog annexe) http://abcpolar.over-blog.com/

Mes chroniques polars sont toujours chez Rayon Polar http://www.rayonpolar.com/

Recherchez D'autres Infos Ici

Action-Suspense via Twitter

Pour suivre l'actualité d'Action-Suspense via Twitter. Il suffit de s'abonner ici

http://twitter.com/ClaudeLeNocher  Twitter-Logo 

Libres lectures

Petit rappel : Toutes mes chroniques, résumés et commentaires, sont des créations issues de lectures intégrales des romans analysés ici, choisis librement, sans influence des éditeurs. Le seul but est de partager nos plaisirs entre lecteurs.

Abonnez-vous à Action-Suspense, pour recevoir chaque jour mes chroniques et mes infos sur l'univers du polar. Facile et gratuit !

Spécial Roland Sadaune

Roland Sadaune est romancier, peintre de talent, et un ami fidèle.

http://www.polaroland-sadaune.com/

ClaudeBySadauneClaude Le Nocher, by R.Sadaune

 http://www.polaroland-sadaune.com/