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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 10:33

« Cousin Germont »

Michel Cousin a connu une certaine notoriété, mais il est à craindre qu’on l’ait oublié aujourd’hui. Il a pourtant écrit près de soixante romans à suspense, qui méritent d’être redécouverts.

Michel Cousin est né à Paris le 13 mai 1928. Il semble avoir obtenu un diplôme d’ingénieur agronome, fait quelques études de droit puis exercé Cousin_Germont.JPGplusieurs métiers. Sans doute commença-t-il très tôt à écrire, car son premier roman « Mon propre meurtre » est publié en 1960. Il devient vite une des valeurs sûres de la collection Un Mystère. La même année sortent « Mort à haute dose », « En cas de mort » (histoire d’un étudiant séducteur et escroc, mêlé à plusieurs meurtres) et « Des idées noires » (où un médecin est victime d’une machination criminelle). Suivent trois titres en 1961, puis deux autres en 1962. L'année suivante, Michel Cousin obtient le Prix du Mystère pour un roman très malin : « La puce à l’oreille ». Cette histoire, où la fidélité n’est pas un vain mot, se passe dans une propriété en Bretagne. Ce livre a été souvent réédité, à juste titre. La même année, il publie « M.Stanislas agent secret », qui fut porté au cinéma, avec Jean Marais dans le rôle principal.

Jusqu’en 1974, Michel Cousin est publié dans les diverses collections des Presses de la Cité : Mystère, Suspense, Punch. Retenons quelques très bons titres de cette époque. Dans « En mariage seulement » (1966), Un PDG est victime d’un chantage que son épouse doit ignorer. Il en parle officieusement à un ami policier. Soupçonnant certains de ses collaborateurs, il les fait surveiller par un détective. Le maître-chanteur devient exigeant. Croyant l’avoir identifié, le PDG le tue en légitime défense. Mais ce n’est pas la fin de ses ennuis… Dans « La voix du sang » (1974) la maîtresse du héros est assassinée. Risquant d’être accusé, craignant la réaction de ses proches, il fait disparaître le corps. Quand celui-ci est retrouvé, il doit mener sa propre enquête pour se disculper. Il a peu d’avance sur la police.

Dans « La marmite du diable » (1972), on nous présente une famille tiraillée, les Larivière. Chacun vise l’héritage de la doyenne, Elodie. C’est l’un des thèmes préférés de l’auteur. Avec astuce, il sait renouveler son inspiration. Dans le même genre, « La folle du logis » (1973) : Marie-Charlotte Villiers, une vieille dame vivant dans un manoir de Normandie, est souffrante. Ses enfants, issus de plusieurs mariages, sont alertés et viennent tous au manoir. La mort de l’aïeule arrangerait certains d’entre eux, ainsi que d’autres proches de Marie-Charlotte… Ces romans, traités avec une bonne dose d’ironie, sont vraiment plaisants et entraînants. On peut aussi citer « Détournement de mineures » (1966), « Nuit noire » (1967), « La mort médecin » (1969), ou « Autosuggestion » (1974). Autant de bons titres démontrant les qualités de Michel Cousin. Son sens du “suspense à chute” est toujours savoureux. La fluidité de la narration rend la lecture fort agréable.

C’est sous le pseudonyme de Michel Germont qu’il rejoint en 1973 le Fleuve Noir, dans la collection Spécial-Police. Jusqu’en 1984, il publiera 21 romans sous ce nom. Ils ne sont pas moins intéressants que les précédents, au contraire. Il y développe des variations sur le thème suivant : un homme devenu riche et puissant grâce au mariage veut éliminer son épouse. Dès le premier titre de Michel Germont « L’œil du témoin » (1973), il exploite ce sujet. La jeune maîtresse du héros a été assassinée. Il doit prouver son innocence après avoir caché le cadavre. S’il n’est pas le seul suspect, les indices jouent contre lui. Une amie de la victime fait un bien curieux témoin. Elle est aussi utile que dangereuse. Dans ce roman comme dans de nombreux autres, la situation initiale est assez ordinaire, peu originale. Mais c’est l’évolution du récit qui permet à l’auteur de nous proposer des histoires bien différentes. Dans ce genre, on peut retenir par exemple « La mort à point » (1976) ou « La morte vivante » (1978). Ici, le héros tente de supprimer son épouse arriviste pour refaire sa vie avec quelqu’un d’autre. Mais rien ne se passe comme prévu, et il doit subir les exigences de sa femme.

On a parlé au sujet de Michel Cousin / Germont de “vaudeville policier”. Il est vrai que le trio mari-femme-maîtresse correspond à ce qualificatif. Pour les romans cités plus haut, on pourrait parler de “comédie bourgeoise criminelle” au sein d’une famille. Toutefois, ces étiquettes ne donnent pas une juste impression de l’œuvre de cet auteur. Il a abordé par ailleurs des thèmes divers. Il fut particulièrement habile dans les faux-semblants et les chassés-croisés. Cela offre souvent du piment aux histoires criminelles d’apparence simples. Parmi ses réussites signées Michel Germont, citons « Injustice faite » (1976) procès d’un séducteur cynique mais non coupable, « Le noyé de Concarneau » (1977) où un inspecteur d’assurances se demande s’il n’a pas été manipulé dans une enquête menée huit ans plus tôt, ou « Qui a tué qui ? » (1974) où le héros tue en légitime défense son futur beau-frère, et doit prendre la fuite. Une affaire plus insolite qu’il n’y paraît.

Il serait absurde d’affirmer que tous les romans de Michel Germont sont excellents. « Zone d’ombres » ou « Le grand fantasme » apparaissent un peu plus faibles, par exemple. Il semble qu’il ait également écrit bon nombre d’érotiques sous le pseudo de Pierre Héro, pour Eurédif. Ecriture alimentaire, voilà tout. Il reprit vaguement le nom de Michel Cousin pour une série de dix romans : « Contact S.A. ». Dès le deuxième titre, son nom n’apparaît plus en couverture. Le titre « Contact » identifie la série. En outre, il semble aussi avoir dirigé la collection “Hard 2004” du Fleuve Noir. L’un des derniers suspenses signés Michel Cousin a pour titre « La Renarde » (1986). On le voit, l’œuvre de cet auteur n’est pas négligeable.


© Claude Le Nocher

 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 10:39

PETER WARREN, le privé de G.Morris-Dumoulin

Né en 1924, Gilles Maurice Dumoulin obtint le Grand Prix de Littérature Policière en 1955 pour « Assassin, mon frère… » Durant sa longue et prolifique carrière de romancier, il créa plusieurs personnages de séries, espions ou aventuriers. Vic St Val reste l’un des plus connus. Le premier, à partir de 1952, fut le détective privé Peter Warren. Il est le héros de dix romans, signés G.Morris puis G.Morris-Dumoulin, dans les collections Un Mystère et Spécial-Police.Morris_Dumoulin.JPG

Le Dictionnaire des Littératures Policières, de Claude Mesplède (Ed.Joseph K.) nous le présente ainsi :

« …Peter Warren, un détective privé new-yorkais dont l’agence est située dans la 43e rue. Secondé par Gloria, son efficace secrétaire (et éternelle fiancée), il est aussi aidé par le frère de celle-ci qui travaille à la brigade criminelle. [Ses aventures] relèvent du roman noir à l’américaine… »

C’est particulièrement vrai pour les trois premiers titres de la série : « Q’est-ce qu’on risque ? » (1952), « Sur le gril » (1953), « Le feu aux poudres » (1954). Très crédible, l’ambiance rappelle celle des films noirs de l’époque. Ces enquêtes sombres et musclées sont racontées par le héros, avec une certaine ironie.

Dans la revue «Le crime est notre affaire», Serge Perraud précise :

« …G.Morris fait de Peter Warren un privé plus «tendre» que la moyenne, avec une bonne dose d’humanisme et d’humour, l’un allant rarement sans l’autre. Les scénarios sont solides et les histoires bien construites. L’auteur fait preuve d’une inventivité certaine dans les péripéties… » (n°30, janvier 2000)

Dans « Le feu aux poudres », Peter Warren prend en filature une jeune fille qui pénètre dans un bar fermé. Ils assistent, impuissants, à un meurtre. Tous deux s’enfuient. Ils doivent ruser, car le quartier est cerné par la police… L’homme d’affaire Hebbert avait engagé le détective afin qu’il surveille et protège sa fille Austine. Peter n’apprécie guère les amis d’Hebbert. Surtout, il s’interroge sur la mort de son collègue Frankie Adams. Peter croise plusieurs fois un homme à la voix aussi douce qu’inquiétante. Sans doute est-il dangereux…

En 1958, pour « Vous êtes durs avec moi », Peter Warren séjourne en France. Il témoigne des méthodes efficaces de son ami le commissaire Ludovic Arnault. Peter pense tenir un scoop : une rencontre discrète entre le truand Amato et le policier Beauchamps. Prendre une photo prouverait leur collusion. Mais bientôt les cadavres s’accumulent. Des indices visent à incriminer Peter. Quel est le rôle de la belle Carla dans cette affaire ? Vic Arnault croit-il son ami américain coupable ? Peter doit se débrouiller seul pour retrouver les vrais assassins… Une aventure mouvementée, bien sûr !

C’est en 1964, dans « Modestie mise à part », que Peter Warren choisit de s’installer définitivement en France. Même si le métier de détective n’y est guère valorisé, il se plait dans ce pays… Alors qu’il est sur le point d’être engagé par Mme Brévanne, un hold-up se produit chez celle-ci. Témoin et armé, Peter tire sur les voleurs. Il en blesse un ou deux. Georges, un jeune copain du détective, faisait-il partie de la bande ? Sa jolie sœur Sylvie demande à Peter de disculper Georges. Pas si facile. Face aux crapules qu’il affronte, il faut se montrer aussi astucieux que prudent.

Ce titre inaugure la deuxième partie de la série, privilégiant action et humour, sans négliger le suspense. « … Se plaçant souvent à la limite de la légalité, pour le bien de la justice et de la vérité, il est parfois en butte aux tracasseries policières. Au cours d’enquêtes extrêmement mouvementées, il ramasse comme ses collègues des coups de crosse et de matraque. Mais s’il se relève avec une forte migraine, il n’en repart pas moins à la recherche d’un nouvel indice, à l’assaut d’une nouvelle hypothèse… » (S.Perraud, Le crime est notre affaire, n°30,  janvier 2000)

« Mettez-vous à ma place » (1965) est un des plus savoureux épisodes de la série. Naturalisé français depuis quinze jours, Peter Warren se trouve dans une station de sports d’hiver. Sa mission est quasiment remplie : il a établi que Mme Pabst y rejoignait son amant, et a averti le mari qui doit bientôt arriver. Peter est intrigué par un groupe d’hommes, semblant attendre l’arrivée de quelqu’un, guettant le téléphérique. On retrouve une sacoche vide, qui contenait le butin de leur hold-up. Mais leur complice a disparu. Le groupe s’énerve, et prend en otage tous ceux qui résident à l’hôtel. Peter protège sa belle amie Hélène, et tente de résoudre le problème. Mais les adversaires sont coriaces.

Dans « Croyez-moi sur parole », Peter Warren est une fois encore chargé de protéger une jeune fille, Josie. Son père, qui fut un caïd du Milieu, aujourd’hui rangé, ne tient pas à ce qu’elle découvre son passé. D’autant que sa curiosité cause plusieurs victimes. Est-ce Charlie da Costa, patron de cercles de jeu, qui manipule cette affaire ? L’enquête s’annonce agitée pour Peter.

Dans « Pourquoi se priver ? » (1967), le détective infiltre sous un faux nom une cité de région parisienne. Il n’hésite pas à jouer les durs. Sa mission consiste à retrouver la trace de Dominique Christiani, dit Dodo. Celui-ci, qui a une douzaine de meurtres à son actif, semble se cacher ici. C’est sans doute lui qui dirige une bande de jeunes braqueurs. Le dangereux fugitif semble avoir des complices partout.

Dans « Avant que ça me reprenne » (1969), Peter Warren est tombé amoureux de la belle Frédérique. Celle-ci doit convoyer de Marseille à Paris une précieuse statue (que Peter trouve horriblement laide). Peter les accompagne. Lors du trajet, deux hommes essaient de voler l’œuvre d’art. C’est pourquoi, à l’arrivée, Peter décide de passer la nuit dans le musée qui accueille la statue. Les deux affreux se manifestent à nouveau. Ils ne trouvent pas ce qu’ils sont venus chercher. Peter craint que Frédérique ne soit en danger.

Dans « On ne m’a pas comme ça » (1969), Peter Warren enquête sur la disparition de Georges Guérin, patron de société. Cette affaire a un rapport avec la série des «meurtres du Zodiaque». Un policier en tenue, un représentant de commerce, un ancien boxeur et un ouvrier en ont été les victimes. Ami de Peter, le commissaire Morel pense que Guérin était impliqué dans un trafic de drogue. Possible, car c’est ce que cherche le truand Menotti. Pourtant, le Zodiaque a prévu d’autres meurtres.

Ainsi s’achève cette série de romans. Car G.Morris-Dumoulin (et Patrice Dard) préparent les aventures d’un nouveau héros : Vic St Val. L’auteur en produira six à huit par an, de 1971 à 1979. Puis il se consacrera à la science-fiction jusqu’en 1987, dans la collection Anticipation du Fleuve Noir.

Cinq autres romans mettant en scène Peter Warren ont été écrits, mais jamais publiés. Ce personnage, peut-être typé des années 1950-60, s’inspire un peu de Mike Hammer (de M.Spillane) sans la violente noirceur, ou d’un acteur comme Eddie Constantine (« qui aurait mieux joué la comédie et perdu son accent » dit l’auteur). On retient surtout l’humour, la castagne et le suspense dans les dix aventures de Peter Warren. Sans oublier de souligner cette narration fluide et enjouée, qualité maîtresse de ces romans d’action.

J'ai consacré une fiche à Gilles Morris-Dumoulin dans le « Dictionnaire du roman populaire francophone » de Daniel Compère (Nouveau Monde Editions, 2007).

© Claude LE NOCHER

 

 

 

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 10:27

« The dark page » de Samuel Fuller


Un magnifique roman publié en 1950 sous le titre « Eh bien ! Dansez maintenant » , réédité en 1983 puis en 1994 avec son titre actuel : « L’inexorable enquête » (Rivages)

Cinéaste controversé – très apprécié en Europe, souvent critiqué aux Etats-Unis – Samuel Fuller (1911-1997) fut un personnage singulier. Le Dictionnaire des Cinéastes de Georges Sadoul (Ed.1981, Microcosme, Seuil) considère Fuller comme « le plus doué de sa génération, avec Nicholas Ray » et souligne que « la force de Fuller, c’est son instinct de narrateur, sa capacité à transformer en récit n’importe quelle situation ». En effet, Samuel Fuller fut un scénariste inspiré, un auteur.

The dark page a pour thème le monde de la presse, qu’il connaissait fort bien. Né à Worcester (Massachusetts), Samuel Fuller devient à treize ans rédacteur (copyboy) au « New York Journal ». Il y sera même pendant deux ans l’assistant personnel d’Arthur Brisbane, l’éditeur. Après un bref passage au « New York Evening Grafic », il entre au « San Diego Sun ». A 17 ans, c’est l’un des plus jeunes reporters criminels du pays.undefined

Son premier roman, Burn baby burn, date de 1935. Il en publie plusieurs, sous pseudonymes. En 1944, à l’issue de la guerre qui lui valut quelques médailles de bravoure, il publie The dark page – que le « Books Critics of America » qualifie d’exceptionnel roman psychologique, le meilleur de l’année 44. Le cinéaste Howard Hawks en achète les droits. Mais ce n’est qu’en 1952 que le film sera réalisé par Phil Karlson (« Scandal Sheet », avec Broderick Crawford, John Derek, Donna Reed, Rosemary de Camp). Le roman sera publié en France chez Morgan, série rouge. Il est traduit par Yves Malartic, directeur de la collection. Traduction très réussie, sauf peut-être pour le titre. Celui qui fut adopté en réédition reflète plus justement l’esprit de cette remarquable histoire.

 

Carl Chapman peut s’avouer satisfait de sa vie : marié, père de deux enfants, il est devenu – à force de persévérance et d’habileté – le puissant rédacteur en chef du quotidien new-yorkais « La Comète ». Il a toute la confiance de Madison, propriétaire du journal. Pourquoi ce quotidien connaît-il un tel succès ? Carl Chapman a compris qu’il faut s’adresser au plus large public, à toute la population. Quitte à utiliser des titres racoleurs, ou à monter des opérations tapageuses – telle cette soirée rassemblant 12 000 Cœurs Solitaires, qui est un triomphe. Celui de Chapman, surtout !

Mais une femme l’accoste : Charlotte, son épouse quand il s’appelait encore John Grant et vivait à Worcester. Il l’a autrefois abandonnée. Elle se montrait possessive, aurait nui à sa carrière. Charlotte n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il l’accompagne dans son logement miteux. Il la tue sans presque le vouloir. Il arrange une mise en scène pour masquer le crime. Il détruit les indices – mais garde le reçu d’un prêteur- sur-gages.

Lance Mc Cleary, un beau rouquin de 28 ans, est le meilleur reporter criminel de « La Comète ». Il voue une grande admiration à Chapman, dont il est le fils spirituel… La mort d’une inconnue ne mérite certainement pas beaucoup d’écho. Mais Lance a deviné qu’il s’agit d’un meurtre, et y voit une nouvelle occasion de démontrer son talent. Il soumet l’affaire à Chapman. Ce dernier estime qu’il n’y a pas grand danger à le laisser enquêter. Et puis, le meurtre d’un Cœur Solitaire, çà fait vendre ! Le jeu est périlleux, mais il contrôlera la situation.

Pop Farnsworth est un ancien journaliste devenu clochard. Quand Chapman lui donne par mégarde le reçu trouvé chez Charlotte, Pop espère en tirer parti. Il en parle à Lance et à Julie Allison (elle écrit des chroniques religieuses, et veut épouser Lance). Chapman réalise vite qu’il doit éliminer Pop, lequel risque de se montrer trop bavard ou même de tout comprendre. Le mort de Pop sert une fois de plus les intérêts de « La Comète » (qui atteint 783 000 exemplaires, Chapman visant le million).

Pendant ce temps, Lance enquête chez les clochards et dans le quartier pouilleux de La Bowery. Il reconstitue la dernière journée de Pop. Celui-ci a discuté avec un homme, dont Lance n’obtiendra pas la description. Chapman a failli être démasqué. Heureusement, Lance commence à douter de lui-même et de son talent. C’est l’impasse !

Quelques jours plus tard, grâce à un prêtre, Lance envisage une nouvelle piste : retrouver celui qui a marié la Cœur Solitaire inconnue. Et çà marche ! Un juge de paix nommé Miller le contacte. Mais Carl Chapman veille, et intercepte une réponse de cet homme. Il se rend à Franklin, où John Grant et Charlotte Faith se marièrent. Chez le témoin, il n’a qu’une solution… Lance se rendra également sur les lieux. Bientôt, il pourra fièrement dévoiler à son patron le nom de John Grant. Là encore, Chapman n’a pas le choix…

« Fuller a utilisé comme matière pour ce roman son expérience de rédacteur pour différents tabloïds, et il illustre comment des hommes fondamentalement honorables peuvent être déformés par leur obsession de rester au plus haut niveau. Le personnage de Chapman est un salaud, mais on peut aussi le comprendre et le trouver sympathique (…) La relation mentor-protégé entre Chapman et Mc Cleary est particulièrement ironique, car Chapman a créé le monstre qui finalement le détruira. » (Cinébooks Database, sur tvguide.com)

Une analyse claire de cette intrigue, qui ne manque pas de perversité. Les deux héros sont attachants. Le suspense est bien réel, sans être inutilement pesant. La narration est astucieuse, vive et précise. L’auteur est à l’aise pour décrire le milieu du journalisme et le New York de l’époque. Ce qui offre une tonalité juste et une ambiance vécue à cette histoire. La psychologie des personnages est très crédible, ainsi que l’évolution de l’intrigue, parfaitement structurée. Evitons toute comparaison superfétatoire avec Hammet, Chandler, Goodis, ou autre. Samuel Fuller écrivit là un roman de grande qualité qu’il serait injuste d’oublier.

© Claude Le Nocher

[Cet article a été précédemment diffusé dans « le Billet Polar » sur www.bibliopoche.com et dans la revue « 813 ». L’inexorable enquête est publié aux éditions Rivages]

 

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 10:24

ERIC VERTEUIL, un duo d'auteurs


Alain Bernier est né en 1922 à Angers. Sa famille maternelle est de Remiremont, dans les Vosges. Cette région, où il passa ses vacances étant enfant, apparaît dans plusieurs de ses romans. En 1948, il débute sa carrière chez Unilever, où il sera directeur de la publicité et des relations publiques.

En 1959, Alain Bernier publie dans la collection Un Mystère son premier roman : D’une pierre deux corps. Ce livre lui vaudra quelques articles élogieux. « A la vérité, depuis la révélation du tandem Boileau-Narcejac, il ne m’avait pas été donné de lire un auteur français ayant un sens aussi aigu du suspense » écrivit Maurice-Bernard Endrèbe dans l’Aurore. Même avis favorable pour Le Petit Matin, journal de Tunis : « Ce livre est implacable (…) Soutenu par un style excellent, il plaira beaucoup aux amateurs de suspense. »

Roger Maridat est né à Paris en 1930. Il débute dans la marine marchande, puis rejoint le groupe Unilever en 1960. Lui aussi y fera toute sa carrière de cadre supérieur. Comment les deux hommes s’associent-ils ? Ils répondent :

« Un jour, Alain montre un projet d’émission radio (Les auditeurs mènent l’enquête, sur Europe 1) à Roger. Celui-ci fait une liste interminable de critiques. On en tient compte, et le projet est accepté. L’association est née. »

Ensemble, ils vont écrire de nombreuses dramatiques pour la radio et la télévision, des pièces de théâtre, le livret d’un opéra fantastique, et plus de 200 nouvelles. En 1973, ils entrent au Fleuve Noir. Pourquoi ce pseudo d’Eric Verteuil ? Tentative de réponse :

« Le Fleuve Noir vient d’accepter Au bout la Mort [collection Angoisse] et, pour des raisons de contrat, nous sommes obligés d’adopter un seul nom. Nous en discutons et, à la fin de la soirée, comme il fallait signer le lendemain, nous prenons Eric Verteuil. Ce n’est ni Erik le Rouge, ni madame de Merteuil qui nous ont influencés… »

Après trois romans Angoisse et Fantastique, le duo publie son premier policier en 1975 : Le drame de chez Maxime. Ils en écriront seize jusqu’en 1984 pour la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. On se souvient en particulier du remarquable Abus Roi (1982). Contrairement à d’autres auteurs, ils ne créent pas de héros récurrent.

« C’est vrai ! Il n’y en a pas, mais le commissaire Varlet apparaît dans plusieurs romans, ainsi que son chien malinois » précisent-ils.

undefinedDans un tandem d’auteurs, qui fait quoi ? Alain Bernier l’expliqua dans le livre de Jean-Philippe Mochon Le bel effet Gore (Fleuve Noir, 1988) :

«  C’est Roger Maridat qui, généralement, [y] répond, donc je le cite : « Je n’ai pas d’imagination, mais Alain en a tellement qu’il faut le canaliser ! » Il nous est arrivé de faire deux livres à partir d’un roman Spécial-Police, car nous avions deux intrigues fascinantes. Dans le même bouquin, çà aurait fait bordélique, alors on en a fait deux. Comment çà se passe, en gros ? D’abord, on se met d’accord sur un sujet, puis j’écris un premier jet. Là-dessus, Roger coupe, taille, rogne (…) Et quand tout est revu, rebâti, on refait les dialogues en se les lisant. Après, bien sûr, on fait des corrections, on laisse dormir, on le reprend… Enfin, on travaille beaucoup. »

Les deux principales qualités des romans d’Eric Verteuil sont le tempo rapide du récit, et l’humour – comme l’indiquent leurs titres. Que répondent-ils aujourd’hui sur ces deux points ?

« Notre tempo vient sans doute de l’habitude des dialogues dans les dramatiques pour la radio et les pièces de théâtre… L’humour ? Il vient tout naturellement sous la plume. Et, en plus, c’est indispensable dans le Gore tel que nous le concevons. »

En effet, ils se sont bien amusés à écrire des romans d’horreur (9 titres). Avec le recul, pas de regrets ?

« Ah non ! Pas le moindre ! Il y a même en réserve Echelle de corps pour Roméo et Juliette écrit avant que la collection ne disparaisse et qui, étant donné le sujet, ne risque pas de se démoder. »

Les années 1990 sont moins fastes pour la littérature policière. Alain Bernier se consacre à la poésie, obtenant plusieurs prix dont la Médaille d’Argent 1998 de la Poésie Française contemporaine. Ils écrivent toujours des nouvelles.

En 2002, le duo est de retour, mais n’utilise plus le pseudo d’Eric Verteuil. C’est sous leurs propres noms qu’ils publient un roman à épisodes : Sous les ombrelles de la Riviera (Editions La Longue Vue). Voici ce qu’en dit la 4e de couverture :

« La Belle Epoque, sur la Riviera : Mme Solaro, une vieille dame excentrique, assistée de Bérengère de Puligny, une jeune fille intrépide qu’elle a prise sous sa protection, emploie sa perspicacité à résoudre des enquêtes policières. Et le travail ne manque pas dans ce petit paradis qu’est la Côte d’Azur, dont les palaces et les casinos accueillent la haute société, mais également des aigrefins et autres escrocs en tout genre attirés par le luxe et l’argent qui s’étalent au soleil. A travers les aventures de nos deux détectives armées de leurs ombrelles, toute la grâce d’une époque revit dans ces pages qui plongent le lecteur dans un délicieux parfum d’insouciance. »

En 2004, c’est chez Liv’Editions qu’ils publient leur nouveau roman policier : Pièges dans le Golfe. Si le titre est un peu discutable, on y retrouve toutes les qualités des histoires signées Eric Verteuil – bien qu’ils utilisent ici leurs noms. C’est vif, souriant, entraînant, très agréable à lire. En voici un petit résumé :

Issue d’un milieu modeste, Anna Verdon a des projets ambitieux pour elle et son frère Jean-Charles. Celui-ci manque de caractère et admire aveuglément son aînée. Cherchant à se faire des relations, la jeune femme s’intéresse bientôt à Antoine Gallouédec, 67 ans, un parfumeur de la région. Elle réussit à séduire ce chef d’entreprise. Il l’épouse, mais refuse de l’associer à ses affaires. Voyant qu’il ne cèdera pas, Anna se montre plus conciliante. Elle a décidé de le supprimer. La mort de Gallouédec passe pour une chute accidentelle. Anna remplace son mari à la direction de sa société. Mal acceptée, elle fait preuve d’habileté pour s’imposer. Elle engage son frère, qui a suivi des études commerciales. Muriel, une jeune fille riche, serait une bonne épouse pour Jean-Charles. Mais sa fiancée Nathalie attend un bébé. Anna accueille chez elle son frère et sa belle-sœur. Nathalie ne peut espérer s’occuper de quoi que ce soit, car Anna domine son monde. Même Erwann, son bébé, devient vite celui de Jean-Charles et de sa sœur...

En 2005, ils ont encore publié « Meurtre en promotion » chez Liv'Editions.

L’imagination et le talent des vétérans du Fleuve Noir de naguère restent intacts. Ils confirment avoir encore d’excellentes histoires à nous raconter.

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:21

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Un personnage : PERELLO VALLESPI
d'André Lay

 

André Lay fit partie des prolifiques auteurs de la collection Spécial-Police du Fleuve Noir. Il y publia son premier roman en 1956 : LE DIABLE EST AU FOND DU SAC (S.P.88). Il en écrivit 128, jusqu’en 1987. LES BONNES INTENTIONS (S.P.2067) fut son dernier titre. A la fin des années 60, il créa l’un des plus singuliers personnages de la littérature policière : le commissaire Vallespi. Les aventures de ce truculent héros se passent au Venezuela. Il est l’autoritaire chef de la police d’Apolonia.

« La petite ville située à peu près à égale distance de Merida et Trujillo, sur la Transandine reliant San Cristobal à Caracas, dominée au sud par la Cordillère, au nord par le lac Maracaibo, ne pouvant rivaliser avec ses voisines en pleine expansion, était un peu oubliée des pouvoirs publics. » (Sacré Vallespi,1968)

Perello Vallespi est un colosse de 120 kilos, rouge de figure, aux sourcils épais, à la moustache noire, qui a toujours un cigare coincé entre les lèvres. Voilà plus de 25 ans qu’il est dans la police. Il vit en couple avec la « voluptueuse Adelina » dont il est certainement amoureux. Ses subordonnés n’ont pas intérêt à évoquer la compagne de leur chef, sous peine de sanction. Malgré son poids, Vallespi ne manque pas de vitalité. Dès qu’il arrive, le commissariat tremble :

« … le colosse, cigare conquérant, moustache à l’horizontale, œil brillant, chemise de brousse impeccable, entrait en tornade dans le bâtiment. » (D’un seul coup d’linceul, 1976)

Les énormes colères de Vallespi font trembler tout le monde. Il passe peu de temps dans son bureau. Il préfère sauter dans sa Land Rover, pilotée par Fortino, pour mener l’enquête sur les lieux concernés. Il n’hésite jamais à affronter ses adversaires, le danger ne lui faisant pas peur. Son intrépidité le conduit parfois dans les pièges tendus par ses ennemis. Il trouve évidemment toujours le moyen de s’en sortir, et de faire éclater la vérité.

Santaca est le fluet adjoint du commissaire. Il représente exactement le contraire du corpulent et sanguin Vallespi :

« Grand, maigre, d’une pâleur maladive, le cheveu rare et terne, il paraissait fragile à côté du gros commissaire. Erudit, intelligent, sarcastique, il attendait sans impatience que son chef se casse une bonne fois les reins pour prendre sa place, ses connaissances dépassant de loin celles de Perello (…) Malgré leurs continuelles algarades, les deux hommes ne pouvaient se passer l’un de l’autre. » (Vallespi voit rouge, 1968)

Santaca n’est pas un instinctif comme son supérieur. Il sait se servir de son cerveau, se montrant aussi ironique qu’astucieux. Vallespi l’entraîne contre son gré dans ses aventures sur le terrain. S’il n’y est pas à l’aise, Santaca contribue souvent à sauver la situation, et à éclaircir un grand nombre d’affaires. Même au cœur de l’action, il n’est pas inutile de réfléchir.

Fortino est le chauffeur personnel de Vallespi. C’est un Noir toujours souriant. Il vit avec sa Doudou, une belle guadeloupéenne qui sait concocter des préparations miraculeuses. S’il se repose volontiers au commissariat ou dans la Land Rover, Fortino est prêt dès que son chef fait appel a lui. On le surnomme le Kamikaze d’Apolonia, car Fortino est un vrai danger au volant :

« Comme Vallespi faisait le vide devant lui dans les bureaux, Fortino faisait place nette dans les rues (…) Santaca ne pouvait monter en voiture sans songer que c’était pour son dernier voyage. » (V comme Vallespi, 1976) Dans cet épisode, la Doudou de Fortino est victime d’un enlèvement. Elle apparaît dans plusieurs autres romans.

L’inspecteur Scavaroni est la tête de turc de Vallespi. Il suffit de le présenter pour comprendre :

« Scavaroni, impeccable dans un costume feuille morte, cravate marron foncé, manchettes et col de chemise immaculés, fixait avec une désapprobation muette Perello Vallespi, vautré dans son fauteuil (…) Sorti frais émoulu de l’Ecole de Police de Caracas, le jeune inspecteur, en perpétuel désaccord avec son chef, devait chaque jour prendre sur lui pour retenir les propos cinglants qui lui venaient aux lèvres… » (One Man Show pour Vallespi, 1971)

N’ayant que mépris pour ce jeune policier sans envergure et trop raffiné, Vallespi l’écarte systématiquement de ses enquêtes. Il l’envoie sur des fausses pistes, car il veut résoudre seul les affaires. Un succès de Scavaroni diminuerait son prestige de chef, selon lui. Toutefois, l’inspecteur reste quelquefois impliqué dans l’histoire.

Bien sûr, le caractériel Vallespi n’a guère d’estime pour les autorités officielles, ni pour ses collègues d’autres villes. Tous des incompétents !

« Je parie que le commissariat de ce petit prétentieux d’Hernandez a brûlé. Il collectionne tellement de paperasse que cela devait arriver (…) Les fuyards n’ont pas de soucis à se faire. Les inspecteurs d’Hernandez ne retrouveraient pas une meule de foin cachée derrière une aiguille. » (Vas-y, Vallespi !, 1977)

Les aventures de Perello Vallespi sont, avant tout, des romans d’action. Néanmoins, les intrigues ne sont pas négligées dans ces histoires solides et mouvementées. Les péripéties sont racontées avec vivacité et humour par ce grand pro que fut André Lay. Il réussit à nous rendre sympathique, et même attachant, ce monstre de commissaire exotique.

 

Vallespi est le héros des romans Spécial-Police : SACRE VALLESPI (1968, SP 668) VALLESPI VOIT ROUGE (1968, SP 680) VALLESPI ET LE DELUGE (1969, SP 716) SAFARI POUR VALLESPI (1969, SP 734) VALLESPI CREVE L’ECRAN (1970, SP 788) VALLESPI CHASSE LA SORCIERE (1970, SP 813) ONE MAN SHOW POUR VALLESPI (1971, SP 871) VALLESPI ET LES SOUCOUPES VOLANTES (1971, SP 909) LES 12 TRAVAUX DE VALLESPI (1972, SP 952) VALLESPI, GO HOME ! (1972, SP 986) AVANTI, VALLESPI ! (1973,SP 1022) VALLESPI SENT LA POUDRE (1973, SP 1063) VALLESPI ET LES KAMIKAZES (1974, SP 1091) VALLESPI CHEZ LES AMAZONES (1975, SP 1168) HOURRA VALLESPI (1975, SP 1189) VALLESPI AU PILORI (1976, SP 1234) V COMME VALLESPI (1976, SP 1252) D’UN SEUL COUP D’LINCEUL (1976, SP 1289) -Y, VALLESPI ! (1977, SP 1332)

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:09

 

JEAN-BERNARD POUY EN 12 TITRES

 

SUZANNE ET LES RINGARDS (1985, Gallimard)

On l’appelle Dumbo, à cause de son visage repoussant. Il est roadie, régisseur de la tournée du groupe rock « Bande à Part ». Il n’aime ni leur musique, ni les musiciens. Trop de boisson, de drogue, et de filles, pour être excellents. Notoriété trop facile, aussi. Dumbo n’aurait pas dû laisser Suzanne rencontrer les rockers. On a retrouvé la gamine, sauvagement assassinée, dans la baignoire de la chambre de Dumbo. Il est innocenté. Le suspect arrêté se suicide… La route, les concerts. Dumbo interroge les musiciens du groupe, qu’il pense coupables. Il les emmerde avec ses questions. De quoi se souviendraient-ils ? Ils n’avaient accordé aucune importance à Suzanundefinedne. Quand l’hostilité contre Dumbo se fait plus dure, Lucie est là pour l’aider. La responsable technique sait se faire respecter...

L’HOMME A L’OREILLE CROQUEE (1987, Gallimard)

Dans le train qu’il emprunte de Nantes à La Rochelle, Marcel (15 ans et demi) rentre de vacances scolaires. Un grave accident se produit. Marcel reste bloqué plusieurs heures sous des tonnes de tôle. Il n’est pas seul : Marie-Claude, une jolie jeune femme, est bloquée avec lui, tout contre lui. En attendant les secours, il broie du noir. Ils sont finalement sauvés. Retour au collège, puis nouvelles vacances chez son copain Eric. Il est contacté par un type patibulaire, qui lui parle d’Arlette (le vrai prénom de Marie-Claude). Si elle est encore vivante, Marcel doit la retrouver, la prévenir du danger. Pénible périple vers le Centre-Bretagne, ou elle se cache...

LA BELLE DE FONTENAY (1992, Gallimard)

Enric Jovillar est retraité, en région parisienne. Il y cultive un jardin ouvrier, avec un soin particulier pour les pommes de terres. Né en 1929 en Espagne, sourd-muet depuis l’enfance, il s’est réfugié en France avec sa sœur. Durant toute sa vie, il a milité dans les mouvements anarchistes. Il est fiché par la police. Aujourd’hui, plus grand chose ne perturbe sa vie de célibataire… Sauf la mort de Laura. Il aimait bien cette adolescente, qui venait au jardin. Le commissaire Gaillet suspecte Enric ? Il ne s’en inquiète guère, s’en amuserait presque. Il mène sa propre enquête : Laura, bonne élève sans histoire, plutôt mûre, aimait fréquenter les adultes. Portrait trop simpliste, selon Enric. Menaces à l’appui, il est fermement prié de ne plus s’occuper de l’affaire...

R.N.86 (1992, Editions Clô)

Léonard ignore pourquoi son épouse Lucie avait tant changé depuis son retour d’un stage dans le Gard. Il ne comprend pas pourquoi elle s’est suicidée. Il se rend dans la région de Nîmes, s’arrête à Remoulins, sur la R.N.86. Non loin du fameux Pont du Gard, dont Lucie lui avait adressé une carte postale. Il lui semble que cet ouvrage majestueux est lié à la mort de sa femme. La gendarmerie, trop occupée à l’époque, n’a aucun motif de se souvenir de « l’accident » de Lucie. Ses amis de stages non plus ne renseignent guère Léonard. Vague piste, d’un blond nordique, vu avec elle. Le hasard conduit Léonard dans un luxueux hôtel de Castillon. Il y rencontre un écrivain original. Celui-ci se souvient de Lucie et de son amant...

PLEIN TARIF (1994, Mille & Une Nuits, Petite Collection)

Heureuse initiative humanitaire que de loger les SDF en période de grand froid. On utilise des vieux wagons de chemins de fer, installés en dix convois dans une gare parisienne désaffectée. Le narrateur retrouve son oncle parmi cette faune odorante et bruyante. L’oncle a rejeté sa famille, mais accepte son neveu. Celui-ci vient le voir quotidiennement. Bientôt les hébergés devront lever le camp. Soutenus ou excités par divers mouvements politiques très marginaux, ils refusent de céder, de partir...

DEMONS ET VERMEILS (2000, Baleine, Série Grise)

Ulysse est employé municipal à Pailhaste, dans le Gard. Pour la sortie des personnes âgées de la maison de retraite locale, il remplace le chauffeur de car titulaire. Quatre jours de promenade pour aérer les petits vieux. Dans le car, ils sont plutôt bruyants, les anciens. Pas drôle leur vie, oubliés qu’ils sont par leurs familles. Comme le brave Norbert, qui vient de mourir. Ils en profitent donc pour s’amuser. Ulysse les aime bien, mais reste vigilant. Ils insistent pour faire un détour imprévu, qu’Ulysse refuse… Trop mal au dos, impossible de conduire ! Les passagers imposent leur solution : ancien chauffeur, Lucien va le remplacer...

1280 ÂMES (2000, Baleine, Pierre de Gondol)

L’auteur américain Jim Thompson écrivit dans les années 1960 un singulier et glauque roman noir : « Pop.1280 ». Traduit en France, ce livre fut titré par Marcel Duhamel : « 1275 âmes ». Quelques pages sautèrent. Pourquoi cette différence de cinq âmes ? Le libraire-bouquiniste Pierre de Gondol aime les défis intellectuels. Quand un client lui pose cette énigme, il se documente. La logique voudrait que les cinq supprimés se trouvent dans les pages non traduites. Dans ces passages surréalistes, il retrouve effectivement trois personnes. Disons trois et demi, avec le cheval. Il poursuit son enquête aux Etats-Unis. D’abord, situer Pottsville – où se déroule l’histoire...

TRAIN PERDU WAGON MORT (2003, La vie du rail, Rail Noir)

Un train de nuit se dirige vers la capitale de la Zoldavie. Prof de géopolitique, chargé de transmettre un contrat commercial, François est l’un des passagers. En fin de nuit, le train s’arrête en pleine campagne. Le wagon de queue a été décroché. 18 voyageurs sont maintenant seuls, au cœur d’une immense plaine, à quarante kilomètres de la prochaine gare. Cinq personnes tentent de s’y rendre à pied. François préfère attendre sur place, avec la belle Violette, et le solide Albert. On s’organise ; on se rationne ; on espère en devinant une lointaine lueur ; on s’inquiète aussi. Avec un gros tracteur, on peut enfin tirer le wagon jusqu’à proximité de la gare. L’hypothèse d’une guerre-surprise se confirme...

H 4 BLUES (2003, Gallimard)

Lionel, le meilleur ami de Nicolas depuis leur scolarité au lycée Henri IV, vient de mourir. Sa veuve ne croit pas à une mort naturelle. Pour oublier ses actuels ennuis, Nicolas va jouer au détective. Il n’y a pas grand chose de suspect. Peut-être des tracesundefined de curare dans le corps de Lionel ? Peut-être ces femmes gravitant autour du séduisant Lionel ? Pour Nicolas, c’est surtout l’occasion de se remémorer les élèves et les profs d’Henri IV, à son époque. Il apprend que certains condisciples sont récemment décédés. L’appartement de Nicolas est détruit par un incendie. Est-ce une vengeance après avoir défendu et hébergé une jeune gothique overdosée ?

NYCTHEMERE (2004, Les Contrebandiers)

Depuis quelques mois, le chaos destructeur sévit dans le Paysage Idéologique Français. Les diverses organisations politiques ont fait le ménage. Eliminées la Maison Blanche vendéenne, la fascisante Maison Brune, la Maison Verte du Jura, et toutes les autres. La Maison Bleue et la Maison Rose, principaux copropriétaires du pouvoir, se sont alliées sans se faire confiance. Mieux armée, la Maison Bleue reste bientôt seule. Mais un petit groupe de résistants se prépare dans l’ombre, bientôt rejoints par d’autres improbables mouvements...

LA VIE PAYENNE (2004, Autrement, Noir Urbain)

Dans un square parisien, Pascal est en avance à un rendez-vous fixé dix ans plus tôt avec ses anciens amis. Ils étaient cinq idéalistes, une fille et quatre jeunes hommes. La vie les a séparés. Ayant abusé de l’alcool, l’un d’eux est mort. Sylvie est la première a rejoindre Pascal. La seule, car elle lui apprend la mort d’un autre membre du groupe, disparu en Afrique. Quant à Romain, le plus brillant d’entre eux… Sylvie et lui vivent ensemble. Pascal accompagne Sylvie chez eux. Pénibles retrouvailles avec Romain. Il a un service à demander à Pascal...

LA FARCE DU DESTIN (2004, Les Contrebandiers) – avec Patrick Raynal.

Frère Antoine est moine à l’abbaye St Tugdual, près de Carhaix en Bretagne. Chargé des achats à l’hypermarché, il est troublé par les femmes. On l’a oublié, mais il a un passé mouvementé, Antoine ! Il rencontre la pulpeuse Mado. Elle fait du strip-tease dans un club ringard, le « Paradiso ». Rencontre due au hasard ? Dominique, protecteur de Mado, provoque Antoine. Celui-ci le bat au poker. Pourtant, peu après, Antoine tombe dans un piège. Son supérieur n’est pas plus dupe que lui. Le capitaine de gendarmerie n’y croit pas non plus. Reste à savoir ce que veulent le truand Dominique et son dangereux ami Kouzma. Si Antoine feint d’accepter le chantage, il va réagir…

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 16:03

MICHEL LEBRUN, FLORILEGE

 

Pour beaucoup de lecteurs actuels qui connaissent encore son nom, Michel Lebrun fut surtout un ardent défenseur de la Littérature Policière. Celui qu’on appela « le Pape du Polar » écrivit de nombreuses chroniques sur le sujet, dans divers magazines, dans ses fameux « Almanach du Crime » et « Année du polar » parus de 1980 à 1988. Ses articles restent une référence pour les passionnés.

Mais Michel Lebrun (1930-1996) fut avant tout un très grand auteur. N’oublions pas qu’il obtint en 1956 le Grand Prix de Littérature Policière, pour « Pleins feux sur Sylvie ». Ses romans publiés sous d’autres pseudonymes (Pierre Anduze, Michel Lecler, Michel Lenoir, Oliver King, Laurence Nelson, Lou Blanc) ne sont pas moins savoureux que ceux qu’il signa sous le nom de Michel Lebrun (qui était aussi un pseudo, puisqu’il se nommait Michel cade).

Sa bibliographie complète figure dans le livre qu’Alfred Eibel lui a consacré : « Michel Lebrun, témoignages » (Editions Hors Commerce, collection Hors Noir, 2002). Le magazine Polar, dont il fut un des piliers, lui consacra un dossier spécial dans le N°19, en mai 1981. La revue « 813 », dont il fut un des adhérents fondateurs, publia en décembre 1996 un numéro spécial Lebrun (n°52). Ces documents permettent de mieux faire connaissance avec ce personnage, que tout ceux qui l’ont connu qualifient d’attachant et de généreux. Voici les résumés de quelques livres de cet auteur talentueux, qui proposait aux lecteurs des romans malins. Aujourd’hui encore, ces histoires entraînantes et souvent souriantes restent extrêmement agréables à lire.

 

« FAUX NUMEROS » (Un Mystère,undefined 1956)

Alain Vinel, 30 ans, marié, auteur de théâtre, rentre chez lui au milieu de la nuit (sa femme est en vacances). Huguette, son ancienne petite amie perdue de vue depuis sept ans, l’attend devant sa porte. Elle s’inquiète pour son fiancé et futur mari, Serge, qu’elle ne parvient pas à joindre. Intrigué, Alain téléphone puis visite l’appartement de cet homme. Personne ! Le lendemain, ils découvrent Serge assassiné chez la jeune femme. L’inspecteur Toussaint soupçonne Alain et Huguette d’être impliqués dans ce meurtre. Huguette est la plus suspecte. Pourtant, elle affirme à Alain qu’elle est innocente. Elle lui transmet un indice important pour retrouver le vrai coupable. Peu après, le suicide d’Huguette semble mettre un terme à l’affaire. Pas pour Alain, qui se sert du fameux indice. Il rencontre M.Challier. Cet ancien avocat, infirme, lui révèle que Serge était son fils. Il espère qu’Alain trouvera l’assassin. Le témoignage de l’épouse de Challier donne un nouvel éclairage à cette affaire...

 

« REPRODUCTION INTERDITE » (Un Mystère, 1957)

Marc Kelber tient une galerie de tableaux à Paris. Il sait bien que sa vie n’est pas une réussite. Marié à Clara, une femme beaucoup plus jeune que lui, il déteste le fils et la famille de son épouse. Il a voulu s’affranchir de leur fortune et de leur mode de vie, mais il admet avoir du mal à sortir du pétrin. Quand un nommé Lacroy lui propose un lot de tableaux, il ne croit d’abord pas en sa chance. Vérification faite, il y a bien un authentique Gauguin parmi ces croûtes. De quoi faire un joli bénéfice… dont son épouse n’a pas à profiter. Marc s’empare des bijoux de son épouse, vend sa voiture, et emporte les toiles. L’expert est formel : la première fois qu’il a vu le tableau, c’était un vrai. Celui-ci est un faux Gauguin. Marc est ruiné, et les rapports familiaux se détériorent encore plus...

 

 

« DANS MON JOLI PAVILLON » (Un Mystère, 1961)

Germain Lormont, auteur de théâtre qui prépare une nouvelle pièce, vit dans sa propriété de l’Eure (où il fait effectuer de gros travaux) entouré de sa femme Rika, de son collaborateur Louis (qui est en réalité l’auteur de ses pièces), de son ami pique-assiette Robert, et de sa secrétaire Josette. Un soir où il revient tard de Paris, Germain échappe de peu à un accident : une cheminée de sa maison s’écroule sur son passage. Plus tard, Germain est victime d’un curieux accident de voiture. Il s’inquiète, espère des réponses en contactant un détective privé. Le rapport de ce dernier est décevant. Germain décide de prendre les devants : au lieu d’être la victime désignée, il décide de devenir l’assassin. Son premier projet vise son ami Robert. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. De même pour la mort de Louis (qui venait de terminer la pièce de théâtre en cours). La vérité n’était peut-être pas telle que Germain l’avait lue dans le rapport du détective. Même s’il n’est pas exactement coupable, Germain risque gros…

 

« LA PROIE DU FEU » (Un Mystère, 1962)

Philippe découvre un tableau chez un brocanteur. Une œuvre non signée pas tellement originale (un paysage), mais dont il est certain de connaître l’auteur. Ou plutôt de l’avoir connu, car il a perdu sa trace depuis plusieurs années. Pour retrouver ce peintre, il se lance dans une enquête ayant peu de chance d’aboutir. Après des investigations vouées à l’échec, il parvient à identifier le décor de ce tableau. Francis – son auteur – est certainement allé sur les lieux. Peut-être se souviendra-t-on de lui ? Non, nul ne peut lui donner de renseignements utiles. Pourtant Philippe trouve une piste qu’il entend exploiter : Francis avait-il pris un autre nom ? Ce Jacques Leclerc, mari d’Odile Leclerc, c’était sûrement Francis. Il apprend qu’il s’est tué à l’époque dans un accident de voiture. Philippe a besoin d’en savoir plus. Il s’arrange pour rencontrer Odile, prise de contact assez insolite. Puis il espère bien que son charme l’aidera à conquérir le cœur de la jeune femme. Elle reste plutôt réticente au début. Un peu à cause de Michel, son ami-amant, un peintre possédant un certain talent. Sans doute aussi parce que ses expériences masculines n’ont jamais été une parfaite réussite...

 

« LES OGRES » (Mystère, 1971 & Le Masque)

Virginie Boistel et son vieux cousin Pierre-Armand vivent dans une grande propriété entourée de hauts murs, en Normandie. Un endroit plutôt isolé. Par petites annonces, ils recrutent des jeunes filles pour leur service. Celles-ci sont destinées à devenir leurs victimes. Roselyne (dite Bogey) et Geneviève (dite Rosebud), des marginales, ont décidé de se mettre au vert. C’est Bogey qui a répondu à une annonce, mais c’est son amie qui va se présenter à sa place. Bien étrange domaine que celui de Virginie Boistel, se dit Geneviève. Elle réalise vite qu’il s’y trame de drôles de choses. Qu’importe ! Si elle s’y planque pendant quelques semaines, ni les trafiquants qu’elle fuit, ni sa famille qui la recherche, ne l’y trouveront. Pourquoi y a-t-il de la vaisselle pour quatre, alors qu’ils ne sont qu’à trois personnes ? Pourquoi les restes de nourriture disparaissent-ils ? Quels sont ces bruits nocturnes au dessus de sa tête ? Quels sont les rapports réels entre Virginie et Pierre-Armand ? Les chiens vont-ils la dévorer si elle tente de sortir ? La menace est partout.

 

« UN REVOLVER, C’EST COMME UN PORTEFEUILLE » (Mystère 1971 & Le Masque)

Daniel est un révolutionnaire. José est un petit truand. Ils cambriolent une banque. Deux flics interviennent. Daniel est blessé. José tire sur le deuxième gardien de la paix. Les voleurs s’enfuient. José trouve refuge dans une maison, dont la propriétaire est bientôt de retour. Elle joue un drôle de jeu pour garder José. Le revolver, José s’en est débarrassé. Oscar Zing l’a trouvé, ce qui l’arrange bien car son propriétaire veut l’expulser de son appartement. Il peut ainsi supprimer ce gêneur, avant de se séparer de l’arme. Un jeune couple récupère le revolver. Ils sont conviés à finir la soirée chez de vieux partouzards. Des dingues, qui ont voulu jouer à la roulette russe. Qui est responsable du dérapage ? Ennuyeux : la jeune femme a perdu son sac à main, contenant l’arme. C’est Victor qui hérite du revolver. Détesté par sa femme (qui le trompe) il voudrait divorcer. Et s’il profitait des circonstances pour en finir avec elle ? Réussira-t-il enfin quelque chose de valable, Victor ?

 

« LOUBARD ET PECUCHET » (Fleuve Noir 1982, Engrenage)

Comme tous les jeunes gens de dix-sept ans et demie, Pécu (de son vrai nom Pécuchet) a envie de liberté, et besoin d’argent pour réaliser ses rêves. Pas des projets fastueux : un grand voyage, ou posséder un wagon-appartement sur un bout de voie ferrée. Mais Pécu n’est pas un « jeune homme » ordinaire. Ce qui l’avantagera lorsqu’il s’attaquera à ses victimes. Qui se méfierait de Pécu ? Ni les volés, ni son voisin l’inspecteur Montescourt – dont les renseignements seront utiles. Puis Hélène surgit dans la vie de Pécu. Hélène, et sa chienne Didine. Hélène et son estafette bariolée. Elle lui a sauvé la mise, mais est-ce une raison pour être aussi collante ? Pécu n’a pas besoin d’une nounou dans son genre ! D’autant qu’Hélène a des projets. Pas des braquages à quat’sous. Non, il faut s’en prendre à ceux qui sortent beaucoup d’argent de la banque. Voire même braquer un transport de fonds...

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