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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 05:36

 

Parus au début des années 1970, les romans d’espionnage signés Alix Karol étaient l’œuvre de Patrice Dard, fils de San-Antonio. Ces titres ayant été réédités chez Vauvenargues ces dernières années, voilà une occasion de les découvrir pour beaucoup de lecteurs. Les couvertures de François Boucq remplacent celles de Michel Gourdon. Le monde a évolué depuis quarante ans, aussi compliqué qu’alors. Même s’ils sont marqués d’une époque, on lit encore ces romans d’aventures avec grand plaisir.

Moins féru d’espionnage que de polar, je n’ai jamais lu d’Alix Karol à leur parution initiale. Deux titres m’ont permis de faire connaissance aujourd’hui avec cette série.

 

KAROL-1Garanti sur fracture(publié en 1974, réédité en 2010).

Les SSTM, ce sont les Services Secrets du Tiers-Monde, rivalisant avec le KGB et la CIA. Ils sont dirigés par un métis d’Espagnole et d’Indien Tupamaro, que l’on surnomme L’Inca. Le patron incontesté des SSTM vit à Montevideo, en Uruguay. L’équipe basée à Paris se compose d’Alix Karol et de Bis. Le premier possède une belle allure sportive, possède l’auberge de La Pommeraie, et se vante volontiers de ses prouesses sexuelles. Bis est un Hollandais blond et filiforme d’une trentaine d’années. Il se nomme Karolus van Haag, d’où son sobriquet Bis, car il y aurait deux homonymes dans l’équipe. Il est artiste de music-hall, son numéro de transmission de pensée servant parfois de couverture au duo.

Un Iranien suspect est actuellement interrogé par le commissaire Morsellange, de la brigade criminelle. La traductrice de langue persane reste perplexe face aux méthodes du policier. Alix Karol et son acolyte Bis ont rendez-vous avec un certain Moshir à Notre-Dame-de-Paris. Il a réussi à enregistrer l’interrogatoire de l’Iranien. Les deux espions découvrent leur intermédiaire, Nourredine, assassiné dans un confessionnal de la cathédrale. Puis ils pénètrent dans la tour sud, pour y retrouver Moshir. Un espion iranien, Assar, intervient. Avant de prendre la fuite avec l'enregistrement, il tue Moshir ainsi qu’un agent de police. Alix Karol et Bis le pourchassent, mais le perdent sur un bateau-mouche.

KAROL-2010Peu après, un attentat est commis par un faux diplomate iranien dans le bureau du commissaire Morsellange. Le suspect et la traductrice sont abattus. L’Inca, en accord avec les émissaires du Chah d’Iran, envoie ses hommes en mission afin que la clarté soit faite sur cette affaire. D’autant qu’ils ont reçu un message de menace, accompagné d’un peu ragoûtant débris humain censé appartenir à l’agent de la SSTM en Iran. Heureusement, le véritable agent est une femme, toujours en vie là-bas. C’est ainsi qu’Alix Karol et Bis vont séjourner à Téhéran, dans le palais du Chah, sous couverture d’artistes de music-hall.

Bis explore d’abord la propriété impériale, non sans semer la perturbation. Alix Karol montre ses capacités sexuelles à la jeune et belle princesse Clotilda, avant que celle-ci ne retourne à Shirâz où sa famille possède un palais. Dans la cage des panthères, Bis découvre une main humaine déchiquetée. Bien que leur mission les mettent au service du Chah, il n’ignore pas les violentes méthodes de la SAVAK, police militaro-politique du régime iranien. Lors de la soirée mondaine qui suit, Alix Karol et Bis font un numéro de transmission de pensée devant les dignitaires du pays. Puis, alors qu’ils se trouvent avec un couple de Hollandais amis de Bis, ils se font piéger par la police pour détention de drogue. C’est chez leur vieil adversaire Zhoun qu’on les conduit. Ils risquent d’y être torturés par un cruel nain Turc. L’agent de l’Inca intervient pour les aider à s’enfuir, libérant aussi une étudiante marxiste experte en sexologie. On va bientôt comprendre qui complote contre Rézâ Pahlavi, l’intransigeant Chah d’Iran…

 

Une aventure qui ne manque pas ni de trépidantes péripéties, ni de situations périlleuses, on le constate. Avec son lot de scènes érotiques suggérées. Celle de la rencontre dans sa chambre entre le héros et Clotilda est éloquente : Manière d’annoncer la couleur, je donne d’emblée deux tours et je retire la clé de la porte. Puis je chope la môme par une main et l’entraîne au centre de la pièce. Je lui montre les coussins et lui indique qu’elle peut s’étendre. Effarouchée, elle bat en retraite. Voilà que je suis tombé sur la rosière du personnel ! S’ensuivra une relation sexuelle mutuellement consentie. La belle Clotilda ne sera pas la seule amante de l’espion dans cette histoire. Mais, surtout, Alix Karol et Bis doivent affronter bien des dangers plus sérieux pour approcher de la vérité…

 

KAROL-2Nous avons les moyens de vous faire parler(publié en 1975, réédité en 2009)

Jacobi, le correspondant des SSTM en France a envoyé Alix Karol et Bis dans un village de Savoie, sans vraiment leur préciser la nature de leur mission. En cette fin juillet, un cadavre est découvert dans la tranquille bourgade savoyarde de Gerbaix. Bis a été arrêté par la gendarmerie. Recherché, Alix Karol prend la fuite en direction de Lyon. Volant trop facilement une 504, il flaire l’entourloupe. Il contacte Jacobi, qui exige qu’Alix Karol libère Bis de la gendarmerie et récupère le cadavre. Par la ruse, l’agent éloigne la maréchaussée et disparaît avec son acolyte. Mais leur 504 est bientôt volée, avec le cadavre dans le coffre.

L’Inca est de passage à Paris pour préparer une mission très particulière. Il s’agit de faciliter le passage de l’ex-nazi Martin Gorman vers l’Espagne. Les SSTM n’ont pourtant aucune affinités avec les partisans et nostalgiques du régime hitlérien. C’est en rencontrant une splendide jeune femme qu’Alix Karol et Bis obtiennent un début d’explication. C’est une reine de la transformation physique, que le duo baptise vite Fregola. L’épisode savoyard était destiné à les faire passer tous deux pour des néo-nazis ayant supprimé un Juif. Quand plusieurs agents des Services Secrets israéliens expliquent à Alix Karol et à Bis l’opération en cours, ceux-ci admettent que les intérêts des SSTM et d’Israël sont compatibles.

KAROL-2009Pour duper les nazillons, Fregola et le duo doivent donc conduire Martin Gorman en Espagne. Avant leur départ, deux Allemands se font buter, puis c’est au tour de trois agents secrets israéliens d’être éliminés. Il semble qu’un autre groupe non identifié agisse dans l’ombre. Alors qu’ils voyagent en Rolls vers le pays de Franco, le trio repère un suiveur en DS. C’est bien le tueur, qui se fait appeler Nummer Eins. L’affaire va mener Alix Karol, Bis et Fregola jusqu’à Salzbourg, où les admirateurs des SS sont trop bien organisés…

 

Cette affaire est riche en suspense et en mystères, mouvementée à souhaits comme il se doit. Il y est fait référence au dignitaire nazi Martin Bormann, qui fut le secrétaire d’Hitler. Condamné par contumace, on a supposé qu’il s’était réfugié en Amérique latine, où il fut recherché par les services secrets israéliens. Que ce vieux SS mérite six millions de fois la mort, nous ne le contestons pas. Mais que vous nous proposiez d’être les exécuteurs des hautes œuvres, c’est autre chose. C’est l’éternel risque de résurgence des théories nazies qui sert donc de toile de fond à cette aventure agitée. On trouve (un peu) moins d’érotisme suggéré ici, que dans le précédent.

Ces deux romans à la narration fluide et aux intrigues solides restent extrêmement plaisants à lire.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 05:44

 

Le cuisinier mitonne ses plats pour sa clientèle, avec savoir-faire et inventivité, afin qu’ils soient satisfaits et qu’ils reviennent. C’est aussi, souvent, dans le but de se prouver qu’il est encore et toujours capable de cuisiner les meilleurs mets. Telle est la comparaison qui me vient en tête quand je pense à Frédéric Dard. Il ne fut pas cuisinier, mais un de ces hommes animés par la passion d’écrire, la nécessité même de s’exprimer par l’écriture. Travail d’artisan non pas seulement propre, mais particulièrement soigné.

Celui-là, tout le monde en est capable, à condition de savoir écrire un roman […] Mais des San-Antonio, je vous jure que c’est dur. Ça me prend là, je suis sans arrêt plongé dans des dictionnaires pour faire des jeux de mots, vérifier un point d’histoire. C’est quelque chose qui me mobilise totalement. Ça me fait suer qu’on traite ça par-dessus la jambe a-t-il écrit. DARD-2010Certes, les beaux esprits littéraires ne pouvaient pas comprendre ce besoin permanent chez lui d’être San-Antonio. Avec cette faconde et ces trouvailles, ce style qui séduisaient un lectorat nombreux à chaque roman.

Il est une question à laquelle cet album ne répond pas. Frédéric Dard aimait-il ses lecteurs ? De lui qui ricana tant sur les cons de toutes espèces, de lui qui a dit Mes contemporains ? Cela fait si longtemps que je les emmerde qu’ils me sont devenus indispensables on pourrait penser qu’il fut un sacré misanthrope. Ce serait sans doute inexact. Simplement, le public n’a pas de visage, le lecteur est trop anonyme. Or, cet homme de clan, de tribu, doté d’une forte sensibilité, avait besoin de visages pour aimer les gens. C’est donc à sa/ses famille(s) que Frédéric Dard réservait son affection, sa tendresse, ses sentiments. On discerne cette chaleur protectrice envers les siens à travers les photos illustrant ce livre. Ses proches, son clan, ça représente déjà une foule de personnes, en France et en Suisse. La famille de son premier mariage, celle du second dont est issue Joséphine Dard, celle de son éditeur et beau-père Armand de Caro, celle du théâtre et du cinéma, celle des amis de toujours et de son quotidien dans ses propriétés helvétiques. Besoin d’aimer et d’être aimé de tous ces gens-là.

Chacun de ses lecteurs possède sa vision personnelle de Frédéric Dard et de ses romans, San-Antonio et autres. Les plus passionnés se sont même rassemblés en association. D’autres lisent ou relisent périodiquement, avec nostalgie ou par plaisir, un de ses romans. Certains se souviennent que c’est, en grande partie, grâce à lui qu’est née en eux le goût (intensif dans mon cas) de la lecture. Lire un Frédéric Dard, c’est la certitude de ne pas être déçu. Lire un San-Antonio, c’est du pur plaisir assuré. À de rares exceptions, on n’idolâtre pas Frédéric Dard, on le remercie simplement de nous apporter une dose de bonheur. Même si sa vie à lui n’a pas connu que des joies, ce qui est aussi évoqué ici. DARD-Joséphine

Joséphine Dard parle de sa relation avec son père, sans oublier le douloureux épisode de son kidnapping en 1983. Pas de haine chez Frédéric Dard, mais il est des faits qui ne se gomment jamais. Cet album nous permet d’entrer, tant soit peu, dans l’intimité du clan et dans le parcours d’écrivain de Frédéric Dard. Deux facettes complémentaires et indissociables, richement illustrées de photos rares.

Un livre réservé aux admirateurs ? Ce romancier aux tirages impressionnants en a certainement encore beaucoup, une dizaine d’années après son décès. Mais il me semble que l’ouvrage s’adresse autant à ceux qui voudraient découvrir cet écrivain qu’ils ont peut-être raté, parce que sous-estimé du monde intellectuel.

Pour terminer, une pensée émue pour Elisabeth Dard, présente dans cet album, demi-sœur de Joséphine Dard, qui a choisi de s’en aller en février 2011.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 05:45

 

Parmi les grandes collections populaires des années 1950-60, Un Mystère a publié bon nombre de romans fort réussis. Avec pour logo un petit éléphant, ce sont environ 760 titres qui figuraient au catalogue de cette collection. Erle Stanley Gardner en fut la locomotive, avec des auteurs tels Peter Cheney, Raymond Chandler, Ben Benson, Ellery Queen, Mickey Spillane, William Irish, Bill Ballinger, etc... M-B.Endèbe, G.Morris, Steeman, Jean Bruce, puis Michel Lebrun en furent leurs premiers piliers francophones. Sans doute, malgré quelques rééditions, une grande part de ces romanciers sont-ils oubliés aujourd’hui. Voilà donc l’occasion d’en donner quatre exemples, à travers des auteurs très variés.

 

MYST-1Ben Benson : Attention au cheval bleu (1953)

White Sands est une bourgade de la côte Atlantique des Etats-Unis. Un double meurtre y mobilise la police. Le riche Charles Endicott, encore jeune, bienfaiteur de la ville, a été assassiné chez lui. Policier émérite, dan Hall mark lui aussi été tué. L’enquête est officiellement confiée à Paul Coyne. Il est incompétent, mais possède des soutiens politiques. En réalité, c’est l’inspecteur Wade Paris qui devra résoudre l’affaire. Policier pur et dur aimant son métier, ce dernier ne cherche pas la publicité, contrairement à Coyne. Wade Paris a le soutien du colonel Davies de la police d’état et du capitaine Springer, un vieil ami.

Le principal suspect est vite identifié. Le jeune Harold Dana est bien celui qui a proposé à Endicott cette statuette de cheval datant de l’époque T’ang. Un objet trouvé par hasard, synonyme de fortune pour le désargenté Harold. Le suspect a disparu depuis plusieurs jours. Sa jolie sœur Judy ignore où il se cache. Le brocanteur Lakos ne pourra pas répondre à Wade Paris : il a été assassiné voilà plusieurs jours, quand on le retrouve. La mort d’Olsen, vieux pêcheur du coin, peut également avoir un rapport avec cette affaire.

Traquer Harold n’empêche pas Wade Paris de s’intéresser à l’entourage de Charles Endicott : Karen Wyman, sa fiancée; Walter Almeida, son ami artiste; Mr Noble, qui s’occupe du musée d’Eastern City; George Hanft, l’avocat de la famille; Elisabeth et Henry, le couple de domestiques. Sans oublier Mrs Endicott, la mère de Charles. Le cheval bleu n’est sans doute pas le seul objet précieux ayant disparu, encore faut-il comprendre les motivations de l’assassin…

 

MYST-2S.A.Steeman : Haute tension (1953)

Sept ans après le meurtre de son mari, Rita Mortimer reçoit une étonnante visite nocturne. Raymond Cadet, l’assassin de son mari, vient de s’échapper de prison, avant de s’introduire chez elle. Bien que bousculée par Cadet, Rita se dit que l’homme va mettre un peu de piment dans sa propre vie. Ce chantage pour q’elle le cache chez lui, pour qu’elle lui obtienne de faux papiers, Rita en est volontairement complice. Certes, il la menace. Mais elle n’hésite pas à l’accompagner dans sa fuite quand Cadet prend la direction du Midi, étape vers l’Italie. Sur la route, Cadet provoque un accident. Tenter de sauver la victime, c’est se mettre en danger pour le couple. Ils approchent de la frontière, mais doivent se cacher durant plusieurs jours. Nouveau danger, à cause d’un policier niçois.

Le plus sage est de retourner vers Paris. Dans une discrète pension de Versailles, la vie reprend pour Rita et Cadet. Celui-ci renoue avec son ex-petite amie, Nicky. Rentrer chez elle puisqu’elle n’a plus sa place auprès du fuyard ? Rita n’a guère envie de renoncer à cette tension aventureuse. Ses rapports ambigus avec Cadet pourraient les entraîner vers un drame…

 

MYST-3Edward Gillot : Une poire pour la soif (1955)

George Halam est un escroc vivant de la crédulité des femmes. Compagnon séduisant pour femmes vieillissantes, il finit par dérober leurs économies avant de disparaître. Parmi ses récentes victimes, l’une s’est suicidée. Actuellement, il s’occupe de Mary Crosby. Celle-ci étant un peu plus coriace que les précédentes, George se demande s’il est raisonnable de persévérer. Ne vaudrait-il pas mieux retourner vivre sagement auprès de Marion Collins, qui est amoureuse de lui ? Une vie normale n’est pas faite pour l’aventurier qu’il imagine être. En réalité, le butin de ses escroqueries ne l’aide à subsister que quelques temps. Pour une prime de cent livres, il a même naguère dénoncé un complice, le gros Byron.

Enfin, George réussit à convaincre Mary Crosby d’acquérir une vieille bâtisse pour en faire un hôtel, où ils s’établiraient tous les deux. Selon son véritable plan, c’est surtout un lieu discret où il se débarrassera d’elle, le moment venu. Le fameux Byron venant de sortir de prison, cet endroit constitue pour George une très bonne planque. Il sait que son ex-complice ne lui fera pas de cadeau. Reste à trouver l’occasion, ou le courage, de supprimer Mary Crosby.

Mal vus de leur hiérarchie, l’inspecteur Paxton et le sergent Roberts recherchent un escroc dont-ils savent peu de choses. Un faux billet est leur seule piste, ce qui les mène chez Jane Collins, sœur de Marion. Paxton est bientôt sous le charme de la jeune femme. Ni Jane, ni Marion ne voulant dénoncer George, l’enquête risque de tourner court. Le gros Byron sera plus habile à faire parler Jane. La police ne localisera George que tardivement…

 

MYST-4Jean-Pierre Conty : Le Diable et son train (1956)

Il s’agit d’un recueil de quatre nouvelles, dont la première donne son titre au livre. Le diable et son train est un texte de 90 pages. Alda, la femme d’Émile, a prévu de s’enfuir avec Jacques, confrère de son mari. Sans doute Émile a-t-il été prévenu car, le soir venu, il intervient. Sûre qu’il a supprimé Jacques, Alda va témoigner contre lui. Pourtant, l’alibi d’Émile pour toute la soirée est parfait. Le commissaire et son adjoint s’opposent sur les hypothèses. Menacé par le mari, Jacques a-t-il prudemment préféré s’enfuir ? S’il l’a tué, Émile n’a pas eu le temps matériel de se débarrasser du corps. Quelques jours après, Jacques meurt dans un accident de la route, dans le Sud. Néanmoins, le commissaire persiste sur son idée. Espérer des aveux est illusoire, mais le comportement d’Émile peut le trahir…

Les autres nouvelles font une trentaine de pages chacune. La chambre sur la cour raconte une rapide enquête de police après le meurtre d’un homme. Quel témoignage croire : la voisine impotente d’en face, affirmant que la victime avait des maîtresses, ou la concierge qui affirme l’inverse ? Tout en la ménageant, le commissaire croit l’épouse coupable. Dans Ne me félicitez pas, deux policiers viennent arrêter un homme soupçonné du meurtre de sa femme. Il s’embrouille dans ses explications. L’épouse est-elle chez sa sœur, ou cette dernière est-elle complice du mari ? Le complice imprévu est l’histoire d’un procès. L’accusé a-t-il assassiné sa femme, ou s’agit-il d’un accident ? Bien que l’accusation soulève les bonnes questions, l’acquittement de cet homme pas très futé est probable. Il devrait éviter de se confier ensuite au premier venu, même par sympathie.

Cliquez ici pour ma chronique sur "Le polar de 1950 à 1980" .

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 05:44

 

Né dans le Tennessee en 1897, décédé en Californie en 1955, Horace MacCoy doit figurer parmi les premiers grands noms du roman noir. Scénariste de cinéma, Horace MacCoy est l’auteur de "On achève bien les chevaux" (adapté par Sydney Pollack); "Un linceul n'a pas de poches" (adapté par Jean-Pierre Mocky); "J'aurais dû rester chez nous"; "Adieu la vie, adieu l'amour"; "Le Scalpel"; "Corruption City"; "Les Rangers du Ciel"; et du recueil de nouvelles "Black Mask Stories".

Mon préféré est "J’aurais dû rester chez nous", que je viens de relire. Remarquable roman, qui n’est hélas plus réédité depuis 1982.

MacCoy1938L’histoire se passe en 1938. Âgé de 23 ans, Ralph Carston est un beau garçon venu d’une bourgade rurale de Georgie. Depuis quelques mois, il s’est installé à Hollywood, en colocation avec une aspirante comédienne, Mona. Bien qu’il écrive à sa mère des lettres rassurantes, le succès n’est toujours pas au rendez-vous pour Ralph. Ce n’est pas tellement son accent du Sud qui pose problème. Ni que ce Mr Balter (de l’agence Excelsior) qui l’a recruté, reste injoignable. C’est juste qu’ils sont des milliers de postulants, tels que lui. Par exemple, des filles comme Dorothy, qui finit par faire de la prison. Mona a été incarcérée aussi, mais le juge s’est montré clément. Ralph et elle sont invités à une soirée donnée par Mme Smithers, une femme mûre, riche et influente.

Encore candide, Ralph ne se sent guère à l’aise dans cette ambiance mondaine. Bien qu’elle ait un autre amant en titre, Mme Smithers n’est pas insensible au charme de Ralph. Ce qui ne plait pas à Mona, laquelle ne cache nullement son hostilité. À force de désillusions, la jeune femme se sent de moins en moins motivée. Mme Smithers ayant donné cent dollars à Ralph, celui-ci règle quelques dettes. Surtout la somme due à son épicier compréhensif, Abie Epstein. Sa protectrice a mis Ralph en contact avec un agent sérieux, Bergerman. Sans agressivité, le professionnel essaie de lui faire comprendre que Ralph n’a aucun avenir à Hollywood, que sa place est en Georgie. Je mourrai plutôt que de rentrer chez moi pense Ralph, toujours pas prêt à renoncer.

Mme Smithers l’invite dans un de ces bars fréquentés par le gratin d’Hollywood. Simple figurant, il ne se sent pas à sa place. Elle présente Ralph à un des meilleurs cinéastes du moment. Plus tard, ce dernier trouve un prétexte pour ne pas le recevoir. Employé dans la promo du cinéma, Johnny Hill sympathise avec Mona et Ralph. Hill n’est pas dupe du système hollywoodien. Il envisage d’écrire un livre dénonçant le mirage de l’industrie du cinéma. Sans vraiment réaliser, Ralph découvre les penchants masochistes de Mme Smithers. Alors que l’argent commence à manquer, Mona dégotte un job régulier, doublure d’une star. Dans le même temps, Dorothy s’évade de prison. Ralph peut compter sur l’épicier Abie pour lui prêter un peu de fric destiné à la fuite de Dorothy. Mais ils ont bientôt des ennuis avec la police…

 

Dans cet univers hollywoodien, où rien ne doit venir troubler le bizness, tout n’est qu’illusion. Des dizaines de milliers de jeunes américain(e)s ont voulu croire à leurs chances. Intoxiqués par les contes de fées médiatiques, ils ont imaginé devenir des stars. Puisque d’autres y sont parvenus, pourquoi pas moi ? Le pire étant, dans le cas de Ralph, qu’il n’y a pas de possible retour en arrière. Pour les siens en Georgie, il est déjà sur la voie du succès. Si bien des éléments ternissent ses espoirs, il n’a d’autre choix que de poursuivre dans l’impasse. S’il accepte la protection financière de Mme Smithers, c’est d’abord avec ingénuité, sans calcul, juste pour survivre en attendant. Il faut savourer la délicieuse scène où Ralph s’adresse à son miroir. Mona est bien plus pragmatique, Dorothy déjà plus désespérée.

En outre, n’oublions pas le contexte historique, l’imminence de la guerre. C’est avec violence qu’Horace Mac Coy dénonce l’hypocrisie du monde du cinéma : Vous soutenez la ligue antinazie parce que, dans ce foutu patelin, tous les producteurs sont juifs et vous vous dites qu’ils vous prendront pour un héros, en tant que chrétien ayant épousé leur cause. Si tous les producteurs étaient nazis, vous seriez les premiers à commencer le pogrom. Le personnage rebelle de Johnny Hill est quelque peu l’alter ego de l’auteur. Hill souligne la puissance exagérée des décideurs d’Hollywood : …il suffit de parler de syndicalisme ou d’organisation pour être classé comme rouge et mis sur la liste noire. J’ai assisté aux réunions de producteurs et je les ai entendus dicter leurs quatre volontés aux auteurs. Ils peuvent contraindre, intimider, et violer toutes les lois qu’ils veulent. Ils font les lois et ils possèdent les tribunaux. Est-ce qu’ils n’ont pas fait élire un gouverneur par le seul truc, aussi simple qu’astucieux, des soi-disant actualités ? Depuis, de Ronald Reagan à Arnold Schwarzenegger, le système a perduré.

Voilà un roman fascinant, intense, qui mériterait bien une réédition.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 05:37

 

Évoquer romans et collections d’autrefois, c’est un plaisir teinté de nostalgie qu’il m’arrive de partager ici avec d’autres lecteurs. POP1Parmi ces grandes collections sétalant des années 1950 aux années 1980, Spécial-Police du Fleuve Noir fut ma préférée. Car il ny eut pas que la mythique Série Noire ou l’inusable collection Le Masque qui attiraient les lecteurs, loin sen faut. On publiait tous azimuts, des éditions Ferenczi à celles de lArabesque, en passant par Un Mystère aux Presses de la Cité, La Chouette créée par Frédéric Ditis (les prémices de Jai Lu), Crime-Club chez Denoël, et tant dautres collections oubliées. Leur format de poche limitait les tarifs de ces livres, qui s’adressaient donc à un large public. Il s’agissait d’inédits en poche, très peu de rééditions.

 

L’ami blogueur Mic m’a toutefois fait remarquer qu’il manquait quelque chose dans ces évocations des romans de l’époque : le contexte éditorial et social. En effet, le système de diffusion actuel n’a guère de rapport avec ce qui existait alors. Pourrais-tu nous éclairer sur cette période particulière où la lecture était à chaque coin de rue : kiosque à journaux, gare ferroviaire, épicerie du coin...? demande Mic.

POP2Habitant d’un quartier de la gare, il est vrai que ces romans ont toujours fait partie de mon univers, les ayant vus dans les boutiques et kiosques de gare. On doit se souvenir que la vie s’organisait autour des petits commerces de quartier, de l’épicerie au boucher, du coiffeur au marchand de chaussures. Les grandes galeries marchandes ne sont apparues que plus tard. Le livre était à portée de main, pas forcément dans un lieu dévolu. La preuve, je me souviens d’une anecdote étant ado, au début des années 1970. En vacances avec mes parents, nous passions dans un hameau vraiment isolé au cœur du terroir, loin des routes principales. Deux commerces un brin vieillots, un bistrot et une boulangerie. Cette boulangerie vendait le quotidien du coin et… avait un présentoir (tourniquet) garni de romans du Fleuve Noir. Autrement dit, à cinq kilomètres à la ronde peut-être dix kilomètres, on ne pouvait se procurer en guise de lecture que le journal et des Fleuve Noir.

Voilà ce qui faisait la force, l’impact même de ces collections : leur implantation dans la moindre bourgade et dans des commerces non destinés à vendre des livres. Le réseau des commerciaux du Fleuve Noir fut particulièrement efficace sur ce point. POP6Frédéric Ditis négocia pour que J’ai Lu Policier, après sa collection La Chouette, se vende dans les Monoprix. Superettes de proximité avant la création des hypermarchés, c’était un excellent vecteur de ventes populaires. La Série Noire visait davantage les librairies, prestige Gallimard oblige. Des petites librairies, il y en avait bien plus que de nos jours. D’autres collections ont périclité assez vite, c’est évidement à cause d’un manque de visibilité. Ce qui reste peut-être vrai encore aujourd’hui pour des petits éditeurs, il faut l’avouer.

 

—“On trouvait ce genre de livres un peu partout dans les maisons (notamment les greniers et les caves) et c'est comme cela qu'à l'âge de 7 ou 8 ans j'ai découvert chez mes grands-parents ou chez mes oncles et tantes, ces fameux petits bouquins” précise Mic. Oui, ce formats poche aux tirages conséquents expliquent qu’on en trouvait dans toutes les familles, sans qu’importe le niveau social. Je me souviens encore que c’est mon copain de 6e, Didier N., qui m’a parlé de ces San-Antonio que lisaient son grand frère. Ils étaient d’une famille d’agriculteurs. Plus tard, une fille de milieu BCBG, étudiante en filière littéraire, me raconta qu’elle adorait “ces petits romans-là­” bien davantage que ceux qui étaient au programme de ses études.

POP3Des années 1950 au début des années 1980, ces livres bénéficiaient donc de très gros tirage. Restons prudents sur les chiffres. Je me souviens de ce que m’en a dit Brice Pelman, auteur du Fleuve Noir. Cela concerne globalement la période 1965-1980. Un débutant pouvait compter sur un tirage de 30.000 à 40.000 exemplaires; un auteur confirmé c’était le double, parfois le triple si sa notoriété grandissait. San-Antonio se vendait, au minimum, entre 100.000 et 120.000 pour des romans courants, souvent bien plus. Ses grands formats rivalisaient en tirage avec les Prix Goncourt. (pour plus de détails, lire l’article Le Fleuve Noir en chiffres, de l’Oncle Paul).

Un exemple : le premier roman de Brice Pelman au Fleuve Noir sorti en mai 1968 ne s’est pas très bien vendu, à cause des évènements, les grèves entraînant des blocages. Il a dû s’en vendre quand même dans les 10.000 exemplaires minimum. Plus tôt, fin des années 1950, les enquêtes des sœurs Bodin écrites par Jean-Pierre Ferrière se vendirent à 50.000 exemplaires par volume. Dans cette collection La Chouette, le tirage moyen était estimé autour de 25.000 exemplaires.

POP8Ne nous hasardons pas à chercher des comparaisons avec les tirages actuels, d’autant que les ventes annoncées incluent souvent grands formats et rééditions en poche. À part pour une poignée d’auteurs, on est loin des chiffres d’antan.

Un mot sur les romans d’espionnage, très prisés à l’époque. Deux principales raisons à leur succès. D’abord, en ces temps de Guerre Froide et de manque d’informations, le lecteur avait l’impression (bien relative) d’en savoir un peu plus sur la situation mondiale. Ensuite, il s’agissait pour l’essentiel de trépidants romans d’aventure, avec scènes sexy soft et rebondissements explosifs. De quoi satisfaire un lectorat alors généralement masculin. En majorité, les intrigues étaient plus linéaires que celles des romans policiers, se contentant de suivre les tribulations du héros intrépide.

 

—“Mais je suppose (mais peut-être que je me trompe), que les lecteurs en lisant ces bouquins ne retenaient pratiquement jamais le nom de l'auteur” s’interroge encore Mic, qui n’a pas connu cette époque.

POP7Question notoriété, il faut distinguer plusieurs temps assez différents. Au risque de schématiser, nous avons d’abord l’époque 1950-1965. Les collections et leurs auteurs doivent s’imposer auprès du public. Georges Simenon et Agatha Christie sont maîtres du roman policier. Les auteurs américains tels Dashiell Hammett et Raymond Chandler gagnent un public français. Peter Cheney, James Hadley Chase, Mickey Spillane, Ed McBain, William Irish et quelques autres en profitent. Côté auteurs français, San-Antonio ou Charles Exbrayat sont parmi les premiers à imposer leur style. Beaucoup d’auteurs, qui passent pour des besogneux, vont s’avérer de bons artisans. Ils intègrent les collections se vendant bien, mais on retient encore peu leurs noms. De 1965 à presque 1980, les lecteurs ont adopté quelques-uns de ces auteurs (notamment du Fleuve Noir) qu’ils suivent régulièrement.

Pourquoi ? Il savent que ceux-là ne les décevront pas, tout simplement. Et puis, ces livres de 220 à 250 pages se lisaient aisément. Dans les années 1970, quelques romanciers s’imposent un peu plus solidement, tels G.J.Arnaud ou Brice Pelman. POP5Leur vocation d’auteur et leur expérience font d’eux des valeurs sûres, attirant les lecteurs. D’autres ont progressé grâce à leur productivité. Il n’est pas rare qu’ils aient écrit un roman tous les deux mois. Six romans par an (ou plus) d’un Peter Randa, d’une Mario Ropp ou d’un Roger Faller, ça finit par marquer le public. Ceux qui ne publiaient qu’un roman par an, voire moins, avaient moins la cote auprès des lecteurs.

Être présents, proposer sans cesse de nouveaux romans, tel était le secret de leur notoriété. Ce qui explique aussi que certains auteurs ayant été publié chez Série Noire, pour deux ou trois titres (Pierre Latour, Pierre Vial-Lesou, Serge Laforest, etc.) aient acquis leur véritable réputation chez Fleuve Noir. En outre, ceux qui furent présents dans plusieurs collections Fleuve Noir (Spécial-Police, Espionnage, Angoisse, Anticipation, l’Aventurier) multipliaient les chances d’imposer leur nom. Alain Page, plus tard auteur de Tchao Pantin, en fit partie.

 

Le public retenait les auteurs qui lui plaisaient. À part San-Antonio, aucun n’a jamais été destiné à devenir une star dans l’esprit des lecteurs. On récompensait le bon boulot de ces auteurs en achetant leurs livres. Mais, pour la célébrité, André Lay ne serait jamais Alain Delon, M.G.Braun n’égalerait pas Belmondo. POP10Même Léo Malet, Jean Amila ou Michel Lebrun n’eurent le droit à une logique reconnaissance que sur le tard, parfois après avoir cessé d’écrire. Toutefois, on parle là d’une époque où Louis De Funès, Bourvil, Fernandel, Darry Cowl, ou d’autres amuseurs était plus apprécié du public populaire que les tragédiens de théâtre ou de cinéma. Cette génération préférait ceux qui leurs ressemblaient. Or, les romans policiers de ces auteurs leurs ressemblaient. Sans prétention à un quelconque élitisme.

Les couvertures illustrées de ces romans participèrent à leur succès. Le talent de Michel Gourdon au Fleuve Noir, de Giovanni Benvenutti chez La Chouette, donnaient une identité aux collections, créant une incitation à la lecture. Une sale tête de truand buriné, une jolie pin-up déshabillée, un portrait de mamie détective, une cave insalubre baignée de sang, un cadavre dans un paysage mystérieux, tout cela suggérait déjà le contenu. Quand, fin des années 1970, les photos remplacèrent les illustrations, le public ne s’y retrouva que rarement.

 

POP9Foisonnement d’éditions et de lecteurs, en ces temps où la télévision était encore rare, jusqu’à la décennie 1970. Ce média entrant dans tous les foyers n’explique pas tout. Les habitudes des Français changeaient, que ce soit pour la lecture ou pour divers autres loisirs. Pour la consommation, en général. L’édition populaire perdit le statut légal de publication mensuelle qui était très favorable à la diffusion massive. Elle connut donc un net fléchissement dans les années 1980 et 1990. Puis, outre le prix unique du livre, avec la mise en place effective des actuels systèmes de diffusion, on est enfin revenu à une visibilité incitative pour les lecteurs dès les années 2000.

Toutefois, ne confondons pas les best-sellers actuels avec les romans populaires d’antan. Pour cela, la fréquentation des Festivals et Salons du livre apporte quelques éléments de réflexion. Certes, on a vu la queue sur quinze mètres pour une dédicace de Fred Vargas ou de Maxime Chattam. POP4Mais aussi ces lecteurs ou lectrices approchant de la caisse avec une pile d’une dizaine de livres, dont aucun auteur très connu. C’est la curiosité qui guide le choix de ces lecteurs-là. Dans leurs livres en stock, qu’ils liront réellement, on ne trouverait guère que 10% d’auteurs stars, de best-sellers. La majorité de leurs lectures, ce sont des découvertes qui ne doivent rien au marketing publicitaire. Peut-être vaut-il mieux acheter chaque année vingt livres qu’on lira réellement, plutôt que trois ou quatre best-sellers qu’on survolera à peine, non ? Libre choix, qui s’apparente au lectorat traditionnel des romans populaires dont nous parlons ici. Plaisir et goût de la lecture guident encore une large partie du public. Heureusement !

 

Quelle est votre approche du polar ? Je serais heureux d’avoir votre témoignage sur vos motivations et autres anecdotes. Merci de laisser un commentaire (ci-dessous) sur votre propre démarche de lecteur.

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 05:39

 

La carrière du romancier nantais Serge Arcouët (1916-1983) débuta dès 1947. Il écrivit sous divers pseudonymes : John Silver Lee, Russ Rasher, Terry Stewart pour la Série Noire. De 1953 à 1969, c’est sous le nom de Serge Laforest (en breton, Arcouët ou Arcoat signifie "la forêt") qu’il publia trente-cinq romans policiers dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Beaucoup cultivent des ambiances dignes du pur roman noir, d’autres sont de savoureuses comédies. En voici quelques exemples…

 

Les Croix de cire (1964)

LAFOREST-1Deux jeunes d’à peine vingt ans ont disparu sur l’île d’Ouessant. D’abord François Morvan, puis Noëlla Berven. L’enquête est un échec pour le premier policier envoyé à Ouessant. Le commissaire Yves Glénan va s’en charger en personne. Il est natif de l’île, qu’il a quittée depuis longtemps. Ses origines devraient rendre la population plus coopérative. Il est invité à s’installer chez Thérèse, son ancienne nourrice. Pour la mère de Noëlla, comme pour les parents de François, leurs enfants sont assurément morts. Très autoritaire, le père de François lui avait interdit de sortir avec Noëlla. Il voulait qu’il épouse Hermine, suite à un arrangement avec la tante de celle-ci. Yves Glénan est très attiré par Gaud Jagu, qui vend ses créations aux touristes. Il rencontre aussi la non moins séduisante Hermine, qui a quitté la maison de sa tante. C’est grâce à Gwenn, qui passe pour un simplet, que le policier retrouve le cadavre de Noëlla dans les marais. La jeune fille se serait suicidée. Quelques jours plus tard, le corps de François est, à son tour, découvert dans une grotte. Il a été poignardé. Yves Glénan cherche à définir les relations exactes entre François et les trois jeunes femmes. Les lettres trouvées le laissent perplexe. Quand le père de François s’attaque à Gwenn, le policier doit user de la force. La mère de Noëlla, Gaud Jagu, Hermine, et sa tante, quatre suspectes auxquelles Yves Glénan rend visite, jusqu’à l’affrontement avec la coupable…

 

Si ce roman reste sombre, Serge Laforest est ensuite l’auteur d’une tétralogie villageoise, quatre comédies policières hilarantes ayant pour héros un duo de gendarmes. Le chef est le brigadier Stanislas Belhomme, un grand Tourangeau athlétique, aux yeux d’un gris bleuté, au visage énergique mais d’expression aimable. Il parlait d’une voix tranquille et grave. Ses uniformes étaient de bonne coupe car, en plus de sa solde, il possédait des revenus personnels. Il est assisté par le gendarme Pietro Carbucci un Corse trapu au regard perçant et noir. Selon les circonstances, il s’exprimait d’un ton cassant ou, au contraire, d’une voix sucrée et insinuante. Rien ne le réjouissait davantage que de faire dire à un témoin le contraire de ce qu’il avait raconté cinq minutes plus tôt. Ils vont être confrontés à d’amusantes ambiances de bourgades perdues, où se produisent néanmoins des crimes mystérieux. Les noms des personnages (Victor Ratichon, Justin Verdevin, Athanase Tranchemuse, etc.) suffisent à comprendre qu’on est là dans un humour bon enfant, qui n’est pas sans rappeler certains romans de Charles Exbrayat. Ces intrigues racontées avec fluidité sont extrêmement agréables à lire.

 

Un pas en enfer (1967)

LAFOREST-3Félicie Mouillon possède un visage ingrat, mais un corps de rêve. Comme elle n’est pas farouche, tous les garçons de la contrée ont droit à ses faveurs. Cette jeune paysanne semble aimer faire l’amour, pas de raison de s’en priver. Si sa réputation au village et dans le secteur n’est pas brillante, elle s’en accommode. Et puis ses parents, un peu primaires sans doute, n’y trouvent rien à redire. Voilà donc une situation qui convient à tous. Quand Félicie disparaît, sa famille finit par alerter la gendarmerie. Le brigadier Belhomme et le gendarme Carbucci tentent d’établir les faits. Une fugue de Félicie ? Peu crédible pour une fille satisfaite de son sort. Un jeune amoureux qu’elle aurait repoussé et qui se serait vengé d’elle ? Impensable, puisqu’elle était toujours d’accord. Un voisin n’aimant pas le père Mouillon, qui s’en serait pris à sa fille ? Difficile à croire. D’autres suspects sont possibles. Tel le fils du comte des Entrailles, Thierry. Celui-ci a fait de la prison pour meurtre et affiche un comportement curieux. Il affirme bien aimer Félicie. Et cette vieille vipère d’Anna Grellon ? Elle se veut garante de la vertu dans la région. Certains n’ont pas peur d’elle, et le montreront bientôt. Quelques jeunes hommes du village font aussi preuve d’une bizarre nervosité depuis le début de l’affaire. Tout en courtisant l’institutrice locale, Fernande, le brigadier poursuit son enquête. Il doit parfois freiner son fougueux adjoint. Mais les deux gendarmes ne sont pas les seuls à chercher le coupable…

 

Malemort (1967)

LAFOREST-2On retrouve ici le brigadier Belhomme et son adjoint Carbucci, qui officient dans une autre bourgade. Belhomme a épousé l’institutrice Fernande. Les gendarmes sont confrontés à une nouvelle affaire villageoise. Édouard Fluet est le jeune directeur d’une usine récemment installée sur la commune. Une initiative de son père, Germain Fluet, pour de sombres raisons fiscales. Édouard Fluet est un séducteur cynique, qui s’amuse avec les plus belles de ses employées. Il parait qu’il doit prochainement épouser la fille du notaire Circuy, jolie fille sans cervelle. Ce que la marquise de la contrée, fine mouche, considère comme une absurdité. Multipliant les aventures sexuelles, Édouard finit par être détesté de toute la population. La mort de Valérie Cloque est un suicide, c’est exact. Toutefois, le motif de ce suicide, c’est qu’elle était enceinte à cause d’Édouard. Quand celui-ci est retrouvé assassiné dans l’étang gelé, comment ne pas penser à une vengeance du père de Valérie ? Ou peut-être à celle d’un amoureux de la jeune suicidée. Le gendarme Carbucci s’intéresse de près à la jeune Suzanne, qui affirme n’avoir jamais cédé à Édouard. Le brigadier Belhomme recense les ex-conquêtes de la victime. Albertine et Irma sont deux pestes rancunières. Sidonie serait la maîtresse du moment d’Édouard. M.Foigras n’est pas moins suspect. Sous-directeur sur le départ, il en profite pour diriger maintenant l’usine. Quant à la marquise, ses trop bonnes déductions et ses promenades près des lieux du crime, permettent aussi de la soupçonner. Un second meurtre relance l’enquête. Mais si on s’en prend à Suzanne, Carbucci voit rouge…

 

LAFOREST-4Le même duo enquête dans deux autres romans de la même collection. Le mort revient (1967) a pour décor Tendrelieu, charmant village provençal de six cent âmes. Natives d’ici, trois sœurs jumelles âgées de dix-sept ans, Barbe, Julietta et Zoé, filles d’Eusèbe Culevez, possèdent une réputation diabolique. Des évènements inquiétants secouent bientôt Tendrelieu. Quand le vin est tiré (1968) se déroule dans le tranquille village de Troufignolle, commune vinicole proche de l’océan. À bien y regarder, la population est nettement plus excitée (par le vin et le sexe) qu’on peut le croire. C’est autour de l’anglaise Mabel Fayce que se noue une délicieuse intrigue burlesque… Dans ces deux histoires fort drôles, Stanislas Belhomme et Pietro Carbucci ont souvent fort à faire pour calmer les habitants, et ne découvrent pas sans difficulté la vérité des faits. Je ne sais si "Trois coups pour un", son dernier roman publié en 1969 dans cette collection, appartient à la même série. Des romans à redécouvrir, sans nul doute...

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Publié par Claude LE NOCHER - dans Suspense Story
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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 05:48

 

Roger Vilard (1921-2004, de son vrai nom Roger Valuet) fut un gros producteurs de romans dans la collection Spécial-Police du Fleuve Noir, de 1960 à 1986. Il fit partie des piliers du Fleuve Noir de cette époque. Sur la quantité, l’originalité n’était peut-être pas toujours au rendez-vous. Néanmoins, comme tous les auteurs de cette génération, Roger Vilard savait installer des intrigues solides. Il joua souvent avec l'ironie du destin de ses personnages, une fatalité sombre. En témoignent quelques-uns de ses titres de la décennie 1960, qui restent très plaisants à lire. Voici une sélection de cinq romans.

 

Quand Carla chantait (1965)

VIL-1Dick Anderson est un petit chanteur sans réel talent. Il cohabite avec son amie chanteuse Poussy Parker. Tous deux ont été engagés pour la tournée dont Carla Volnay, artiste confirmée, est la vedette. Rapidement, Carla s’intéresse à Dick, plutôt pour son charme que pour ses qualités de chanteur. Il devient son amant. Son gigolo, plus exactement. Carla est fortunée, contrairement à lui. Marc, le chauffeur et ex-amant de la jeune femme, a laissé la place mais reste dans l’ombre. L’antipathie entre Dick et Marc est grandissante. Finalement, Carla épouse Dick. Ce qui apporte une petite notoriété à Dick, mais rien de plus. Il n’est pas question pour Carla de donner de l’argent à Dick, ni d’aider sa carrière. Dick songe à éliminer sa femme. Pas difficile, puisqu’il est son chauffeur. Il suffit de rater un virage en montagne, et de sauter à temps. Le scénario ne se déroule pas comme prévu. Dick devient plus prisonnier de la belle maison de Carla, qu’il ne le serait en prison. Et il doit se méfier de Marc, qui pourrait dénoncer le faux accident. Pour compliquer encore, voilà que la belle Poussy Parker s’en mêle…

 

La mort en tubes (1966)

VIL-3Jean-Claude Dubois est un dilettante, ne cherchant un boulot que lorsqu’il n’a d’autres choix, par besoin d’argent. Il est engagé par Honoré Beauchardon, le directeur d’une usine de tubes en acier. Celui-ci reçoit des lettres anonymes menaçantes. La présence de Jean-Claude à ses côtés va le rassurer. Qui Honoré doit-il soupçonner ? Ses trois associés ont des raisons d’être mécontents, car la société est de plus en plus déficitaire, alors que le directeur n’a pas baissé son train de vie. Jean-Claude les trouve fort antipathiques, ces trois-là. Suspecter Antoine Lorimay, le secrétaire ? Un arriviste auquel on ne peut accorder aucune confiance, selon Jean-Claude. Peut-être le danger vient-il de la maisonnée d’Honoré, finalement ? La fille de sa femme est une peste, pas méchante. Par contre, l’épouse d’Honoré a un curieux comportement. Avec la complicité du chef d’atelier Doutremont, Honoré traficote quelque chose. Cette manière d’écarter les gêneurs quand il reçoit un visiteur italien le prouve. Les livraisons gérées par Doutremont mériteraient qu’on en sache plus. Mais, à trop de mêler des affaires d’Honoré, Jean-Claude risque d’être impliqué dans un meurtre. Et même de devoir prendre la fuite, en attendant de démontrer son innocence.

 

Le bateau des nuits blanches (1967)

VIL-2Lourdais sort de prison. Il n’espère aucune aide de Toinon, qui fut un temps sa protégée. Il ne compte pas non plus sur Berdici, un truand qui le considère comme un demi-sel, quasiment un cave. Lourdais a le sentiment d’être plus malin que ne l’imaginent les autres. S’il a la chance avec lui, tout ira bien. Ce serait un juste retour des choses après son incarcération. Il élabore un plan assez simple. Il s’agit de s’emparer du pactole que transporte Plangois, prêcheur quêtant pour une Église américaine. Il va prendre le même bateau que lui vers l’Amérique, où débutera pour lui une nouvelle vie. Utilisant l’identité de Paul Mérard, Lourdais se sent dans un état d’esprit optimiste. Trouver de l’argent pour monter l’opération ? Quelques nuits avec la riche Élise de Belois, qui va être victime d’une crise cardiaque, et le voici prêt. À bord du bateau, Plangois n’a pas le temps de se défendre. À peine entre-t-il dans sa cabine que Lourdais le supprime. Meurtre sans ennuis, d’autant qu’il a un alibi grâce à la belle Laura. Le commissaire de bord annonce bientôt qu’un des passagers est policier. Il va mener son enquête sans se faire connaître. Lourdais s’inquiète un peu, mais doit conserver le comportement d’un innocent. (Un de ses meilleurs suspenses : une très belle ambiance cynique et noire, la tension s'intensifiant encore vers la fin)

 

La dernière séquence (1967)

VIL-4Le cinéaste Ludovic Andromay tourne son nouveau film dans des conditions un peu particulières, sur la mer. En effet, il s’agit de l’histoire d’un petit groupe de Résistants s’emparant d’un yacht pour gagner l’Angleterre. Quand une vedette allemande tente de les intercepter, un officier blessé va être soigné à bord du yacht. L’héroïne, une Résistante, va tomber amoureuse du bel Allemand… Sur le bateau loué par Gérard Toussaint-Dupuis à la production, c’est l’effervescence. Gérard, sa fille Valérie et son assistant Jean Sainton, ne trouvent plus leur place face à l’invasion d’acteurs et de techniciens. Ambiance excitante, qui ne leur déplait pas. Jean Sainton va faire de la figuration. Gérard est séduit par la belle Évelyne, comédienne, fille de l‘accessoiriste Dédé. Valérie observe les tensions dans l’équipe de tournage. Plusieurs acteurs parmi les seconds rôles n’apprécient guère le couple star, Cora et Didier Paulin. Un couple qui va plutôt mal, à vrai dire. Perfectionniste, le cinéaste Andromay fait tourner de jour une première version de la scène de l’abordage, qui aura lieu de nuit. Comme prévu, Cora tire sur l’officier allemand. Didier Paulin devrait jouer le blessé, mais il est mort. Gérard se prend pour un détective amateur, mais son enquête ne mène à rien. Le policier Domain arrive sur le yacht…

 

Chantages en chaîne (1969)

VIL-5Souffrant d’un léger handicap, Léon est amoureux de sa jeune et jolie voisine Olga. Léon n’est ni vraiment beau, ni riche, ni courageux. Olga a pour amant un minable proxénète, Robert, qui envisage de la mettre bientôt sur le trottoir. Cette nuit-là, Léon a un peu de chance. Alors qu’il épie sa belle, planqué sur le toit de leur immeuble, il est témoin d’autre chose. Deux truands partagent le butin d’un coup, qu’ils ont réussi en causant une victime. Charles et Dédé n’étant pas d’accord, ça finit par des coups de couteau. Blessé, Dédé s’enfuit, laissant Charles mourrant. Léon récupère les billets et les brillants, puis s’en retourne chez lui. Quand intervient la police, la thèse d’un banal règlement de comptes entre truand n’implique nullement Léon. Enrichi, celui-ci entreprend de faire des cadeaux à Olga pour la séduire. Pourquoi refuserait-elle ? Robert n’est pas très futé, mais il fait vite le rapprochement entre les truands et Léon. Il fait chanter Léon. Jacki, un autre proxénète, indic de la police, connaît bien Dédé. Il compte tirer parti de ce qu’il sait, sans en parler aux flics. Soigné, Dédé espère récupérer son butin. Il ne tarde pas à comprendre que Robert cherche la même chose, sans réaliser le rôle de Léon. (Une très bonne comédie policière, un roman malin)

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 05:40

 

André Picot fait partie de la grande famille des auteurs oubliés, bien qu’ayant publié une bonne quinzaine de romans policiers. Instituteur né en 1923, il commença à écrire des nouvelles dans les années 1950, avant de publier un premier roman en 1955, Le don de mort (Éd. Ciel du Nord). Avec son deuxième titre, In-Extremis, André Picot entre dans la collection Crime Parfait des Éditions Arabesque. De très bons auteurs populaires, tels Fred Kassak ou Georges-Jean Arnaud (sous le pseudo de Saint-Gilles) contribuèrent à cette collection. André Picot y produit huit titres (dont le dernier est signé Marc Noël). Puis il va publier six romans dans la collection Le Masque, certains co-écrits avec M.Roland. Sous le pseudo d’André Berger, il a encore écrit Ordonnance de non-lieu paru en 1977 au Fleuve Noir, dans la collection Spécial-Police. Retour sur deux titres de cet auteur.

 

In-Extremis (Éd. Arabesque, coll. Crime Parfait, 1957)

PICOT-1Joëlle est une institutrice âgée de 22 ans. Une nuit, elle est abordée à un arrêt de bus par un inconnu. Sans explication, il la conduit à l’hôpital le plus proche, à Créteil. Le banquier Pierre Rival est mourant, suite à un accident de voiture sans doute provoqué. Il demande à Joëlle de l’épouser, afin que son frère Jacques Rival n’hérite rien. Troublée, la jeune femme accepte. La voilà future héritière d’au moins un milliard. Ce qui n’est pas pour déplaire à tante Gertrude, qui l’a élevée et avec laquelle elle vit. Mais le détective Maurice Didier la met en garde. Probable assassin de son frère, Jacques Rival cherchera à lui emprunter de l’argent, par la menace ou en abusant de sa candeur.

Au lendemain d’une visite chez elles de Jacques Rival, la tante Gertrude est assassinée, étranglée. Le choc psychologique est pénible pour Joëlle, qui va s’installer dans l’hôtel particulier du défunt Pierre Rival, à Neuilly. Tout le monde se montre protecteur avec elle, surtout le vieux maître d’hôtel Joseph. Néanmoins, sa place est-elle là ? Elle a besoin d’un petit séjour de repos en clinique. Heureusement, Maurice Didier veille sur Joëlle. La culpabilité de Jacques Rival est bientôt prouvée. Ainsi, Joëlle peut épouser le détective. Maurice et Joëlle partent au soleil. Ce qu’ignore la jeune femme, c’est que son cynique mari est animé de mauvaises intentions. Les incidents qui jalonnent la suite risquent de rendre Joëlle à demi-folle, tandis que Maurice profite de sa fortune. L’inspecteur Truelle y mettra bon ordre…

 

Il faut mourir à point (Le Masque, Grand prix du Roman d’Aventures 1965)

PICOT-2Une petite ville de banlieue parisienne. Aujourd’hui retraité, l’ancien commissaire Rousseau observe ses concitoyens avec curiosité. Manière de passer le temps. Et de relever des comportements insolites. Par exemple, cet adolescent qui attend à la sortie de l’école. Que fait-il là, un appareil photo à la main ? Il semble suivre un des professeurs dans le bus, puis le métro, jusqu’à Paris. Intrigué, Rousseau parvient à les filer, lui aussi. Le professeur rencontre une jeune femme dans un hôtel. L’adolescent essaie de le prendre en photo, avant de rentrer en banlieue. Il se rend chez un certain Moutel. Renseignement pris, ce Moutel n’inspire guère la sympathie. Ancien inspecteur d’académie, il s’avéra sans pitié envers les enseignants, y compris concernant son fils Pascal. Il brisa la carrière de plusieurs personnes. En outre, c’est un féroce militant politique. Depuis vingt ans, au nom des valeurs morales, il prétend dénoncer ce qu’il estime être des combines. Possédant des dossiers sur tout le monde, il a détruit des gens, les poussant parfois au suicide.

Lorsqu’on retrouve Moutel assassiné chez lui, sa mort ne peine personne, pas même son épouse. Son fils Pascal a naguère subi ses excès de rigueur. Aurait-il, lors d’une explication violente, tué son père ? Le meurtrier peut aussi bien être Dubois, le professeur (marié) que l’adolescent Toni a pris en filature. Dubois est l’amant de la jeune enseignante Nelly. Celle-ci pourrait aussi figurer parmi les suspects. Vengeance politique, crime passionnel, meurtre pour éviter un scandale ? L’ancien policier mène une enquête parallèle auprès des relations de Moutel, investigations qui risquent de bientôt s’enliser. Sans doute la police soupçonne-t-elle en priorité Pascal Moutel, mais il faut retrouver l’arme du crime pour faire avancer l’affaire.

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